Cet article relate le parcours de l'équipe de France de handball masculin lors du Championnat du monde 2001 organisé en France du 23 janvier au 4 février 2001. Au retour des Jeux olympiques de Sydney où ils ont échoué en quarts de finale dans un climat délétère, les Bleus ont un énorme défi à relever : le championnat du monde 2001 organisé dans l’hexagone. La première compétition d’envergure depuis le Mondial 1970 où l’équipe de France était sortie au 1er tour. Dans le sillage des Bleus du foot 1998 qui ont remporté la Coupe du monde au Stade de France, les handballeurs français vont sacraliser le Palais Omnisports de Paris-Bercy.
Les championnats du monde de handball se déroulent du 23 janvier au 4 février 2001 en France. Six Ultramarins participent à cette 17e édition. En finale, les 13 500 spectateurs sont acquis à la cause des Bleus. Le match se déroule en présence du président de la République Jacques Chirac, et du Premier ministre Lionel Jospin. C’est la dernière compétition de l’entraîneur Costantini.
L'équipe de France engrange son second succès face au Koweït plutôt aisément... Et les Tricolores terminent ce premier tour avec la meilleure défense des 24 équipes engagées. Certaine de terminer à la première place du groupe, la France termine en roue libre face à l'Argentine (28-19).
Pour ce premier match face à l'Algérie, Daniel Costantini a privilégié l'expérience car il ne voulait pas rater les débuts des Bleus dans ce Mondial. Il a donc écarté quatre joueurs: Omeyer, Girault, Narcisse et Plantin. Malmenés pendant 13 minutes (3-4), Didier Dinart et ses coéquipiers baissent ensuite le rideau de fer devant la cage d'un Christian Gaudin inspiré. Dans la foulée, avec Jackson Richardson aux manettes, les Tricolores prennent la mesure de la défense algérienne et mènent 10-4 au repos. Le second acte est une formalité.
Revanche du quart de finale des JO de Sydney, le sommet France-Yougoslavie débute par une Marseillaise flamboyante. « Une des plus émouvantes de ma carrière », confiera Daniel Costantini. D'entrée, Christian Gaudin stoppe les velléités yougoslaves. Jérôme Fernandez nettoie avec une belle conscience professionnelle, les lucarnes de Đorđić. Cazal (3 sur 3 en 16 minutes), B. Gille, et Richardson se mettent à son diapason et prennent la mesure de la 3-2-1 des Balkans, Dinart, qui émarge désormais parmi les meilleurs défenseurs du monde, musèle Škrbić 9-2 (18e) et une salle en liesse. Trois exclusions françaises permettront aux Yougoslaves de réduire la marque au repos (13-8). Le show Olivier Girault peut alors commencer. Le Parisien fait un festival sur son aile gauche : montées de balles, un-contre-un, premier et deuxième poteaux, roucoulette pour la route. 22-15 (51e).
4-1 pour le Portugal à la 8e minute, 7 à 7 à la 20e minute, 10 partout à la pause, 14 à 13 puis enfin 19 à 15 à la 40e minute : il aura fallu attendre tout ce temps pour voir enfin une équipe libérée avec des Tricolores sûrs de leurs bras. La révolte française coïncide avec le moment à partir duquel Daniel Costantini décide de modifier son organisation défensive en mettant Olivier Girault et Joël Abati en stricte sur les deux artilleurs portugais Eduardo Coelho et Filipe Cruz. Autre choix tactique qui s'avérera décisif au moment du money-time le passage de Bertrand Gille du pivot à l'arrière gauche puisqu'il marquera au total à six reprises, dont deux à 9 mètres. Son frère Guillaume peut être rassuré et Jérôme Fernandez applaudir des deux mains. D'autant plus qu'Andrej Golic (3/3) en profite lui aussi pour sortir son bras. D'autant plus aussi que Bruno Martini enrage dans sa cage et se décide à fermer la porte : en sortant trois immanquables de suite, il apporte un ballon d'oxygène à son équipe et donne de l'air à une Halle olympique d'Albertville qui était en apnée depuis le début du match. Entre-temps, la défense française bien organisée autour de Didier Dinart a retrouvé de sa superbe.
En quart de finale se présente alors l'Allemagne, l'équipe nationale du meilleur championnat du monde : les Bleus réalisent une première mi-temps de rêve grâce notamment à Thierry Omeyer (11-8) mais les Allemands reviennent au cours de la deuxième mi-temps et se retrouvent même avec un but d'avance à 20 secondes du terme du match. Les Français réalisent une première mi-temps de rêve, menant rapidement de 4 buts (9-5 puis 11-7) grâce notamment à la titularisation surprise d'Omeyer. Mais en deuxième mi-temps, une grosse défense allemande leur permet de revenir rapidement au score (11-11) et même de prendre l'avantage (12-13). Bruno Martini relayait parfaitement Thierry Omeyer dans les buts et limitait les écarts, ainsi avec un petit coup de chaleur en attaque les Français se retrouvèrent avec 2 buts d'avance à 10 minutes de la fin. Les Allemands ne lâchent rien et un inscrivent un 3 à 0 aux Bleus qui se retrouvent à -1 a 20 secondes de la fin du temps réglementaire. Grâce à un action décisive et un but exceptionnel de Jackson Richardson, la France parvient à arracher la prolongation (22-22). Jackson Richardson prend alors ses responsabilité et réussit un but que lui seul au monde est capable de marquer, envoyant tout droit les deux équipes en prolongations.

Didier Dinart, un pilier de la défense française.
En demi-finale, la France fait figure de favorite face à l'équipe surprise du mondial, l'Égypte. Premiers non-Européens à se présenter en demi-finale d'un championnat du monde, les Égyptiens font pourtant déjouer les Français. Après un bon départ (2-0, 3e) sur des buts de Grégory Anquetil et Bertrand Gille, l'équipe de France peine face aux Pharaons. Richardson passe de longues minutes sur le banc à cause de douleurs à une épaule. L'attaque tricolore multiplie les pertes de balles tandis qu'en face Ibrahim et Zaky sont littéralement intenables : l'Égypte s'envole 5-9 (20e). Au retour, changement de scénario : Fernandez saute à pieds joints dans le costume du vengeur masqué. Trois buts et ça repart : 11-12 (37e). Poussés par un public de feu, les Français passent devant à la 43e, à la suite d'un 6 contre 4. 16 (48e) : les frayeurs françaises sont loin d'être terminées. De 19-16 (51e), le score revient à 19-18 (53e). Les Phararons ont la balle d'égalisation mais les arbitres sifflent un passage en force. Sur le contre, Bertrand Gille obtient un penalty mais Anquetil tire sur la barre transversale... Incroyable suspense. Il reste 1 min 14 s et l'Égypte revient à un but 22-21... Bercy tremble. Le caviar d'Anquetil pour B.
Tout débute comme dans un rêve. Golic marque le premier, suivi par Anquetil et Cazal, relayés par un Fernandez surpuissant face à l'axe central de la 6-0 suédoise 4-0 (7e). Bercy hurle de plaisir. Signe des temps et peu habituel, Johansson demande un temps-mort. Fernandez poursuit son one-man-show 7-3 (11e). Lövgren lui répond du tac au tac. Dans la cage, Gentzel commence son festival 7-7 (16e) : tout est à refaire. Si Narcisse transforme en or son premier ballon, l'implacable machine suédoise est en marche. Andersson et Wislander trouvent les filets de Martini : 12-13 puis 13-14. Richardson égalise (14-14, 36e) mais, sur la remise en jeu, l'habile Andersson marque du centre... Dans la foulée, Patrick Cazal se tord la cheville. Le gaucher réunionnais sort du parquet en pleurs. Ericsson et Andersson donnent trois longueurs aux Nordiques 14-17. La 43e minute marque peut-être le premier tournant du match lorsque Martini sort le pénalty de Lövgren. Daniel Costantini le laisse dans les bois. Richardson, d'un lob, et Abati, sur penalty alors que la France est en infériorité numérique à la suite d'un mauvais changement, permettent à la France de recoller (16-17, 44e). Les deux équipes ne se départageront plus. La France, portée par un public extraordinaire, reviendra à chaque fois. Même, à vingt secondes de la fin, quand Lövgren pensera, de neuf mètres, donner le titre aux siens. Remise en jeu. En prolongation, Lövgren marque le premier mais Fernandez égalise. Cazal, remis sur pieds par le staff médical marque deux fois à neuf mètres. En face, deux autres buts de Lövgren et Vranjes, 25-25 à la mi-temps : le monde appartiendra à l'équipe qui gagnera les cinq dernières minutes. Anquetil tente une roucoulette mais Gentzel l'empêche de pénétrer dans le but. Cazal, énorme, allume marque à nouveau à neuf mètres pour placer les Bleus en tête (26-25, 67e). Et de nouveau, il sert Bertrand Gille au pivot 27-25 et 1 min 15 s à jouer... La Suède obtient, à 55 s de la sonnerie, un penalty pour revenir à un but mais Martini arrête le tir de Vranjes. Anquetil clôt la marque.
Aujourd’hui manager général du Paris SG HB, Bruno Martini fut aussi le héros de la finale du Mondial 2001. Si le jeune Thierry Omeyer a gardé la cage tricolore pendant plus de 35 minutes (9 arrêts), c’est Bruno Martini (aussi 9 arrêts) qui bouclera la rencontre. « J’avais eu une discussion avec Daniel Costantini au début du Mondial car je ne comprenais pas sa façon de gérer les gardiens, raconte aujourd’hui le Provençal. Daniel m’explique alors qu’il ne fonctionne pas comme les Yougoslaves, qu’il préfère finir avec son meilleur gardien. Titi joue la 1ere mi- temps puis débute la 2e. Je rentre et Daniel me ressort rapidement. Puis se présente un penalty avec Lövgren. Je rentre et je l’arrête. C’est un moment important qui empêche les Suédois de prendre le large. Je savais où il allait tirer. Il tirait sans feinte, croisé en bas à droite du gardien. » À 18 secondes du terme, le gardien qui a déjà été sacré champion du monde en Islande, encaisse un but de ce diable de Lovgren. « Je savais qu’il restait peu de temps mais pas précisément. Je relance puis je vois Grégory, qui était très rapide sur quelques appuis. Il fixe Vranjes et part vers l’extérieur. Il faisait souvent cela. Je suis en suspens, pour moi il n’y a plus de bruit malgré les 15000 spectateurs. Ce but, il est allé se le chercher tout seul. Sur le moment, je ne l’apprécie pas à sa juste valeur. Je reste très concentré car ce n’est pas tout à fait fini. « Cette finale est unique parce que tous les ingrédients sont réunis et nous avons tous nos familles dans les tribunes de Bercy. Pendant les prolongations, le soutien du public et l’intensité dramatique ont décuplé les émotions. »
Face à une équipe suédoise favorite, les Tricolores se détachent finalement pour remporter le 2e titre mondial. « Factuellement, nous étions moins forts mais nous avons toujours été solides dans les moments importants. Nous étions la meilleure équipe pendant cette quinzaine. » Et l’ancien gardien de se souvenir des paroles de Daniel Costantini à l’amorce du 1er tour à Nantes. « C’est ma dernière compétition. J’arrête après alors ne me considérez pas comme un obstacle mais comme un soutien. Il y avait eu des remous pendant les JO et il a mis tout le monde devant leurs responsabilités. Il a cadré l’histoire du capitanat et il a pacifié le groupe.

France-Suède : 30 ans de chocs.
Le capitaine des Bleus, le Réunionnais Jackson Richardson, galvanise ses troupes. Cazal et Fernandez, permettent à l’Equipe de France de dominer le début du match face aux Suédois, champions du monde et d’Europe en titre. À la pause, les Français mènent face à l’équipe favorite de la compétition. Le score est serré, 11-10. Dès son premier ballon, le Réunionnais Daniel Narcisse, le plus jeune joueur de l'effectif, marque les esprits, et inscrit un but. Richardson égalise 14-14. Dans la foulée, Patrick Cazal se tord la cheville. Durant de longues minutes, le staff médical s’évertue à le remettre sur pied. Les Scandinaves reprennent l’avantage et mènent 17 à 14. Un lob et un pénalty des Ultramarins Richardson et Abati vont permettre aux Bleus de recoller au score à 16-17, à un quart d’heure de la fin. Un véritable mano à mano débute. La France, revient à chaque fois à égalité. Quelques secondes avant le coup de sifflet final, les Suédois mènent d’un but. À la dernière seconde du temps réglementaire, Anquetil marque et décroche les prolongations 22-22. En prolongation, le Réunionnais Patrick Cazal, remis de sa blessure, revient plus fort. Il marque deux fois de suite. À la mi-temps de la prolongation, c’est l’égalité parfaite 25-25. Cazal donne l’avantage aux Bleus. Et de nouveau il sert Bertrand Gille, 27-25. Les Tricolores se détachent finalement. Anquetil inscrit le dernier but. Bercy est en fusion. La France s’impose en finale face à la Suède 28 à 25.
Les "Costauds" remportent leur deuxième titre mondial. Les Français gagnent alors ce surnom. Ils étaient les Bronzés en 1992, les Barjots de 1993 à 1996, et les Costauds de 2001 à 2008. Il a connu sa première grande compétition internationale en 2001 lors du Mondial en France. Champion du monde 2001 et 2009, champion olympique 2008, le Foyalais possède un palmarès impressionnant. L’ex-joueur du club allemand de Madebourg compte 204 sélections 585 buts avec l’Equipe de France.
FRANCE - SUEDE (HAND-BALL : FINALE CHAMPIONNAT DU MONDE 2001 : MATCH EN INTEGRALITE SUR FRANCE 2)
Tableau des Matchs de l'Équipe de France au Championnat du Monde 2001
| Match | Date | Adversaire | Résultat |
|---|---|---|---|
| 1er match de tour préliminaire | 23 janv. 2001 | France - Algérie | France 23 - 13 Algérie |
| 2e match de tour préliminaire | 24 janv. 2001 | Koweït - France | Koweït 14 - 30 France |
| 3e match de tour préliminaire | 25 janv. 2001 | France - Brésil | France 29 - 19 Brésil |
| 4e match de tour préliminaire | 27 janv. 2001 | Yougoslavie - France | Yougoslavie 20 - 22 France |
| 5e match de tour préliminaire | 28 janv. 2001 | France - Argentine | France 28 - 19 Argentine |
| 8e de finale | 31 janv. 2001 | France - Portugal | France 23 - 18 Portugal |
| Quart-de-finale | 1 févr. 2001 | Allemagne - France | Allemagne 23 - 26 France |
| Demi-finale | 3 févr. 2001 | France - Égypte | France 24 - 21 Égypte |
| Finale | 4 févr. 2001 | Suède - France | Suède 25 - 28 France |