Matchs Historiques : Allemagne vs Espagne

Les confrontations entre l'Allemagne et l'Espagne ont souvent été des moments clés dans l'histoire du football. Ces matchs, riches en émotions et en rebondissements, ont marqué les esprits des supporters à travers le monde.

Une Correction Inattendue : La Déroute de 2020

Voilà ce qui s'appelle une correction inattendue. L'Espagne a infligé une véritable humiliation historique à l'Allemagne en s'imposant 6-0 mardi soir à Séville lors de la dernière journée de la Ligue des Nations. La Mannschaft, elle, devra forcément se remettre en question après cette déroute.

Dos au mur avant cette ultime journée, la Roja a tout de suite mordu à pleines dents dans cette rencontre en forme de finale de groupe. Elle aurait pu bénéficier d'un penalty dès la 5e minute mais n'a obtenu qu'un coup franc bien placé frappé par Sergio Ramos et joliment repoussé par Manuel Neuer qui est devenu le gardien allemand le plus capé avec ses 96 sélections (7e). La rapide sortie sur blessure de Sergio Canales, remplacé par Fabian Ruiz (12e) ne l'a pas détournée de sa mission.

Au contraire puisque le nouvel entrant napolitain a déposé son corner côté droit sur la tête de Morata au second poteau pour l'ouverture du score (1-0, 17e). Ce n'était que le début du feu d'artifice. L'avant-centre de la Juventus s'est ensuite vu refuser un but pour un hors-jeu peu évident (23e) et Neuer a fait ce qu'il a pu pour retarder l'échéance face au bouillant Ferran Torres (30e). Oublié par le défaillant Philipp Max, l'attaquant de Manchester City a signé le but du break d'une demi-volée après une tête de Dani Olmo venue heurter la transversale (2-0, 33e). Curieusement et totalement dépassée en défense, la Mannschaft a encore craqué sur corner cinq minutes plus tard face à la tête décroisée de Rodri (3-0, 38e). Un comble pour des Allemands traditionnellement reconnus pour leur puissance dans les airs au contraire de leurs adversaires du jour.

La détresse des Allemands face à la joie de l'Espagne. Crédit: Getty Images

La Tactique de Luis Enrique

Si Sergio Ramos est sorti à son tour sur blessure (43e), l'Espagne est restée nettement supérieure à une Allemagne totalement impuissante (1 tir en première période, 2 au total contre 23 pour la Roja). Impressionnante sur le plan technique, elle a cependant choisi de céder le ballon à son adversaire pour mieux piquer en contres et cela a parfaitement fonctionné.

Fabian Ruiz a lancé José Gaya dans le dos de Matthias Ginter et l'arrière gauche espagnol est allé servir Ferran Torres sur un plateau (4-0, 55e). Après une nouvelle frappe passée de peu à côté de la cible (62e), le joueur de Manchester City s'est offert un triplé d'une reprise parfaite à ras de terre dans la course au bout d'un contre somptueux (5-0, 72e). Il est devenu le premier Espagnol à marquer trois buts à l'Allemagne dans un même match. Le missile axial de Serge Gnabry s'étant écrasé sur la barre d'Unai Simon, les visiteurs n'ont jamais réussi à sauver l'honneur (77e). Ils ont même encaissé un nouveau but signé de l'entrant Mikel Oyarzabal après un joli travail de Gaya (6-0, 89e) pour conclure cette soirée historique qui pourrait bien faire d'autres dégâts.

Coupe du Monde : La Victoire Espagnole en 2010

Pour la première fois de son histoire, l'Espagne s'est qualifiée pour la finale de la Coupe du monde, et affrontera dimanche les Pays-Bas. Championne d'Europe en 2008, elle s'est qualifiée pour la première fois de son histoire pour une finale du Mondial en battant l'Allemagne (1-0), vendredi 7 juillet. La Roja n'a pas toujours séduit en Afrique du Sud, et s'est imposée ce soir, sur le même score minimal qui lui a permis de se débarrasser du Portugal en huitièmes et du Paraguay en quarts.

Bien loin du festival proposé par la Mannschaft, qui lors de ses deux derniers matches avait envoyé quatre buts à l'Angleterre (4-1) et à l'Argentine (4-0). Mais voilà, le football a sa logique, et l'Espagne a trouvé mercredi des ressources que l'Allemagne n'avait plus en magasin. D'entrée de jeu, les Espagnols ont pris le match en main, accaparant la possession de balle. Pedro, préféré sur le côté gauche de l'attaque à Torres, faisait du bien à une Roja qui retrouvait enfin son goût du jeu. Les meilleures occasions en début de match étaient d'ailleurs pour les champions d'Europe, avec une première action dangereuse de Villa repoussée par Neuer (6e) et une tête au-dessus de la barre de Puyol (13e).

En face, la Mannschaft semblait résignée à subir la domination adverse, pour procéder en contre. Mais, moins percutants que lors de leurs précédents matches, les Allemands ne parvenaient pas à donner l'accélération nécessaire pour construire des actions réellement dangereuses. Seul Trochowski, d'une frappe lointaine, réussissait à inquiéter Casillas. Entre des Espagnols aux velléités offensives mais maladroits dans la finition, et des Allemands trop timorés, mais plus forts défensivement, on ne s'étonnait pas de voir la mi-temps sifflée sur le score de 0 à 0, même si Klose délivrait un caviar juste avant le retour aux vestiaires... mais Özil butait sur Ramos.

A la reprise, la Roja imposait de nouveau son pressing très haut, et multipliait les frappes, avec deux tirs non cadrés de Xabi Alonso à la 47e et à la 49e. Pedro, lui, trouvait le cadre moins de dix minutes plus tard (57e), mais Neuer réussissait à s'interposer. Avec les entrées de Jansen, à la place de Boateng, et de Kroos, à la place de Trochowski, la Mannschaft trouvait un nouveau souffle, et c'est d'ailleurs Kroos qui procurait à son équipe son occasion la plus nette, sur une belle reprise de volée à la réception d'une passe de Podolski.

Mais la Roja ne cédait pas à l'inquiétude et restait dans les mêmes dispositions. Et à la 73e, c'est un Puyol rageur, lancé comme un projectile, qui jetait sa tête sur un corner tiré par Xavi pour l'ouverture du score (73e). Le match aurait pu être plié dix minutes plus tard si sur un contre espagnol, Pedro n'avait pas oublié Torres, seul, à ses côtés (82e). Mais déjà l'adversaire n'avait plus de répondant. Méconnaissable, l'Allemagne semblait avoir abdiqué, à cours de carburant après un Mondial euphorique. Ainsi s'achève le parcours de la Mannschaft, à cours de jus avant les échéances les plus importantes (5 tirs contre 13).

L'Espagne, elle, retrouve ses qualités au meilleur moment. Une chose est sûre, la motivation sera partagée dimanche 11 juillet, face aux Pays-Bas, entre deux adversaires qui auront l'occasion de décrocher le titre suprême pour la première fois de leur histoire.

Analyse tactique : Espagne 6-0 Allemagne | Comment Luis Enrique a dominé Joachim Lowe |

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