L'Histoire du Cercle Bruges: De la Fondation aux Titres

Le 9 avril 1899, les Frères Xavériens à Bruges fondent le « Cercle Sportif Brugeois ». Les religieux en question font partie de la congrégation catholique des Jésuites et ont sous leur aile une école que l'on appelle à cette époque déjà « les Frères ». L'école sise au centre de Bruges existe encore de nos jours sous la forme de l'Institut Saint François-Xavier.

Au début, le Cercle Sportif Brugeois ne se limite pas au football. Au contraire, on pratique tout un éventail de sports au sein du club, entre autres le cricket, le tennis (influence anglaise) ainsi que le cyclisme et la course pédestre. La nouvelle association adopte le vert et le noir comme ses couleurs.

Chemin faisant, le Cercle Sportif Brugeois éprouve de plus en plus le besoin de bien définir la structure de l'association et d'installer une direction compétente afin d'assurer sa continuité. Le Baron Julien le Bailly de Tilleghem et le Comte Louis de Briey deviennent présidents d'honneur du Cercle Sportif Brugeois; Leon De Meester assume la présidence et sera assisté par le vice-président Edgard De Smedt. En 1899, le Cercle adhère à l'union nationale de football, « l'Union Belge de Sports Athlétiques ».

L'équipe de football du Cercle n'a pas toujours résidé au Stade Jan Breydel. Au début elle utilise les terrains des Frères Xavériens sis à Saint-Michel. Les vert et noir montent en division I en 1901 et la popularité de l'association ne cesse d'augmenter. Il en va de même pour le nombre des membres de l'association, parmi lesquels se trouvent d'ailleurs beaucoup d'étudiants anglais rompus au jeu.

Peu après le tournant du siècle le Cercle remporte plusieurs succès importants: en 1901 les vert et noir peuvent soulever leur premier trophée, nommément la Coupe Henri Fraeys. En 1903, ils deviennent champion des Flandres. La formation des jeunes du Cercle connaît elle aussi le succès: les écoliers remportent le titre en 1905 et réitèrent cet exploit en 1907 - il est tentant d'y voir un présage... L'équipe fanion gagne aussi la prestigieuse Coupe du Baron De Vinck à Ypres en 1905.

Entre-temps, l'association change de président deux fois: Leon De Meester est remplacé par Raoul Daufresne de la Chevalerie, qui sera supplanté à son tour par Albéric Formanoir de la Cazerie. Grâce aux efforts des pionniers et à la structure solide de l'association, le Cercle est prêt à se faire remarquer.

Les vert et noir remporteront trois titres nationaux et parviendront en outre à gagner la Coupe de Belgique. En 1911, le Cercle devient champion de Belgique pour la première fois mais non sans coup férir. A la veille de la dernière journée du championnat, avec au programme le derby brugeois, il n'a toujours pas la certitude « mathématique ».

Les vert et noir, entraînés par Joseph Dewulf, ont encore besoin d'un seul point pour remporter le titre. En fin de match Frans Lantsoght égalise et le Cercle, avec non moins de six joueurs internationaux (Omer Baes, Alfons Six, Frans Vanhoutte, Louis Saeys, Emile Reuse et Edmond Verbrugghe), ne se laisse plus surprendre. Score final: 1-1. Le Cercle de Bruges champion!

Les terrains sis près de la Porte des Maréchaux ne suffisant plus pour une association en pleine expansion, le Cercle déménage et s'installe quelques centaines de mètres plus loin, où se trouve actuellement le carrefour appelé le « Canada Square ». Sur le terrain entouré d'un mur l'on érige une tribune en bois. Peu après, le Cercle y gagne « la Coupe de la Côte » face au champion des Pays-Bas, le Sparta Rotterdam.

Durant la Grande Guerre, la compétition nationale est suspendue. Les clubs tentent de remédier à cet état de choses en organisant plus de matches régionaux. Le Cercle de Bruges n'échappe pas au fléau de la guerre: 22 joueurs perdent la vie durant ces années cauchemardesques. L'histoire la plus dramatique et la plus touchante est sans aucun doute celle de Dominique Baes, qui, touché par une balle perdue vers la fin de la guerre, meurt.

Après la Grande Guerre le Cercle parvient à se ressaisir et remporte de nouveau plusieurs succès. Au début des années vingt il gagne la Coupe de la Meuse, la Coupe de la Dernière Heure ainsi que la Coupe Emmanuel Decloedt (victoire face à Liverpool sur le score de 4 à 0).

Les années 1922 et 1924 s'avèrent archi-importantes dans l'histoire du Cercle de Bruges. En 1922, l'association devient une « association sans but lucratif » et au même moment l'on entame la construction du nouveau stade à Saint-André, plus précisément là où se trouve actuellement le « Magdalenazaal », près du « Sint-Lodewijkscollege ». Le Cercle y resterait jusqu'en 1975. De nos jours l'on y retrouve encore un vestige authentique du stade du côté du Torhoutsesteenweg, à savoir la porte avec les sigles « CSB ».

En 1924, le « Cercle Sportif Brugeois » est d'ailleurs rebaptisé « Royal Cercle Sportif Brugeois ».

En 1927 les vert et noir réalisent un exploit dont peu de clubs belges (existants ou disparus) peuvent se vanter: ils remportent le championnat et gagnent la Coupe de Belgique. Dans la finale de la Coupe, l'effectif, avec entre autres l'attaquant productif Arthur Ruysschaert et Benoit Brilleman, bat le Tubantia (Borgerhout), alors en division II, sur le score de 2 à 1.

L'euphorie retombe en raison d'une succession d'incidents tragiques: deux des personnalités les plus importantes meurent prématurément. Albert Van Coile se blesse dans le match amical traditionnel contre Tourcoing à Lille et meurt peu après d'un hématome en conséquence de cette blessure. A peine quelques semaines après le décès d'Albert Van Coile le président charismatique et éloquent du Cercle de Bruges René De Peellaert meurt d'une pneumonie attrapée lors des funérailles de son ami, où il avait prononcé un discours d'adieu lorsqu'il pleuvait des cordes. Le Royal Cercle Sportif Brugeois est plongé dans le deuil.

Durant les années vingt le Cercle explore aussi l'étranger. En 1926 les vert et noir font un stage en Afrique et en 1928 le Cercle joue trois matches en Allemagne, contre Hambourg, Frankfurt et Munich.

Le Cercle reprend du poil de la bête et en 1929-1930 il devient de nouveau champion, grâce, entre autres, à une excellente première saison de Robert Braet. L'imposant gardien de but défendra les couleurs du Royal Cercle Sportif Brugeois durant de longues années et, en assumant un rôle important dans la direction, il contribuera aussi à la résurrection des vert et noir à la fin des années soixante.

Le troisième et dernier titre est remporté tout à la fin du championnat. A la veille du dernier match le FC Antwerp se classe premier et n'a besoin que d'un seul point, or, le « Great Old » s'incline face au Standard.

Après les années de gloire viennent deux décennies moins roses. Le Cercle a du mal à maintenir un niveau constant et éprouve même de grandes difficultés lorsque « les anciens » sont remplacés par des joueurs non encore rompus au métier. Sans l'archi-important Florimond Van Halme (qui fait d'ailleurs office d'entraîneur durant un certain lapse de temps) l'effectif ne parvient pas à se tirer d'affaire.

Petit à petit, les résultats se détériorent et en 1935-1936 les Brugeois sont même relégués en division I (ce qui correspond à l'actuelle division II). Grâce aux efforts de l'entraîneur britannique William Maxwell le Cercle rejoint l'élite du football belge en 1938.

En 1937, Edgard De Smedt assume la lourde tâche de présider de la direction du Cercle. En raison de la guerre, le championnat est de nouveau suspendu et le Cercle ne joue plus que des matches locaux. Ce genre de compétition improvisée ne permet pourtant pas de faire mûrir l'effectif et après la guerre (1945-1946) le Cercle est une fois de plus relégué.

Cette fois, il paraît plus difficile de remonter. Malgré les soucis, c'est la fête en 1949: le Cercle de Bruges souffle cinquante bougies et il est rendu hommage à Edgard De Smedt pour autant d'années de dévouement. Le président charismatique meurt l'année suivante. Afin de le commémorer le stade du Cercle est rebaptisé « Stade Edgard De Smedt ».

Après ces années de malaise sportif les dirigeants du Cercle veulent coûte que coûte rejoindre l'élite dans les meilleurs délais. A cette fin, ils engagent l'entraîneur anglais Bill Kennedy en 1951. La saison précédente Kennedy a entraîné le Club de Bruges, sans succès d'ailleurs, car après une saison désastreuse, les voisins brugeois sont relégués en division II. La direction du Cercle fait tout de même confiance à Kennedy et espère qu'il se montrera capable de sortir le Cercle du pétrin.

En 1952-1953, l'union belge de football décide de créer une nouvelle division (« division d'excellence ») entre la division I et la division d'honneur. A partir de la saison 1954-1955, le Cercle semble se ressaisir petit à petit. Un inconnu du nom de Guy Thys vient renforcer l'effectif et finira par devenir entraîneur du Cercle.

L'Anversois jouera un rôle prépondérant dans la résurrection des vert et noir durant les années à venir. La saison suivante le Cercle se trouve de nouveau en division II - l'union belge adopte dorénavant une dénomination mathématique pour distinguer les différentes divisions - et grille de monter en division I. Signalons aussi l'émergence d'un phénomène social particulier: en 1954, le prédécesseur du futur « Cercle Pub » (1969) voit le jour. Le local s'appelle « Cerclehuis » et l'on y boit au prix de facture.

En 1957, l'installation d'éclairage du Stade Edgard De Smedt est mis en service. A cette occasion, les vert et noir disputent un match amical face à Reims. 10.000 spectateurs assistent au spectacle.

En 1959-1960, le Cercle faillit rejoindre l'élite. Au début des années 60 le Cercle engage plusieurs entraîneurs Français: Delfour, Bigot et Meuris. Il se maintient en division I sans grandes difficultés. Entre-temps l'entraîneur des jeunes Marcel Pertry revalorise la formation des jeunes.

Malheureusement, le Cercle subit de nouveau une succession de revers. En 1965-1966, il est relégué en division II. Par surcroît de malheur, l'association est impliquée injustement dans une affaire de corruption: un joueur du Lierse, Bogaert, accuse le vice-président du Cercle Paul Lantsoght de lui avoir offert de l'argent.

L'union belge y croit et condamne le Cercle à participer au championnat en division III. Le Cercle porte plainte et est réhabilité. Après cette série de contretemps et d'injustices le Cercle a besoin d'une approche rigoureuse afin de se sortir du pétrin.

Et, sous l'impulsion de Robert Braet (succédant à Pierre Vandamme comme président du Cercle en 1967), il y réussit remarquablement vite. L'ancien gardien de but des vert et noir assume courageusement la lourde responsabilité de diriger l'association en temps de misère et montre que les qualités dont autrefois il faisait preuve sur la pelouse lui permettent de mettre les vert et noir sur les rails en peu de temps.

L'objectif principal est donc de rejoindre l'élite du football suivant un plan de cinq ans. A cette fin la direction du Cercle fait confiance à Urbain Braems comme entraîneur. En 1967-1968 les vert et noir parviennent déjà à s'assurer une place en division II.

A la veille de la dernière journée du championnat le Cercle se classe premier au classement et n'a plus besoin que d'un seul point face à l'Eendracht Aalst. Les Brugeois perdent par le plus petit écart. Or, l'arbitre avait commis une grosse erreur (deux joueurs d'Alost, nommément Collyns et Suys, avaient changé de position). Le Cercle porte plainte et finit par remporter une victoire sur le score de 5 à 0.

En 1968 le Royal Cercle Sportif Brugeois est rebaptisé « Koninklijke Sport Vereniging Cercle Brugge ». Le plan de cinq ans est respecté et en 1971 le Cercle est de retour en division I. Le Cercle de Bruges continue dans la même voie et se maintient en division I sans difficultés.

En 1971-1972 les vert et noir finissent même en haut du classement mais faillent tout de même décrocher un ticket européen. En 1972, Han Grijzenhout succède à Urbain Braems. Durant son premier passage à Bruges, l'entraîneur sympathique des Pays-Bas se montre un digne successeur.

En 1973-1974, le Cercle de Bruges peut se vanter d'être l'équipe la plus productive en division I et durant de longues années les vert et noir jouent un rôle non négligeable dans la compétition, grâce, entres autres, à un excellent Julien Verriest, sans aucun doute un capitaine digne de ce nom; mentionnons aussi le Danois Morten Olsen, Gerrit Kleton, Bernard Verheecke, Filip Dewaele et Francky Vanhaecke.

Avant d'aborder les trois décennies les plus récentes de l'histoire du Cercle, il est indispensable de prêter attention à un événement d'importance capitale, à savoir le deuxième déménagement du Cercle. En 1975, le Cercle quitte le Stade Edgard De Smedt et réside désormais à « l'Olympia », où il cohabite avec le Club de Bruges (qui quitte « de Klokke » (Stade Albert Dyserinck) au même moment).

Pour les deux associations ce déménagement était devenu inévitable en raison de troubles financiers. C'est d'ailleurs grâce à Michel Van Maele (le futur président du Club de Bruges) que la politique brugeoise s'y est mêlée et qu'on finirait par décider d'ériger à Saint-André pour les deux équipes un nouveau stade sans aucun doute gigantesque du point de vue du Cercle et petit à petit trop modeste pour l'ambition du Club de Bruges, même après l'expansion (et le rebaptême: « Stade Jan Breydel ») à l'occasion du championnat européen en 2000.

Revenons à nos moutons. Le progrès sportif des années précédentes est annihilé en une seule saison, car en 1977-1978 le Cercle de Bruges ne parvient pas à se maintenir en division II. L'entraîneur grec renommé Lakis Petropoulos était venu remplacer Han Grijzenhout mais ne réussissait pas à trouver le bon rythme, entre autres à cause de la barrière linguistique. Petropoulos remet sa démission.

La direction du Cercle fait de nouveau confiance à Han Grijzenhout pour remettre l'effectif sur les rails et, tout comme les supporters, elle espère que les vert et noir ne passeront qu'une seule saison au « purgatoire ». Tout se déroule comme il faut et la dernière journée du championnat le Cercle, à toute allure, est prêt à remporter le titre en division II. Il ne lui reste qu'à battre l'Eendracht Aalst.

Le Cercle veut coûte que coûte éviter le scénario dramatique des saisons passées et engage de nouveau un entraîneur d'origine néerlandaise pour éviter une relégation immédiate, à savoir Leo Canjels. Celui-ci amène deux joueurs de la compétition de sa patrie, nommément Wim Kooiman, qui jouerait plus tard au Sporting Anderlecht, et Kees Krijgh. Cette saison Rudy Poorteman fait lui aussi sa percée.

Petit à petit, le Cercle de Bruges gagne en maturité. En 1981-1982 l'effectif subit pas mal de changements, car plusieurs joueurs rompus au métier doivent être remplacés: Julien Verriest, Kees Krijgh et Filip Dewaele. Paul Courant, Leen Barth et le Hongrois Laszlo Harsanyi doivent compenser leur départ.

Titres et Réalisations du Cercle Bruges

Le Cercle Bruges a connu plusieurs moments de gloire au cours de son histoire. Voici un aperçu de ses principaux titres :

CompétitionNombre de TitresAnnées
Championnat de Belgique31911, 1927, 1930
Coupe de Belgique11927

Résumé | Standard 0-3 Cercle Brugge

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