Le centre de formation de rugby de La Rochelle est un élément clé du développement du club. Il vise à former les jeunes joueurs pour qu'ils puissent intégrer l'équipe professionnelle. Le Rochelais Pascal Cécille a joué un rôle essentiel dans ce développement.

L'évolution du centre de formation
Entraîneur à ses débuts, entraîneur-directeur du centre de formation à partir de 2004, un boulot plus qu’à plein temps... Le Rochelais a pris du recul en 2009 « en accord avec Pierre (Venayre, le directeur général, NDLR) et d’autres.
On a commencé à monter une équipe (qui compte 12 éléments à l’heure actuelle, NDLR), à se renforcer à d’autres niveaux. Je me détache de plus en plus du sportif, c’est le côté frustrant mais on ne peut plus faire les deux. Pierre m’a dit qu’il préférait que je me concentre sur le fait de réguler plutôt que d’être partout et nulle part. »
Une approche plus individuelle
Les compétences réunies au centre le lui permettent. Pascal Cécille souligne d’ailleurs « la capacité qu’a [son] équipe à se remettre en question, à toujours aller chercher plus loin. Elle est soudée et prend plaisir à faire progresser les jeunes. Notre grande force, c’est qu’on a tous le même discours, et on ne laisse rien au hasard. »
Ce qui était déjà important à ses débuts l’est encore plus aujourd’hui. « Les générations ne sont plus les mêmes. L’approche et la finalité ne peuvent pas l’être non plus. À l’heure actuelle, quand on parle de motivation à un jeune, il faut que le discours soit très cadré, plus analytique et ne jouant plus sur l’affectif », souligne-t-il.
« En tant que pédagogue, le vrai changement c’est qu’on va aller puiser l’énergie et la motivation individuellement en gardant l’approche collective, développe le directeur du centre de formation. Avant, on réunissait les mecs dans une salle pour les faire monter au plafond et on faisait très peu d’entretiens individuels. On a aussi évolué sur le travail invisible, sur la précision. »
Une génération axée sur le visuel
Éducateur dans l’âme, Pascal Cécille ne hurle pas avec la meute à propos des jeunes qui seraient moins investis qu’avant. Simplement, l’adaptation doit être constante, les certitudes modulables. « C’est une question d’éducation, de vécu. Cette génération a besoin de visuels.
Cette année, j’ai fait la bêtise de parler de l’accessit au haut niveau à la rentrée, j’en ai perdu je ne sais pas combien, sourit-il. Je suis revenu une semaine après avec une pyramide explicative, tout de suite les “minots” ont compris. Ils ont besoin de se projeter pour se dire j’y vais ou je n’y vais pas. C’est leur grande force. »
Le meilleur exemple c’est, outre l’éclosion programmée de Thomas Lavault, la progression de joueurs dont le destin actuel n’était pas écrit : « Des Leroux, Lebrun, Favre et Berjon sont arrivés avec un statut purement amateur, ils ont grimpé les échelons jusqu’à donner confiance au club afin qu’il s’appuie sur eux pour l’avenir, apprécie le dirigeant. Ce sont des garçons qui ont faim, qui savent où ils vont et qui sont arrivés à maturité très tôt.
Comme Charles Bouldoire ou d’autres avant eux, ils ont compris que tout ce qu’on avait mis en place donnait envie de grimper les échelons. Même si, et c’est ce qui fait le charme de la formation, pas un joueur ne réagit de la même façon à la présentation de notre pyramide d’accession. »
Adaptation du club
Les pensionnaires du centre ne sont d’ailleurs pas les seuls à avoir évolué avec le temps : « Il y a eu un changement de mentalité sur la préformation. On a réduit la voilure sur les joueurs extérieurs, on ne va chercher des joueurs protées qu’après avoir regardé ce qu’on avait chez nous. On mise sur l’excellence plutôt que sur la quantité, sur la fidélisation du joueur du coin. On met les moyens pour lui dire qu’il va réussir chez nous. »
Dans le même temps, l’institution s’est renforcée et n’est plus tentée de céder plus au chantage d’éléments voulant faire jouer la concurrence.
Pourtant, à un moment, Pascal Cécille a eu peur de la tentation de certains parents de se prendre pour des agents, « mais on a un discours approprié ». Reste que l’activité des agents « peut dénaturer notre accessit au haut niveau » avec un discours parfois différent de celui des intervenants du centre. « Mais ça fait aussi partie des choses qu’il faut qu’on accepte », philosophe Pascal Cécille.

Les fruits du travail
Aujourd’hui, ce travail paie, avec 17 membres du centre de formation ayant effectué la présaison avec les pros. « C’est du jamais vu. C’est un placement du club, c’est extraordinaire, s’exclame-t-il. Il y a l’effet économique et l’effet Covid aussi, bien sûr, mais je retiens le fait que tous ces joueurs sont parés pour intégrer le groupe physiquement, techniquement et mentalement. C’est très positif.
Partenariat avec le SCO Rugby
La venue ce samedi 26 août (15 h) au stade Raymond-Kopa d’Angers du Stade Rochelais, qui y « reçoit » Lyon dans le cadre de la 2e journée de Top 14, permet de mettre en lumière le partenariat entre le vice-champion de France et le Sco rugby.
Si le Stade Raymond-Kopa est évidemment une nouveauté pour le Stade Rochelais, Angers n’est pas une destination inconnue pour le club maritime. Le 7 octobre dernier, Robert Mohr, directeur sportif du club, et Pascal Cécille, directeur du centre de formation, sont venus à La Baumette présenter aux licenciés du Sco rugby la première Coupe d’Europe remportée en mai 2022.
Une visite qui entre dans le cadre de la convention signée entre les deux clubs, liés depuis six ans. Le président du club angevin Jean-Benoît Portier en explique la genèse : « quand la FFR a modifié le système des indemnités de formation, de nombreux clubs appelaient directement nos jeunes, dès leurs 14 ans. Le Stade Rochelais est le seul club à nous avoir appelés.
Au cœur d’un no man’s land rugbystique, surtout quand il regarde vers le nord, le club du président Merling cherche à faire d’une faiblesse une force. « Comme on n’est pas sur un territoire hyper riche en termes de rugby, notre mission est de développer la pratique autour de chez nous, expose Robert Mohr. Car on ne peut exister qu’avec une communauté forte. Seul, on n’y arrivera pas.
C’est ainsi que les frères Pierre* et Paul Boudehent (ex-Angers et Nantes), Thomas Lavault (ex-Thouars) ou encore Thomas Ployet (ex-Chinon) sont les fleurons de ce mode de fonctionnement. Au Sco, Elouan Troadec (20 ans, 3e ligne), passé du noir et blanc au jaune et noir en 2018, pourrait perpétuer la tradition. Mais ce partenariat ne fonctionne pas que dans un sens.
Par le biais d’évènements (présentation de la Coupe d’Europe, entraînements délocalisés) ou d’accompagnements sportifs (formation d’éducateurs) et structurels (communication/marketing) grâce à des séminaires réguliers, le vice-champion de France permet à ses clubs partenaires de progresser. « L’objectif est de les aider à se développer.
Si la venue du Stade Rochelais à Kopa, ce week-end, n’entre pas dans le cadre de cette convention, les dirigeants maritimes n’ont pas oublié d’impliquer Jean-Benoît Portier et ses équipes dans l’organisation de l’événement et leur permettent quelques privilèges. « Ils nous ont attribué la possibilité d’obtenir 1200 places : 300 pour les jeunes licenciés (et ceux des autres écoles de rugby du département) et 900 revendues aux partenaires, racontent le président angevin. C’est une fierté de les voir à Angers. »
« On espère que le Sco va bénéficier de l’évènement, attirer l’attention sur le rugby là-bas, car c’est un club génial, avec plein de gens investis, dit Robert Mohr. C’est un club très bien organisé et structuré.
Il y aura un absent de marque ce samedi sur la pelouse de Kopa, au coup d’envoi de ce La Rochelle - Lyon : l’Angevin Paul Boudehent. « On aurait été déçu qu’il soit présent », se marre le président du Sco rugby, Jean-Benoît Portier, au moment d’évoquer la sélection du 3e ligne, qui a fait ses classes au Sco, pour la prochaine Coupe du monde, en France (8 septembre - 28 octobre).
« C’est une grande semaine pour le Sco rugby, dévoile le dirigeant. Le travail des éducateurs, des bénévoles et de toute l’équipe du Sco porte ses fruits. Angers une terre sportive, mais pas vraiment une terre de rugby, même si avec plus de 600 licenciés, on est un des trente plus gros clubs français en termes de licenciés. Notre travail de formation paye, ça montre qu’on est sur la bonne voie.
Antoine Hastoy : Un joueur clé issu de la formation
Ce demi d’ouverture du Stade Rochelais, est l’un des joueurs clés de l’équipe maritime. À 27 ans, l’ancien joueur de la Section Paloise s’est imposé comme un maître à jouer des Jaune et Noir grâce à sa gestion du jeu, sa précision au pied et sa capacité à organiser l’attaque.
Doté d’une excellente vision du jeu, Hastoy est un meneur d’orchestre capable de dicter le tempo et d’orienter le jeu rochelais avec justesse. Sa précision face aux perches fait de lui un buteur fiable, capable de convertir les opportunités en points, un atout essentiel dans les matchs serrés.
Au-delà de ses qualités offensives, Antoine Hastoy est aussi un défenseur appliqué, n’hésitant pas à s’engager dans les duels et à monter en ligne pour perturber l’attaque adverse.
Bilan et perspectives
Aujourd’hui âgé de 61 ans, Pascal Cécille pourra faire jouer ses droits à la retraite le 31 décembre 2021. La saison actuelle, si elle a lieu, pourrait donc être la dernière qu’il mènerait d’un bout à l’autre. Serait-il prêt à poursuivre quelque temps ? « Franchement, je suis dans une période de réflexion. C’est ce que j’ai dit à Pierre (Venayre), répond-il. Aujourd’hui, je suis incapable de me projeter sur la suite. Le Stade Rochelais est mon club de cœur, je dois tout à Pierre et à Vincent (Merling, le président, NDLR).
Je ne suis pas usé, mais il y a l’évolution du métier. Suis-je capable de continuer à faire ce que je fais, sachant que je manage de moins en moins ? Je n’ai pas pris ma décision, même si Pierre aimerait bien que je me positionne sur la possibilité de travailler sur 2024 avec Robert (Mohr, le coordinateur sportif, NDLR). Je pense n’avoir jamais triché, je ne vais pas changer maintenant. Je ne serai jamais en roue libre. »
Le confinement l’a aussi fait réfléchir. « Le Covid a tout changé dans la manière de penser, de se projeter, même s’il faut continuer à le faire.
Tableau récapitulatif des éléments clés du partenariat entre le Stade Rochelais et le SCO Rugby:
| Aspect du partenariat | Détails |
|---|---|
| Origine | Modification du système des indemnités de formation par la FFR |
| Objectifs | Développer la pratique du rugby localement, fidéliser les joueurs, aider le SCO à progresser |
| Actions | Présentation de la Coupe d'Europe, entraînements délocalisés, formation d'éducateurs, séminaires (communication/marketing) |
| Avantages pour le SCO | Visibilité, soutien structurel et sportif, opportunité pour les jeunes joueurs |
| Joueurs emblématiques | Pierre et Paul Boudehent, Thomas Lavault, Thomas Ployet, Elouan Troadec |