Nîmes Olympique: Histoire et Palmarès d'un Club Emblématique

Le Nîmes Olympique, surnommé les Crocodiles, est un club de football français basé à Nîmes. Son histoire est riche et mouvementée, marquée par des moments de gloire, des périodes difficiles et des défis constants. Le club gardois espère renouer avec son riche passé.

Après vingt-cinq ans d’absence, la Ligue 1 retrouve l’un de ses clubs historiques. Le Nîmes Olympique a validé son accession vendredi en battant largement le Gazélec Ajaccio, 4 à 0. L’autre club ajaccien, l’AC Ajaccio, relégué désormais à cinq points, ne peut plus inquiéter les Gardois à un match de la fin du championnat de Ligue 2. L’attaquant franco-turc Umut Bozok a largement contribué à cette montée en inscrivant 24 buts en 35 matchs.

La dernière saison des Nîmois en première division remonte à 1992-1993. Depuis, le club sudiste a fait le yoyo entre la deuxième division (16 saisons) et le troisième échelon, le National (9 saisons). En 2015, à cause d’une affaire de soupçons de matchs arrangés lors de la saison 2013-2014, le club, alors en Ligue 2, avait failli être rétrogradé en National.

Les Débuts et l'Ascension (1937-1960)

Fondé le 10 Avril 1937, Nîmes Olympique, c’est une histoire riche et mouvementée. Avant la fondation du club, un autre a été l’un des piliers du football français, le Sporting Club Nîmois. Il a participé au début du 20ème siècle au Championnat USFSA avant d'intégrer le championnat professionnel. Le club obtient le statut professionnel et est intégré dans le Groupe de Qualification Sud.

Le 1er match de l'histoire du Nîmes Olympique en D1 se solde par une défaite contre le RC Strasbourg (1-2). La 1ère victoire est obtenue lors de la 3ème journée contre le FC Nancy (3-0). Le Nîmes Olympique termine 5ème.

Les footballeurs nîmois ont été quatre fois vice-champions de France en 1958, 1959, 1960 et 1972.

Joueur de 1948 à 1954, puis entraîneur emblématique (de 1955 à 1962 et de 1969 à 1978), le Franco-Algérien Kader Firoud a incarné cet âge d’or.

L'Âge d'Or et les Désillusions (1960-1970)

Les Crocos connaissent une période faste, marquant l'histoire du club par leurs performances en championnat et en coupe. Cette année-là, le club termine deuxième de la D1 et finaliste de la coupe de France.

Mais les Crocos peuvent nourrir, quelques regrets en ce qui concerne la finale de la coupe de France. Alors qu’ils affrontent Reims, le champion de France, les Nîmois sont rapidement réduits à dix après la blessure d’André Schwager. À cette époque, un joueur, même blessé, ne pouvait pas être remplacé! La rencontre est donc faussée et Nîmes s’incline 3 buts à 1. À l’issue du match, Kader Firoud, l'entraîneur Nîmois déclare au journal l’Équipe: "On ne bat pas Reims avec dix joueurs."

La saison suivante, le duo d’attaquants Skiba - Akesbi fait un malheur avec 43 buts marqués en D1. Mais malgré un titre honorifique de champion d’automne, le club échoue encore à la deuxième place, derrière Nice. En l’espace de cinq saisons, les Crocos ont terminé trois fois deuxièmes de première division et deux fois finalistes de la coupe de France.

En championnat, les Crocos terminent second derrière Marseille. Mais cette exercice-là surtout, le club devient le premier club Languedocien à se qualifier pour une coupe d’Europe. Le 14 septembre 1971, les Crocos font leurs débuts continentaux au Portugal.

Le titre perdu à la dernière journée de la saison 1961-62 a laissé des traces. Bernard Rahis part en décembre 1962, après neuf saisons au club. Les dirigeants Nîmois ont perdu le flair pour dénicher des bonnes affaires pendant la période des transferts. L’allégresse des belles années décline. L’exercice 1962-63 se termine par une honorable 6e place et une élimination en 16e de finale de la coupe de France.

En 1964, Kader Firoud quitte Nîmes pour aller à Toulouse. L’année suivante, le ciel s’assombrit. Les Crocos décrochent leur maintien lors de l’ultime journée, après une victoire sur Lyon 5-0. En coupe de France, Nîmes est éliminé dés les 32e de finale (par Lyon), pour la première fois depuis 11 ans. Les cadres comme Bernard, Bettache et Constantino quittent le club. Ils sont suivis par l’entraîneur, Kader Firoud. C’est la fin d’une époque.

Certains jeunes en profitent pour s’imposer. On commence alors à voir éclore les Landi, Marcellin, Novi et Gomez. Le club termine 13e avec sa pire attaque depuis 1945. Le déclin des Nîmois se confirme chaque année un peu plus.

Pourtant, une série de six victoires place les joueurs de Pierre Pibarot, en tête de la D1 après 10 journée. Le 3 novembre 1964, Le Nîmes Olympique refait la une du magazine spécialisé France Football. Le Croco Daniel Charles-Alfred est en photo avec le titre "Nîmes : 30 mois pour redevenir leader". Mais ce n’est qu’un feu de paille. Un essoufflement et quatre défaites en clôture du championnat envoient les Crocos en barrages pour le maintien. L’avertissement est sans frais. Pour l'instant...

Dans la seconde moitié des années 60, après cinq années au plus haut niveau, les Crocos connaissent des moments plus difficiles et même une relégation de D2.

Le club Nîmois ne fait plus partie des meilleurs français. Il lui faut maintenant se battre pour survivre au plus haut niveau. Les jeunes Landi, Marcellin, Kabyle, Rouvier, Canetti, Novi et Mézy sont de plus en plus utilisés. La jeunesse ne peut pas tout et pour la deuxième année consécutive, c’est en passant par les barrages que Nîmes sauve sa place en D1. Satisfaction en revanche du côté des juniors qui, avec Mezy et Odasso, remportent une deuxième coupe Gambardella.

À force de jouer avec le feu, les Crocos finissent par se brûler. Au terme de la saison 1966-67, pour la première fois de son histoire, le Nîmes Olympique est relégué en D2. C’est au dernier match des barrages que prend fin une aventure de 17 ans dans l’élite. Une égalisation d’Aix-en-Provence à la 85e minute envoie les Crocos en enfer. C’était la dernière saison de Pierre Barlaguet comme joueur et de Marcel Rouvière en tant que responsable de la section amateur. En 1967 une belle histoire se termine dans les larmes.

Remontée et Consolidation (1967-1980)

Il faut alors reconstruire. Paul Calabro succède à Jean Chiariny à la tête du club et Marcel Tomazover pend la place de Pierre Pibarot au poste d’entraîneur. Les changements sont salutaires puisqu’après une saison en D2, Nîmes retrouve la D1. Le 16 juillet 1968, devant 12 734 spectateurs, le Nîmes Olympique s’impose 3-1 face à Lens. Grace à trois buts de Gianella, les Crocos remontent au paradis. Mais l’euphorie de l’accession fait vite place à l’inquiétude. L’équipe ne remporte que huit matches en championnat (son plus faible total jusque-là). C’est en fin de saison que Nîmes se maintient. En coupe, c’est aussi terne avec une élimination en 8e de finale face à Metz (5-2).

Un rayon de soleil vient tout de même égayer les monotones performances des Crocos. Le Nîmes Olympique devient le premier club français à décrocher une troisième coupe Gambardella. En finale, les Crocodilets disposent de Viry-Chatillon. Parmi les héros Nîmois, on retrouve Boissier, Moretti, Samuel, Mathieu et Boyron.

En 1991-1992, les Nîmois viennent tout juste de remonter sous la houlette de leur coach argentin Daniel Romeo. Le sponsor principal, Catavana - qui déposera le bilan en octobre 1992 -, décide de frapper fort et investi 44 millions de francs, une somme importante pour l’époque avec l’achat de joueurs renommés comme William Ayache ou Philippe Vercryusse.

Nîmes recrute surtout Eric Cantona, pour 10 millions de francs. L’aventure tourne au fiasco puisque Cantona ne marque que deux buts en 17 matchs. Surtout, il jette un ballon sur l’arbitre lors d’un match contre Saint-Etienne en décembre 1991. D’abord suspendu quatre matchs, il traite ses juges de « bande d’idiots » avant de voir sa suspension élargie à deux mois. Il ne jouera plus jamais en France.

« Je venais de stopper ma carrière et j’avais pris des fonctions au sein du centre de formation. On m’a confié un intérim de six mois sur le banc après le départ de Romeo vers Noël. On s’est sauvés mais la saison d’après, le club est descendu. Il y avait une grosse envie de réussir et la déception a été à la hauteur. On n’était peut-être pas prêts », confie René Girard.

La dernière fois que la France du football avait entendu parler positivement du Nîmes olympique, c’était lors de la Coupe de France 1996. Les Gardois s’étaient hissés en finale (une première pour un club de troisième division) en éliminant au cours de leur parcours trois clubs de Ligue 1 : Saint-Etienne, Strasbourg et Montpellier. En finale face à Auxerre, champion de France cette année-là, Nîmes avait ouvert le score avant de s’incliner sur des buts de Laurent Blanc et Lilian Laslandes.

Acteur de cette épopée, le défenseur Johnny Ecker, formé au club et pro à Nîmes de 1993 à 1999, se souvient : « A notre retour, on avait l’impression que toute la ville nous faisait la fête. Le public nîmois, s’il est exigeant, est un public de connaisseurs qui reconnaît les efforts entrepris même en cas de défaite. »

Par la suite joueur de Lille et de Marseille, Ecker a conservé un fort attachement à son club de cœur : « On rêvait tous de jouer au Nîmes olympique. Même si le club a connu le purgatoire pendant vingt-cinq ans, les Crocodiles, ce sont des valeurs, une identité locale. Le nouveau président a remanié le club malgré les problèmes qu’il a eu à régler. Le coach a cette mentalité de faire jouer les jeunes. Cela donne une équipe de copains, qui n’a peur de rien, comme nous à l’époque. »

Périodes Récentes et Défis Actuels (2000-Aujourd'hui)

Le club de Nîmes, qui évoluait encore en Ligue 1 il y a deux ans, a connu une descente aux enfers qui l’a conduit en National, le troisième échelon du foot français.

L’espoir vient de la jeunesse et c'est elle qui va rapidement remettre l’église au centre du village. Le Nîmes Olympique joue sa survie en National (3eme division française de football), ce vendredi 9 mai, contre Aubagne.

Il y a encore quatre ans, Nîmes jouait en Ligue 1. Le club affrontait Marseille, Paris. Il gagnait même face à de grands noms. Aujourd’hui, les Crocos jouent leur survie contre des équipes bien moins connues. Le dernier match, perdu à Nancy, a fait très mal. Le club formateur de Michel Platini est monté en Ligue 2. Nîmes, lui, se rapproche d’une relégation en National 2. Un choc pour les fans du club.

Cyril Roure est supporter depuis quarante ans. Il est président du groupe “Nemausus”. "Il y a quatre ans, on battait Marseille. Aujourd’hui, on joue contre Paris 13 Atletico.

À deux matchs de la fin, l’équipe a encore une petite chance. Mais elle n’a pas le droit à l’erreur. Il faut gagner contre Aubagne, puis contre Orléans. Et espérer que d’autres équipes perdent. L’entraîneur Adil Hermach garde confiance. "Il faut croire qu’on peut le faire. Le plus important, c’est de battre Aubagne. Après, on verra", dit-il.

Sur le terrain, les joueurs restent concentrés. Le climat est tendu. Certains supporters accusent le club de ne plus se battre. Patrick Fustier, président du collectif “Sauvons le Nîmes Olympique”, ne cache pas sa colère. "On n’a jamais entendu les joueurs ou le staff appeler les supporters. On a l’impression qu’ils s’en fichent. Malgré tout, les groupes de supporters ont décidé de revenir au stade. Eux qui boycottaient les matchs seront là vendredi au stade des Antonins. Pour chanter, pour pousser, pour espérer un miracle.

Nîmes Olympique, c’est une histoire riche et mouvementée, qui remonte à 1937. Le club a connu des moments de gloire, avec des joueurs comme Kader Firoud ou Laurent Blanc, des finales de Coupe de France et des campagnes européennes. C’est le cas en ce moment. Nîmes termine avant-dernier de Ligue 2 avec seulement 36 points. Le club évoluera donc en National la saison prochaine.

Les supporters nîmois sont en colère contre le président Rani Assaf, qui a pris la tête du club en 2016. Ils lui reprochent son manque d’ambition sportive, son absence de communication et son projet immobilier autour du stade des Costières. Un collectif baptisé “Sauvons le Nîmes Olympique” a été créé pour s’opposer à ce projet et demander à la mairie de revoir le compromis de vente du stade. Il a organisé une manifestation devant la mairie le 13 mai et a lancé une pétition.

Le club nîmois va devoir se reconstruire en National, une division d’où il est difficile de remonter. Il va aussi devoir réduire son budget et sa masse salariale, qui étaient parmi les plus élevés de Ligue 2.

Palmarès du Nîmes Olympique

Voici un aperçu des principaux succès du club :

Compétition Nombre de titres Années
Championnat de France D1 0 3 fois 2ème
Coupe de France 0 2 fois finaliste
Coupe Gambardella 3 Premier club français à remporter trois coupes Gambardella

Le Nîmes Olympique n’a plus le choix. Alors en National, le Nîmes Olympique se hisse jusqu'en finale de la compétition.

« Il y a trois ans, le club était moribond, avec une image déplorable et catastrophique. Tous ces résultats depuis trois saisons, on ne pouvait pas les imaginer, ni même les rêver. On n’avait rien à perdre. Cette accession, c’est aussi beau que d’avoir sauvé le club il y a deux saisons. »

Après cette période difficile, le projet nîmois a été relancé par l’arrivée d’un nouvel actionnaire, d’abord minoritaire (en 2014), puis majoritaire (2015), avant qu’il ne prenne totalement le contrôle du club en 2016.

Rani Assaf est un haut dirigeant du groupe Free, dont le PDG, Xavier Niel, est également copropriétaire du Monde. Une autre personnalité est partie prenante de l’aventure nîmoise : le journaliste Jean-Jacques Bourdin, conseiller du président Assaf et parrain des Crocodiles.

« C’est une saison exceptionnelle, pour un club dont on ne parlait plus. Il y avait 18 000 personnes ce soir. On aurait pu remplir deux ou trois stades des Costières. C’est le début d’une aventure. Je sais que Rani [Assaf] va pérenniser le club. Un nouveau stade sera construit dans les deux ans à venir. On va essayer de se maintenir en Ligue 1 et ensuite de redevenir un vrai club de Ligue 1 », a-t-il réagi sur la radio qui l’emploie, RMC.

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