Maryse Ewanjé-Épée est une ancienne championne d’athlétisme devenue journaliste sur RMC. Elle est également la maman d’un joueur de 15 ans qui a intégré le pré-centre de formation de Massy. Dans l’émission diffusée jeudi soir sur RMC, l’ancienne championne d’athlétisme Maryse Ewanje-Epée a déroulé le fil de sa vie: sa quatrième place amère aux Jeux olympiques de Los Angeles, sa reconversion, ses désillusions de Séoul et Atlanta.
Amenée à se confier sur sa carrière sportive et sur sa vie privée dans La Boîte à souvenirs, émission diffusée sur RMC, l’ancienne championne française d’athlétisme, Maryse Ewanje-Epée, s’est livrée comme rarement, jusqu’à évoquer la période la plus sombre de sa vie. Dix-sept fois championne de France du saut en hauteur, vice-championne d’Europe (1984) et quatrième aux Jeux olympiques de Los Angeles (1984), l’actuelle présidente au club d’athlétisme de Noisy-le-Grand (Seine-Saint-Denis) vivait très mal son après-carrière, elle qui prendra sa retraite sportive en 1996.
Elle entre en grave dépression quelques temps plus tard, au début des années 2000. "J’ai commencé à huit ans, j’étais en équipe de France à quinze, et je me suis arrêtée à trente-deux, enceinte de ma deuxième fille", contextualise celle qui fait également partie de la Dream Team RMC.
Le combat contre l'alcoolisme
Sur le plateau de la chaîne L'Equipe, c'est au moment d'aborder le sujet des confidences de Wayne Rooney sur son addiction passée à l'alcool que Maryse Ewanjé-Epée, consultante et ancienne sauteuse en hauteur dans les années 80 et 90, a livré son témoignage personnel sur le sujet. Elle affirme ainsi s'être sortie du même type de problème "il n'y a pas très longtemps" seulement : "Le problème, c'est que sur la fin de sa carrière, on va rechercher de plus en plus les mêmes effets festifs de célébration et de désinhibition. Quand on quitte notre carrière, c'est encore pire, il y a un manque à combler."
Là où Wayne Rooney a touché ce fond au coeur de son activité de joueur, c'est donc bien après sa retraite d'athlète de haut niveau que la triplé médaillée européenne en salle et recordwoman de France durant près de 25 ans (de 1983 à 2007) a subi la vague de plein fouet : "Pendant ma carrière, ça allait à peu près, car quand on s'entraîne comme s'entraînent les athlètes... Nous, on ne coûte pas cher en alcool, au bout de deux canettes de bière j'étais bourrée toute la soirée !"
Ce sont ses enfants qui ont permis à Maryse Ewanjé-Epée de remonter la pente : "J'ai mis 20 ans à m'en sortir. Je suis quatre fois mère et tu penses à eux, tu te dis qu'à un moment tu ne seras plus là. J'ai commencé à en parler à ma famille, leur disant que je me considérais comme alcoolique."
Ses proches ne la croyaient alors pas, lui répondant qu'ils ne l'avaient jamais vue éméchée. C'était effectivement le cas, mais c'est bien là le problème : "Quand vous ne passez pas une journée sans tomber une bouteille, quand vous ressortez de chez vous car il n'y a pas d'alcool à la maison... tu sais que tu es en addiction.
Alors que sa relation conjugale avec son mari Marc Maury - ancien commentateur sportif, comédien et rugbyman - est "de plus en plus tendue", la jeune retraitée, aujourd’hui âgée de 56 ans, ne parvient pas à encaisser le divorce qui s’en suit. Et qui l’a contraint à s’occuper seule de ses quatre enfants, dont sa plus âgée, Mélissa, atteinte d’une maladie orpheline. "Là, je me prends tout ça dans la tronche. Et je me demande: 'Mais qui es-tu? Qu’est-ce que tu es devenue?'." Obligée d’exercer un boulot alimentaire "pour remplir le frigo", dans une époque où la pratique professionnelle de l’athlétisme ne permettait pas d’en vivre, elle s’enfonce.
"Je me retrouve très bas, à l’hôpital. Ma mère ne l’a pas su, révèle avec peine celle qui compte deux participations aux JO (1984 et 1988, ndlr). (…) J’ai tenté de mettre fin à mes jours. Tout simplement." Elle tentera de se couper les veines. "Je prends un tas de cachets, j’étais devenue alcoolique aussi. (…) Une énième nuit où je n’arrive pas à dormir. Je vais dans la salle de bain, je prends une lame de rasoir. Mais comme je n’arrive pas à me faire du mal, je me rase la tête. Puis je m’écroule, ivre morte. Et le matin, c’est ma fille Tania qui me trouve."
Quelques temps plus tard, alors qu’elle retourne à l’hôpital après une nouvelle prise extrême d’alcool, la jeune mère a un déclic. Au cours d’une discussion avec une psychologue, à son réveil après un lavage d’estomac, elle assure: "Je n’ai pas le droit, j’ai quatre enfants. Tout ça ne m’arrivera plus jamais. (…) Et ce jour-là, c’est quelque part la championne qui a refait surface."
Contactée par François Pesenti, l’ancien directeur des sports de RMC, Maryse Ewanje-Epée deviendra consultante pour la radio française lors des Championnats du monde d’athlétisme de Paris en 2003, renouant avec le fil de sa vie.

Inquiétudes concernant le rugby et son fils
Maryse Ewange-Epée est une ancienne championne d’athlétisme devenue journaliste sur RMC, et maman d’un joueur de 15 ans qui a intégré le pré-centre de formation de Massy. Peut-être que le fait que je sois une maman de joueur amplifie ce sentiment. Mais oui, j’ai peur, d’autant plus que je constate que dans les centres de formation au moment du recrutement, on privilégie les gabarits.
Je vois déjà les chocs qu’il subit à son âge et je les trouve importants et trop fréquents. Il fait des entraînements très intenses avec des joueurs très costauds et il fait des exercices qui sont un mélange de sprint, d’endurance et de force, tout ça sur des organismes jeunes et pas assez constitués. J’en ai parlé à Jean-Charles Trouabal dont le fils est aussi à Massy. Lui aussi s’inquiète car il trouve qu’on demande un engagement très fort athlétiquement à des jeunes qui ne savent pas courir.
Pas spécialement. Je me suis dit que peut-être que notre inquiétude s’explique aussi par le fait que nous venions de l’athlétisme car j’ai remarqué que les parents des jeunes rugbymen sont souvent d’anciens rugbymen ou des épouses d’anciens rugbymen. Pour eux, le rugby est une vraie famille et une vraie culture mais quand je parle avec des mamans, elles finissent par remarquer qu’elles sont toujours aux soins ou au massage ou à l’infirmerie.
Je ne suis pas assez spécialiste pour argumenter sur les règles. La mêlée évidemment avec le risque pour les cervicales. Il y a aussi l’engagement terrible des gamins dans les rucks. Ils ont des corps en pleine croissance mais ils ont des poids et des gabarits de seniors. On envoie au combat des jeunes taureaux qui ne sont pas prêts. J’ai quand même l’impression qu’il y a quand même de plus en plus de blessures. Il n’y a pas un match où il ne revient pas en vrac. Cela me gêne de voir que mon fils s’est déjà cassé le nez et qu’il soit déjà revenu avec un genou en vrac.
Justement, mon ancien compagnon, Marc Maury se vantait d’avoir fait près de vingt ans de rugby sans s’être cassé le nez. Oui, même dans les attitudes de la vie de tous les jours. Je n’aime pas voir mon fils jouer les gros durs pour en rajouter… J’ai envie de dire aux éducateurs : allez-y mollo dans le discours : « On est des hommes. »
J’ai aussi du mal à comprendre qu’on demande à un gosse d’être à la fois très rapide, très puissant et très endurant. Il fut une époque où il y avait les rapides, les endurants et les costauds. On ne peut pas entraîner un gamin de 80 kilos comme un gamin de 130 kilos. Je suis entraîneur d’athlétisme et je fais la différence entre les statures de mes élèves. Au rugby, on me dit qu’un deuxième ligne doit presque pouvoir jouer flanker et ainsi de suite dans l’ordre des postes. Je n’y crois pas.
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Racisme dans le rugby : Le témoignage de Maryse Ewanjé-Épée
Je suis outrée par ce qu’a vécu l’équipe de mon fils, insultée à La Rochelle en raison de la couleur de peau de certains. C’est intolérable ! Il y avait des cris de singe, “des négros” lancés, etc. On aurait dû virer ces gamins. Je suis choquée et énervée. » Maryse Éwanjé-Épée, chroniqueuse de l’émission « Super Moscato Show » sur RMC, n’a pas mâché ses mots hier à l’antenne.
Samedi, les équipes des catégories Gaudermen et Alamercery du Stade Rochelais recevaient en même temps, à la plaine des sports Colette-Besson, les joueurs de Massy. C’est au cours du match entre les moins de 16 ans Alamercery que des joueurs de couleur de la région parisienne auraient été pris pour cible.
« Un pilier de notre équipe a été traité à plusieurs reprises de “tête de nègre” », affirme Morgan Champagne, directeur sportif de Massy. « Personne n’a entendu, ou n’a voulu entendre. Puis le match a dégénéré, il y a eu une bagarre, les remplaçants et des parents s’en sont mêlés. Les insultes ont continué : “sale négro”, “rentre dans ta banlieue”… C’est dramatique d’entendre ça. Notre entraîneur a demandé à l’arbitre de le noter sur son rapport à la fin du match. Il n’a pas voulu, disant qu’il n’avait rien entendu. »
Stéphane Sautreau, l’arbitre de la rencontre, confirme. « Je n’ai entendu aucun propos raciste. En effet, le club est venu m’en faire part à la fin du match, mais il n’a pas porté réclamation. C’est d’autant plus étonnant qu’il y avait des joueurs de couleur dans les deux équipes. En tout cas, si j’avais constaté de telles insultes, j’aurais pris des sanctions. J’ai déjà eu à le faire. »
« Pour l’instant, on n’a pas d’informations précises. Pour le président massicois, Serge Moronvalle, ces insultes sont malheureusement fréquentes. « Jusqu’à présent, nous n’avons jamais porté plainte, mais nous y sommes confrontés de plus en plus souvent, en particulier chez les jeunes. Samedi, c’était d’autant plus choquant que ça a eu lieu chez un club ami, au public réputé sympathique. Nous avons de très bonnes relations avec le Stade Rochelais, mais il y a toujours des abrutis, partout, c’est ce qu’on se partage le mieux, sourit Serge Moronvalle, qui n’envisage pas d’engager une action. J’attends de voir la vidéo que des parents ont tournée. Après, nous contacterons le club pour l’aider à identifier ces personnes à recadrer.
Nelson Épée : Un jeune talent prometteur
Homme de la saison avec les Espoirs de Toulouse, Nelson Épée confirme avec les U20 français désormais. Certes, Cheslin Kolbe n'est pas vraiment dans son assiette cette saison, on vous l'accorde. Pourtant, quel ingrat ne vivrait pas l'un des plus grands moments de kif de son année s'il était adoubé par le meilleur joueur du Top 14 2019 ? Probablement aucun, on est d'accord... Alors imaginez-vous quel moment de fierté a dû envahir l'esprit du jeune ailier du Stade Toulousain Nelson Épée, 20 ans, lorsque "Ches" lui a rendu un hommage public appuyé.
Là, après le titre de champion de France Espoirs glané il y a trois semaines par les jeunes hauts-garonnais, le champion du monde sud-africain n'y est pas allé par quatre chemins sur son compte Instagram : “Bravo aux frères des Espoirs et surtout à cette machine de vitesse (Épée). Et son poulain ne lui a visiblement pas fait regretter. Déjà auteur de 7 essais en 6 matchs cette saison avec les Espoirs, Épée a enchaîné par une sélection avec France U20 pour le 6 Nations et surtout, un triplé inscrit en 20 minutes face à l'Angleterre !
Mais alors qui est cette "machine de vitesse" comme le dit si bien Kolbe ? La France aura-t-elle elle aussi bientôt sa copie conforme du petit lutin sud-africain ? Nelson Épée ? C'est donc ce gamin de tout juste 20 ans, tranchant comme une lame, vif comme l'éclair, qui a fait ses premières armes dans son Ariège chérie, du côté de Saverdun. Un club avec lequel il a d'ailleurs gardé de "nombreux contacts avec d'anciens joueurs", révélait-il lors d'un entretien pour La Dépêche.
Repéré par le Stade Toulousain lors de ses apparitions avec la sélection Midi-Pyrénées et après un passage éclair au Pole Espoirs en suivant, il débarque dans la ville rose en 2015 en Cadets Crabos, encore en tutorat avec l'UAS à l'époque. En 2019, il découvre même les professionnels à l'occasion des matchs amicaux de la pré-saison, avant de goûter au Tournoi In Extenso Supersevens à Paris La Défense Arena en février 2020, qui aura décidémment été un tremplin pour un nombre incalculable de jeunes de cette génération (Taofifenua, Jaminet, Delibes...).
Mais c'est cette année que son nom a commencé a réellement faire du bruit ; notamment auprès des supporters, qui ne cessent de vendre ses mérites sous les publications du Stade Toulousain. On dit en effet que l'international U16, U18 et désormais U20 est un diamant brut, sosie officiel de Cheslin Kolbe mais version french touch. 1m74 pour 73kg, casque rouge vissé sur la tête, crampons roses Mercurial vissés aux pieds pour soutenir au mieux ses cannes de feu et ses appuis déroutants, si cela ne vous rappelle pas quelqu'un...
Actuellement avec les U20 pour préparer le Tournoi, l'international à 7 suit également une formation en Bac Pro Commerce, en parallèle. S'il n'a pas pu empêcher la défaite des siens en ouverture de la compétition face aux Anglais (38 à 22), nul doute doute qu'il brillera encore dans cette édition 2021 aux côtés des Le Garrec, Debaes ou Ntamack, avant de pourquoi pas découvrir le Top 14 dès la saison prochaine ?

Grossesse et carrière sportive
Invitée de l’émission Télématin diffusée sur France 2, Maryse Éwanjé-Épée a expliqué les difficultés auxquelles elle a été confrontée lors de sa grossesse. En 1991, l’ancienne athlète âgée de 59 ans aujourd’hui - devenue consultante sportive - s’est confiée : «Quand je suis tombée enceinte, j'ai prévenu la fédération. Une situation survenue moins d’un an avant les Jeux olympiques de Barcelone de 1992.
À Paris, une crèche olympique a vu le jour. Une nouveauté qui en réjouit plus d’une. «L'espace familial est une initiative incroyable. Ça rend le sport de très haut niveau plus accessible et plus agréable pour les parents. Une première qui doit beaucoup à Allyson Felix. L’ancienne sprinteuse américaine - sextuple médaillée d’or olympique - a milité pour la mise en place de ce lieu auprès du Comité internationale olympique.