Le Stade Poitevin Rugby est bien plus qu'un simple club de rugby; c'est un lieu de mémoire et d'identité, ancré dans le cœur de ses supporters et joueurs. Ce club, riche d'une histoire profonde, continue de porter haut les couleurs de Poitiers dans le monde du rugby français.

Un Héritage Fort et un Esprit Collectif
L'esprit d'équipe et le sens du collectif sont des valeurs fondamentales au Stade Poitevin Rugby. Quand on grandit au rugby, on apprend très tôt que l’on n’avance jamais seul. Ni sur le terrain, ni dans la vie.
L'histoire du club est intimement liée à des figures emblématiques comme Henri Chevalier, éducateur, dirigeant et mémoire vive du club. Au stade Rebeilleau, son nom circule encore dans les conversations. Son fils, Pascal Chevalier, a perpétué cet héritage en portant les couleurs du club même loin de Poitiers. « C'était une forme de reconnaissance pour l’apprentissage que l’on m’a donné à l’école de rugby. Jamais je ne renierai ça.
Le Stade n’oublie pas les siens. « Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient », souffle Pascal. Alors, il veille. Aux commémorations des anciens joueurs tombés à la guerre. Aux enterrements des joueurs disparus.
Un Passé Glorieux: Le Bouclier de Brennus de 1935
Dans la vitrine du club-house, le Bouclier de Brennus de 2e division, remporté en 1935, raconte la gloire. Il rappelle aussi la douleur. Le lendemain de la finale, un joueur mourait des suites d’une blessure aux cervicales. Depuis, chaque 1er novembre, une gerbe est déposée en sa mémoire.

Saison Actuelle et Ambitions Futures
Après quatre années compliquées en Fédérale 2, le Stade Poitevin Rugby évolue actuellement en Fédérale 3, la septième division du rugby français. Le club veut d’abord retrouver confiance et plaisir avant d’envisager de jouer les premiers rôles à l’étage supérieur dans les prochaines années.
Trois victoires, un match nul et une défaite pour démarrer la saison : voilà le Stade Poitevin Rugby troisième de sa poule de Fédérale 3, après cinq matchs.
Afin de mener à bien ce projet de développement du Stade Poitevin Rugby : plusieurs anciens joueurs du club composent le comité directeur du club, dont Simon Allal, 34 ans, le président. « Je ne suis pas seul derrière ce projet. Je suis accompagné de mes amis d’enfance, dont Alexandre Bouchard qui est le vice-président.
Le club veut prendre son temps pour voir plus grand. « Si on se projette dans quatre ans, on a envie que l’équipe sénior masculine joue le haut de tableau de Fédérale 2 et accède aux phases finales. Et pour les filles, qu’on appelle les Mandragores et qui évoluent aujourd’hui en Fédérale 2, on souhaite qu’elles soient en Fédérale 1.
Pour l’exercice 2024-2025, le Stade Poitevin Rugby compte près de 650 licenciés. « C’est énorme ! », lance Simon Allal. Si le nombre de licenciés ne cesse de croître, le budget, en revanche, est à la baisse cette saison : environ 500 000 € (il était de 580 000 € la saison dernière). Des moyens financiers loin des standards de ceux des clubs de Fédérale 2. « Aujourd’hui, si on veut évoluer sur des hauts de tableau de Fédérale 2, il faut avoir des budgets entre 700 000 et 900 000 €. »
Pour l’heure, l’essentiel est ailleurs, comme le rappelle Gwendal Pirodeau, 3ᵉ ligne du Stade Poitevin Rugby : « On est des copains, on est là pour rigoler, s’amuser.
Les départs pas forcément programmés de plusieurs cadres faisaient alors planer pas mal d’interrogations quant au potentiel de l’équipe entraînée par Julien Ventana et Thomas Cassen. Sept mois plus tard, Michel Laidet a retrouvé le sourire d’un président heureux. Encore plus depuis dimanche dernier et la victoire historique des Stadistes à Tours (16-20), vingt-cinq ans après la dernière en terre tourangelle.
« Nous récoltons les fruits de notre politique de formation » Ce succès de prestige lors du derby permet à Poitiers de s’asseoir un peu plus confortablement dans le fauteuil de leader tout en écartant un concurrent direct dans la course à la première place. « En juillet dernier, j’aurais signé des deux mains pour un tel parcours », confirme le dirigeant, tout à son bonheur. Il ne fait plus aucun doute que Poitiers sera de la fête des phases finales en mai prochain. Et, désormais, seule La Baule peut lui contester le leadership de la poule 8. « Ces excellents résultats viennent récompenser les gamins ».
Pour rappel, dimanche à Tours, la moyenne d’âge de l’équipe était de vingt-deux ans. « Nous récoltons les fruits de notre politique de formation (lire encadré). Beaucoup évoluent ensemble depuis les catégories jeunes, en cadets puis juniors. » Des garçons comme Josian Imbola, Pierrick Auzannet, Guillaume Gazette, Nathan Pineau ou encore Grégoire Naudin, symbolisent ces talents issus du club. Leur éclosion est couvée par des éléments plus expérimentés, à l’image d’Eusèbe Bernus, Pierre Grassien, Guillaume Delause et Simon Paquet. Le mélange des générations donne un cocktail détonnant.
« Il ne faut pas oublier l’arrivée de l’ouvreur-buteur Emilien Mourouzeau. Son recrutement constitue une vraie plus-value. Ce groupe est sain et vit très bien ensemble. » Les résultats suivent. Quant aux ambitions, le Stade Poitevin ressemble de plus en plus à un candidat crédible à la montée. Mais, à l’instar de ses deux entraîneurs, Michel Laidet ne veut pas brûler les étapes. Il consent cependant « qu’une accession en Fédérale 2 viendrait récompenser l’investissement des joueurs. » Quant au président, alors qu’il devait passer le relais à la fin de la saison, il devrait repartir pour une ou deux années supplémentaires. « Le temps d’assurer la transition et de préparer mon successeur », conclut Michel Laidet. Une façon, aussi, de prolonger le plaisir.
Formation des Jeunes
Le club a vacillé au milieu des années 2000, frôlé la disparition, mais il est resté debout. Dans le club-house, des assiettes d’enfants sèchent encore près de l’évier. Le matin même, des jeunes participaient à un stage.
Pour la saison prochaine, le Stade Poitevin va relancer son centre de perfectionnement destiné à offrir des séances d’entraînement supplémentaires aux joueurs des catégories U16 et U18. De même, à l’initiative du comité de la Vienne, une section sportive va voir le jour à la rentrée prochaine au lycée Nelson-Mandela de Poitiers, elle aussi destinée aux joueurs et joueuses évoluant en U16 et U18.
Tableau: Récapitulatif de la Saison Actuelle
| Championnat | Division | Position Actuelle | Nombre de Licenciés | Budget |
|---|---|---|---|---|
| Fédérale 3 | 7ème division française | Troisième de sa poule | Environ 650 | Environ 500 000 € |
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