Nicolas Mort : Biographie et Tragédie d'un Rugbyman

Le monde du rugby a été marqué par des drames, et la mort de jeunes joueurs sur le terrain a soulevé des questions cruciales sur la sécurité et les responsabilités. Cet article revient sur la biographie de Nicolas Mort et les circonstances tragiques de son décès.

Un Froid Matin de Décembre

Un froid matin de décembre, Philippe Chauvin dépose à la gare son fils Nicolas, 18 ans, qui va jouer son premier match en tant que titulaire en catégorie Espoirs du Stade français Paris. Il ne savait pas que ce serait la dernière fois qu'il le verrait en vie... Un double plaquage brutal occasionne un arrachement fatal de la seconde vertèbre cervicale. La même année, quatre jeunes vont mourir des suites d'un choc sur un terrain de rugby.

Il est 15h05, le 9 décembre 2018 quand, sur un terrain de Bègles, près de Bordeaux, deux membres de l’équipe Espoirs de l’Union Bordeaux-Bègles (UBB) s’élancent pour châtier un de leurs adversaires du jour d’un double plaquage d’une grande violence. En face, le joueur du Stade Français Nicolas Chauvin est quasiment à l’arrêt lorsqu’il reçoit le ballon et, dans la même seconde, les deux plaqueurs qui sprintaient depuis une dizaine de mètres. Le choc - deux coups d’épaule à la tête - fait un bruit de bois sec. L’un des plaqueurs, obligé de se rattraper sur ses mains, passe par-dessus Nicolas Chauvin qui, lui, reste inanimé au sol, deux vertèbres cervicales disloquées. Il décède trois jours plus tard. Il avait 18 ans.

L'Après : Silence et Incompréhension

On pourrait penser que les institutions sportives et judiciaires ont tout fait, depuis six ans, pour éclairer ce drame afin de tracer, pour le bien du rugby et la sécurité de ses pratiquants, une frontière claire entre ce qui est acceptable sur un terrain et ce qui ne l’est pas. Le Stade Français, la Fédération française de rugby (FFR) et le ministère des Sports ont, les uns après les autres, détourné les yeux.

Mais, après quelques semaines d'émotion pendant lesquelles l'auto-proclamée « grande famille du rugby » multiplie les déclarations de solidarité, c'est un silence embarrassé puis agacé qui seul lui répond.

Six ans après le décès de l'ancien espoir du Stade Français Nicolas Chauvin sur un terrain, et selon une information du « Parisien », le tribunal judiciaire de Bordeaux a rendu une ordonnance de non-lieu à l'encontre des deux joueurs qui l'avaient plaqué.

Pour le juge d'instruction, malgré « les divergences et l'absence d'unanimité » des parties entendues, soulignées dans l'ordonnance, il n'y aurait pas lieu de poursuivre les deux plaqueurs devant un tribunal, ce qui interdira un débat public contradictoire.

Dans une interview accordée à nos confrères du Parisien, le père de Nicolas Chauvin se dit en désaccord avec ces conclusions, pointe ce qu'il considère comme des incohérences de l'enquête et de l'analyse, les responsabilités passées sous silence et confirme que son épouse et lui feront appel de cette décision et demanderont certainement le dépaysement de l'affaire, ailleurs qu'à Bordeaux, pour plus d'objectivité.« Nous sommes très, très déçus, ma femme et moi, déclare Philippe Chauvin. Nicolas est mort le 12 décembre 2018 après avoir été mortellement blessé le 9. Il aura fallu six ans et un mois pour réunir des pièces partielles, partiales, certaines ayant dû être refaites, pour en arriver à une histoire cousue de fil blanc expliquant que mourir n'est pas un danger suffisant pour être renvoyé devant un tribunal. »

Le Combat d'un Père

Depuis, Philippe Chauvin se bat pour que son fils ne soit pas mort en vain. Il réclame que les lumières soient faites sur les responsabilités et que les règles existantes, qui prohibent les gestes dangereux, soient réellement appliquées.

Philippe Chauvin a perdu un fils de 18 ans, victime d’un choc violent lors d’un match de rugby. Depuis plus de quatre ans, Philippe Chauvin veut comprendre pourquoi son fils est mort sur un terrain de rugby. Nicolas Chauvin, jeune espoir du Stade Français, était en déplacement à Bordeaux (Gironde) en décembre 2018. Nicolas Chauvin, 18 ans, décédera trois jours plus tard à l’hôpital. Son père a porté plainte contre X pour homicide involontaire. Il a vu et revu les images du choc, puis monté un dossier pour sensibiliser les instances du rugby. En vain. "Attendre simplement que la justice tranche, je trouve que c’est un peu trop facile pour le ministère des Sports ou pour la Fédération française de rugby", juge-t-il.

Philippe Chauvin, ancien rugbyman et dirigeant d'un club amateur, intervient régulièrement dans les médias pour parler de la brutalité dans le sport. Son témoignage vise à éviter que ce type de drame ne se reproduise, et que la mort de son fils Nicolas serve à quelque chose...

Ce livre retrace son cheminement, des gradins des petits stades de banlieue aux salles de réception du Stade français, en passant par le ministère des Sports ou les bureaux de la Fédération française de rugby. Il raconte les belles promesses et les réponses qui ne viennent pas.

Face à un milieu gouverné par l'omerta et les gros sous, le combat d'un homme seul, lucide et déterminé, qui veut faire changer une culture sportive et des institutions indifférentes.

Son actualité : Rugby mourir fait partie du jeu Editeur : LE ROCHER Date de parution : 05/04/2023

Autres Drames en 2018

L’année 2018 a été particulièrement sombre pour le rugby français, marquée par plusieurs décès tragiques de jeunes joueurs :

  • Adrien Descrulhes (17 ans) : Décédé des suites d’un plaquage lors d’un match, victime d’un traumatisme crânien.
  • Louis Fajfrowski (21 ans) : Succomba après un plaquage lors d’un match de préparation.
  • Nicolas Chauvin (18 ans) : Décédé après un double plaquage lors d’un match contre l’UBB.

Ces événements ont relancé le débat sur la sécurité dans le rugby et la nécessité de revoir les règles et les pratiques pour protéger les joueurs.

Un Autre Drame : Nicolas Dumas

Il n’était « n’est ni de près, ni de loin lié à cette histoire ». Nicolas Dumas, le jeune rugbyman de 22 ans tué devant une discothèque à Saint-Péray (Ardèche), est une victime collatérale de la « mission » des deux hommes mis en examen, a fait savoir Nicolas Bessone, le procureur de la République de Marseille, lors d’une conférence de presse, ce mardi 12 novembre.

Atteint par un tir à la tête, dans la nuit du jeudi 31 octobre au vendredi 1er novembre, Nicolas Dumas est décédé des suites de ses blessures, samedi 2 novembre.

Ce jeune rugbyman de 22 ans a été tué d'une balle dans la tête.

Le jeune homme jouait au sein du RCRP, qui était aussi le club de Thomas Perotto, tué au bal de Crépol.

Une marche blanche est organisée ce mercredi 6 novembre à Romans, le club et tous les jeunes s'y associent : "Ils veulent soutenir la famille de Nicolas, les aider.

LEUR FILS DE 15 ANS MEURT EN PLEIN MATCH DE FOOT SUITE À UN COUP VIOLENT (ÉVITABLE ?)

Hommages et Souvenirs

Lors d’un match, samedi à Bastia, sa tête est venue percuter violemment ses genoux, en retombant, après un plaquage sur un adversaire. Victime d’un arrêt cardio-respiratoire, l’adolescent avait été transporté à l’hôpital et opéré dans la soirée. "Nicolas était un garçon plein de vie. Un ado dont la vie a été fauchée, c’est inimaginable pour le monde du rugby et pour tous les gens qui ont des enfants. C’est tellement injuste, témoigne Fabrice Gilbert, le président du Rugby Saint-Maximinois XV. C’était un accident de jeu. Tout le monde est dévasté. C’est un jeune de chez nous depuis les M6 (moins de 6 ans, Ndlr). Ses deux petits frères jouent aussi au rugby. Son père a joué en loisirs ici. Il était aussi bénévole de l’association. La direction, qui a rassemblé les familles et les joueurs, a annoncé que "la famille de Nicolas, toujours en Corse, a tenu à passer un message: ils veulent qu’on reste positifs; que la vie et le rugby continuent. Personne n’est responsable de ce qui est arrivé. Ce n’est pas la faute du rugby. C’est la fatalité. "La meilleure façon de faire perdurer sa mémoire, c’est de jouer au rugby et de penser à lui chaque fois que vous ferez une passe, un plaquage ou un essai.

Pour Sylvain Lherondel, secrétaire général du club: "Nicolas était le minot rêvé, calme, toujours dans les clous, et très performant. Il avait un mental de leader. Il s’engageait à fond pour devenir rugbyman professionnel. Et une courte biographie. Un ballon de rugby. Des cœurs rouge et noir. Et le drapeau libanais. Un papa cadre dans une société de sécurité. Et une maman ingénieur dans l’industrie. Nicolas était aussi "un modèle pour ses copains". "Nicolas c’était un beau gosse! "Je connaissais Nicolas depuis l’école primaire. Il était toujours très souriant. Il était super gentil et très drôle, il nous faisait toujours rire. Mais on se voyait moins depuis qu’il était en internat sport-études au RCT à Toulon ", témoigne Jade, 15 ans. "On était ensemble du CM2 jusqu’à la quatrième au collège Jeanne d’Arc à Saint-Maximin. Il travaillait bien à l’école, mais on faisait quelques bêtises… On n’était pas tout le temps très concentrés en fait.

Pour Guillaume, la disparition de son camarade est difficile à accepter: "On était dans la même classe au collège. Il avait une joie de vivre qu’il est vraiment rare de trouver chez quelqu’un d’autre. C’était un gentil. Un rayon de soleil. Une bonne personne. 1. Nicolas Haddad avait intégré la "famille du RSM XV" pour la saison 2015-2016. Le jeune garçon avait démarré son aventure rugbystique en catégorie M6. Un garçon "remarquable" et "toujours plébiscité" par ses éducateurs successifs. Et qui a su démontrer toutes ses capacités. Le "petit garçon joueur et jovial" formé à Saint-Maximin était devenu un athlète performant, qui a su s’imposer comme titulaire au poste d’ailier dans l’équipe d’entente M14 formée avec Brignoles. Ce qui lui ouvrira les portes du RCT, avec l’obtention d’une double licence avec le club de la rade. Une découverte du haut niveau, et de la compétition en Gaudermen, sans jamais abandonner ses copains de l’entente maximinoise, qu’il rejoignait lorsqu’il ne jouait pas avec Toulon.

tags: #nicolas #mort #rugby