À 20 ans, Mathis Galthié commence doucement à se faire un prénom dans le monde du rugby. Le fils de Fabien, sélectionneur du XV de France et ancien demi de mêlée des Bleus, a fait ses premiers pas en professionnel avec Colomiers en Pro D2, fin janvier.
Au bout du fil, Mathis Galthié l’avoue : « Je n’ai jamais eu mon téléphone aussi actif qu’en ce moment », se marre le jeune homme de 20 ans. Depuis sa première apparition avec l’équipe première de Colomiers, le 20 janvier dernier en Pro D2 (défaite 27-20 à Aix-en-Provence), le demi de mêlée a vu ses sollicitations augmenter. Le fils de Fabien, sélectionneur du XV de France depuis janvier 2020 et ancien international (64 sélections entre 1991-2003), s’en accommode en douceur.
« Ça me plaît ni ne me déplaît pas, développe-t-il. Ça fait plaisir à ma famille de lire mes interviews. Je reste neutre et je garde les pieds sur terre. C’est allé très vite. »
Mathis Galthié n’était pas destiné à vivre son baptême du feu aussi rapidement. Membre du centre de formation de Colomiers, il a rejoint le groupe de l’équipe première en janvier. « Je l’avais intégré avec nous pour un cycle de trois semaines afin qu’il continue son évolution et qu’il se confronte à des joueurs plus âgés, rembobine Julien Sarraute, l’entraîneur columérin. Mais ce n’était pas prévu qu’il joue dans l’immédiat. Il a fait une entrée très correcte (il a remplacé Ugo Séguéla à la 66e). Il a encore un petit bout de chemin à accomplir dans sa formation avant de prétendre au très haut niveau. Mais il a les qualités pour réussir, c’est un passionné de rugby.
Avec son grand-père, son père et son oncle dans la marmite de l’ovalie, Mathis Galthié avait un chemin tout tracé. Mais le jeune homme a creusé son sillon avec ses propres aspirations. « Ce n’est pas mon père qui m’a poussé, précise l’intéressé. Mais dès que j’ai eu ma première paire de crampons, je passais mes après-midis à faire des matches tout seul. Je rentrais avec mon jean troué. Je m’imaginais des matches dans le salon et j’avais toujours un ballon dans les mains. Je regardais beaucoup de rencontres à la télé. Je ne sais pas pourquoi j’ai aimé ce sport. Je suis tombé tout seul dans la potion magique.
Par l’intermédiaire d’un ami, il fait ses premiers pas dans les Hauts-de-Seine : d’abord au club de Garches-Vaucresson, avant de poursuivre à Clamart. Il a ensuite trimballé sa passion pour le jeu au gré des pérégrinations de son entraîneur de père.
Quand Fabien reprend en main le Montpellier Hérault Rugby (2010-2014), Mathis s’épanouit à l’école de rugby du Pic Saint-Loup, à quelques encablures de la préfecture de l’Hérault. L’histoire se répète en 2017 : l’ancien demi de mêlée des Bleus est nommé à la tête du RC Toulon, la progéniture travaille sa passe sautée avec les minots de la Rade, en crabos.
« C’était parfois délicat, concède Mathis Galthié. Surtout quand il y a eu des moments compliqués, comme à Montpellier (son père est mis à pied par le MHR en décembre 2014). C’était une atmosphère un peu pesante. Mais la pression n’était pas si forte que ça.

Alors demi de mêlée du Stade Français et capitaine du XV de France, Fabien Galthié porte son fils Mathis dans ses bras, le 10 mai 2003 au stade Jean-Bouin à Paris, à l’issue d’un match de Top 16 contre Grenoble. Il a aussi vécu des moments plus légers, en s’immisçant dans les vestiaires.
« Parfois, je n’étais pas très à l’aise, se souvient-il. Je ne savais pas où me placer au milieu de ces grands golgoths. Mais j’ai eu l’immense honneur de pouvoir discuter avec Dan Carter (ancien ouvreur de la Nouvelle-Zélande, 112 sélections entre 2003 et 2015). Il était allongé sur une table de massage, il venait de se fracturer le tendon d’Achille, sa saison était terminée (le 31 janvier 2009, lors de son passage à Perpignan). On a échangé quelques mots : “Hello, how are you ?” Rien de fou. Mais c’est un moment qui m’a marqué.
C’est aussi dans ces instants, niché dans les gradins, que son rêve se dessine. « Je me rappelle d’avoir assisté à des matches de Toulon, quand mon père entraînait, en Coupe d’Europe contre les Scarlets ou Trévise.
Avec son bac en poche, la question s’est alors posée pour le jeune Galthié : comment concilier son ambition de toucher un jour le rugby de haut niveau en continuant ses études ? Il trouve finalement la solution idoine. Il s’inscrit sur les bancs de l’Institut national des sciences appliquées de Toulouse (Insa) et rejoint le club de Castanet (Haute-Garonne), en Fédérale 1, en double licence avec Colomiers. Avant de rejoindre le centre de formation de l’actuel 4e de Pro D2 à temps plein cette saison.
« Je ne me voyais pas arrêter mes études, précise le demi de mêlée. À l’Insa, je bénéficie d’aménagements horaires pour le rugby. Je trouve que c’est important. Je suis un amoureux du rugby et je ne pense qu’à ça toute la journée, même quand je suis en cours. Mais c’est important de couper et de s’intéresser à autre chose. Cela me permet de voir des gens qui se fichent de savoir si on a fait un bon match ou non.
Le sélectionneur du XV de France, lui, garde un œil attentionné sur la progression du fiston. Sans s’immiscer dans ses choix de carrière. Il était présent, fin janvier, au stade Maurice-David pour assister aux premiers galons de Mathis. « Le hasard fait bien les choses, sourit Mathis Galthié. Il était à Aubagne (Bouches-du-Rhône) pour un stage de préparation pour le Tournoi des 6 Nations. De toute façon, je savais qu’il allait regarder le match. C’était une belle chose qu’il ait pu venir. J’ai eu le droit à un débrief personnalisé. On parle beaucoup de rugby tous les deux. Mais il ne se mêle pas de mes décisions. On est très proche tous les deux. On se partage des idées, ça n’a pas de prix.
La pancarte de « fils de Fabien Galthié » pourrait être délicate à assumer. Surtout que Mathis a emprunté la même voie : comme son père, il a fait ses débuts en pro à Colomiers, comme son père, avec le numéro neuf dans le dos. Et les deux générations ont des profils similaires : fin techniquement, avec un sens stratégique aigu.
« Il a appris à vivre avec ce nom, expose Julien Sarraute. Mais ce n’est pas un élément qui lui met une dose de stress supplémentaire. Il a juste envie de jouer au rugby. Et il s’en donne les moyens. C’est quelqu’un de déterminé, de travailleur, avec une grosse force de caractère.
Sans prétention, mais avec ambition, Mathis Galthié espère désormais écrire sa propre histoire. « Une fois qu’on a goûté au haut niveau, on a qu’une envie : y rejouer. J’espère pouvoir le faire cette saison à Colomiers ou la prochaine. J’ai 20 ans, j’ai encore plein de belles choses à vivre.
Au rugby, on retrouve régulièrement une filiation et l'héritage peut être lourd à porter. Il faut arriver à se faire un prénom et sortir de l'ombre de vos prédécesseurs. Même s'il se fait sa propre carrière, Mathis Galthié ne peut oublier l'héritage d'une famille, bercée au ballon ovale entre le grand-père, le père et l'oncle.
Mais voilà, ici c'est Mathis qui a connu de nombreux clubs durant son parcours à l'école de rugby, au rythme des différentes mutations de son père. Cela commence à l'âge de 4 ans en région parisienne en suivant un copain. Puis cela s'est poursuivi du côté de Montpellier, bien au-delà même de la présence du papa sur le banc du MHR. En 2017, direction Toulon pendant quelques saisons.
Si le rugby est omniprésent dans sa vie, Mathis Galthié laisse de la place pour ses études. Après son bac, il arrive à Toulouse pour intégrer l'INSA (Institut National des Sciences Appliquées) et joue en double licence à Castanet-Tolosan (Fédérale 1) et à Colomiers. Il intègre le centre de formation columérin et montre ses qualités chez les Espoirs.
Petit à petit, il est intégré à l'équipe première par Julien Sarraute et est lancé dans le grand bain en janvier 2022 du côté de Provence. Le jeune demi de mêlée aura droit à d'autres entrées en jeu sur cette phase retour. Pour la première titularisation, il faut attendre la saison suivant lors de la réception de Carcassonne avec en plus son premier essai en pro.
Petit à petit, son temps de jeu augmente mais le jeune joueur est bien couvé par le staff de Colomiers. La saison dernière, il déploie enfin ses ailes avec 11 titularisations en 19 matchs disputés. Il est titulaire notamment lors des deux rencontres face à Brive, marquant d'ailleurs un essai sur le terrain du Stadium.
Après 4 saisons en équipe première à Colomiers, Galthié prend un virage à sa carrière et rejoint Brive. En rejoignant Brive, Mathis Galthié n'arrive pas tout seul puisqu'il y arrive en compagnie d'Anthony Coletta (et Janse Roux même si son avenir va s'écrire ailleurs) et va retrouver son ancien coéquipier Paul Pimienta.
A Brive, le demi de mêlée ne sera nullement gêné par l'ombre de son père et pourra jouer son jeu et montrer ses qualités de vitesse et de vista. Avec John Cooney et Maxime Sidobre, il aura des joueurs plus expérimentés pour l'encadrer et continuer à lui apprendre les ficelles du métier. JIFF et jeune, il aura sa chance au sein du CAB dans une saison toujours longue et remplie d'embûches.
Le demi de mêlée de Colomiers Mathis Galthié pourrait rejoindre le CA Brive pour la saison prochaine. Du neuf chez les 9 ! Le CA Brive pourrait bien s’offrir un numéro 9 connu des amateurs de Pro D2, en la personne de Mathis Galthié, selon les informations de La Montagne.
Demi de mêlée de l’US Colomiers (23 ans), Galthié a disputé 13 rencontres (sept titulaires). Une arrivée qui ferait donc suite à son début de saison intéressant sous la Colombe, marqué par ses deux essais inscrits. Sa venue concorde évidemment avec le départ du grand prospect français Léo Carbonneau au Racing 92. Blessé, il a été titularisé à onze reprises pour 14 matchs disputés en tout. Pour sa troisième saison avec le CAB, il avait pris une place majeure au sein de l’effectif.
Actuellement, le CAB compte un seul autre numéro 9 de métier en la personne de Maxime Sidobre. Un spécialiste du poste qui ne compte que deux titularisations pour sept feuilles de matchs.
| Période | Club | Informations |
|---|---|---|
| Débuts | Garches-Vaucresson et Clamart | Premiers pas dans le rugby |
| 2010-2014 | École de rugby du Pic Saint-Loup | Période où son père entraînait Montpellier |
| 2017 | RC Toulon (Crabos) | Son père est nommé entraîneur |
| Après le bac | Castanet-Tolosan (Fédérale 1) et Colomiers | Double licence et études à l'INSA Toulouse |
| Ensuite | Colomiers (Centre de formation) | Intégration du centre de formation |
| Janvier 2022 | Colomiers (équipe première) | Débuts professionnels |
| Dernière saison | CA Brive | Nouveau chapitre de sa carrière |