France - Belgique : Une rivalité historique en chiffres et en buts

La France et la Belgique, deux nations voisines, partagent une longue histoire de rivalité footballistique qui dure depuis 1904. Au fil des décennies, ces confrontations ont été jalonnées de moments historiques et de statistiques éloquentes. L'équipe de France va disputer à Bruxelles le 919e match de son histoire. Avec un bilan de 462 victoires, 193 matchs nuls et 263 défaites, et 1653 buts marqués pour 1244 encaissés. Et ce sera la 163e rencontre avec Didier Deschamps sur le banc.

Les Bleus défient la Belgique en huitième de finale de l'Euro 2024 ce soir à Düsseldorf. Le voisin belge est un adversaire que les Français connaissent plutôt bien.

FRANCE - BELGIQUE- 3-3 (Tous les buts : Match amical : 25/03/1992)

Un nombre record de confrontations

Le nombre de confrontations entre les deux nations est un record côté français : 70. De quoi faire naître une rivalité ancestrale qui s'est estompée à partir des années 70. Avant cela, les deux équipes mettaient un point d'honneur à s'affronter chaque année ou presque. Parmi cette flopée de matches amicaux, quatre matches ont eu lieu lors d'éliminatoires pour la Coupe du monde (1958 et 1982) et deux en phase finale (1938 et 1986). Le bilan est en faveur des Belges avec 29 victoires contre 24 pour la France, pour 17 matches nuls.

Les supporters des deux équipes lors d'un match France-Belgique.

1904 : Le premier match officiel

Le premier match entre les deux équipes a lieu en 1904 (année de naissance de la FIFA), à Uccle, en périphérie de Bruxelles. Il s'agit du premier match officiel international des deux nations, et même du premier match entre deux pays autres que les îles britanniques. L'événement est célébré par le score spectaculaire de 3-3 avec des buts belges inscrits par Quéritet (2) et Destrebecq, auxquels la France a répondu par ceux de Mesnier, Royet, Cyprès. Une équipe de France décimée par les forfaits, pour des raisons de transports et d'enrôlement dans l'armée. Le trophée Evance-Coppée, du nom du mécène à l'origine de la rencontre, doit donc être partagé.

Officiellement, cet amical Belgique-France à Bruxelles est le premier match de l'histoire des deux sélections, le 1er mai 1904. Avant le coup d'envoi, les Français sont douze et ont recours à un tirage au sort pour déterminer qui de Jacques Davy ou Emile Fontaine jouera cette partie, à une époque où il n'y a pas de remplaçants dans le football.

Le deuxième match contre la Belgique, toujours à Bruxelles, démarre avec une heure de retard. La raison ? L'arbitre John Lewis s'est perdu en calèche dans les rues de la capitale belge... Le décalage du coup d'envoi oblige le soldat Georges Crozier à quitter les Bleus dès la 65e minute pour attraper un train et tenter de rentrer à temps dans sa caserne.

5-0 : Une victoire éclatante à l'Euro 1984

En 1984, la France est passée par la Belgique avant de monter sur le trône européen. A l'Euro, les bleus remportent la plus large victoire sur l'adversaire belge dans l'histoire de leurs confrontations. On doit cette correction notamment au talent pied gauche, pied droit et de la tête de Michel Platini qui inscrit un triplé d'excellence. Il est agrémenté des buts d'Alain Giresse et de Luis Fernandez. Les Bleus terminent 1ers de leur poule, les Belges 3es. On connaît la suite de l'histoire pour ces Bleus-là.

Thadée Cisowski : Un quintuplé historique

Il n'a été sélectionné que 13 fois, en raisons de blessures récurrentes, mais Thadée Cisowski a su, grâce à son talent de buteur, marquer les esprits du football français des années 50. En particulier quand, le 11 novembre 1956, ils inscrivit un quintuplé contre les voisins belges (score finale de 6-3).

JPP 1992 : La "Papinade"

Rares ont été les joueurs à donner leur nom à un geste technique. Jean-Pierre Papin a cet honneur et un France-Belgique a été le théâtre de son fameux geste, la papinade. En 1992, la France accueille la Belgique au Parc des Princes. Elle est menée 3 à 2 à la 85e minute quand Basile Boli déborde, centre au point de pénalty pour la reprise acrobatique en culbuto de JPP. Imparable.

Une anecdote : l'enfant de Zizou

En 2002, l'Equipe de France est au zénith du football mondial. Elle possède les meilleurs buteurs d'Europe alors que la Coupe du monde en Asie s'annonce tellement facile. Quelques semaines avant, les Bleus se font cueillir à froid (comme un présage) par une surprenante équipe belge qui vient l'emporter au Stade de France grâce à une demi-volée de Marc Wilmots (1-2). Ce jour-là, le maître à jouer des Bleus manque à l'appel. A quelques jours de sa blessure qui handicapera fatalement les bleus, Zinedine Zidane prend l'habitude d'abandonner les siens en raison... de l'accouchement de sa femme.

Confrontations en compétitions officielles

Si les matchs amicaux ont une saveur particulière, les rencontres en compétitions officielles sont celles qui marquent le plus les esprits. Les Diables Rouges ont notamment été le tout premier adversaire officiel de l'Équipe de France en 1904, un match qui s'était soldé par un score de 3-3.

A domicile, les Bleus prennent l'avantage dès la 40e seconde puis corsent le score dès la 11e minute, avant de remettre ça à la 69e (3-1). C'était lors du huitième de finale de la coupe du monde 1938.

Les Bleus se qualifient pour les demi-finales dès ce deuxième match en écrasant les Belges et leur vedette Enzo Scifo 5-0. Michel Platini s'offre un superbe triplé, annonciateur du sacre à venir en finale contre l'Espagne (2-0). C'était lors du premier tour de l'Euro 1984.

La France et la Belgique ont perdu 2-0 en demi-finales (face à la RFA et l'Argentine respectivement) et se retrouvent dans un stade qui sonne creux. C'était lors du match pour la troisième place du Mondial 1986. La France gagne le match 4-2 après prolongations.

Plus récemment, les deux dernières confrontations entre les deux équipes ont tourné à l'avantage des Bleus : 3-2 en demi-finale de Ligue des nations 2021 et 1-0 en demi-finale du Mondial 2018.

Statistiques clés

Si l'on en croit les statistiques, les oppositions France-Belgique ont plutôt tendance à être prolifiques en buts. On compte ainsi un total de 293 buts marqués par les deux équipes en 75 matchs, ce qui porte la moyenne à 3,9 buts par rencontre !

Pour trouver trace d'une victoire des Diables Rouges contre les Bleus, il faut remonter à juin 2015. Au Stade de France, les hommes de Didier Deschamps avaient été surclassés par leurs voisins, alors entraînés par Marc Wilmots, en match amical (3-4), avec deux buts de Nabil Fekir et Dimitri Payet en toute fin de match pour rendre le score un peu plus présentable.

Au nombre des affrontements, la Belgique, qui est l'adversaire que l'équipe de France a le plus joué dans son histoire, mène toujours, avec 30 victoires, 19 matchs nuls et 28 défaites contre les Bleus depuis 1904, et 162 buts marqués pour 134 encaissés.

Mais les Diables Rouges n'ont jamais réussi à battre les Tricolores en phase finale d'une grande compétition internationale, que ce soit lors des Coupes du monde 1938, 1986 et 2018 ainsi qu'à l'Euro, en 1984 et donc en 2024.

La joie des joueurs de l'équipe de France après leur victoire face à la Belgique en demi-finale de la Coupe du Monde 2018.

En l'absence de Kylian Mbappé (86 sélections), laissé, non sans polémique, à la disposition du Real Madrid, et d'Antoine Griezmann (137 sélections), qui a pris sa retraite internationale à la surprise générale, Ousmane Dembélé (52 sélections) est le joueur tricolore le plus capé de ce rassemblement. L'ailier parisien était aussi le seul champion du monde 2018 à jouer le match gagné contre Israël à Budapest jeudi (4-1).

A leur prochaine victoire contre la Belgique, les Bleus vont enfin équilibrer un bilan structurellement déficitaire depuis 1905 et la toute première défaite (0-7). Mais comme ils gagnent très souvent depuis une quarantaine d’années (10 victoires, 3 nuls et 2 défaites depuis 1984), les voici revenus à 29 victoires pour 30 défaites et 19 nuls.

Donc côté bilan, avantage à la Belgique, sauf si on se restreint aux matchs de compétition. Parce que là, l’équipe de France est largement devant avec 10 victoires pour 3 défaites et 3 nuls, et encore, ces trois défaites ont toutes eu lieu en matchs de qualification. En phase finale, c’est carton plein avec 6 victoires françaises en 6 matchs.

Voilà pourquoi, entre autres, les Bleus ont un palmarès incomparable avec celui des Diables Rouges : deux fois champion du monde, deux fois champion d’Europe, double vainqueur de la Coupe des Confédérations, ainsi que de la Coupe intercontinentale et de la Ligue des Nations d’un côté, champion olympique de l’autre. Encore faut-il préciser que cet unique titre belge date de 1920, à Anvers et en seulement trois matchs. Depuis 1920, la Belgique n’a disputé qu’une finale, celle de l’Euro 1980 (perdue 1-2 contre la RFA à Rome) et deux demi-finales mondiales, perdues elles aussi face à l’Argentine en 1986 (0-2) et à la France en 2018 (0-1).

Sur l’ensemble des matchs disputés depuis 1904, l’équipe de France u une avance de 73 rencontres (923 à 850) au printemps 2025. Ça n’a pas toujours été le cas : juste avant la première guerre mondiale, les Belges comptaient 46 matchs, les Français 36. En 1939, l’écart s’est creusé : 178 à 154 en faveur de la Belgique. Au début de 1970, il est à peu près le même (346 à 324). En juin 1986, quand les deux équipes se retrouvent pour la troisième place de la Coupe du monde au Mexique, l’écart a fondu (461 à 457). Les Bleus dépassent les Diables Rouges une première fois au printemps 1994, mais ces derniers jouent la Coupe du monde aux Etats-Unis et reprennent provisoirement l’avantage.

L’explication est simple : les Bleus n’ont plus manqué une seule phase finale européenne ou mondiale depuis 1994 et a disputé huit fois des demi-finales. Sur la même période, la Belgique a manqué deux Coupes du monde (2006 et 2010) et quatre Euros (1996, 2004, 2008 et 2012) et n’a atteint qu’une seule fois les demi-finales (en 2018, battue par la France).

Côté joueurs, logiquement il y a plus de Français que de Belges. Avec 942 internationaux A pour 923 matchs, l’équipe de France a un taux de renouvellement de 1,02 joueur par match. Pour la Belgique, avec 735 Diables rouges pour 850 matchs, le taux de renouvellement est beaucoup plus faible : 0,86 seulement. Signe évidemment d’un réservoir beaucoup plus restreint (66 millions d’habitants d’un côté, 11 millions de l’autre).

Un indicateur plus intéressant est celui du nombre d’éphémères. Côté français, il est important, avec 250 internationaux n’ayant qu’une sélection (26,5 % du total), contre 144 côté belge (19,5 %). Ce qui confirme le fait que la Belgique a consommé moins de joueurs que la France et les a beaucoup plus sollicités.

Côté carrières, le Belge Hector Goetinck a eu la carrière la plus longue, 17 ans, 6 mois et 10 jours entre avril 1906 et novembre 1923 (17 sélections) dont 3 contre la France en 1905, 1907 et 1910. La Belgique compte aussi 7 joueurs ayant dépassé les 37 ans, le vétéran ayant même frôlé les 40 ans (Timmy Simons, à 28 jours près en novembre 2016). Les internationaux belges commencent plus tôt également, puisque les moins de 18 ans à leur première sélection sont 11, dont 3 débutants à moins de 17 ans. Le dernier, et pas le moindre, est Romelu Lukaku en 2010.

Enfin, du côté des meilleurs buteurs, net avantage à la Belgique, du moins pour le premier rang : Romelu Lukaku et ses 88 buts écrasent la concurrence, très loin devant Olivier Giroud. Mais on compte sur Kylian Mbappé pour faire mieux, même s’il lui manque 40 buts (et qu’il n’en a plus marqué depuis l’Euro 2024). La différence se voit en dessous : les Français compte 5 buteurs à plus de 40 buts, contre un seul côté belge.

Chiffres contre la Belgique
Matchs78
Victoires29
Nuls19
Défaites30
Buts marqués136
+/--27
Buts encaissés163

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