Le football espagnol, comme de nombreux autres sports de haut niveau, a été confronté à des allégations et des scandales de dopage. Cet article examine certains incidents notables et les controverses qui les entourent.

Affaire Sergio Ramos et le Contrôle Antidopage
Défenseur et capitaine du Real Madrid, Sergio Ramos faisait partie des joueurs désignés pour le contrôle antidopage après la finale de Ligue des champions remportée par son équipe face à la Juventus le 3 juin 2017. D'après Mediapart, l'Espagnol aurait été contrôlé positif ce soir-là à la dexaméthasone, un corticoïde.
Dans les Football Leaks, se trouve la réponse adressée par le joueur aux responsables antidopage de l'UEFA le 10 juillet. Ramos explique avoir reçu « un traitement contre la douleur pour mon épaule et mon genou », la veille du match. Les règlements antidopage prévoient que ce type de traitement est autorisé hors compétition mais doivent être mentionnés lors du contrôle antidopage. Or, le médecin ne mentionne que deux injections (à l'épaule et au genou) d'un autre corticoïde, le Celestone Chronodose, bétaméthasone de son nom scientifique.
Dans un courrier à l'UEFA, Mikel Aremberri, médecin du Real Madrid, plaide l'erreur administrative et explique qu'il a confondu dexaméthasone et bétaméthasone au moment de remplir le formulaire le soir du contrôle, à cause de « l'excitation » et de « l'euphorie » dans le vestiaire. L'explication a convaincu : l'enquête confiée par l'UEFA à un expert a conclu à la cohérence des explications et « l'erreur administrative » a été jugée « très probable ». Le joueur et le médecin ont échappé à toute sanction.
Comportement de Sergio Ramos face aux règles des contrôles antidopage
Les Football Leaks donnent d'autres exemples du comportement léger, voire cavalier, de Sergio Ramos et du Real Madrid face aux règles des contrôles antidopage. Le 15 avril 2018, après la victoire en Championnat à Malaga, le capitaine doit se soumettre au contrôle antidopage. Et d'après le récit du contrôleur de l'agence antidopage espagnole, il a pris ses libertés vis-à-vis du protocole : le joueur réclame de pouvoir prendre sa douche avant tout et passe outre le refus de l'inspecteur, alors que celui-ci l'a mis en garde sur les conséquences de son comportement.
Mediapart rappelle que prendre une douche ou un bain avant un contrôle est interdit pour éviter les tentatives de fausser le contrôle. « Les sanctions sont très lourdes, aussi bien pour le joueur que pour le club et le médecin de l'équipe », insiste un courriel du directeur juridique du Real Madrid, mis au jour par les Football Leaks. Contactée par Mediapart, l'agence antidopage espagnole a répondu que « les résultats de l'enquête n'ont mis au jour aucun fait qui pourrait permettre de conclure à l'existence d'un acte violant la réglementation antidopage. »
Tensions lors d'un contrôle inopiné
Dernier épisode dévoilé par les Football Leaks : en février 2017, deux contrôleurs de l'UEFA se présentent avant un entraînement du Real Madrid pour des contrôles sanguins inopinés sur dix joueurs. D'après leur récit, Cristiano Ronaldo «exprime son mécontentement» à plusieurs reprises, ce qui crée «une forte tension dans la salle de contrôle». Deux joueurs (Ronaldo et Kroos) donnent leur sang avant que l'équipe médicale du club se chargent des huit autres prélèvements. D'après le rapport, les contrôleurs ont donné leur accord à «titre exceptionnel» en raison de «l'atmosphère tendue».
Les règlements antidopage précisent que les prélèvements des contrôles inopinés doivent être effectués seulement par les contrôleurs et que les clubs doivent assurer les bonnes conditions de travail.
Implication du Docteur Fuentes
Le trouble docteur Fuentes, impliqué par ailleurs dans un scandale de dopage, aurait rédigé des plans de préparation physique pour les deux clubs phares du championnat espagnol, le Real Madrid et le FC Barcelone, selon «Le Monde» de vendredi. Le docteur Fuentes a été récemment impliqué dans le scandale de dopage sanguin qui a secoué le cyclisme ibérique l’été dernier.
«Le Monde» affirme «avoir eu accès à une série de documents confidentiels» (les plans de préparation des deux clubs rédigés de la main du docteur sur une simple feuille de papier A4) qui détaillent le programme de préparation de la saison 2005-2006 du Barça et du Real. Seraient également concernés les clubs de Valence et du Betis Séville. Sur ces documents, non saisis par la Guardia Civil, figureraient «des inscriptions codées», qui selon le premier rapport d'enquête de la police espagnole cachent des produits dopants.
Tous les clubs concernés ont publié un démenti. Ainsi, "Le Monde" révèle que le docteur Eufemiano Fuentes a eu des contacts avec plusieurs clubs de Liga. Outre le Barça et le Real, c'est aussi le FC Valence et le Betis Seville qui sont mis en cause dans ce qui s'apparente à un futur scandale.
Interrogé par le quotidien français, Eufiemano Fuentes se confesse. Il déclare notamment avoir pratiqué ce genre de combines "avec plusieurs clubs de première et deuxième division", et pas seulement avec des cyclistes mais aussi "avec des athlètes, des tennisman, des footballeurs, des basketteurs et des boxeurs".
Lors de son procès, il fera sensation en déclarant : "le Real Madrid a une dette envers moi". Mais il expliquera ensuite qu’il s’agissait des frais engagés pour témoigner dans le procès contre le Monde.

Le FC Barcelone et le Real Madrid sont les deux clubs phares du championnat espagnol
Procès du Monde contre le Real Madrid
L’histoire remonte à 2006. Cette année là, la police espagnole découvre un vaste système de dopage dans l’équipe de cyclisme espagnole Liberty Seguros. Ses coureurs ont utilisé des produits administrés par le docteur Eufemiano Fuentes. Fin 2006, un journaliste du service des sports du Monde, Stéphane Mandard, se rend aux Canaries pour interviewer le docteur. Il en revient avec un scoop : quatre clubs de football (FC Barcelone, Real Madrid, FC Valence et Betis Séville) auraient aussi utilisé les services du médecin.
Dans son article, le journaliste explique avoir “eu accès à des plans de ‘préparation’ des quatre clubs pour la saison 2005-2006 [...] rédigés de la main du docteur Fuentes sur une simple feuille de papier A4”. L’article précise que ces documents n’ont pas été saisis lors de l’enquête par par la Guardia Civil espagnole, car elle n’a jamais perquisitionné son appartement aux Canaries.
Immédiatement après la publication, le Real publie un démenti et fait insérer un droit de réponse. Surtout, Eufemiano Fuentes dément avoir travaillé avec le Real, et assure n’avoir jamais déclaré cela au journaliste du Monde.
Le club de football attaque en justice le quotidien, réclamant 750.000 euros de dommages. Le procès a lieu en 2009 dans un tribunal de Madrid. Le journaliste du Monde déclare alors que sa source est bien le docteur Fuentes. Il ajoute que le médecin lui a montré les documents, mais ne lui a pas permis de les emporter, ni de les photographier.
Finalement, le tribunal décide de condamner le quotidien à payer 300.000 euros de dommages au Real, et 30.000 euros au médecin du club, Alfonso Del Corral Sallas. Pour les juges, “l’existence des documents a été niée par le docteur Fuentes, et n’est pas corroborée par d’autres moyens. Le docteur Fuentes a non seulement démenti l’information, mais en plus sa propre implication dans l’affaire de dopage fait perdre à cette source sa fiabilité”.
La condamnation du Monde devient donc définitive en 2014, mais le quotidien du soir ne s’empresse évidemment pas de payer ces dommages. Le Real demande donc à la justice française de faire exécuter cette condamnation. En 2018, le greffe du tribunal de grande instance de Paris estime que la décision espagnole doit bien être exécutée, et donc que le Monde doit payer 330.000 euros, plus 120.000 euros d'intérêts, soit au total 450.000 euros. Mais le journal fait appel, avec succès. La cour d’appel de Paris vient de décider que le Monde n’aurait pas à payer ces dommages, pour plusieurs raisons.
En pratique, pour refuser d’exécuter la décision espagnole, la cour d’appel a utilisé une disposition du droit européen, précisément un règlement du conseil européen datant de 2000. Ce texte permet à un pays européen de ne pas appliquer une décision de justice étrangère si cette décision manifestement contraire à “l’ordre public” du pays.
A noter que le Barça a aussi attaqué le Monde devant la justice espagnole,réclamant 300.000 euros, et obtenant finalement 15.000 euros. Mais le club barcelonais n’a pas tenté de faire appliquer la décision.
Affaire Negreira et Scandales d'Arbitrage
Alors que les tensions sont de plus en plus grandes entre le Real Madrid et le Barça, l'entraîneur Merengue Alvaro Arbeloa s'est une nouvelle fois indigné ce samedi du potentiel scandale d'arbitrage au cœur duquel est plongé le club catalan ces derniers mois.
En conférence de presse ce samedi à la veille du déplacement du Real Madrid sur la peluse de Valence en Liga (21h), Alvaro Arbeloa a été interrogé sur l'annonce de la matinée: le retrait du FC Barcelone du projet controversé de la Super League, laissant les Madrilènes être les derniers soutiens de la compétition.
Mais l'entraîneur Merengue a préféré répondre à la deuxième partie de la question du journaliste espagnol qui reposait sur les déclarations de l'ancien président du Barça Joan Gaspart, récemment entendu dans l'affaire Negreira - un scandale arbitral présumé mettant en cause le FC Barcelone - et qui a assuré que "le Real Madrid et Florentino Pérez nuisent au football".
"Personne ne comprend pourquoi, aujourd'hui encore, le plus grand scandale de l'histoire du football espagnol reste irrésolu. Et cela concerne tout le monde", a sèchement rétorqué le nouveau coach du Real, présent au club en tant que joueur à la période que couvre l'enquête.
Dans ce dossier tentaculaire, le Barça et certains de ses anciens dirigeants font l'objet d'une enquête pour des paiements présumés, de plus de 7,3 millions d'euros, que le club aurait versés à José María Enríquez Negreira, ancien vice-président du Comité technique des arbitres (CTA), entre 2001 et 2018, selon une plainte qui a provoqué un séisme dans le monde du football espagnol.
Depuis la révélation de l'affaire, le Real Madrid s'indigne régulièrement de la situation, assurant être des victimes sportives directes de ces paiements. Fin décembre, Florentino Pérez en a parlé comme du "plus grand scandale de l’histoire du football", pointant du doigt "une affaire qui ternit l'image de notre sport et souligne la nécessité d'une réforme radicale des structures de l'arbitrage espagnol".
Foot espagnol : un système corruptif (arbitrage, Negreira, matchs truqués...)
Le football espagnol a été marqué par divers scandales de dopage et de corruption, mettant en lumière les défis persistants en matière d'intégrité sportive. Les affaires impliquant des clubs de renom comme le Real Madrid et le FC Barcelone soulignent la nécessité d'une vigilance accrue et de réformes pour garantir un jeu propre et équitable.