L'Histoire du Millwall Football Club: Du "Den" à la Réputation de Club le Plus Détesté d'Angleterre

L’Angleterre est incontestablement aujourd’hui ce qui se fait de plus moderne en matière de football. De plus pro, de plus rentable, de plus classe, de plus exportée partout dans le monde. Les gazons sont toujours splendides, les stades sont tous ou presque de grande qualité, les tribunes garnies de gens enthousiastes, polis et bien mis, les joueurs sont tirés à quatre épingles, comme sortant de chez le coiffeur et du mall plutôt que des vestiaires.

Tout est nickel, tellement nickel qu’on en oublierait presque qu’il s’agit de sport et qu’il est question de puer un minimum la sueur à la fin du match. Propre jusqu’à l’aseptisation diront ses détracteurs. Mais il n’en a pas toujours été ainsi.

L’Angleterre a longtemps incarné une autre modernité en matière de football, celle d’un sport de prolos, où les terrains du Royaume étaient ravagés encore plus qu’ailleurs par le climat humide du coin. Où les grands stades plus vieux que la guerre des tranchées étaient cabossés et de couleur rouille et béton. Où, dans les tribunes, se serrait debout un public passionné, mais n’hésitant pas parfois à sortir quelques insanités avec un accent incompréhensible et à donner du coup de poing s’il le fallait quand l’honneur de son club était en jeu.

Où les joueurs avaient des trognes improbables, barbes de clochard, cheveux filasses et yeux pochés, comme sortant d’un pub à 3h du matin ou d’un fish and chips graisseux plutôt que des vestiaires. Tout était crade, tellement crade que ça n’avait pas forcément à voir avec la conception du football comme une activité sportive et donc saine. Non, il s’agissait d’abord et surtout de dégouliner de sueur, de s’envoyer sa dose hebdomadaire d’adrénaline et de défendre l’honneur de sa ville ou de son quartier.

La Fondation et les Premières Années

Le Millwall Football Club est un club de football anglais fondé en 1885 qui n’a jamais côtoyé les sommets du football anglais. Le club fut fondé en 1885 sous le nom de Millwall Rovers par les ouvriers de l’usine de conserverie JT Morton à Millwall, un quartier du Sud-Est de Londres.

JT Morton était une entreprise fondée en Ecosse, à Aberdeen qui ouvra sa première usine anglaise à Millwall en 1870. Cette usine attira particulièrement une main d’oeuvre venue d’Ecosse.

Aujourd’hui, le club stagne en Championship (seconde division) mais tient sa réputation dans le football britannique. La formation du Sud-est de Londres n’a plus évolué dans l’élite depuis la saison 1989-1990.

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Le Surnom "Les Lions"

Pour rappel, les armes royales de l’Ecosse sont d’or (fond jaune) au lion rampant de gueules (rouge) armé et langué d’azur et auraient été utilisées pour la première fois par Guillaume Ier d’Écosse au XIIème siècle. Ainsi, certains pensent que le surnom provient des origines écossaises du club.

Toutefois, ce lion rouge rampant avait surtout une ressemblance frappante avec les panneaux utilisés par les pubs nommés The Red Lion. Une minorité estime que ce surnom est venu avec le fait que le club évolua pendant 83 ans (de 1910 à 1993) dans son enceinte qui se nommait The Old Den, Den signifiant l’antre. Un monstre ou un animal féroce comme le lion pouvait donc résider dans l’antre.

Néanmoins, il faut balayer toutes ces hypothèses et plutôt y voir que ce surnom, advenu pour une autre raison, collait bien avec l’histoire de Millwall. En effet, il apparut au début des années 1900. Le football anglais était alors dominé par les clubs du nord du pays tels que Blackburn Rovers, Aston Villa, Sunderland AFC ou Sheffield Wednesday.

En 1900, en Coupe d’Angleterre, Millwall parvint jusqu’en demi-finale. En quart de finale, Millwall affronta l’ogre Aston Villa (qui avait déjà gagné 3 fois le championnat et ainsi 3 fois la FA Cup) et réussit l’exploit de les battre. Les deux équipes se neutralisèrent lors des deux premiers matchs (0-0 le 24 février 1900 et 1-1 le 28 février 1900). Rejoué le 5 mars 1900, Millwall remporta le match 2 buts à 1.

Aston Villa était surnommé les lions (en raison de la présence d’écossais comme fondateurs du club qui importèrent le lion rampant sur le blason du club de Birmingham). Ayant terrassé le lion de Birmingham, Millwall gagna alors le surnom de Lion of the South (Lion du Sud, car le club évoluait dans la Southern Football League (la ligue du Sud).

The Den: Un Antre Redouté

The Den, c’était l’antre de Millwall FC, un club londonien aujourd’hui oublié de beaucoup, y compris d’une partie de ses anciens fans désabusés par les résultats décevants de l’équipe, actuellement engluée en League One, la D3 anglaise. Le 11 décembre 1991, il y a 24 ans jour pour jour, était officialisée la vente de son stade que l’on appelle désormais « The old Den » , pour ne pas le confondre avec The new Den qui fut construit deux ans plus tard et qu’occupe encore aujourd’hui Millwall. Une nouvelle enceinte plus moderne, plus impersonnelle aussi.

L’ancienne a été détruite depuis. Il ne reste que les images d’archives, quelques documents d’époque et le souvenir des anciens pour rappeler ce qu’elle était. Construite en 1910 dans un quartier de dockers et de sans-le-sou nommé New Cross, au sud de la Tamise, cet old Den n’avait déjà pas coûté très cher à l’époque et n’a pas tellement été rénové dans les décennies qui ont suivi. Il a pourtant subi le poids des âges et même les intenses bombardements de l’armée allemande pendant la guerre, mais Millwall n’est pas un de ces grands clubs de la capitale londonienne qui pouvaient se permettre de moderniser régulièrement leur enceinte.

Une rénovation majeure est tout de même à signaler, en 1953, grâce à l’aide des supporters qui ont donné un coup de main pour embellir leur seconde maison. Après cette date, le Den low cost est resté dans son jus, se dégradant progressivement, à mesure que la crainte des équipes et supporters adverses grandissait à son égard.

Dans sa tanière, Millwall a réalisé des miracles, depuis les près de trois ans d’invincibilité d’affilée au début des années 60 jusqu’à l’accession historique en élite pour deux saisons à la fin des années 80.

« Le vestiaire adverse était comme un donjon, sans lumière et sans fenêtre. Les douches étaient horribles. De là, vous partiez pour affronter des Lions prêts à s’abattre sur vous. C’était l’un de nos meilleurs atouts. » Ainsi en parle Eamon Dunphy, un des cadres de Millwall dans les années 60 et 70.

Certains adversaires parmi les plus intimidables et aimant le moins la castagne avaient pour habitude de faire leur plus mauvaise prestation de la saison au Den. Pour ne pas subir les foudres d’un public bien énervé, parfois déguisé en chevalier médiéval, derrière les mains courantes de couleur jaune, toujours une pinte de bière à la main, prêt à la jeter à qui le mérite, mieux valait se cacher sur le terrain…

« Je me souviens m’être dit que ce n’était peut-être pas une bonne idée de marquer dans cet endroit » , dira Gary Lineker d’un lieu qu’il a découvert avec Leicester à la fin des années 70.

Brève Incursion en Première Division

La fin de la décennie suivante fut donc celle d’un éphémère passage en D1 entre 1988 et 1990. Deux petites saisons pour permettre à deux jeunes attaquants de lancer leur carrière, Teddy Sheringham et Tony Cascarino.

La Réputation de Hooligans

En réalité, Millwall fait surtout les gros titres des journaux à cause des frasques de ses supporters. Le Millwall FC possède une renommée qui dépasse de loin son antre du Dent. Pour certains, ce club fait penser à la finale de FA Cup en 2004 perdue 3-0 face à Manchester United. Mais pour une grande partie des amateurs de football, le représentant du sud-est de Londres symbolise la violence qui gangrène le football anglais.

Dans la culture populaire, Millwall est directement affilié au hooliganisme. Il est vrai qu’une frange des supporters n’est pas composée que de tendres. Les fans se trimbalent une réputation de racistes violents depuis maintenant de nombreuses années.

Dans les années 1960, le hooliganisme se développe Outre-Manche et l’une des firmes les plus célèbres voit le jour à Millwall en 1972, « The Bushwackers ». En 1964, lors d’un derby face à Brentford au Griffin Park, une grenade est lancée par les partisans des « Lions ». Finalement après enquête, la grenade était factice mais cet acte résume assez bien la bêtise humaine d’une partie des supporters de Millwall.

Cette violence préjudiciable pour le club a fait couler beaucoup d’encre. De nombreux médias tels que la BBC ont tenté de relier les Bushwackers au National Front, l’extrême droite anglaise.

Millwall est synonyme de violence, c’est un fait mais au même titre que Chelsea, West Ham, Leeds etc. L’ancien membre des Headhunters, John King a résumé les hooligans de Millwall en une phrase dans son livre Football Factory : « Aussi loin qu’on s’en souvienne, les gars de Millwall ont toujours été des cinglés. C’est quelque chose de particulier, un truc dans la tête, une case en moins ».

Voila ce qui les différencie des hooligans lambdas , leur folie lors des combats. Cette hargne a entraîné la mort d’un fidèle supporter. En janvier 1987, une bagarre éclate entre les fans de Sheffield et Millwall entraînant le décès d’un Londonien. Ce malheureux événement ne s’arrête pas là, un mois plus tard après un déplacement à West Bromwich Albion, les hooligans font un détour à Sheffield pour une expédition punitive provoquant de nombreux dégâts.

Millwall est l’un des clubs les plus détestés en Angleterre pour ne pas dire le plus détesté. Chelsea, Luton, Leeds, Newcastle, Brighton, Crystal Palace, Sheffield, Arsenal, Middlesbrough, West Ham. Autant de clubs qui ont permis à Millwall de se faire une réputation dans le monde des tribunes.

Une chose est sûre, les fans de Millwall ont fait trembler les supporters adverses pendant de nombreuses années. Toutefois, chose surprenante , le club n’a évolué que très peu d’années en Premier League mais parvient tout de même à entretenir des rivalités avec ses voisins.

Ainsi, une haine viscérale oppose Millwall à Chelsea et West Ham. Le 25 août 2009, lors d’un derby face à West Ham, une bataille rangée éclate entre les fans des deux équipes se soldant par un hooligan des Hammers poignardé. Rajoutons à cela l’un des pires désordres à l’ordre public quelques années auparavant en 2002 selon la BBC.

En mai de cette année-là, après l’élimination en play-off de Millwall face à Birmingham, les hooligans décident de faire un tour en ville. Cette petite virée se solde par 47 policiers et 24 chevaux blessés. Rien que ça.

Il faut croire que la frange dur des Lions ne fait pas les choses à moitié. La liste de l’ensemble des actes de violence et des rivalités des hooligans de Millwall est longue et fastidieuse. En clair, personne n’aime Millwall et Millwall n’aime personne.

Palmarès et Parcours Sportif

Parlons football tout de même. Au niveau sportif, c’est faible. Très faible. L’armoire à trophées est vide ou presque. Le dernier titre remonte à 2001, champion de D3… Rien de bien flamboyant. Le seul rayon de soleil dans l’histoire du club, c’est cette finale de FA Cup décrochée en 2004 contre Manchester United.

David contre Goliath mais à la fin de l’histoire, après un doublé de Van Nisterlrooy et un but de Ronaldo, Manchester l’emporte. Pourtant la chance sourit au perdant. United étant déjà assuré de jouer l’Europe, Millwall obtient donc son ticket pour la coupe UEFA. Rattrapé par son faible niveau, le club se fait sortir au premier tour face aux Hongrois de Ferencvàros.

Deux ans après cette belle épopée, Les Londoniens sont relégués en League One (3ème divison). Il faut attendre la saison 2010-2011 pour la remontée en Championship.

Saison Compliquée et Ambitions Futures

Cette année, Millwall aspire à de meilleurs résultats. Pour cette raison, un nouvel entraîneur est arrivé sur les bords de la Tamise cet été avec dans ses bagages treize nouveaux joueurs (tous ces joueurs étaient libres de tout contrat). Les dirigeants veulent se donner les moyens de viser la promotion en embauchant Steve Lomas qui a permis au club écossais de Saint-Johnstone d’accrocher une qualification pour l’Europa League en 2011.

Cependant, après 5 journées de championnat, les résultats ne sont pas encore là. Ce samedi dès 16 heures, Millwall espère décrocher sa première victoire en championnat face à Derby County. Une saison compliquée s’annonce pour les Lions qui vont devoir se battre pour accéder aux play-off.

L'Héritage de Millwall

On s’est longtemps attaché à ces images. Des extraits que les plus nostalgiques se repassent de temps en temps, sur des cassettes VHS d’une autre époque, où les joueurs évoluaient sur un écran grisâtre. Le Millwall FC vit alors ses plus belles heures, les seules en Premier League de son histoire, entre 1988 et 1990.

East End est déjà la partie sombre de Londres, celle que Charles Dickens qualifie de « pauvre, répugnante de saleté, de pourritures et d’ordures » . Un quartier où il ne fait pas bon vivre, où les touristes américains seront interdits en 1996, où le racisme a pris racine.

C’est aussi là que le hooliganisme a prospéré dans une zone où chacun, ouvrier des quartiers pauvres, se saigne pour venir tous les quinze jours au stade. C’est surtout là que depuis quelques jours, le théâtre du quartier, le New Den, s’est éteint sur une équipe portée par le souvenir du passé.

Le Millwall FC vient de tomber en League One, la troisième division nationale, après deux ans à l’agonie. Par le passé, Millwall était un nom qu’on respectait, un club qu’on craignait. En 2015, la page a été tournée. L’équipe ne fait plus peur, c’est un fait, et les fidèles le savent. En réalité, sa réputation ne ressemble aujourd’hui plus qu’à un mythe en bois.

On peinerait presque à y croire, tant le New Den sonne creux depuis le début de la saison et peine à dépasser les 10 000 spectateurs, là où la capacité de l’enceinte est double. Pour preuve, les Lions n’ont remporté que neuf de leurs 46 matchs de championnat cette saison.

Une tristesse sportive qui avait poussé le président du club, John Berylson, à rembourser tous les supporters venus assister à une rencontre de FA Cup à Bradford (League One) en janvier dernier. La raison ? Une défaite humiliante 4-0 à l’extérieur et un début de bagarre entre les joueurs.

Finalement, le club est en accord avec son manque d’ambitions sportives. La descente n’est pas une surprise, alors que le rival historique, West Ham, aligne de belles performances en Premier League. Rageant.

Et la prise de pouvoir de l’ancien buteur maison (le plus prolifique de l’histoire du club avec 125 buts en 138 matchs), Neil Harris, sur le banc n’a rien changé. Quelques jours après l’officialisation de la relégation du club en League One, cinq ans après être remonté en Championship, Neil Harris a annoncé qu’il libérait 18 joueurs du club, dont le symbole maison, Alan Dunne, 32 ans, débarqué à Millwall à l’âge de huit ans.

Le propriétaire, John Berylson, s’est alors fendu d’un hommage sur le site officiel du club : « C’est toujours triste quand un membre de votre famille, qui a vécu avec vous pendant de longues années, quitte la maison. Il a écrit un long chapitre de l’histoire du club et il sait que la porte lui sera toujours ouverte. »

Une nouvelle fois, les historiques vont ruminer tout l’été sous les fenêtres de la Old Kent Road. Leur raison de vivre les a une nouvelle fois trahis, comme une femme qui s’en va mais qu’on ne veut pas lâcher. Le temps passe, Millwall ne cesse de perdre la beauté de sa parure.

Le vieil ami, sûrement le plus détesté d’Angleterre, se confine dans son isolement. Il va, une nouvelle fois, retourner dans l’ombre et reviendra certainement un jour dans la lumière. Ou peut-être que la lumière ne se rallumera plus.

Restera alors un hymne, éternel : « No one likes us, no one likes us, we don’t care !

À l'aller, le 6 décembre, pas grand monde n'était parvenu à séparer Millwall et Bristol City. Une bagarre générale avait éclaté sur la pelouse au coup de sifflet final, impliquant une trentaine de personnes, joueurs et staffs inclus, sous le regard amusé des supporters des Lions, heureux du succès de leur équipe (1-0) et encore plus de son caractère.

Ils n'en attendaient pas moins, trois semaines plus tard, au Den, leur territoire, ce stade à l'anglaise comme on n'en fera plus, cerné par les voies ferrées, où ils espèrent bien fêter la première accession de l'histoire du club en Premier League. Personne ne les aime ? Ils s'en moquent.

Lundi, ce fut chaud, encore, mais ils ont battu Bristol (2-1), encore, un concurrent dans la course aux play-offs, et l'équipe est cinquième.

Une nouvelle fois, les quinze mille fans ont repris cette chanson à gorge déployée après l'ouverture du score, « No one likes us, we are Millwall, super Millwall, we don't care », puis plus fort encore après le second but, comme une marque déposée, se voyant infliger pour réponse 2 000 majeurs de Bristol déployés en leur direction. À la boutique du club, le t-shirt de la vendeuse est également barré en énorme de ce refrain.

Est-ce vrai, personne ne vous aime ? « Évidemment », rétorque-t-elle, stupéfaite, comme si on lui demandait si la pluie, ça mouille.

Juste en face, il y a le Millwall Cafe, qui ne sert pas vraiment de cafés. Une heure et demie avant le coup d'envoi, trois supporters d'une soixantaine d'années débattent devant de façon assez vocale. Lorsqu'on demande à l'un d'entre eux s'il pense que Millwall peut enfin monter en Premier League, il répond : « J'y crois. OK, Bristol a une très bonne équipe. C'est comme Ipswich contre qui on a fait un match nul il y a trois jours. Elles ont plus de joueurs de talents parce qu'elles ont plus d'argent. Mais nous, on a du coeur. »

« Nous, on part du principe que tu viens en étranger et que tu repars en ami »Dage, un supporter de Millwall

On lui demande comment il se prénomme. « Appelle-moi Dage. Ici, tout le monde m'appelle Dage. » Dage ne veut pas révéler son âge mais il montre son avant-bras droit qui laisse apparaître un tatouage du Lion de Millwall à l'épreuve du temps. Puis, en maître des lieux, il escorte au pied d'une tribune où un mur est dédié aux supporters qui ont marqué l'histoire du club. « Lui, c'est mon père », en désignant la plaque d'un certain Mick Kempster. Puis il montre le mémorial au pied de la tribune d'honneur, en hommage aux joueurs qui ont été d'anciens soldats. Preston North End a offert une couronne. « C'est le seul club qui nous aime peut-être un peu », consent-il.

Les autres ? « Fuck them ! Nous, on aime tout le monde », sourit-il. La preuve, de nombreux touristes débarquent au Den en cette période des fêtes pour vivre l'expérience Millwall. « En fait, c'est un club qui est de plus en plus connu, explique William Scott, journaliste au média News at Den. Un ami au Japon m'en a parlé. La réputation de violence des supporters l'explique sans doute, même si, honnêtement, ils sont beaucoup plus calmes depuis des années. »

Au club, en tout cas, on est fier de cultiver ce côté populaire. « Ça fait dix-neuf ans que je suis ici, raconte-t-il. J'y ai tout fait, même le programme du club. Je ne sais pas si la Premier League serait contente de nous voir monter. Notre vestiaire visiteur est encore plus petit que mon local. »

Et pourtant, plus la saison avance, plus cette perspective s'épaissit. Lundi, après avoir été dominé dans le jeu, n'avoir presque pas passé la ligne médiane en seconde période, Millwall s'est imposé dans les dernières minutes, à la 81e, grâce à Macaulay Langstaff.

Et l'homme du match a encore été le défenseur français Tristan Crama, passé par Brentford. « Le meilleur joueur que j'aie jamais vu au club », assurait Dage, plus tôt. En quittant le stade, les fans chantaient leur bonheur et avaient converti les visiteurs d'un premier soir. « Nous, on part du principe que tu viens en étranger et que tu repars en ami », se marrait Dage.

Même ceux de West Ham ? Attention ! Pour bien comprendre cet article il est préférable d'avoir vu le film Green Street Hooligans et si possible The Football Factory.

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