Le monde du basket US est en deuil. Au-delà des performances sportives et des moments de gloire, le basket-ball est parfois frappé par des tragédies qui endeuillent la communauté sportive. Cet article revient sur les disparitions soudaines de joueurs NBA, dont les décès ont marqué l'histoire du sport.
Décès de Deng Mayar : L'espoir brisé des Omaha Mavericks
Joueur et grand espoir des Omaha Mavericks, l’équipe représentant l’Université du Nebraska, Deng Mayar est décédé samedi 16 août 2025 à l’âge de 22 ans. Le monde du basket US est sous le choc. Transféré du Dakota du Nord et attendu chez les Omaha Mavericks, l’équipe de basket représentant l’Université du Nebraska, Deng Mayar est disparu samedi à l’âge de 22 ans, a annoncé l’agence Associated Press.
Lors d’une baignade, Deng Mayar s’est soudainement retrouvé en détresse à 35 mètres du rivage. Un ami a tenté de lui porter secours, mais sans succès. Des témoins de la scène ont eux aussi plongé pour porter secours à Mafutaga, l’ami de Mayar, qui a ensuite pu être conduit à l’hôpital. Le corps de la victime a été récupéré par les autorités après plusieurs heures de recherche.
Ces deux dernières saisons, Deng Mayar avait évolué avec les Fighting Hawks de l’Université du Dakota du Nord, une autre équipe de Summit League, ligue du centre des États-Unis faisant partie de la NCAA, soit le plus haut niveau de sport universitaire. L’entraîneur d’Omaha, Chris Crutchfield, a déclaré dans un communiqué que Mayar avait réalisé d’« énormes progrès » durant l’été. « C’était un plaisir de côtoyer, a déclaré Crutchfield.
« Nous sommes profondément attristés par la tragique nouvelle du décès de Deng. Mayar était un étudiant diplômé qui a rejoint les Mavericks après avoir joué deux saisons pour l’équipe rivale de la Summit League, l’équipe du Dakota du Nord. » Paul Sather, entraîneur de son ancienne équipe les Fighting Hawks, lui a également adressé quelques mots : "Nous sommes profondément attristés par la tragique nouvelle du décès de Deng.
Ce 16 août aux États-Unis, un jeune talent du basket est mort noyé dans un lac lors d’une sortie avec des proches. VIDEO. Fraîchement arrivé chez les Omaha Mavericks, le jeune américain s’est retrouvé en difficulté à une trentaine de mètres du rivage. L’un de ses amis Sa Matufaga, présent sur place, a tenté de le sauver. Mayar, quant à lui, a disparu au fond de l’eau. Son corps a été retrouvé et récupéré par les autorités, après de longues heures de recherches. "Tout notre programme est dévasté par le décès de Deng. Après avoir joué contre lui pendant deux ans, nous étions ravis de l’accueillir dans notre équipe.
Len Bias : Une étoile filante fauchée par la drogue
Numéro 2 de la Draft 1986, Len Bias (22 ans, né le 18 novembre 1963) décède d'une overdose deux jours après avoir été choisi par les Boston Celtics, champions en titre. Avec deux coéquipiers de Maryland, il fêtait sa draft en “sniffant” de la cocaïne. Quel visage aurait la NBA sans ce jour maudit ?
L'attente autour de Len Bias était énorme à l'époque, comparable à celle autour de LeBron James en 2003 ou de Zion Williamson en 2019. Plusieurs journalistes l'annoncent comme le meilleur joueur de l'histoire du tournoi ACC, et tous les observateurs sont unanimes : c'est un joueur qui n'est pas comme les autres. Une sorte de Kevin Durant avant l'heure, longiligne et élégant, avec le shoot d'un arrière comme l'estimera Monty Williams par exemple.
« Le 19 juin 1986, vers 9h30 du matin, je reçois un appel de John Papanek, un rédacteur en chef à Sports Illustrated”, écrit-il. “C'était un jeudi, le début de la semaine de travail. Alors, qu'en est-il de Len Bias, me demande-t-il. Je venais de finir ma première année sur le rythme de la NBA, donc j'ai commencé tout de suite sur mes connaissances basket : « Parfait choix pour les Celtics, il est trop grand et fort pour la plupart des ailiers shooteurs qui le défendront, et trop rapides pour les ailiers-forts. » « Jack » John m’interrompt : « Bias est mort.
La nouvelle fait l'effet d'un tremblement de terre aux États-Unis. À l'époque, Internet n'existe pas, et encore moins les réseaux sociaux. Tout le monde apprend la nouvelle en même temps. Les hommages et les réactions se multiplient. Du président Ronald Reagan à son adversaire de fac, Michael Jordan, en passant par son “futur” coéquipier, Larry Bird, tout le monde est sous le choc du décès de l'ancien ailier vedette de Maryland. “Depuis la mort de John Fitzgerald Kennedy, jamais Boston n'avait vécu un tel drame”, compara carrément Red Auerbach.
Ses funérailles sont exceptionnelles, dignes des plus grandes célébrités. Si ce décès reste l'une des plus grandes tragédies sportives des États-Unis, il restera un des points clés de la lutte contre la drogue et de la prévention pour les jeunes athlètes.
Humainement enfin, cette histoire a profondément marqué les journalistes de l'époque. Jack McCallum livre cette anecdote : « Pendant les Finals 2011, à Dallas, j'ai pris mon petit-déjeuner avec Michael Wilbon, qui était au Washington Post à l'époque, avant d'être maintenant à ESPN. Puis la mort de Len Bias s'est invitée dans la conversation. Il me dit : « Suivre Len Bias a été la plus importante histoire de ma carrière avec la Dream Team. » Je pense la même chose.

Len Bias, un talent prometteur fauché trop tôt.
Dikembe Mutombo : Un géant au grand cœur
Légende du basket-ball, le pivot congolais de 2,18 mètres était surtout célébré pour ses qualités défensives. Il est mort à l’âge de 58 ans d’un cancer. L’ancien basketteur congolais Dikembe Mutombo, qui avait joué dix-neuf saisons en NBA, est mort à l’âge de 58 ans d’un cancer du cerveau, a annoncé, lundi 30 septembre, la Ligue nord-américaine de basket-ball dans un communiqué diffusé sur X.
Pivot de très grande taille - 2,18 mètres -, il a été huit fois All-Star (un match annuel opposant les meilleurs joueurs des Conférences Est et Ouest de la NBA) dans les années 1990 et 2000, surtout pour ses qualités défensives. Il a été élu quatre fois défenseur de l’année, trois fois meilleur contreur et deux fois meilleur rebondeur.
Dikembe Mutombo avait pris l’habitude, après chaque contre, de remuer son index en l’air en disant « no no no, not in my house » (« non non non, pas de ça chez moi »), comme pour dire qu’il était impensable de marquer un panier face à lui. Un geste que la NBA a finalement interdit après avoir jugé qu’il s’agissait d’une forme de raillerie.
Né à Kinshasa et arrivé aux Etats-Unis à 21 ans, Dikembe Mutombo Mpolondo Mukamba Jean-Jacques wa Mutombo - de son nom complet - a joué deux finales en NBA, en 2001 avec les Sixers de Philadelphie contre les Lakers et en 2003 avec les New Jersey Nets contre les Spurs de San Antonio, mais n’a jamais remporté le titre.
Le fils de Dikembe Mutombo, Ryan, a rendu hommage sur Instagram (son compte est privé) à un « héros » qui « se souciait des autres, tout simplement ». « Il aimait les autres de tout son être. C’est ce qui le rendait si accessible. C’est ce qui le rendait réel », a-t-il ajouté.
Dikembe Mutombo était reconnu pour ses nombreuses implications caritatives. Il a notamment financé, en 2015, la construction d’un hôpital dans la banlieue de Kinshasa. Dans un communiqué publié sur X, le monument de la NBA, Michael Jordan, s’est dit « profondément attristé » par la mort de Dikembe Mutombo, un joueur « qui a changé la façon de jouer au basket-ball » et qui a « surtout (…) changé le monde et amélioré d’innombrables vies grâce à son travail humanitaire en Afrique ».
« C’est une triste journée, pour le monde entier et encore plus pour nous les Africains, a déclaré le pivot Joel Embiid, star de Philadelphie. Il a été l’un de mes modèles, pour son impact sur et hors de terrains. Il a accompli beaucoup de bonnes choses. » « Dikembe Mutombo, sur le terrain, a été l’un des plus grands défenseurs et contreurs de l’histoire de la NBA. Hors des terrains, il a consacré son cœur et son âme pour aider les autres », a souligné le patron de la NBA, Adam Silver, dans un communiqué.

Dikembe Mutombo, une légende du basket et un philanthrope.
Bison Dele : Un destin tragique en haute mer
NBA : L'histoire délirante de Brian Williams, aka Bison Dele
Mort dans des circonstances tragiques en 2002, joueur NBA pendant huit saisons, entre 1991 et 1999 (Orlando Magic, Denver Nuggets, Los Angeles Clippers, Chicago Bulls, Detroit Pistons), Brian Williams, qui demandait à se faire appeler « Bison Dele » en hommage à ses origines amérindiennes, fut un basketteur aussi talentueux que tourmenté, dont L'Équipe explore, dans son long format « Le skipper et le bison », conte l'étonnante trajectoire et le funeste destin, tant les conditions de sa mort restent mystérieuses.
Basketteur rapide, massif et puissant, doté d'une main gauche en or, Bison Dele était un esprit curieux de tout. Mais un joueur profondément malheureux. Au début de sa carrière NBA, ses équipiers le perçoivent comme un iconoclaste, bizarre et distant, qui cause moins souvent de basket que de poésie, de philo et d'art. Il porte des vêtements avant-gardistes bariolés, joue dès qu'il le peut de la trompette, du violon et du saxophone.
Certains font circuler la rumeur qu'il est gay. Lui multiplie les histoires avec des mannequins et des chanteuses, dont Madonna. L'argent et le basket ne l'intéressent pas vraiment. Ses primes de play-offs, il les reverse aux petites mains des équipes pour lesquelles il joue, les ramasseurs de balles et les agents d'entretien. Mais sous le vernis de cette personnalité généreuse et déroutante affleurent des failles béantes, dont L'Équipe explore raconte les ressorts profonds.
Après un passage à Orlando, Denver et Los Angeles, où il boucle sa plus belle saison (15,8 points de moyenne en 1995-1996), Bison Dele rejoint finalement Chicago au printemps 1997, joue avec les Bulls une trentaine de matches et un rôle primordial en play-offs, y compris en finale où il fait plusieurs fois sortir de ses gonds Karl Malone, le colosse du Jazz. Mais le sacre qu'il obtient avec Michael Jordan, Scottie Pippen et Dennis Rodman ne lui redonne pas le goût pour son sport. À 28 ans, il signe un contrat mirobolant à Detroit, 50 millions de dollars sur sept ans, mais en 1999, il décide que la mascarade a assez duré et fait savoir à son employeur qu'il n'a plus envie de jouer au basket. Il s'en va faire le tour du monde et tire un trait sur 36 millions de dollars.
Brian Williams se lance alors dans une vie de voyages, jusqu'à rencontrer le skipper français, Bertrand Saldo. Accompagnés de la petite amie du basketteur, Serena Karlan, et de son grand frère, Kevin Williams, avec qui Bison Dele entretient des relations tumultueuses, les deux hommes se lancent dans un voyage en bateau dans le Pacifique sud en juillet 2002.
On ne retrouvera jamais les corps de Bison Dele, Serena Karla et Bertrand Saldo tandis que Kevin Williams se suicidera en septembre 2002. Le long format L'Équipe explore « Le skipper et le bison » revient en détail sur l'enquête autour de cette funeste croisière de juillet 2002, marquée par l'hypothèse d'un triple assassinat.

Bison Dele, un joueur talentueux au destin tragique.
Autres figures marquantes disparues
Outre les joueurs mentionnés ci-dessus, de nombreuses autres personnalités du basket-ball ont quitté ce monde trop tôt. Voici quelques noms qui ont marqué l'histoire de la NBA :
- Michael Ojo
- Connie Hawkins
- Elgin Baylor
- Stevan Jelovac
- Kobe Bryant
- KC Jones
- Clifford Robinson
- Jerry Sloan
- Bill Russell