Les chants homophobes de la part de supporters mexicains lors de matchs de football sont un problème récurrent qui a attiré l'attention de la FIFA et d'autres organisations sportives. Ces incidents ont conduit à des sanctions et à des efforts pour sensibiliser et éradiquer ces comportements.
La finale de la Ligue des nations de la Concacaf a été le théâtre de chants homophobes de la part de supporters mexicains. 2023, 2024, et désormais 2025. Pour la troisième année consécutive, la finale de la Ligue des nations de la Concacaf (Amérique du Nord et Centrale) a été entachée de chants homophobes. Et une nouvelle fois, ce sont les supporters mexicains qui sont à l’origine de ces débordements.
Le Mexique a remporté dimanche sa première Ligue des nations de la Concacaf en battant 2-1 le Panama, grâce à un penalty de Raul Jimenez dans le temps additionnel. Il a bénéficié d'une main grossière et volontaire du défenseur Cesar Montes, pourtant seul et pas attaqué dans sa surface de réparation. L'attaquant de Fulham, héros de la rencontre, avait ouvert le score à la 8e, avant que les Panaméens ne reviennent à hauteur par l'intermédiaire d'Adalberto Carrasquilla (45e+2), déjà sur penalty. Jimenez lui a répondu 45 minutes plus tard pour offrir le sacre aux siens devant les 68.000 spectateurs du SoFi Stadium d'Inglewood, à Los Angeles, quasiment tous acquis à la cause mexicaine.
Mais parmi les scènes de joie, des insultes homophobes provenant de supporters mexicains ont gâché la fête, provoquant même l’interruption de la partie alors qu’elle allait s’achever quelques instants plus tard.
Les hommes de Javier Aguirre, qui avaient terminé deux fois vice-champions, en 2021 et 2024, succèdent à "Team USA" au palmarès de cette compétition regroupant les nations d'Amérique du Nord, centrale et des Caraïbes. Il s'agit d'un beau succès pour le Mexique, qui co-organisera en 2026 le Mondial de football avec les Etats-Unis et le Canada.
"C'est ce qu'on voulait depuis le premier jour, depuis l'arrivée du 'Basque'" Javier Aguirre, a savouré Raul Jimenez au micro de la chaîne Univision. "Ces matches sont difficiles, mais on a joué comme on le devait quand ils sont revenus à égalité", a ajouté l'attaquant de 33 ans, qui a profité d'un bras décollé de José Cordoba pour empocher le titre.
Comment ternir le retentissant exploit du Mexique dimanche face à l'Allemagne (1-0) à Moscou? Demandez à ses supporters, une nouvelle fois inquiétés par le Fifa pour des chants homophobes. L'instance internationale du football a ouvert lundi une procédure à l'encontre de la Fédération du Mexique.
Le Chant "Puto" : Un Problème Identifié
Comme en 2017 lors de la Coupe des confédérations, en 2016 lors de la Copa America, ou encore en 2014 lors du précédent Mondial, une parole est particulièrement visée : le « Oh Puto » (traduire littéralement : oh pédé »), clamé au moment des renvois aux six mètres du gardien adverse. Il ne faudrait pas l'oublier : « Il est l'équivalent de notre oh hisse enculé », entendu dans de nombreuses tribunes de Ligue 1 depuis de longues années, rappelait en 2016 le pure-player Slate.
Depuis le début des qualifications pour cette Coupe du monde 2018, le Mexique a déjà été douze fois puni pour des actions homophobes de ses supporters. Mais au contraire du Chili ou du Honduras, sanctionnés eux aussi pour cette raison, « El Tri » n'a pas encore vu la Fifa lui infliger une interdiction de stade.
Lundi après-midi, les instances du football mexicain ont prié leurs supporteurs présents en Russie de cesser ce type de comportements. En Russie, évitez que votre accréditation soit supprimée ou suspendue. Rappelez-vous que vous êtes le représentant du meilleur divertissement au monde. Ne criez Puto !
Les fans mexicains et équatoriens font l'objet d'une enquête de la part de la FIFA, à cause de chants inappropriés lors des matchs devant la Pologne (0-0) et le Qatar (0-2) à l'occasion du premier tour de la Coupe du Monde.
Les supporters mexicains auraient proféré des insultes, après le penalty manqué par Robert Lewandowski lors du match de leur équipe face à la Pologne (0-0) - ou plutôt repoussé par leur gardien Guillermo Ochoa. La FIFA, en tout cas, a ouvert une enquête en ce sens et invoque l'article 13 de son code disciplinaire. Au Mexique, le chant malheureusement bien connu sur un dégagement de gardien - et ce depuis des décennies, en France aussi - est presque devenu comme un réflexe, ce qui a même conduit la Fédération à mettre en place une campagne de prévention afin de l'éradiquer.
Sanctions et Réactions
La sélection mexicaine avait été sanctionnée en ce sens, déjà, durant le Mondial 2018 en Russie puis plus récemment en éliminatoires de l'édition 2022. Les mêmes accusations avaient été proférées lors du Mondial 2014 au Brésil, ce qui avait d'ailleurs conduit le sélectionneur Miguel Herrera à soutenir ses supporters : "Ce n'est pas si grave, c'est fait pour mettre le gardien adverse sous pression."
La FIFA a ouvert une procédure contre le Mexique après des chants de ses supporters contre la Pologne, mardi. La FIFA a ouvert une procédure contre l'Association mexicaine de football à la suite de chants de supporters mexicains lors du match nul contre la Pologne (0-0), mardi. La FIFA n'a pas donné de détails sur les chants, mais les Mexicains ont été entendus diriger des insultes après que l'attaquant polonais Robert Lewandowski a raté son penalty en seconde période.
Efforts de Sensibilisation
« A tous les supporteurs mexicains présents au stade, ne criez pas : “puto”. » Tel est le message qu’a voulu faire passer la Fédération mexicaine de football avant le match de son équipe contre la Corée du Sud, samedi 23 juin à Rostov. Il concerne une tradition footballistique mexicaine qui existe depuis des années, mais qui pourrait finir par attirer des ennuis non seulement à sa fédération, mais aussi à son équipe.
Quand un gardien de but adverse s’apprête à dégager la balle au pied, certains Mexicains entonnent un « Ehhhhhhh » en faisant bouger leurs doigts et, dès que la balle est frappée, ils crient « puto ». En espagnol, le mot se traduit littéralement par « prostitué masculin », et il est largement utilisé comme une insulte homophobe.
Les instances du football mexicain ont diffusé des messages sur les réseaux sociaux pour sensibiliser ses ressortissants et leur demander d’arrêter ce cri pendant les matchs. « A tous les fans mexicains, ne criez pas “puto” dans le stade. Ne risquons pas de nouvelles sanctions », a, par exemple, écrit « Chicharito » Hernandez.
Sanctions Potentielles
Ces multiples appels à la retenue font, en effet, face à des sanctions contre la Fédération mexicaine après la victoire contre l’Allemagne. L’instance disciplinaire de la FIFA lui a imposé une amende de 8 600 euros pour des chants « discriminatoires et insultants », assortissant l’amende d’un avertissement qui « peut faire face à des sanctions supplémentaires en cas de nouvelles infractions de ce type ».
Ce n’est pas la première fois que le Mexique prend une amende pour des cris discriminants. Pendant les matchs de qualification pour cette Coupe du monde, la Fédération mexicaine a été rappelée à l’ordre une douzaine de fois, à chaque fois à cause de ce chant homophobe. Elle a reçu des avertissements pour les deux premiers et des amendes pour les autres, selon le New York Times.
Les « sanctions supplémentaires » auxquelles a fait allusion la FIFA pourraient être une perte de points et, si l’instance internationale veut vraiment être implacable, l’exclusion du tournoi, rapporte El Universal. Quant aux individus reconnus coupables de crier le mot interdit, ils seront expulsés du stade et verront leur « Fan ID », qui permet d’assister au Mondial, révoqué.
La campagne de sensibilisation est également diffusée par les médias mexicains, et leurs journalistes présents en Russie. Le spectre d’une sanction plus lourde qu’une simple amende semble en avoir fait réfléchir certains, comme ces Mexicains qui promettent de ne pénaliser leur sélection. Ils vont continuer à crier lors du dégagement du gardien adverse, mais ce sera désormais : « Ehhhhhh… Mexico ! »
Tableau des Sanctions et Avertissements
| Compétition | Année | Sanction | Raison |
|---|---|---|---|
| Coupe des Confédérations | 2017 | Procédure ouverte | Chants homophobes |
| Copa America | 2016 | Procédure ouverte | Chants homophobes |
| Mondial | 2014 | Procédure ouverte | Chants homophobes |
| Qualifications Coupe du Monde | 2018 | Douze punitions | Actions homophobes |
| Mondial | 2018 | Sanction | Chants homophobes |
| Eliminatoires | 2022 | Sanction | Chants homophobes |
| Match contre l'Allemagne | N/A | Amende de 8 600 euros | Chants discriminatoires et insultants |

Les efforts pour éradiquer les chants homophobes dans les stades mexicains continuent, avec l'espoir que les sanctions et la sensibilisation finiront par changer les comportements.