L'histoire de Nicolas Sarkozy et du Paris Saint-Germain (PSG) est un récit complexe où se mêlent football, politique, et affaires. Fervent supporter du club parisien, l'ancien président de la République française s'est retrouvé au cœur de plusieurs controverses et enquêtes concernant le rachat du PSG par le Qatar en 2011. Cet article explore les différentes facettes de cette relation, des soupçons de corruption aux interventions supposées pour favoriser le club.

Un Supporter Engagé
Depuis de nombreuses années, Nicolas Sarkozy s’est engagé en faveur des enfants atteints de cancer. L’ancien président de la République se déplace régulièrement à l’hôpital Gustave Roussy de Villejuif, l’un des établissements les plus en pointe pour soigner les 2500 filles et garçons chez qui on diagnostique chaque année un cancer.
Il y a six mois, l’ex-chef de l’État avait fait la connaissance d’un adolescent de 14 ans soigné à Villejuif. Son vœu le plus cher ? Assister à un match du Paris Saint-Germain. Bien que toujours malade, le jeune A. Nicolas Sarkozy lui avait proposé la rencontre PSG-Auxerre du samedi 27 septembre. Et malgré sa condamnation à cinq ans de prison prononcée deux jours plus tôt, l’ancien président de la République n’aurait manqué sa parole pour rien au monde.
Accompagné de sa mère et de son petit frère, A. Avant de s’installer dans « la corbeille » - la tribune d’honneur du stade - Nicolas Sarkozy a été interpellé par des dizaines de supporters. « Il ne pouvait pas faire un pas ou tourner la tête sans que des gens viennent lui témoigner leur sympathie ou leur soutien, rapporte un témoin présent au Parc des Princes. Certains lui ont dit à quel point sa condamnation les révulsait. Lui n’a pas eu un mot plus haut que l’autre. Il s’est contenté de remercier chacun et n’a pas utilisé la situation pour asséner un discours politique ou exprimer son indignation au lendemain du jugement.
Deux jours après que le tribunal correctionnel de Paris a condamné Nicolas Sarkozy à cinq ans de prison, l'ancien président de la République était en tribune aux côtés de Luis Campos pour regarder le PSG, son club de cœur contre l'AJ Auxerre.
Le Rôle de Sarkozy dans le Rachat du PSG par le Qatar
Près de quinze ans après le fameux rachat du PSG par le Qatar en 2011, les enquêteurs français tentent toujours de démêler le rôle qu’aurait joué Nicolas Sarkozy, fervent supporter du club parisien, dans une série d’arrangements politico-financiers qui dépassent largement le simple cadre sportif. D’après les dernières révélations de Mediapart, l’ancien président de la République aurait été un acteur central dans les tractations qui ont conduit non seulement à l’attribution du Mondial 2022 au Qatar, mais aussi à la vente du Paris Saint-Germain à Qatar Sports Investments (QSI), un montage qui aurait profité à plusieurs de ses proches, du financier Sébastien Bazin à son propre fils Pierre Sarkozy.
Le point de départ de ce nouvel épisode judiciaire remonte à un déjeuner resté célèbre dans les couloirs du pouvoir. Le 23 novembre 2010 à l’Élysée, Nicolas Sarkozy reçoit à sa table le prince héritier du Qatar, Tamim al-Thani, ainsi que Michel Platini, alors président de l’UEFA, et Claude Guéant, son secrétaire général. Selon Mediapart, cette réunion fut décisive puisque quelques jours après, Platini a modifié son vote pour soutenir la candidature du Qatar à la Coupe du monde 2022, alors qu’il semblait jusque-là favorable au dossier américain.
Les magistrats français estiment aujourd’hui que ce déjeuner a pu sceller un accord officieux : en échange du soutien diplomatique de la France, Doha s’engagerait à investir massivement dans des entreprises et des projets français, dont le rachat du PSG, club cher à Sarkozy. C’est là que les ramifications économiques et personnelles se dessinent plus nettement.
Mediapart révèle que le patron de Colony Capital, Sébastien Bazin, aurait négocié la vente du PSG avec le soutien actif de Nicolas Sarkozy et de son entourage. Le prix de vente, initialement évalué à environ 30 millions d’euros, aurait été doublé à 64 millions, après des échanges impliquant Sarkozy père et fils. Des SMS versés au dossier font état d’un soutien direct du président pour « convaincre les Qataris » d’acheter le club « à un prix plus juste », selon Mediapart.
Aujourd’hui, ces dossiers parallèles alimentent une instruction pour corruption, trafic d’influence et financement illégal de campagne, à la suite d’une plainte déposée en 2023 par l’association Anticor. Les juges cherchent à déterminer si Nicolas Sarkozy a personnellement tiré profit de ces opérations et s’il a utilisé son statut présidentiel pour favoriser des partenaires privés en échange de soutiens politiques ou financiers. L’ancien président, lui, nie toute malversation, assurant avoir toujours agi dans « l’intérêt de la France et du football français ».
Si le Paris Saint-Germain reste au centre des soupçons, aucune enquête ne vise directement le club ou ses dirigeants actuels. Les magistrats se concentrent exclusivement sur les conditions du rachat et les acteurs politiques de l’époque.
Implication de Pierre Sarkozy
Selon Médiapart, l'ancien président de la République et l'un de ses fils Pierre auraient été impliqués dans le rachat du PSG par le Qatar en 2011. Ils auraient aidé Sébastien Bazin, l'ancien patron de Colony Capital.
D'après le média français, Nicolas Sarkozy et l'un de ses fils, Pierre, auraient été impliqués dans le rachat du Paris-SG, leur club favori qu'ils vont souvent supporter au Parc des Princes dans la « corbeille », la tribune VIP, par le Qatar en 2011. Comment exactement ?
Alors président de la République depuis 2007, Nicolas Sarkozy, et son fils Pierre, connu pour ses activités de disc-jockey sous le nom de « DJ Mosey » et son rôle de producteur de hip-hop, auraient aidé Sébastien Bazin, grand ami de l'ancien chef de l'Etat et ancien patron du fonds propriétaire du PSG (Colony Capital), à doubler le prix de vente du club parisien en 2010 et 2011. Des documents prouveraient la façon dont le prix du Paris-SG est passé de 30 à 64 millions d'euros, le tarif déboursé par Qatar Sports Investments (QSI) pour s'offrir l'institution de la capitale.
Le fils aîné de l’ancien président, par ailleurs DJ et producteur de hip-hop sous le nom de scène de Mosey, serait intervenu auprès de son père, en 2010 et 2011, « afin d’aider l’homme d’affaires Sébastien Bazin à vendre le PSG au Qatar. »
« Pierre Sarkozy rejoint ainsi, dans le dossier judiciaire, un autre « fils de », Laurent Platini, dont l’embauche par le Qatar a été négociée lors de la même vente du PSG », poursuit Mediapart.
« Plusieurs documents montrent que Nicolas Sarkozy aurait négocié dès le 3 février 2010, lors d’une rencontre à l’Élysée avec le prince Tamim Al-Thani, que l’Émirat rachète le PSG en échange du soutien de la France à Qatar 2022. Nicolas Sarkozy a ensuite reçu Sébastien Bazin à l’Élysée le 7 avril. »
Quand le projet de vente du club se trouve menacé, Bazin n’hésite pas à demander l’intervention de Pierre Sarkozy. Comme cet échange datant du 29 décembre 2010 et relaté par Mediapart : « « Pierre, as-tu eu ton père et sais-tu s’il va appeler le Prince ? J’ai parlé au dircab [du prince Tamim] et à Nasser et pour l’instant leur ai dit que je comptais venir samedi et dimanche a Doha mais sans aucune assurance de rencontrer le Prince !!! » « Merci pour tout ce que tu fais », conclut-il à l’attention du fils du président. »
Pour Mediapart, « le patron de Colony peut en tout cas se féliciter des « coups de pouce » des Sarkozy. Le deal est officiellement annoncé le 31 mai et signé un mois plus tard. Le Qatar a accepté de payer 64 millions d’euros en deux fois, selon un audit interne du PSG issu des Football Leaks. C’est 34 millions de plus que l’offre initiale.
Documents Clés
Des notes de l'Élysée et des SMS issus du téléphone de Sébastien Bazin, recueillis par le Parquet national financier et par l'Office central de lutte contre la corruption et les infractions. L'ancien secrétaire général du président Sarkozy, Claude Guéant, serait également impliqué.
« Des notes de l’Élysée et les SMS issus du téléphone de Sébastien Bazin révèlent la fin de cette histoire secrète, à base d’arrangements entre amis impliquant personnellement l’ex-président Sarkozy et l’émir Tamim Al-Thani, poursuit l’article. Surtout, l’intervention du père et du fils Sarkozy, ainsi que du secrétaire général de l’Élysée Claude Guéant, aurait permis de doubler le prix de vente du PSG.
Selon le site d’informations « une heure après le début du déjeuner, il (Sébastien Bazin) écrit à son lobbyiste en charge du Qatar que Nicolas Sarkozy vient de l’appeler, et qu’il lui a « donné les messages clés ». Le lendemain matin, le patron de Colony exulte dans un SMS au même conseiller : « NS m’a rappelé. HH (His Highness, son excellence le prince Tamim Al-Thani] a confirmé que le deal se fera après le 2 décembre », le jour du vote (pour la Coupe du monde).
Condamnation et Conséquences
Quelques heures après sa condamnation, le mercredi 26 novembre, Nicolas Sarkozy a assisté au match de Ligue des champions opposant le PSG à Tottenham au Parc des Princes (5-3). Le 10 décembre prochain, l'ancien président, définitivement condamné par la Cour de cassation dans l'affaire Bygmalion, se lancera dans une tournée promotionnelle pour son dernier livre Le journal d'un prisonnier.
Non, l'ancien chef de l'État n'est pas actuellement sous surveillance électronique et pour cause, à l'heure où nous écrivons ces lignes, il ne purge pas encore les six mois de prison ferme auxquelles il a été condamné. Cette peine est devenue définitive le 26 novembre.
Nicolas Sarkozy a déjà porté un bracelet électronique au début de l'année, pendant près de trois mois, après sa condamnation dans l'affaire des écoutes.
Les options d'aménagement de peine
Bracelet électronique ou des travaux d'intérêt généralEst-ce que ce sera nécessairement sous la forme d'un bracelet électronique ? Non. La peine est aménageable de plusieurs manières. Le magistrat peut aussi décider de convertir sa peine en jour amende. L'ancien président devra alors verser au trésor public une certaine somme d'argent pendant un certain nombre de jours.
Des autorisations de sortir entre 8h et 20hS'il est placé sous bracelet électronique, pourra-t-il aller supporter son équipe de cœur, le PSG, au Parc des Princes et faire la tournée des librairies pour la promotion de son dernier livre ? Mais pas question d'aller assister à un match.
Clément Pernia : "N.Sarkozy au pouvoir et ses relations avec le Qatar ont favorisé le rachat du PSG"
Un Avenir au PSG ?
Si Nicolas Sarkozy ne se présentait pas aux élections de 2017, il pourrait lorgner sur le poste de président du club champion de France.
Habitué du Parc des Princes depuis de longues années, l'ancien pensionnaire de l'Elysée est très proche des dirigeants parisiens. C'est même lui qui a œuvré en coulisses pour que les Qataris prennent le contrôle du club de la capitale en 2011. Et il semble d'ailleurs attendre un retour d'ascenseur.
Selon L'Express du 13 mai, Sarkozy aurait récemment déclaré à des élus qu'il reçoit dans son bureau parisien : "Les journalistes me demandent souvent si je veux devenir président du PSG. Mais les mecs n'ont pas compris : je suis déjà président du PSG !" Un aveu en forme de boutade qui traduit tout même une tendance chez l'ancien président qui se verrait bien dans ses nouvelles fonctions.
"Ils (les journalistes, ndlr) n'ont qu'à venir voir au Parc. Nasser (Al-Khelaïfi) me place systématiquement à côté de lui, juste à côté du président du club adverse", rapporte encore l'hebdomadaire qui avait déjà enquêté sur le sujet en décembre dernier.
Le PSG en Chiffres
Le tableau ci-dessous résume les principaux chiffres liés au rachat du PSG et aux implications de Nicolas Sarkozy :
| Événement | Date | Montant | Acteurs Clés |
|---|---|---|---|
| Déjeuner à l'Élysée | 23 novembre 2010 | - | Nicolas Sarkozy, Tamim al-Thani, Michel Platini, Claude Guéant |
| Prix initial de vente du PSG | 2010 | 30 millions d'euros | Colony Capital |
| Prix final de vente du PSG | 2011 | 64 millions d'euros | Qatar Sports Investments (QSI) |
| Plainte pour corruption | 2023 | - | Association Anticor |
