La NBA, grand spectacle sportif, récompense les performances individuelles exceptionnelles en saison régulière. Parmi les trophées les plus convoités, celui de Rookie of the Year (ROTY) est l'un des plus anciens et prestigieux.

Victor Wembanyama, lauréat 2023-2024 du Rookie of the Year.
Le Trophée Eddie Gottlieb
Délivré pour la première fois lors de la saison 1952-53, le prix du Rookie de l’année est la récompense individuelle la plus ancienne en NBA. Le trophée est décerné à l’issue de la saison régulière au meilleur débutant de l’année. Le trophée porte le nom d’Eddie Gottlieb, en hommage au premier entraîneur et GM, puis propriétaire des Philadelphia Warriors.
Datant de 2013, sa version actuelle représente un grand logo NBA suspendu au sein d’une plaque en verre ou plexiglas placée verticalement sur un socle noir. Le trophée a peu évolué visuellement durant ces 30 dernières années.
Critères d'Attribution
Le trophée ROTY récompense le meilleur débutant de l'année, celui qui a le plus marqué les esprits par ses performances, son impact et son potentiel. Bien que la réussite collective ne soit pas le critère principal, elle peut influencer les votes.
Quelques Lauréats Mémorables
Certaines années, le choix est évident, d'autres fois, la compétition est féroce. Retour sur quelques moments marquants de l'histoire du trophée :

Jason Kidd et Grant Hill ont partagé le titre de Rookie of the Year en 1995.
- 1994-1995 : Jason Kidd et Grant Hill : Pour la deuxième fois de l’histoire de la NBA, le trophée de Rookie de l’année a été décerné à deux jeunes en fin de saison. En 1994-1995, les lauréats étaient Jason Kidd et Grant Hill respectivement deuxième et troisième de la draft 1994. Le meneur de jeu qui avait un peu plus de cheveux et évoluant aux Dallas Mavericks avait joué 79 matchs, tournant à 11,7 points, 5,4 rebonds et 7,7 passes. Leur évolution dans la Grande Ligue a été très différente. Le 17 mai 1995, c’est un duo qui remporte le trophée de Rookie of the year : Jason Kidd et Grant Hill.
Les Prétendants Actuels
À l’approche de la fin de la saison régulière, les jeux sont souvent déjà faits pour la plupart des récompenses. La saison régulière terminée et les playoffs approchant, la NBA va commencer à désigner les lauréats de ses différents trophées individuels, en marge des playoffs.
Sans doute le trophée le plus difficile à décerner cette année, tant les prétendants sont nombreux depuis la blessure de Victor Wembanyama, grandissime favori avant ça. Malgré la belle concurrence de Chet Holmgren, qui aurait sans doute été récompensé si un tel phénomène ne lui avait pas fait de l’ombre, “Wemby” a tout simplement signé l’une des plus belles campagnes individuelles de l’histoire des rookies NBA. Ses stats donnent le vertige (21.4 points, 10.6 rebonds, 3.9 passes, 3.6 contres et 1.2 interception…), il n’a pas arrêté de progresser chaque mois et, le plus fou, c’est qu’il a encore des points faibles à améliorer.
Comme cette récompense n’est historiquement pas basée sur la réussite collective, tout porte à croire que le meneur va devenir le quatrième Spur de l’histoire à triompher, succédant à Victor Wembanyama et imitant aussi David Robinson et Tim Duncan. San Antonio, qui n’a jamais manqué d’ambitions stylistiques, se retrouve cette fois avec une double attraction : Wemby au centre et Stephon Castle à la périphérie du projecteur. Le jeune Castle, 20 ans et coiffant le numéro 5, a été nommé rookie of the year pour la saison 2024-2025. Stephon Castle a goûté au cérémonial des louanges officielles.
Scoreur le plus prolifique parmi tous les rookies, Stephon Castle n’a peut-être pas été le plus adroit et le plus propre de tous, mais il a su attaquer correctement sa première année (11.5 points en octobre/novembre), sans jamais descendre sous les 10 points de moyenne, mais en terminant plus fort que la concurrence (17.8 points post-All-Star Weekend) malgré les défaites. Certains auraient choisi Zaccharie Risacher, dont l’efficacité et la maturité au sein d’une équipe Top 8 a impressionné (et rassuré) nombre d’observateurs qui doutaient de sa 1ère place à la Draft, mais on préfère plutôt miser sur la régularité de Stephon Castle, 4e choix de celle-ci.
LA VÉRITABLE ANALYSE DE LA COURSE AU ROOKIE DE L'ANNÉE - L'Analyse #8
« Ça signifie beaucoup, surtout avec l’organisation pour laquelle je joue. Faire partie de leur histoire dès la première année et recevoir cette reconnaissance, c’est énorme pour démarrer ma carrière du bon pied », a-t-il confié, propos rapportés par Parlons Basket. Par la suite, il a décrit l’effet Wembanyama avec la minutie d’un rapport de scouting : « Il fait une énorme différence des deux côtés du terrain. Il attire l’attention de la défense, libère les autres, protège l’anneau. Parfois, les adversaires ont peur de pénétrer dans la raquette. C’est génial de l’avoir en bonne santé, il est au top ces dernières semaines. J’espère que tout le monde restera en forme parce que ça va être une saison excitante.
« Ils veulent dire quelque chose, mais si on voit plus large, ils ne veulent rien dire. Nous courrons après une chose et une chose seulement (le titre). C'est ce que nous avons à l'esprit. Tout le reste, on s'en moque. »
L’article fait aussi la liste des précédents lauréats spursiens : « après Duncan Robinson, Tim Duncan et Victor Wembanyama ». Cette énumération laisse un goût curieux. La plume a visiblement voulu aligner des noms historiques, mais le montage ressemble à un copier-coller mal relu. Qu’on ne s’y trompe pas : l’essentiel reste lisible, et l’idée n’est pas de polir la réputation du club. En revanche, applaudir deux rookies of the year successifs mérite un peu de recul journalistique. D’un côté, Wembanyama, 21 ans, polarise déjà les analyses par sa capacité à « attirer l’attention de la défense » et à « protéger l’anneau ». De l’autre, Castle se réjouit d’avoir « libéré les autres », formule parfaite pour vendre l’altruisme.
Finalement, le discours officiel revient sur une condition simple et redondante : la santé. Castle le formule sans rougir et avec une pointe de professionnalisme attendue : « J’espère que tout le monde restera en forme parce que ça va être une saison excitante. » Traduction sèche : si tout le monde reste sur le terrain, la mayonnaise peut monter très vite. Traduction journaliste : si l’infirmerie n’est pas trop occupée, les Spurs ont de quoi rendre la saison intéressante.
Savoir briller dans les moments clés peut permettre de renverser une hiérarchie qu'on pensait figée. C'est sans doute l'espoir qui anime Zaccharie Risacher (19 ans), élu coup sur coup rookie des mois de février et mars au sein de la Conférence Est, et en progression constante depuis sa Draft en première position, en juin 2024, dans la course au trophée de rookie de l'année (ROTY), promis à Stephon Castle (20 ans).

Zaccharie Risacher, un des prétendants au titre de Rookie of the Year.
L'ailier des Hawks tourne à 14,6 points et 4,5 rebonds en 20 matches disputés après le All-Star Game, et vient de réaliser une pointe à 36 unités lors d'un probant succès face aux Bucks (145-124). Trois unités de plus que son précédent record, qui datait du début de saison, et que l'actuel record en carrière de Castle, réalisé en février lors d'une défaite des Spurs face aux Hornets (116-117). « C'est lui, le rookie de l'année. Je suis debout juste à côté de lui », a estimé son coéquipier et mentor à Atlanta, Trae Young.
Comme le note le dernier point d'étape de la NBA concernant ce trophée, Castle semble toutefois conserver une légère avance, notamment grâce à un week-end du All-Star Game particulièrement remarqué, terminé avec un titre de MVP du Rising Stars Tournament et une participation sous-estimée au concours de dunks. Plus régulier sur l'étendue de la saison, le 4e choix de la Draft 2024 s'installe au-dessus de Risacher avec 14,3 points, contre 12,4 unités pour le Français, avec un temps de jeu presque égal (26 minutes contre 24) et des pourcentages inférieurs (28,6 % à trois points, contre 34,5 % pour Risacher).