Les rencontres entre le SA XV et Nevers ont souvent défrayé la chronique depuis les premières passes d’armes en 2015 en Fédérale 1 entre les deux présidents, Didier Pitcho et Régis Dumange. La hache de guerre est enterrée depuis longtemps comme le répète ce dernier, mécène d’un club qu’il a conduit dans le haut de tableau de Pro D2 et qui doit battre les Angoumoisins vendredi soir sur son « Pré Fleuri » pour rester dans la course aux phases finales. Les meilleurs ennemis font les meilleurs amis !

Un Match Récemment Disputé
Au terme d’une rencontre longtemps indécise, Nevers est venu à bout de Soyaux-Angoulême, au Pré Fleuri, lors de la 26e journée de Pro D2. Nevers s’est imposé au Pré Fleuri lors de la 26e journée de Pro D2 face à Soyaux-Angoulême (30-23). Il n’y aura pas de septième victoire à l’extérieur pour Soyaux-Angoulême. Pourtant, Les Angoumoisins, en quête d’une 7e victoire à l’extérieur, sont les premiers à se mettre en évidence.
Les Moments Clés du Match
Plus incisifs et plus impactant dans le jeu, les hommes d’Alexandre Ruiz vont être récompensés par leurs intentions grâce à deux pénalités d’Adrien Bau. Le pied parfait, zéro défaut du demi de mêlée charentais va ensuite se dérégler, enchaînant trois échecs face aux poteaux. Nevers se réveille après la 20e minute. Les Nivernais s’appuient sur leur point fort : le ballon porté, pour passer devant une première fois grâce à Jean-Maxence Jules-Rosette.
Sauf que Soyaux a de la ressource et pense mettre un coup au public du Pré Fleuri grâce à deux essais en deux minutes. Le premier, signé Rayne Barka à la suite d’une magnifique action collective. Le second grâce à l’opportunisme du brillant Massimo Ortolan, passeur sur le précédent essai, venu profiter d’une mésentente entre Dylan Jaminet et Arthur Mathiron. Arthur Mathiron, a été le héros malheureux de cette première période. D’abord fautif sur le second essai angoumoisin, l’ailier a été évacué sur civière, en fin de première période, et avec un masque à oxygène après un violent plaquage et dix minutes d’arrêts de jeu.
La Seconde Période
Nevers apporte plus d’intensité et pousse Soyaux-Angoulême à être davantage indiscipliné. Après avoir repris Perry Mayo à 5 mètres sur un tête contre tête, Jules Dubecq laisse son équipe à quatorze pour dix minutes. Cette supériorité numérique sera concrétisée grâce à un second essai du talonneur Jules-Rosette et sur une ultime pénalité, à la sirène de Yohan Le Bourhis. Profitant de la défaillance au pied de son demi de mêlée, Massimo Ortolan prend la succession d’Adrien Bau au pied, avec le même manque de réussite. L’ouvreur charentais dévisse et manque de redonner l’avantage à son équipe en début de seconde période.
Au total, Soyaux-Angoulême aura laissé 10 points en route face aux perches là où leurs vis-à-vis, n’en ont laissé que 5. Là où le contraste est apparent avec Nevers. À la 53e minute, Shaun Reynolds, quasi reculé sur la ligne médiane et bien décalé à droite, trouve le poteau du milieu pour accentuer l’avance de son équipe. C’est pourtant au pied que les visiteurs vont reprendre l’avantage. Sur une belle inspiration d’Adrien Bau, Eoghan Barrett récupère le ballon et va aplatir face aux poteaux. Une action cruciale pour les Angoumoisins, car Alivereti Loaloa laisse son équipe à quatorze pour dix minutes après une succession de fautes neversoises. Une double peine qui va pourtant jouer en faveur des hommes de Xavier Péméja. Après avoir connu un premier échec au pied, Shaun Reynolds est parfaitement servi par Bouyssou après une succession de pick & go infructueux aux abords de l’en-but.
Remonté aux portes des phases finales, Nevers peut continuer d’espérer avec la réception de Biarritz lors de la prochaine journée.
SA XV Charente Rugby : Une Histoire Riche
Né de la fusion du Sporting Club d’Angoulême (SCA) et du Rugby Club de Soyaux (RCS), le SAXV Charente Rugby possède une histoire considérable. À l’automne 1904, un club de rugby voit le jour sous le nom du Racing Club d’Angoulême. La même année, le club remporte sa première victoire. Le SCA est officiellement reconnu le 15 février 1910. Si on ne devait ne retenir qu’une seule date, ce serait incontestablement celle-ci : le 19 mai 1986. Sur le score de 22 à 17, les joueurs décrochent le titre face à Voiron.
De son côté l’AS Soyaux a été créé en 1965 avant de devenir le Rugby Club de Soyaux en 1972. Ce club familial et convivial aux couleurs « rouge et bleu » a vu de nombreux joueurs du SCA venir y finir leurs carrières. Dès la première saison en fédérale 3 entre 2010 et 2011, les résultats sont au rendez-vous. En effet, le club termine premier de sa poule avec 19 victoires, 593 points inscrits et 189 points encaissés. En phases finales, les violets éliminent successivement Saintes, Travaux-Damparis et Auxerre, ce qui leur ouvre les portes des quarts de finales, ainsi que l’accession en Fédérale 2.
Entre 2011 et 2013, le club est en plein apprentissage et finira 6ᵉ de sa poule de fédérale 2. C’est avec un nouveau staff (Renaud Gourdon, Julien Laïrle et Pierre Sagot) et des joueurs qui marqueront l’histoire du club (…) que le SA XV réalise une saison magnifique pour terminer premier de sa poule de fédérale 2 en remportant 18 victoires sur 18 possibles. Des phases finales où le SA XV éliminera successivement Gennevilliers, Rouen, Niort, Tricastin et enfin Graulhet, dans une finale à Marmande remportée 23 à 13.
C’est lors de la saison de 2015-2016 que le club finit premier de sa poule de fédérale 1 avec 15 victoires, 1 défaite, 511 points inscrits et 140 points encaissées. Le SA XV lance son aventure en PRO D2 le 26 août 2016 avec un déplacement à Oyonnax, une défaite inaugurale 36 à 10 qui n’entachera en rien la confiance de l’équipe, qui remportera sa première victoire en PRO D2 face à Vannes, à l’occasion du premier match joué à domicile dans cette division.
La troisième saison du club en PRO D2 fut marquée par la réfection du Stade Chanzy. Le club termine 9ème de PRO D2 avec un bilan de 14 victoires, 1 nul et 15 défaites. La 5ème saison de l’ère PRO D2, sera la plus compliquée pour nos joueurs. Vincent Etcheto le remplace et tentera de sauver le club. Une double confrontation face à Valence-Romans, où nos violets s’imposent 13-20 à Valence, avant de s’imposer à Chanzy 21-18. Une saison après avoir quitté la PRO D2, nos joueurs redémarrent leur aventure dans le second échelon avec la réception de Vannes et une victoire au finish. Pour la 7e saison de son histoire en PRO D2, la seconde de suite, le club se maintient à trois journées de la fin, en terminant à la 12ᵉ place du classement. Après 3 saisons avec Vincent Etcheto à la tête du club, le SA XV démarre une nouvelle page de sa jeune histoire.
La victoire à Brive lors de la 10e journée dans un match fermé et accroché (victoire 10-16), ainsi que celle de la 26ᵉ journée à Armandie face à Agen, 12 à 23. En 100 matchs de Pro D2, le SA XV a tout connu ou presque. Il y a des chiffres qui comptent et des rencontres qui marquent. Après avoir disputé 100 matchs tout rond depuis le 26 août 2016 et sa promotion en Pro D2, le SA XV peut s’enorgueillir d’avoir réalisé de sacrés coups d’éclats. Et même s’il a aussi connu son lot de coups de mou, les Charentais se sont surtout constitué de jolis souvenirs.
Quelques Rencontres Mémorables
- Nevers - SA XV (18-24), 23 août 2019 : la plus inattendue Youness El Jaï : « Cette rencontre, c’était hier. Ce jour-là, l’excitation d’un premier match, d’un nouveau staff, d’un déplacement à Nevers, a pris le dessus sur beaucoup de choses. On avait envie de montrer aux nouveaux coaches qu’on avait adhéré à leur projet. J’inscris ce premier essai (7e), qui n’est pas très beau, où je profite du boulot des autres en me montrant opportuniste sur un ballon que je récupère. Mais derrière, je suis pris d’une crise de migraine et je sors à la 30e. Je ne me sentais déjà pas au mieux depuis le déplacement en bus, et pendant le match, je prends un petit coup sur la tête. Du coup j’assiste à cette victoire depuis le banc, et je suis tellement heureux que je ne me rends même pas compte qu’on prend le bonus. Gagné à Nevers est déjà si incroyable… Mais avec le recul, on se rend compte combien ce petit point en plus nous a fait du bien. »
- Bayonne - SA XV (60-9), 28 octobre 2018 : la plus sombre Antoine Roger : « On avait bien préparé le match, on y allait avec beaucoup d’ambition et de conviction sachant que Bayonne était sur une mauvaise série. Pourtant, on n’a pas réussi à rentrer dans ce match et on prend un rouge rapidement, puis un jaune. Ça a été une descente aux enfers. Sur le terrain, on se dit qu’on va s’accrocher et foncer malgré un score qui fait mal à la tête. Mais petit à petit, on est devenu fataliste et on s’est laissé dépasser. Une déroute qu’on a eu du mal à accepter. Le retour à Angoulême et le debrief du match n’ont pas été des plus agréables. »
- SA XV - Vannes (42-12), 12 octobre 2018 : la plus large Erwan Nicolas : « C’était un très gros match, d’autant plus que c’était le dernier d’un bloc costaud avant de partir en vacances. En face, on avait une grosse équipe qui avait fait un énorme recrutement et avait présenté une belle composition face à nous. Une équipe qui est montée la même année que nous en Pro D2. On a connu un début de match un peu compliqué avec un score serré (11-6 à la pause), puis en deuxième mi-temps, tout ce qu’on a tenté a fonctionné, on arrive à marquer plusieurs essais (4 au total) et à prendre le large. On ne s’attendait pas à un tel résultat final mais plus à un score assez serré, car Vannes était devant au classement. Le banc nous a permis de gagner avec autant d’écart, de prendre l’ascendant et de faire la différence. On prend les cinq points à la fin du match, donc forcément, on était surpris et très satisfait. C’était vraiment un beau match sur tous les plans avec des conditions de jeu agréables et une très belle ambiance. »
- SA XV - Perpignan (30-30), 2 novembre 2017 : la plus spectaculaire Sébastien Laulhé : « On fait une grosse première mi-temps, qui nous permet de vite mener 13-0 (23e). Mais derrière, ils marquent juste avant la pause, ils reviennent et prennent l’avantage (15-27, 63e). C’était un match spectaculaire, il faisait beau, et on avait à cœur de faire une grosse prestation, face à une équipe qui est montée en fin de saison. Je me souviens de la joie que nous a procuré ce dernier essai de pénalité, qu’on inscrit sur la sirène, après les avoir emportés sur un ballon porté. En revanche, l’essai que j’inscris (70e) est peut-être important, mais il ne restera pas dans l’histoire. On arrive à 2 m de la ligne sur une série de pick’n’go, et je conclus.
La Saison 2017-2018 de Nevers en Pro D2
Promu pour la première fois de son histoire dans l’antichambre du Top 14, Nevers a été impressionnant cette saison. Aux portes des phases finales, les joueurs de Xavier Péméja se placent d’ores et déjà comme de solides outsiders pour l’exercice prochain.
Pour la première saison de son histoire en Pro D2, Nevers a mis les petits plats dans les grands. Il faut dire que le club de la Nièvre s’est présenté avec le cinquième plus gros budget de Pro D2 (10,14 millions d’euros). À titre de comparaison, l’autre promu, Massy, s’avançait avec le dernier budget du championnat (4,04 millions).
Avec sa septième place acquise à l’issue de la saison régulière, Nevers est le meilleur promu depuis plus d’une décennie. En effet, il faut remonter à la saison 2004-2005 pour voir un autre promu en Pro D2 faire mieux que les Nivernais. Il s’agissait du Stade Bordelais qui avait fini sixième du championnat. Une autre époque qui souligne la superbe performance réalisée par les hommes de Xavier Péméja. Les "Jaune et Bleu" ont même cru jusqu’à la 29e journée à une accession aux phases finales. Mais l’absence de bonus offensif face à Soyaux-Angoulême a empêché les coéquipiers de Loïc Le Gal de jouer une finale pour la dernière place de barragiste face à Béziers.
PRO D2 Saison 2024-2025 J25 - Résumé USON Nevers - Soyaux-Angoulême XV
Hugo Fabrègue : La Révélation
Impérial la saison passée en Fédérale 1, le jeune troisième ligne devait passer un nouveau cap cette saison. Il l’a franchi aisément, s’imposant comme une valeur sûre du championnat à son poste. Avec 29 matchs joués cette saison, il est le deuxième joueur de l’USON le plus utilisé par le staff nivernais lors de cet exercice 2017-2018 derrière l’ancien joueur du Stade Français, Josaia Raisuqe. Décisif sur les phases défensives, le joueur formé dans la capitale s’est permis le luxe d’inscrire deux essais cette saison dont un face à Biarritz lors de la 21e journée permettant la victoire des siens (26-12).
Hommage à Julien Janaudy
C’est une tragédie qui dépasse le rugby. Le 1er avril 2018, le talonneur de Nevers Julien Janaudy (29 ans), sort de la route et décède sur les routes iséroises. Arrivé en début de saison, l’ancien berjalien était particulièrement apprécié de l’encadrement et de ses coéquipiers. Le club lui a d’ailleurs rendu un bel hommage face à Angoulême avec des t-shirts floqués "Jano", une minute d’applaudissement et des chaussettes aux couleurs de son ancien club, Bourgoin. Le joueur s’était rompu les ligaments croisés en septembre face à Massy et devait refouler les pelouses de Pro D2 la saison prochaine.
Xavier Péméja : Le Facteur X
Arrivé en 2016 du côté de la Nièvre, Xavier Péméja est sans aucun doute l’atout numéro 1 de l’USON. Rodé à la Pro D2, le natif de Montauban a connu les 3 principaux échelons du rugby français. Passé par la Fédérale 1 avec Montauban et Nevers, mais également par le Top 14 avec Bayonne et Bourgoin, le coach nivernais a une solide expérience du haut-niveau.
Un Champion du Monde des All Blacks Débarque
C’était l’une des énormes infos transferts du mois de mars. Le champion du monde 2011, Zac Guilford, (10 sélections) sera Nivernais la saison prochaine. Un retour dans l’Hexagone surprenant pour celui qui avait quitté Clermont en 2015 après une saison plus que mitigée et jouait depuis 2 saisons pour les Wairapa Bush en Nouvelle-Zélande. Reste à savoir si le joueur fera parler de lui sur le terrain ou dans la chronique des faits-divers tant ses déboires nocturnes ont fait jaser par le passé. Sans aucun doute, l’une des attractions de la saison 2018-2019.
Bilan de la Saison
Si l’objectif était le maintien, Nevers a largement atteint sa mission se plaçant même dans la course aux phases finales jusqu’à deux journées de la fin. Sûr de ses forces et pétri de talents (Raisuqe, Le Gal, Fabrègue…) Nevers a impressionné par son adaptation expresse à un échelon que le club n’avait jamais connu.
