C’est une période contrastée pour le volley-ball à Nantes, marquée par des succès historiques et des défis financiers. Le Nantes Rezé Métropole Volley (NRMV), club emblématique de la ville, a connu des moments de gloire, tandis que les Neptunes de Nantes, l'équipe féminine, brillent également sur la scène nationale et européenne.

Le Nantes Rezé Métropole Volley : Entre Succès Sportifs et Difficultés Financières
Le club, né en 2006 de la fusion de l’ASB Rezé et du CS Léo-Lagrange volley-ball, évolue en Ligue A depuis la saison 2010-2011. Le NRMV faisait partie des clubs les plus anciens de l’élite du volley français, n’ayant jamais été relégué.
Les hommes d’Hubert Henno ont réussi de bons résultats sportifs cette saison mais n’ont pas réussi à faire oublier les problèmes financiers du club.
Le 31 mars dernier, des larmes de joie ont coulé sur les visages des « Boys », qui ont remporté leur tout premier trophée de l’histoire du club face au MHSC Volley, la Coupe de France, la bande à Chizoba a inscrit son nom au palmarès de la Coupe de France le 31 mars. Une fin de saison qui s’est ensuite actée, le 6 avril dernier lors des quarts de finale de play-offs face à leur voisin, Saint-Nazaire.
Cette Coupe de France, remportée au terme d’une finale maîtrisée, notamment dans l’élan d’un début de match totalement dominé, arrive en plus très opportunément, après que les Boys ont laissé tomber le premier match de leur quart de finale de Play-Offs de Marmara SpikeLigue face à Saint-Nazaire quelques jours plus tôt.
Hubert Henno : Un Nouveau Chapitre pour le NRMV
C’est une légende du volley français qui débarque sur le banc du Nantes Rezé Métropole. Hubert Henno, l’ancien libéro international de 44 ans, deux fois vainqueur de la Ligue des champions, sept fois champion de France, deux fois champion d’Italie et trois fois médaillés avec les Bleus, devient l’entraîneur du NRM (pensionnaire de Ligue A, élite du volley français) pour les deux saisons à venir. Il remplace l’Italien Fluvio Bertini, qui occupait ce poste depuis quatre ans.
Non conservé par Tours, l'ex-international Hubert Henno s'est engagé pour deux saisons avec le Nantes-Rezé Volley-ball. "Nous sommes très heureux qu’il nous rejoigne", confie le président du club. Après deux saisons sur le banc du plus gros club du championnat, Hubert Henno a choisi de mettre le cap à l'ouest.
"Il y a un projet sportif motivant, confie Hubert Henno sur le site du club. Le NRMV est un club qui est managé différemment, avec un fonctionnement collégial qui me plaît. Le challenge sportif va être d’accéder aux playoffs et de reproduire les mêmes saisons qui ont fait le bonheur ces dernières années du NRMV. Il ne faut pas voir trop haut trop vite, ni manquer d’ambitions non plus, donc atteindre les playoffs me paraît un objectif réalisable."
En Loire-Atlantique, l'ex-international de 44 ans aura pour mission de mener à bien le projet "NRMV 2024" dont le but est d'amener les jeunes et plus largement tout l'effectif "vers le haut niveau dans un esprit olympique", dixit Thierry Rose, le président du Nantes Rezé Métropole Volley, très heureux de cette grosse prise. "Nous sommes donc très heureux qu’il nous rejoigne, on sent chez Hubert une approche très professionnelle et très réfléchie, évoque celui qui est seul à la tête du club depuis 2012. Il a un passé de joueur de haut niveau que l’on ne présente plus et une richesse que nous rêvons de bien exploiter." Un sacré pari afin d'étoffer un palmarès vierge depuis 2010.
Les Neptunes de Nantes : Une Équipe Féminine au Sommet
Les Neptunes vivent sur un nuage. Leaders de la Ligue A avec un seul revers en quinze matches, les filles de Nantes traversent l'hiver cheveux au vent. Battues le 28 octobre au tie-break à Terville-Florange, elles ont enchaîné dix-huit succès, toutes compétitions confondues et défient ce mercredi soir et mercredi 7 février, en demies de la Challenge Cup (la C3 européenne) une équipe du Championnat turc, Nülifer Bursa, avec la sensation de pouvoir rivaliser et de décrocher une finale européenne, que les clubs français attendent depuis 2012 (Cannes en Ligue des champions).
« On ne se dit pas que c'est impossible. Elles ont davantage à perdre que nous car normalement, les équipes turques doivent sortir les équipes françaises », lance Amandine Giardino, libéro des Bleues et capitaine des Neptunes, ce club omnisports unique en son genre en France, qui rassemble sous la même bannière, depuis 2022 à l'initiative du groupe Réalités (solutions immobilières), deux clubs féminins de sports co, le handball des championnes du monde Tamara Horacek et Léna Grandveau, actuel troisième de LFH, et le volley.
« C'est un club où les femmes sont mises au centre du projet, écoutées, où tout est centré sur la performance », s'enthousiasme Amandine Giardino. « C'est la première fois que je suis dans une équipe où je me sens comme à la maison, chaque erreur d'une fille est corrigée par l'autre, on a de grosses ressources mentales. L'objectif est de gagner un titre », annonce Amélie Rotar (23 ans), désormais fixée au poste 4 (réceptionneuse-attaquante en bout de filet) avec un gros temps de jeu.
En misant sur deux Bleues titulaires, une rareté en Ligue A, et des réservistes également françaises - Émilie Respaut, Odette Ndoye qui a suppléé la jeune internationale Leïa Ratahiry (21 ans), victime d'une rupture des croisés en novembre -, les Neptunes tentent de trouver un point d'équilibre dans un Championnat qui laisse peu d'ouverture aux Françaises.
Après une saison dernière agitée, avec le licenciement de l'entraîneur Cyril Ong, les Neptunes ont réussi leur mue et leur recrutement sous la baguette du coach espagnol Cesar Hernandez (46 ans), entraîneur de la Corée du Sud et venu de Vakif Istanbul, le plus puissant club d'Europe, où il était assistant coach. « Le mot est fort, je sais, mais on veut toutes mourir pour lui ! Peu d'hommes savent manager des filles. Cesar croit en nous, nous donne beaucoup de liberté », clame Giardino pour désigner l'alchimiste de cette saison qui file à la vitesse du son et conforte Nantes dans la position de troisième force française, derrière les lauréats des trois derniers Championnats, Mulhouse et Le Cannet.
Le plus dur reste à faire pourtant. Car Mulhouse et sa culture volley, Le Cannet et ses moyens financiers, restent des places fortes. « Mulhouse a longtemps patienté derrière le RC Cannes (quatre finales de Ligue des champions et deux couronnes européennes en 2002 et 2003) mais a été récompensé de son investissement. À Nantes, ça se construit », soutient Sylvain Quinquis, le directeur technique des Neptunes qui doivent faire leur place dans un environnement très concurrentiel pour les sports co, avec le hand (le H) et le volley masculin (Nantes-Rezé), également dans l'élite de leur discipline. « Ce n'est pas simple mais chacun y trouve son compte, nos salles sont souvent pleines. » Ce mercredi soir, les 2 500 places de Mangin seront occupées. Et elles rêvent de rejoindre les Neptunes sur leur nuage.
Un Titre Historique en Coupe de France
Les finales de Coupe de France ont sacré la force et la flamme du volley nantais. Chez les femmes, les Neptunes, patronnes de la saison régulières, ont fait la loi face à Mulhouse samedi soir (3-0) et décroché le premier titre de l’histoire du club. Le lendemain, ce sont les «Boys» de Nantes Rezé qui rendaient une copie conforme devant Montpellier (3-0) pour permettre au NRMV d’ouvrir lui aussi son palmarès. C’est un week-end de Pâques où tous les œufs sont finalement tombés dans le même panier. Une razzia sublime, un moment grandiose pour le volley-nantais. Un bonheur indélébile et la confirmation étincelante surtout que le volley-ball des bords de l’Atlantique est aujourd’hui un bastion fort, une place majeure de ce sport en France.
Pour les Neptunes de Nantes, ce titre est bien plus qu’une première ligne dans le livre d’histoire. Il n’y eut au demeurant guère de suspense finalement. Dominatrices en saison régulière, têtes de série n°1 en Play-Offs, qu’elles ont parfaitement engagés face à Marc-en-Baroeul (1-0), les filles du 44 n’ont laissé aucune chance aux Mulhousiennes samedi. Le sacre est d’autant plus beau que le match des Nantaises fut quasi parfait. Impériales au service, organisées et efficaces sur le bloc/défense, les Neptunes ont tout cloisonné d’entrée de finale, et le VMA n’a jamais trouvé la solution pour venir bousculer l’ordonnancement collectif et la puissance nantaises.
«C’était le match parfait parce qu’on a vraiment joué à notre niveau, on savait que c’était une équipe athlétique, avec de bonnes armes offensives, mais dont le point faible était le fond de jeu, on devait vraiment pousser au service et être « carré » sur notre bloc/défense, c’est ce qu’on a fait. Avec une rotation efficace, une variété offensive opportune et quatre marqueuses à dix points et plus, dont la jeune Helena Kurtagic (14 pts dont 6 contres), les Neptunes ont trouvé les solutions d’attaque qui ont manqué au VMA, scotché à 35% d’efficacité, et qui reconnaissait pleinement la supériorité de son adversaire du soir. Les mêmes propos, ou presque, seraient entendus le lendemain.
Dimanche, pour la finale masculine, le NRMV n’a pas douté, n’a pas tergiversé. Cette Coupe de France, remportée au terme d’une finale maîtrisée, notamment dans l’élan d’un début de match totalement dominé, arrive en plus très opportunément, après que les Boys ont laissé tomber le premier match de leur quart de finale de Play-Offs de Marmara SpikeLigue face à Saint-Nazaire quelques jours plus tôt.
«J’avais confiance en mes joueurs, parce ce que ce sont des guerriers, des battants. Je savais qu’après le match contre Saint-Nazaire, ils allaient rebondir. Ce n’est peut-être pas plus mal d’ailleurs qu’on ait perdu contre Saint-Nazaire. Ma seule interrogation était de savoir s’ils allaient être capables de le faire dans un contexte que certains ne connaissaient pas. C’est évidemment, mais pas seulement, dans la foulée du MVP de la saison de MSL, le pointu brésilien, Chizoba (19 pts dont 2 aces et 2 contres), que Nantes a couru vers le titre.
Montpellier a pourtant eu une balle de troisième set (23-24) qui, si elle avait été convertie, aurait peut-être relancé les dés de cette finale. Mais à l’arrivée, si la défaite faisait mal et qu’il faudra maintenant laver la frustration pour repartir au charbon des Play-Offs, les Héraultais se montraient beaux joueurs. «Nantes était au-dessus aujourd’hui, il n’y a rien à dire et nous, on a sous-joué. On s’est mis dans le dur direct au premier set, ils ont beaucoup mieux géré l’enjeu de la pression que nous, c’est clair. Il nous a manqué de tout.
L'histoire des huit finales du FC Nantes en Coupe de France I FFF 2022
Le Volley Nantais : Un Écosystème en Plein Essor
Avec trois titres en Coupe de France en 2024 et cinq clubs professionnels évoluant au plus haut niveau français, Nantes fait figure de pointure dans le paysage français des sports collectifs. Elle fait jeu égal avec une ville comme Montpellier ou Toulouse.
Sans faire de généralité, c’est une piste sérieuse pour Gaël Pelletier, président du « H » : « Les trois clubs nantais, qui ont gagné une coupe de France cette année, ont un président qui est là depuis longtemps. » Thierry Rose, pour NRMV, préside depuis dix-huit ans ; Monique Bernard, pour les Neptunes volley-ball, dix-huit ans également, et Gaël Pelletier, seize ans.
Avis partagé par Sylvain Quinquis, directeur technique des Neptunes, le club de volley féminin : « La longévité nous permet de garder une continuité dans notre travail et de conserver une même philosophie. La nôtre ?
La Trocadière (4 238 places), la salle sportive - qui a coûté 25 millions d’euros à la Métropole -, où jouent notamment les équipes de volley et la H Arena (5 902 places), où s’entraînent les handballeurs, sont deux infrastructures que Nantes métropole met à disposition des clubs. « Nous avons un outil de travail remarquable, souligne Thierry Rose.
Côté subventions, « les clubs de haut niveau sont soutenus par Nantes métropole, le conseil régional et départemental, détaille l’élu de gauche, Ali Rebouh, vice-président de Nantes métropole et adjoint aux sports de la ville de Nantes. Outre les subventions publiques, les clubs comptent aussi sur leurs partenaires. Le HBC Nantes, par exemple, est soutenu financièrement par plus de trois cents entreprises (majoritairement implantées en région Pays de la Loire). « Cela représente 30 à 40 % du budget du club », précise Kévin Morin, chargé de la communication. Budget qui s’élève à neuf millions d’euros. D’après le HBC Nantes, ces aides financières permettent notamment de « garder les meilleurs joueurs en leur proposant des salaires intéressants ».
Les Magasins U de Loire-Atlantique versent un montant total d’environ 100 000 € par an au « H ».
La métropole compte une grosse vingtaine de clubs amateurs de volley-ball. « Nous sommes portés par de très nombreux licenciés et des clubs amateurs avec une histoire et une culture de la formation très forte, observe Thierry Rose. Ça génère une dynamique auprès des parents, des bénévoles, des entraîneurs. Et tout cela, ça crée du mouvement, des rassemblements et une montée en compétences. » « Les clubs amateurs, même ceux au-delà de la métropole, c’est aussi un vivier potentiel de joueurs et de supporters, ajoute le « H ».
Tableau Récapitulatif des Titres et Récompenses
| Club | Titre/Récompense | Année |
|---|---|---|
| Nantes Rezé Métropole Volley | Coupe de France | 2024 |
| Neptunes de Nantes | Coupe de France | 2024 |
| Chizoba (NRMV) | MVP de la saison de MSL | 2024 |
