Le football à Mons, en Belgique, a une histoire riche et complexe, marquée par des moments de gloire, des défis financiers et des renaissances passionnées. Des montées successives en division 1 à la liquidation du RAEC Mons, en passant par des scandales de matches truqués, ce récit explore les hauts et les bas d'un club et de ses supporters.

Le Stade Tondreau, cœur du football montois.
Les Années Inoubliables du RAEC Mons (1997-2007)
1997-2007 : Dix saisons inoubliables pour les supporters du RAEC Mons ! Inoubliables à plus d'un titre. Au cours de ces dix dernières années, le RAEC MONS a grandi. Après de très (trop) nombreuses saisons passées en D3, l'Albert a fait un énorme bond en avant... en Division 1. Le club de Mons a évolué, progressé, pour devenir aujourd'hui une structure professionnelle performante. Après un malheureux retour en Division 2 lors de l'exercice 2005-2006, le RAEC Mons a retrouvé l'élite où il compte rester... définitivement ! Ces dix dernières années resteront à jamais gravées dans la mémoire de milliers de Montois ! Les montées successives, la Division 1, un quart de finale en Coupe de Belgique face au Standard... Autant de souvenirs que les auteurs voulaient immortaliser sur papier.
De nombreux acteurs de cette période témoignent, partageant anecdotes, souvenirs, bons ou mauvais. Joueurs, entraîneurs, dirigeants, supporters... Des gens qui ont vécu dans et autour du club durant cette dernière décennie ! Dix saisons illustrées et commentées pour former un véritable recueil. Histoire de ne pas oublier d'où vient le RAEC Mons et par où il a dû passer pour atteindre l'élite. L'Albert en D1...
Les Auteurs de l'Histoire
- Julien Flament: Journaliste sportif attaché à Télé MB, la télévision régionale de Mons Borinage. Montois dans l'âme et passionné de football, il suit l'Albert depuis de nombreuses années. Il a vécu l'ascension du RAEC Mons en tant que supporter, puis comme journaliste.
- Jérémie Ulens: Journaliste sportif. Il travaille pour la rédaction sportive de la RTBF radio. Également Montois depuis toujours, il est tout aussi passionné de football et attaché à sa ville. Il a suivi le RAEC Mons depuis son plus jeune âge, comme supporter d'abord et en tant que journaliste ensuite.
La Liquidation du RAEC Mons et la Renaissance du Royal Albert Quévy Mons (RAQM)
Les histoires belges ne sont pas toutes drôles. Celle du RAEC Mons, par exemple, est même plutôt dramatique. Après 105 d’existence, le club hennuyer a officiellement mis fin à ses activités le 31 mars dernier. À dire vrai, cela faisait plusieurs mois que les dirigeants cherchaient des repreneurs. En vain. Les pistes menant à Salvatore Curaba ou encore à un investisseur ukrainien n’ayant pas abouti, le RAEC Mons, alors 7e de division 2, a donc fini le championnat avec de jeunes joueurs, tous ayant accepté de terminer la saison sans être payés.
Depuis cette date fatidique, beaucoup de choses ont changé : un nouveau club, le Royal Albert Quévy Mons (RAQM), en association avec l’US Genly-Quévy, a été créé et occupe désormais le stade Tondreau, les joueurs ont tous relancé leur carrière dans d’autres clubs du pays et un petit groupe d’irréductibles supporters a décidé d’entamer une tournée des différents stades de Belgique pour célébrer un club avec lequel ils ont grandi. Leurs prénoms ? Gillian, Fabio, Arnaud, Jack et Luca. Tous ont entre 21 et 24 ans.
Comme on n’a plus de club, on a décidé de faire le tour des stades belges. De là est née l’idée d’un blog, où les cinq compères rendent compte de leur périple et jugent les stades visités selon différents critères : les installations, l’ambiance et la qualité de jeu proposé.
Gillian : « On a été invités par Malines, dont les supporters sont sans doute les meilleurs en Belgique, juste après ceux du Standard de Liège. On va également essayer d’aller à l’Union Saint-Gilloise, l’un des clubs historiques du championnat. »

Projet du nouveau stade Tondreau avec logements et commerces.
Le Projet Ambitieux du RAEC Mons et le Nouveau Stade Tondreau
Le RAEC Mons, après Liège, Francs Borains et la RAAL, peut-il être le prochain club wallon en Challenger Pro League ? Quelques jours après le titre de D2ACFF, les souvenirs de la soirée historique avec 6 000 spectateurs au Tondreau sont toujours bien présents à Mons. Assuré de la promotion dans la nouvelle D1 ACFF, l’Albert n’a toutefois pas attendu son sacre pour déjà se préparer à l’échelon supérieur. Mais aussi au-delà. Le nouveau stade Tondreau se dévoile : sport, logements, commerce et salle des fêtes sont prévus.
Le projet est colossal mais "à la hauteur des ambitions" du RAEC Mons et de la volonté de la ville de Mons de donner un nouveau souffle au quartier du stade Tondreau. En janvier 2023, le collège communal lançait un appel à manifestation d'intérêt pour permettre la reconversion des tribunes 3 et 4.
Très concrètement, le projet prévoit une mixité d'activités déjà présente ou non sur le site. Ça, c'est pour l'extérieur du stade. "Pour le reste, on reconstruit des tribunes couvertes, ce qui représente environ 2 000 places supplémentaires pour un total de 10 000 places, 200 kots étudiants et une vingtaine de logements en penthouse, des bureaux notamment dédiés à la médecine sportive mais également une salle des fêtes pour les étudiants de l'Université de Mons", projet longuement attendus par ceux-ci.
Pour Maxime Pourtois, échevin en charge de l'urbanisme et de la régie communale autonome (RCA), ce projet est une vraie fierté. "C'est un projet extrêmement complexe sur le plan administratif, qu'il a fallu baliser", soutient-il. "Lorsqu'on a lancé l'appel à manifestation d'intérêt, beaucoup n'y ont pas cru, nous ont dit que personne ne s'intéresserait à ce stade. Analysé par un jury constitué de différents services de la ville, le projet Lixon a récolté 90 % des suffrages.
Le Scandale des Matches Truqués et l'Opération Dragon
Bruxelles : octobre 2005. Le scandale des matchs truqués éclatait et allait faire trembler le football belge sur ses bases fragiles grâce à l’instruction fouillée de la juge Sylvania Verstreken. L’Opération Dragon était lancée.
En 2004/2005, Stéphane Pauwels était directeur technique du club de la Louvière. Aujourd’hui, avec le livre qu’il vient de faire paraître, il clame son innocence en revenant sur cette affaire et ses bas-côtés avec comme personnages centraux un Avocat bruxellois conseiller et ami de plusieurs stars du foot belge, Pierto A. Ce dernier sera inculpé de faux et usage de faux, détournement de fonds et abus de biens sociaux mais recevra deux tranches de 500.00 euros jamais récupérés. Tout au long du Livre, on suit la valse des joueurs et des entraîneurs sur la piste de danse de la Corruption. Menaces, intimidations, chantages, orgies sexuelles et tutti quanti. Pauwels, lui, se retrouva mêlé à ce scandale.
En 2003/2004, le club modeste de La Louvière va gagner la finale de la Coupe de Belgique, au stade Roi Baudouin (ex-Heysel) à Bruxelles contre les flamands de Westerlo 3-1. Un succès synonyme de premier titre et de ticket pour la Coupe UEFA 2004.
Dès le mois d’octobre 2004, alors que l’équipe était troisième au classement, certains joueurs n’étaient pas payés pour leurs primes de victoires (environ 1500 euros). Les salaires négociés avec les nouveaux joueurs pro étaient eux très raisonnables entre 1000 et 6000 euros brut par mois. Au mercato de janvier 2005, le Président vendra un maximum de joueurs pour deux millions d’euros qui ne furent évidemment pas réinjectés dans le Club. Fin mars 2005, Pauwels sera viré.
Ajoutons-y celui surtout du SKLierse, son manager Gaston Peteers, son entraîneur Paul Put. Le pivot de cette affaire est bien ce chinois Zehun Ye de la mafia de Shangaï. Il a été la plaque tournante de ces matches truqués. « Le Chinois » agissait toujours selon le même mode opératoire : il proposait son aide financière aux clubs en échange d’arrangements sur le résultat de certains matches. Les premières traces de matches truqués remontent à janvier et seront mis au jour en octobre 2005.
Autre pivot corrompu : Pietro A., manager et homme d’honneur, agent de joueurs sous licence… togolaise ( !) dont le poulain numéro 1 est le gardien de but de la Louvière Silvio Proto transféré à Anderlecht. Il a plusieurs joueurs de 2e ou 3e catégorie dans son portefeuille.
Mais…la fédération belge de football (URBSFA) a mis fin en février 2008 à ses investigations sur ces matches truqués de première division. Pourquoi ? René Verstringhe, le « procureur » de la fédération belge s’est ainsi expliqué : « La justice (pénale) ne bouclera son enquête que dans cinq ou dix ans. A la fédération, cette affaire sera prescrite en 2008. Pour l’URBSFA, l’affaire est donc malheureusement terminée. Les joueurs et entraîneurs concernés peuvent donc continuer à jouer ou à entraîner sans craindre d’être suspendus.
Le SK Lierse sera rétrogradé en Troisième Division. La Louvière sur le domaine sportif ne sera pas inquiétée. Son Grand Président, Filipo Gaone a pris sa retraite en décembre 2007 en ces termes : « À l’avenir, je voudrais me contenter d’être le premier supporter de la RAAL. Si on a besoin de moi, je suis là mais seulement si on a besoin de moi. Je souhaite au club et à mon successeur le plus grand bonheur. »
Zehun Ye est, paraît-il, marchand de meubles à Shangaï. L’Opération Dragon est terminée.
Matches truqués : le football dans la tourmente
Titres et Promotions Récentes
Le RAEC Mons est champion de D2 ACFF, à la suite de sa victoire ce samedi face à Verviers (3-1). Les Dragons connaissent leur deuxième promotion en deux saisons, et vont connaître la Nationale 1, le dernier échelon amateur en Belgique. Impatients de retrouver le football professionnel, les hommes de Dante Brogno ne comptent pas s'arrêter en si bon chemin.
Depuis 2 ans, avec Dante Brogno et tout le staff, on essaie de construire l’équipe la plus compétitive possible. C’est vraiment un travail d’équipe. Mons est attractif : nous avons l’ambition, le public et le sérieux financier.
Ce samedi 13 avril à 20h, le RAEC Mons peut devenir champion de D2 ACFF au Stade Tondreau en cas de victoire face à Verviers. Après un premier titre la saison dernière, l’Albert pourrait donc être champion une deuxième fois d’affilée. En 114 ans d’histoire, ce n’est jamais arrivé.
Nouvelle Entité et Ambitions Futures
Le 24 avril dernier, le Royal Albert Elisabeth Club de Mons a disputé à Anvers le tout dernier match de son histoire, vieille de 105 ans. Lâché par son propriétaire fin 2014, ce club de 2e division belge a été liquidé et ne peut conserver son matricule, faute de repreneur.
Lundi, le bourgmestre et ancien Premier ministre socialiste Elio Di Rupo a officialisé un accord avec la Royale Union Sportive Genly-Quévy, un petit club de P1 (5e division belge), installé à quelques kilomètres de Mons. Ce dernier portera désormais un nouveau nom : le Royal Albert Quévy Mons (RAQM).
"Il fallait redonner de l'espoir aux jeunes et aux supporters", a déclaré Di Rupo au micro de TéléMB. "Nous voulions aussi recréer une dynamique régionale". "On s'est dit pourquoi pas", a commenté de son côté Hubert Ewbank, ex-président de Genly-Quévy. "On est pris au niveau infrastructures, on avait plus de 300 enfants cette année-ci. On s'est dit qu'à l'Albert, il y avait des infrastructures et surtout, pour réussir ce mariage, il fallait deux groupes qui s'entendent bien".
La nouvelle entité évoluera ainsi au Stade Tondreau de Mons mais... en 5e division (il reste une possibilité toutefois pour qu'elle joue en Promotion, la 4e division belge). L'objectif est de remonter en 3e division d'ici 3 ans. Le Royal Albert Quévy Mons reprendra les traditionnelles couleurs rouges et blanches du RAEC Mons, lors des matches à domicile. Mais d'après Sudpresse, ses joueurs porteront le orange et le bleu - couleurs de Genly-Quévy - à l'extérieur.
En 2010, une fusion similaire avait été opérée entre Mouscron et Péruwelz, après la disparition de l'Excelsior Mouscron. La nouvelle entité - le Royal Mouscron-Péruwelz - était repartie en 4e division.
| Événement | Date |
|---|---|
| Fondation du RAEC Mons | Inconnue (105 ans avant la liquidation) |
| Liquidation du RAEC Mons | 31 mars |
| Création du Royal Albert Quévy Mons (RAQM) | 24 avril |
| Titre de D2 ACFF pour le RAEC Mons | 13 avril |