Le Match le Plus Long de l'Histoire du Hockey Suisse: Une Bataille Épique

Le hockey sur glace est un sport qui offre souvent des moments de suspense et de passion, mais certains matchs entrent dans la légende. L'un de ces moments s'est produit lors d'une finale de championnat suisse, où deux équipes se sont affrontées dans un duel acharné qui a battu tous les records de durée. Cet article explore en détail ce match historique, en mettant en lumière les événements clés, les joueurs marquants et l'impact de cette rencontre sur le hockey suisse.

Depuis l’introduction des playoffs en Suisse, c’est la dixième fois que le titre se décidera lors de l’acte décisif (match 5 ou match 7 selon le format). Le sort de cette « Finalissima » est rarement favorable à l’équipe qui reçoit : seuls Davos (en 2007 face à Berne) et Berne (en 2010 face à Genève-Servette) s’étaient imposés devant leurs partisans. Plus encore, rappelons que Zurich n’a jamais perdu de match décisif que cela soit en 2001 à Lugano (victoire 1-2 en prolongations), en 2012 à Berne (victoire 1-2, après avoir été mené 3-1 dans la série) et en 2018 une nouvelle fois à Lugano (victoire 0-2).

Les Grenat terminent leur incroyable parcours en Playoffs avec le plus long match de toute l’histoire du hockey Suisse!

Un Début de Match Explosif

La rencontre débute tambour battant : après une bonne séquence de conservation de palet dans la zone offensive de Zurich, Noreau renvoie le palet à l’arrière du but. Roe s’en saisit et parvient à battre Jan Kovář et Kreiss dans l’arrondi. Sa passe trouve Azevedo oublié seul dans le slot. Le canadien tire sans contrôle et surprend Genoni (un peu faible pour le coup) sous la botte, côté rapproché (0-1, 1’02’’). L’entame de match est parfaite pour Zurich qui ouvre le score dès le premier tir. Zoug ne semble pas trop affecté par ce but et se projette en avant. C’est la lame du patin de Weber qui contre une reprise de Klingberg.

Les visiteurs cherchent à exploiter les espaces, et le deuxième trio Zurichois, absent des débats depuis plusieurs matchs manque de doubler la mise. À 2 contre 3, Bodenmann trouve Azevedo parti entre Stadler et Herzog mais le numéro 51 manque son tir du revers. Les deux équipes font preuve de beaucoup d’intensité et d’engagement.

Jakub Kovář s’illustre en bloquant deux tentatives consécutives de Zehnder. Zoug possède l’ascendant dans le jeu mais Zurich défend bien et contraint l’EVZ à prendre des tirs plutôt que s’approcher de la cage. La première ligne zurichoise est également présente des côtés de la patinoire. Genoni s’impose face à Malgin après un relais d’Andrighetto et un bon travail préparatoire d’Hollenstein dans la bande. Ce même trio assure un back-check efficace face à leur pendant zougois.

À la dix-huitième minute, Weber prend une pénalité évitable en montant son coude au visage de Gross sur une charge à retardement. L’infraction aux règles du jeu est trop évidente pour que les arbitres ne sifflent pas. Muet durant les matchs 1, 2, 4 et 6 car peut-être trop prévisible, le powerplay de Zoug s’est adapté. Plutôt que de chercher le one-timer d’Hofmann via une passe transversale, le maître à joueur Jan Kovář repère Simion qui est descendu dans le carré entre les quatre joueurs de Zurich. L’attaquant contrôle et lève le palet du revers au-dessus de la jambière de Jakub Kovář (1-1, 17’34’’).

Tensions et Stratégies en Deuxième Période

Zurich revient en deuxième période avec de meilleures intentions et saute sur tous les palets. Après quelques instants, Bodenmann - en fin de rush et à une main - frappe le palet et tente de le placer entre les jambières de Genoni. Les Zougois contiennent de leur mieux les Zurichois à la périphérie de leur but et se couchent sur presque tous les tirs (13 tirs bloqués sur la période). Sur un centre-tir d’Andrighetto, Hollenstein plonge entre Djoos et Gross et dévie le palet sur l’extérieur du poteau.

Peu après la mi-match, Phil Baltisberger écope de deux minutes de pénalité pour avoir fait trébucher Allenspach. Pour Zurich, c’est le scénario fatal qui se reproduit : une domination stérile qui aboutit finalement à un but de Zoug contre le cours du match. Lors de la supériorité numérique, Jan Kovář distribue le jeu le long de la bande. Il relaie avec Simion positionné au premier poteau qui remet immédiatement à Herzog.

Acculés dans leur zone pendant une grande partie du tiers-temps (aucun tir tenté entre 24’03’’ et 33’26’’), les champions en titre trouvent encore les ressources pour marquer un but crucial au pire moment pour les ZSC (lors d’un temps fort). Presque immédiatement, Zoug manque l’occasion de creuser l’écart : à 2 contre 1, Zehnder choisit le tir en angle plutôt que de remettre au second poteau pour Bachofner. En fin de tiers, Roe s’échappe mais est accroché par Cadonau. Les arbitres attribuent (logiquement) deux minutes au défenseur mais refusent de siffler un pénalty malgré les protestations de Roe.

Jusqu’ici d’apparence passive, Grönborg va-t-il tenter quelque chose lors du dernier tiers ?

Un Déroulement Haletant en Troisième Période

Les deux équipes se rendent coup pour coup en ce début de période. Comme depuis le début de la série, aucune des deux formations ne refuse le jeu, elles se projettent en avant dès qu’elles en ont la possibilité. Même les quatrièmes trios apportent du danger. L’occasion la plus nette est à mettre au crédit de Müller qui se débarrasse de Geering d’un pivot derrière le filet avant de tenter de compléter son tour de cage mais Jakub Kovář (ou son poteau) s’interpose. Le but du break n’est pas loin.

Dans le coin, Gross charge Diem, s’empare du puck et poursuit son action derrière le but. Présent en embuscade à l’embouchure du filet, Hofmann tire sur réception. Jakub Kovář effectue un arrêt-réflexe d’un plongeon mais il reste étendu sur la glace, grimaçant. Stupeur dans les rangs des ZSC. Zurich jette ses dernières forces dans la bataille et passe de nouveau près de l’égalisation.

Jan Kovář commet un inhabituel revirement dans sa zone défensive en tentant une relance. Un genou sur la glace, Azevedo contre le puck du patin, se redresse et tente du revers de loger le palet entre les jambières de Genoni qui ne laisse aucun espace. La chance des ZSC est définitivement passée. L’impuissance et la frustration prennent le relais.

Zoug continue de presser et empêche Grönborg de retirer son gardien au profit d’un attaquant supplémentaire. Les joueurs de Zoug exultent au coup de sifflet final. Ils l’ont fait, et devant leur public ! Dans la Bossard Aréna et à l’extérieur de la patinoire, le peuple zougois peut laisser exploser sa joie. Quelle apothéose pour cette saison 2021-2022 ! Soutenu par des coéquipiers, Reto Suri (blessé au ménisque à la suite du contact avec Pedretti lors du match 5) vient participer à la fête sur la glace. C’est l’une des très belles images de cet après-match.

Pour la troisième fois de son histoire et pour la deuxième année consécutive, l’EV Zug est le « Schweizermeister » au terme d’une finale magnifique, tant par son déroulé - une remontée que tous ou presque jugeaient impossible - que par la qualité du jeu proposée par les acteurs de la série. Pas de mauvais coups (même si Reto Suri n’est certainement pas de cet avis) ni de coup de sifflet litigieux (de ceux qui font basculer un match). Deux magnifiques équipes se sont affrontées, elles ont livré un combat féroce. Elles ont refusé de céder à l’attentisme, elles ont pratiqué un jeu ouvert et résolument tourné vers l’offensive. À la conclusion de ces sept matchs, c’est la meilleure formation qui s’est imposée.

C’est pour cela qu’on ne peut pas parler d’effondrement pour Zurich ni même de hold-up pour les trois victoires zurichoises. Les ZSC ont joué sur leurs forces (notamment le talent d’Andrighetto et de Malgin) en capitalisant sur l’adversité accumulée au cours des deux premières rondes face à Bienne (série décidée au septième match) et face à Fribourg-Gottéron (victoire en quatre rencontres mais trois ont terminé en prolongations). Mais lorsque la machine zougoise s’est activée, Rikard Grönborg a persisté dans ses choix jusqu’à paraître à cours de réponses. Le coach suédois n’aura pas trouvé les solutions pour insuffler une dynamique à ses deuxième, troisième et quatrième trios. Il s’est reposé à l’envie sur sa ligne de parade jusqu’à l’épuiser.

À l’inverse, Zoug aura su se réinventer et s’adapter. Au sortir de deux premiers tours peut-être trop faciles face à Lugano (balayés 4-0 avec près de 40% de réussite en jeu de puissance) puis face à Davos (là encore 4-0 avec seulement deux buts accordés aux Grisons en quatre matchs), les champions en titre auront pris de plein fouet la maestria de la ligne de paradezurichoise en début de série. Pour autant, Zoug a toujours bien joué, et ce, même lors des défaites.

Mais Dan Tangnes s’est adapté là où Rickard Grönborg n’aura pas trouvé les leviers à activer pour redresser son équipe. Cette victoire est ainsi celle du génie tactique du Norvégien qui a su redynamiser son effectif en modifiant son alignement au match 3 (entrée de Klingberg à la place de Lander) puis au match 4 (Herzog en première ligne en remplacement d’Hofmann) jusqu’à trouver la bonne combinaison. L’ajustement de la tactique en powerplay pour le match 7 (jouer dans la boîte plus que de chercher la reprise de volée d’Hofmann) apparaît également comme un coup de maître.

Et que dire de la performance de Leonardo Genoni qui ajoute ici plus qu’une ligne à son palmarès déjà bien chargé mais bien un nouveau chapitre à sa légende en remportant son septième titre en autant de finales. À l’image de son équipe, le gardien international a offert des prestations un peu en dessous de ses standards lors des matchs 1 à 3 avant d’élever son niveau jeu.

Maxim Noreau (défenseur de Zurich) : « Je pense que nous avons bien commencé la série mais Zoug est revenu très fort. On savait que c’était une bonne équipe. C’est décevant. Après 4 ans ici (Note : Noreau évoluera à Rapperswil-Jona la saison prochaine) j’espérais mieux pour les gars dans le vestiaire. Finir comme ça, ce n’était pas le plan.

Reto Suri (attaquant de Zoug) : « Tu travailles 9 mois pour ce moment-là, 14 ou 15 années en pro, 3 finales perdues. Tu commences enfant, tu fais ta carrière… Il me manque les mots, je ne peux pas expliquer. C’était difficile de regarder, mais ce qu’ont fait les gars, ce qu’ils ont dit ces derniers jours, ils se sont battus. Je dis chapeau. Je ne pourrais jamais assez remercier ces gars-là.

Jan Kovar (attaquant de Zoug, au micro de MySports) : « C’est incroyable, un tel retour après été mené 3-0, ce n’était vraiment pas facile. Je dois dire qu’un élément a changé la série à mes yeux : quand nous sommes revenus à Zurich pour le match 4, durant l’échauffement il y avait écrit « Zurich Schweizer Meister » (champions de Suisse) sur tous les écrans du Hallenstadion avant le match.

Dan Tangnes (entraîneur de Zoug, ci-dessus) : « Je suis si fier pour les joueurs. Ce sont des choses qui arrivent quand vous répétez les choses et quand vous croyez en ce que vous faites. Quand vous êtes stressés, quand vous êtes sous pression, vous pouvez vous y raccrocher. Je dois dire que quatre victoires de suite, peu de monde en Suisse nous croyait capable d’y arriver sauf eux [les joueurs].

Gregory Hofmann (attaquant de Zoug) : « Exceptionnel… J’ai rarement vécu ça même en gagnant les autres titres. Même quand on était menés, on est toujours restés positifs dans notre tête. Et à la fin c’est ça qui a fait la différence. Je crois que s’il y avait une équipe capable de le faire [gagner la finale après avoir été mené 3-0], c’était nous. On ne méritait pas forcément de perdre les trois premiers matchs mais on les a perdus. Dans le vestiaire on savait qu’on était toujours là. On n’a pas accepté la défaite.

Carl Klingberg (attaquant de Zoug, ci-dessous) : « Tout le monde contribue dans cette équipe, y compris ceux qui ne jouent pas. Tout le monde se soutient. Nous avions perdu deux matchs, nous avions besoin de changements (Note : Klingberg était surnuméraire lors des matchs 1 et 2). J’ai eu de la chance. Bien sûr, je veux disputer tous les matchs. Nous avons écrit l’Histoire.

Le Joueur le plus détesté de l'histoire du HOCKEY (il a changé les règles)

Le Plus Long Match de Hockey Tchèque

L'Isérois Jordann Perret, international français passé par les Brûleurs de loups de Grenoble et formé à Villard-de-Lans, a disputé jeudi soir le match le plus long de l'histoire du hockey tchèque.

Jeudi soir, les supporters de Mountfield HK et Vitkovice en République tchèque ont retenu leur souffle... Une apnée longue de 2 heures, 18 minutes et 51 secondes avant d'avoir un vainqueur ! Le match 6 de la demi-finale des play-offs d'Extraliga, qui pouvait être décisif (Mountfield menant alors 3 victoires à 2 dans la série, au meilleur des 7 matches), a tenu toutes ses promesses en terme de suspense.

Si les visiteurs menaient 1 but à 0 dès le premier tiers temps, les locaux de Hradec Kralové (ville qui accueille le club de Mountfield HK) ont égalisé à la 51e minute du temps réglementaire, s'offrant des prolongations.

En Extraliga, les équipes disputent des périodes de prolongation de 20 minutes, jusqu'à ce que le but décisif soit inscrit. Et ça peut durer longtemps... Jeudi soir, il a fallu quatre périodes pour départager les deux formations !2h18' et 51'', soit près de 139 minutes... C'est beaucoup, mais certains matches de hockey ont été encore plus longs.

Et, malheureusement pour Jordann Perret et Mountfield (finalistes de la Champions hockey league en 2020), c'est Vitkovice qui a mis ce but en or (victoire 2-1) pour égaliser à 3-3 dans la série et s'offrir un match décisif ce samedi (15h30) à domicile. A noter que Mountfield menait 3-0 dans cette demi-finale, et s'est donc fait remonté.

Dans cette rencontre fleuve, Jordann Perret aura joué plus de 42 minutes. Dans un match classique de 60 minutes, un joueur important monte sur la glace entre 15 et 20 minutes.

Autres Matchs Longs Mémorables dans le Monde du Sport

Bien que le match de hockey suisse mentionné soit un record national, il est intéressant de comparer sa durée avec d'autres rencontres sportives épiques à travers le monde :

Sport Match Durée
NHL (Hockey) Detroit Red Wings - Maroons de Montréal (1936) 176 minutes
NBA (Basketball) Indianapolis Olympians - Rochester Royals (1951) 78 minutes (5 prolongations)
NFL (Football Américain) Miami Dolphins - Kansas City Chiefs (1971) 82 minutes
MLB (Baseball) Brooklyn Robins - Boston Braves (1920) 26 manches

Ces exemples montrent que l'endurance et la détermination des athlètes peuvent transformer un simple match en un événement historique.

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