Biographie de Maurice King : Une Légende du Basketball

William Felton Russell, plus connu sous le nom de Bill Russell, né le 12 février 1934 à Monroe, est un joueur de basket-ball professionnel américain qui a marqué l'histoire de la National Basketball Association (NBA). Il a joué au poste de pivot pour l'équipe des Celtics de Boston de 1956 à 1969.

Avant de passer professionnel, Russell mène l'équipe de l'université de San Francisco à deux titres nationaux en 1955 et 1956. Ses qualités au contre et en défense individuelle sont les principales raisons du succès des Celtics. Russell est également reconnu pour ses capacités au rebond.

Il est le meilleur rebondeur de la NBA à quatre reprises et capte un total de 21 620 rebonds dans sa carrière. Avec Wilt Chamberlain, il est l'un des deux seuls joueurs de NBA à avoir attrapé plus de cinquante rebonds en un seul match.

Dans le sillage des pionniers comme Earl Lloyd, Chuck Cooper et Ray Felix, Russell est le premier joueur afro-américain à atteindre le statut de « superstar » dans la ligue. Pendant trois ans, de 1966 à 1969, il endosse également le rôle d'entraîneur-joueur pour les Celtics, devenant par la même occasion le premier afro-américain à entraîner dans une grande ligue américaine de sport.

Russell est membre du Basketball Hall of Fame depuis 1975, du National Collegiate Basketball Hall of Fame depuis 2006 et du FIBA Hall of Fame depuis 2007.

Jeunesse et contexte familial

Bill Russell, fils de Charles et Katie Russell, naît à Monroe, dans l'État de Louisiane aux États-Unis. Dans cet État du Sud, le racisme est encore très présent dans les années 1940 et 1950 et sa famille en souffre.

Pour exemple, un jour, à une station essence, son père se voit refuser d'être servi tant que tous les clients blancs n'ont pas été servis. Quand il décide de partir pour trouver une autre station, le pompiste l'oblige à rester et à attendre son tour en le menaçant avec un fusil. Sa mère n'est pas non plus épargnée : elle déclare être prise à partie par le shérif local qui lui reproche de porter « des vêtements de blanche » et lui demande d'aller se changer.

En raison de ces brimades racistes répétées, la famille Russell déménage à Oakland en Californie quand le jeune garçon est âgé de 8 ans. Charlie Russell est décrit comme un « homme dur », initialement concierge dans une usine de papier. Peu payé et intellectuellement peu stimulant, son travail est un « job de nègre ».

Il devient plus tard camionneur lorsque la Seconde Guerre mondiale éclate. Plus proche de sa mère que de son père, Russel est traumatisé lorsque celle-ci meurt subitement alors qu'il n'a que 12 ans. Son père abandonne alors son emploi de chauffeur routier pour un emploi dans une aciérie afin de se rapprocher de ses enfants devenus semi-orphelins.

Début de carrière

Tout jeune, Bill Russell a du mal à maîtriser les fondamentaux du basket-ball. Il n'est même pas retenu dans l'équipe de son collège alors qu'il est un excellent coureur et sauteur en hauteur. Il joue à peine avec l'équipe lors de sa première année de lycée à la McClymonds High School. C'est uniquement lors de ses 2e et 3e année dans l'établissement qu'il commence à se révéler.

À cette époque, il rencontre George Mikan, la superstar des Minneapolis Lakers, ce qui l'incite à persévérer. Bill Russell se fait rapidement remarquer pour son style inhabituel en défense. Plus tard, il explique : « Pour jouer une bonne défense... il était dit à l'époque que tu devais rester pieds à plat en tout temps pour réagir rapidement.

Russell est ignoré par les recruteurs universitaires et ne reçoit pas une seule offre jusqu'à ce que Hal DeJulio de l'Université de San Francisco (USF) assiste à un match de l'équipe de son lycée. Malgré le faible nombre de points marqués par Russell et ses « fondamentaux atroces », DeJulio sent chez le jeune un instinct extraordinaire pour le jeu, en particulier dans les situations cruciales.

Il lui offre donc une bourse que Russell accepte avec enthousiasme. C'est un tournant dans la vie du jeune homme qui se rend compte que le basket-ball est sa seule chance d'échapper à la pauvreté et au racisme. Russel intègre donc l'équipe de l'université de San Francisco entraînée par Phil Woolpert en 1953.

Carrière Universitaire

Ce dernier devient en 1954 le premier entraîneur d'une équipe de basket-ball amateur à aligner trois joueurs noirs : Hal Perry, K.C. Jones et Russell. Mais Bill Russell et ses coéquipiers afro-américains deviennent la cible de moqueries racistes, provenant aussi bien des supporters des équipes adverses que des supporters de l'université.

Pire, lors d'un tournoi à Oklahoma City en 1954, les hôtels refusent d'héberger les joueurs noirs. En signe de protestation, toute l'équipe décide de dormir dans un dortoir universitaire laissé vacant pendant les vacances, expérience qui renforce l'esprit de camaraderie du groupe. Des années plus tard, Russell explique que ces expériences l'ont rendu plus fort : « Je ne me suis jamais permis d'être une victime ».

En revanche, sur le terrain, tout est beaucoup plus plaisant pour Russell puisqu'il mène les San Francisco Dons à deux titres de championnat universitaire NCAA en 1955 et 1956, avec une impressionnante série de 55 victoires consécutives. En 1955 Russell est nommé Meilleur joueur du tournoi NCAA (Most Outstanding Player) et en 1956 UPI Player of the Year.

Durant les années passées à l'USF, Russell utilise son manque relatif de corpulence pour développer un style unique de défense : au lieu de marquer uniquement le pivot adverse, il utilise sa rapidité et sa vitesse pour apporter son aide à ses coéquipiers face aux ailiers et rendre leurs tirs plus difficiles.

Il devient célèbre pour sa défense de fer ainsi que ses qualités de contreur, enregistrant jusqu'à treize contres dans le même match. Russell devient la pièce maîtresse d'une équipe de l'USF qui devient rapidement une référence dans le monde du basket-ball universitaire.

Le magazine sportif Sports Illustrated écrit alors : « Si Russell apprend un jour à marquer des paniers, il va falloir réécrire les règles du basket-ball ». L'entraîneur de l'UCLA, John Wooden, qualifie Russell de « plus grand défenseur qu'il ait jamais vu ».

Au cours de sa carrière universitaire, Russell enregistre une moyenne de 20,7 points et 20,3 rebonds par match. Sa domination est telle que la NCAA doit instituer plusieurs règles connues sous le nom de « Russell Rules » (les règles de Russell). À partir de la saison 1956, la largeur de la raquette passe de 6 à 12 pieds. Cette règle oblige les pivots à jouer plus loin du panier.

Une autre règle est créée en réponse au jeu de Russell (et de son rival Wilt Chamberlain) : elle interdit de toucher le ballon dans sa phase descendante en attaque (offensive goaltending).

Outre le basket, Russell représente l'USF dans des épreuves d'athlétisme. Il participe à la course sur 440 yards (402 m) qu'il court en 49 secondes 6 dixièmes et aux épreuves de saut en hauteur. Au classement annuel de Track and Field News il termine l'année 1956 avec la septième meilleure performance mondiale.

Offre des Harlem Globetrotters

Après ses années à l'USF, les Harlem Globetrotters invitent Russell à rejoindre leur équipe de basket-ball de démonstration. Russell, sensible à tout préjugé racial, est furieux lorsque le propriétaire de l'équipe, Abe Saperstein, ne souhaite discuter qu'avec son entraîneur Phil Woolpert.

Le pivot de l'USF est livide après cette rebuffade et décline l'offre : il estime que si Saperstein est trop intelligent pour parler avec lui, alors lui est trop intelligent pour jouer dans l'équipe de Saperstein.

Draft et JO 1956

Red Auerbach, l'entraîneur des Celtics de Boston, est alerté sur les qualités de Russell par son ancien entraîneur d'université, Bill Reinhart. Celui-ci lui assure que ses qualités aux rebonds et aux contres peuvent combler les carences de son équipe dans ces deux secteurs de jeu. Il s'agit d'un réel pari pour Auerbach.

Auerbach sait que les Rochester Royals, qui disposent du premier choix du repêchage, comptent déjà dans leurs rangs un jeune rebondeur prometteur, Maurice Stokes; de plus, ils ne souhaitent pas payer à Russell la prime de 25 000 dollars que celui-ci exige. Auerbach contacte son ancien patron Ben Kerner, le propriétaire des Hawks de Saint Louis.

Lors de cette draft, Auerbach utilise son choix de repêchage « géographique » pour retenir le talentueux ailier Tom Heinsohn. Les Celtics obtiennent également K.C. Jones, ancien coéquipier de Bill Russell à l'université de San Francisco.

C'est ainsi qu'en une soirée, les Celtics parviennent à obtenir trois futurs membres du Hall Of Fame (qui deviendront même tous les trois champions de NBA en tant qu'entraîneurs) : Bill Russell, K.C.

Avant de rejoindre la NBA comme rookie, Bill Russell est nommé capitaine de l'équipe nationale américaine qui dispute les Jeux olympiques de 1956 à Melbourne. Russell a la possibilité de faire l'impasse sur la compétition et de se consacrer à la préparation de sa saison avec les Celtics.

Avery Brundage, président du Comité international olympique, fait valoir que Russell ayant déjà signé un contrat professionnel n'est plus un amateur. Déterminé à participer au tournoi olympique, Russell démontre que son contrat professionnel ne prend effet qu'après les Jeux.

Sous la direction de l'entraîneur Gerald Tucker, Russell participe au succès de l'équipe des États-Unis qui ramène la médaille d'or, battant l'équipe soviétique 89-55 en finale, après l'avoir déjà battue en poule 85-55. La sélection américaine domine la compétition, gagnant ses matchs avec un écart de 53,5 points en moyenne. Russell est le meilleur marqueur de l'équipe avec 14,1 points par match.

K.C.

Débuts en NBA

En raison des Jeux olympiques, Russel manque le début de sa première saison de la NBA et il ne rejoint les Celtics de Boston qu'au mois de décembre. Cette première année voit Bill Russell marquer 14,7 points de moyenne en 48 matchs. En outre, il s'impose déjà comme le meilleur rebondeur de la ligue avec 19,6 rebonds par match. Toutefois, c'est son coéquipier Tom Heinsohn qui est désigné meilleur débutant de la ligue23 : il dispute 72 rencontres de phase régulières, pour un temps de jeu de près de 30 minutes et des statistiques de 16,2 points, 9,8 rebonds et 1,6 passes contre 14,7 points, 19,6 rebonds et 1,8 passe en un peu plus de 35 minutes à Russell, mais avec 24 rencontres de moins.

Lors de cette saison, l'équipe des Boston Celtics possède dans ses rangs cinq futurs membres du Hall of Fame : le pivot Bill Russell, les ailiers Tom Heinsohn et Jim Loscutoff, les arrières Bill Sharman et Bob Cousy et l'ailier Frank Ramsey qui est remplaçant ; K.C.

Lors des saisons précédentes, les Celtics avaient présenté de bonnes dispositions en attaque mais manquaient de rigueur en défense pour remporter les matchs serrés. Avec la présence défensive de Bill Russell, ils peuvent finalement poser les fondations de ce qui deviendra l'une des plus grandes équipes de basket-ball de tous les temps. L'équipe est très impliquée en défense, forçant ses adversaires à perdre des ballons, synonymes de paniers faciles en contre-attaque. Cette approche du jeu leur permet de terminer la saison régulière avec un bilan de 44 victoires et 28 défaites, la première place division Est et même de toute la NBA.

Il s'agit du deuxième meilleur bilan de l'équipe derrière leur toute première saison 1946-1947 dans la BAA. Grâce à leur première place de la division sur la saison, les Celtics jouent directement la finale de division lors des playoffs ; ils y rencontrent les Syracuse Nationals et leur joueur vedette Dolph Schayes, futur Hall-of-Famer.

Lors du premier match de la série, le 31 mars 1957 Russell réalise un des meilleurs matchs de sa carrière. Il totalise 16 points et 31 rebonds, ainsi que 7 contres. Après la victoire convaincante des Celtics (108-89), Schayes déclare en plaisantant : « Combien gagne ce type ? Il faudrait qu'on lui paie son salaire sur les cinq prochaines années pour qu'il nous laisse tranquille jusqu'à la fin de la série ».

En finale des playoffs, les Celtics sont opposés aux Hawks de Saint-Louis qui possèdent dans leurs rangs l'ailier Bob Pettit et l'ancien joueur des Celtics Macauley. Après les six premiers matchs de la série, les deux équipes ne se sont toujours pas départagées et comptent chacune trois victoires.

Le sort de la finale se décide lors d'un septième et dernier match, le 13 avril 1957. C'est lors de ce match que Russell réalise une action décisive, rentrée dans la légende sous le nom du « Coleman Play ». À 40 secondes de la fin du match, l'arrière des Hawks, Jack Coleman, capte une passe de contre-attaque au milieu du terrain et file droit au panier. Russell, en sprintant depuis l'autre bout du terrain, réalise un retour désespéré et contre le tir de Coleman qui aurait donné trois points d’avance à son équipe. Il conserve le ballon et marque le panier qui donne un avantage de 102 à 101 aux Celtics.

Après une égalisation des Hawks à 103 partout par Bob Pettit, le match est finalement remporté par les Celtics 125-123 après deux prolongations.

Saison 1957-1958

Lors de sa deuxième saison, Russell réalise une moyenne de 16,6 points et 22,7 rebonds par match et est par la même occasion le meilleur rebondeur de la ligue. Fait étonnant, Russell est nommé meilleur joueur de la NBA alors qu'il n'a été élu que dans la deuxième meilleure équipe de la ligue. Cette situation s'est reproduite plusieurs fois dans sa carrière. La NBA explique que d'autres pivots NBA sont plus complets que lui mais que Russell est bien le joueur le plus précieux pour son équipe.

Pour la deuxième année consécutive, les Celtics affichent le meilleur bilan lors de la saison régulière. Ils dominent les finales de la conférence Est et se qualifient pour la finale NBA. L'adversaire de la franchise de Boston est, comme l'année précédente, les Hawks de Saint-Louis. Les équipes se partagent les deux premiers matchs mais lors du troisième match, Russell se blesse à la cheville. Il est absent lors des deux matchs suivants, puis fait son retour lors du sixième match de la série.

Saison 1958-1959

Lors de la saison 1958-1959, Russell continue à faire l'étalage de son talent avec 16,7 points et 23,0 rebonds de moyenne par match. Cette saison marque le début d'une des plus grosses performances au rebond de tous les temps : sur les sept années suivantes Russell capte à chaque fois plus de 23 rebonds de moyenne. Les Celtics battent le record du nombre de victoires avec 52 succès et Russell emmène l'équipe jusqu'en finale de la NBA.

La finale de 1959 permet aux Celtics de reconquérir leur couronne, en balayant les Lakers de Minneapolis quatre victoires à zéro. L'entraîneur des Lakers, John Kundla, loue la performance de Russell : « Nous ne craignons pas les Celtics sans Bill Russell. Faites-le sortir et nous pouvons les battre... La saison 1959-60 marque les débuts dans la NBA du piv...

Voici un tableau récapitulatif des statistiques de Bill Russell durant ses premières saisons en NBA :

Saison Points par match Rebonds par match Équipe
1956-1957 14.7 19.6 Boston Celtics
1957-1958 16.6 22.7 Boston Celtics
1958-1959 16.7 23.0 Boston Celtics

Bill Russell Highlights ● The Secretary of Defense | 4K |

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