Le basket fauteuil est un sport historique du mouvement paralympique, un modèle d’inclusivité qui demande de subtils calculs mathématiques. Au programme depuis la création des Jeux Paralympiques en 1960, le basket fauteuil sera l’un des sports phares à Paris.
Le basket fauteuil est l'un des sports présents aux Jeux paralympiques depuis la première édition en 1954 à Stoke-Mandeville. Vingt ans après sa dernière participation, à Athènes, l’équipe de France masculine de basket fauteuil fait son retour aux Jeux paralympiques. Après vingt ans d’attente, les Bleus du basket fauteuil ont enfin réussi à décrocher leur ticket pour les Jeux paralympiques, n’étant pas directement qualifiés en tant que pays hôte. Ce qui ne sera pas le cas de leurs homologues féminines, qui n’ont pas réussi à se qualifier.
Pendant les Jeux, «Libé» vous raconte le fonctionnement parfois particulier des différentes disciplines. Focus sur le sport historique du mouvement paralympique, un modèle d’inclusivité qui demande de subtils calculs mathématiques.
Comme en basket valide, l’hégémonie de la Team USA ne fait pas exception à la règle. L’équipe féminine a remporté trois des cinq dernières éditions. Dans le tournoi masculin, la Team USA tentera de réaliser un triplé historique, après ses deux titres acquis à Tokyo et à Rio.
Afin d'équilibrer les équipes alors qu'il n'y a qu'une seule catégorie dans le basket fauteuil aux Jeux paralympiques, un certain nombre de points, entre 1 et 4,5 sont attribué à chaque joueur en fonction de leur degré de handicap. Chacun se voit attribuer, en fonction des caractéristiques de son handicap physique dans le jeu, un nombre de points individuels allant de 1 à 4,5.
Les rencontres des tournois masculin et féminin se dérouleront à partir du jeudi 29 août et iront jusqu’à la finale hommes prévue le samedi 7 septembre et la finale femmes le lendemain. Les épreuves de basket fauteuil prendront place à l’Arena Bercy, à Paris.
Basketball en fauteuil roulant - En savoir plus
Les Règles du Jeu: Similitudes et Adaptations
Concernant les règles, elles sont les mêmes que pour les valides. Cinq joueurs en fauteuil roulant sont sur un terrain de même dimension avec une hauteur de panier classique. Les règles de basket fauteuil sont pratiquement les mêmes que celles du basketball classique. Il se dispute sur un terrain aux mêmes dimensions, également en cinq contre cinq.
Faire du basket, c’est aimer les mathématiques. Pendant un match, les joueurs comptent dans leur tête, tout le temps. Ils pensent au chrono qui défile et au délai de 24 secondes qu’a l’équipe en possession du ballon pour déclencher un tir. Au nombre de fautes, collectives et personnelles. Et au score sur le tableau d’affichage, auquel chaque panier vient rajouter un, deux ou trois points. Le basket fauteuil, c’est tout pareil : mêmes règles, même taille de terrain, même hauteur de panier, même nombre de joueurs (cinq de chaque côté) et de quart-temps (quatre de dix minutes), et même façon de compter les points.
Le basket-ball en fauteuil roulant est l’un des sports adaptés les plus fidèles à son alter-ego d’origine. En effet, les dimensions du terrain, la hauteur du panier, le marquage de la ligne de trois points et la balle sont identiques au Basket-Ball Olympique.
Une adaptation aux règles du basket classique est cependant ajoutée au niveau des reprises de dribble et du marcher. Il est en effet impossible de dribbler en continu tout en avançant en fauteuil. La règle de points oblige à avoir un cinq hétérogène en handicap légers et plus lourds.
Une autre adaptation concerne les “pas” et “doubles” du basket-ball traditionnel. Dans le cas du handibasket, le joueur avec la balle ne peut pas faire rebondir la balle plus de deux fois sans la passer ou la lancer. Faire rebondir la balle une troisième fois constitue donc une faute, et le joueur peut être sanctionné.
Le « marcher » est remplacé par une violation adaptée, le joueur n’ayant droit qu’à DEUX poussées de roue lorsqu’il a le ballon sur les genoux, pour progresser. TROIS poussées correspondent au marcher. Il n’y a pas de reprise de dribble.
En plus de ce calcul, deux autres spécificités s’ajoutent. Le dribble existe toujours, mais comme il est compliqué de se déplacer en fauteuil tout en faisant rebondir la balle par terre (il faut deux mains pour faire avancer un fauteuil), il n’est obligatoire de dribbler que toutes les deux poussées de roue pour éviter de se voir siffler un «marcher». Par conséquent, la reprise de dribble n’est pas sanctionnée.
Quant aux contacts, ultra-réglementés au basket debout, ils sont bien plus permis pour les joueurs en fauteuil. «La grosse différence réside dans l’impact des contacts dans le basket fauteuil : les chocs font partie du jeu», nous expliquait début avril le manager basket et basket fauteuil au Comité d’organisation des Jeux, Jérôme Rosenstiehl.
Le fauteuil roulant fait partie intégrante des joueurs et du jeu. Les contacts avec l’adversaire sont plus difficilement évitables, du fait notamment de la surface au sol des fauteuils de jeu.
Les fauteuils de jeu sont spécifiques à ce sport. Ils ont des roues inclinées (le carrossage) pour faciliter les rotations et la stabilité. Ils sont munis d’un pare-chocs avant pour protéger les jambes des joueurs et possèdent une ou deux roues anti-bascule arrière pour faciliter la stabilité, protéger les joueurs et augmenter leur capacité à attraper des ballons en hauteur et en arrière sans tomber.
Pour la partie la plus technique, les fauteuils de handibasket sont fournis avec trois ou quatre roues (deux grandes à l’arrière et une ou deux à l’avant) et une main courante à chaque grande roue. Bien entendu, les mécanismes supplémentaires destinés à faciliter la conduite, comme les freins ou les changements de vitesse, ne sont pas autorisés, et jusqu’à deux petites roues peuvent être attachées à la structure ou à l’axe arrière.
Parmi les fauteuils roulants pour basket-ball les plus reconnus par les athlètes et amateurs de ce sport, vous trouverez la marque RGK.

Un joueur de basketball en fauteuil roulant effectuant un dribble.
Le Système de Classification
Sauf que pour les joueurs en fauteuil roulant, une équation supplémentaire vient se rajouter : celle des classifications. Pour s’assurer que le sport s’ouvre à un panel large de pathologies (paraplégie, tétraplégie, handicap neurologique, amputation…), un système de points a été adopté.
Enfin, un système de points est appliqué aux joueurs, selon leur degré de handicap. Les points vont de 1 à 4,5 (1 étant le degré de handicap le plus bas).
Pour la faire simple, chaque joueur se voit, en fonction de son handicap, attribuer un nombre de points, allant de 1 (pour les joueurs ayant le moins de facultés motrices) à 4,5 (plutôt réservé aux sportifs ayant une amputation de membres inférieurs mais pouvant se mouvoir comme ils le veulent avec la partie haute du corps). Le coach doit ensuite s’assurer que le total des points des joueurs sur le terrain ne dépasse pas 14. Impossible, de ce fait, de monter une équipe avec des personnes qui n’ont que des handicaps légers. Libre en revanche aux entraîneurs de choisir d’aligner deux joueurs au handicap plutôt léger (4,5) et d’autres aux pathologies plus lourdes (1 ou 2). Ou bien de faire une équipe avec uniquement des joueurs aux pathologies intermédiaires (2 ou 3). Tout est mathématique, on vous dit.
Sur le terrain, le score ne peut jamais dépasser 14,5 points.
Le basket fauteuil est un sport spectaculaire, mais qui entend préserver réglementairement une place aux joueurs de tous niveaux de handicaps.
Les POINTS DES DIFFÉRENTS CHAMPIONNATS NATIONAUX est l'attribution d’un coefficient individuel d’handicap, déterminé par une commission médicale agréée.
LES DIFFÉRENTES CLASSES
- Classe 1: Ces athlètes sans abdominaux ne peuvent exercer une rotation active du tronc. De façon générale, ce sont les paraplégiques de niveau jusqu’à D7 et au-dessus.
- Classe 2: Ces athlètes peuvent exécuter une rotation du tronc et développer une stabilité active, soit les paraplégiques de niveau D8 à L1.
- Classe 3: Cette catégorie regroupe les joueurs qui sont capables de fixer leur bassin et d’exercer une mobilité du tronc dans les plans frontal et sagittal.
- Classe 4: Ces athlètes ont une bonne mobilité dans le plan frontal, peuvent se pencher en avant et se relever sans s’aider de leurs bras. Ce sont de façon générale les paraplégiques de niveau L2 à L4.
- Classe 5: Ces athlètes ont une mobilité active dans tous les plans, et peuvent se pencher sur au moins un côté en associant parfois un mouvement d’abduction de hanches pour maintenir leur équilibre.
En France, afin de faciliter la constitution des équipes de clubs, les joueurs ne présentant pas de handicap peuvent joueur au basket-ball en fauteuil roulant. Il leur est attribué une valeur de 5 points et le total accepté sur le terrain est de 14,5.

Infographie illustrant la classification des joueurs de basketball en fauteuil roulant.
Acteurs Majeurs du Handibasket
Au handibasket aussi, il y a des champion·nes et des favori·es… Côté sélections nationales, la scène mondiale est dominée par deux équipes et leurs athlètes : « Les USA et l’Angleterre sont actuellement les deux grandes nations du basket fauteuil, témoigne le handibasketteur Louis Hardouin. L’équipe américaine de handibasket a d’ailleurs gagné le dernier Championnat du Monde, à Dubaï en 2023. »
Derrière ces deux cadors, on retrouve un groupe de quatre nations européennes très compétitives, elles aussi : l’Espagne, l’Allemagne, les Pays-Bas et la France. Un casting de favoris auquel on peut ajouter le Japon, le Canada et l’Australie.
Côté athlètes, on trouve évidemment dans le handibasket pléthores de grand·es champion·nes, que ce soit aux championnats du monde, d'Europe ou dans d'autres compétitions internationales. En France, il y a par exemple la handibasketteuse tricolore Angélique Pichon. Au compteur : notamment quatre Championnats d’Europe entre 2009 et 2015.
On peut aussi citer la nouvelle génération, bien représentée par Marion Blais, Championne d'Europe de basket fauteuil U24 en 2017, ou Loeiza Vari Le Roux, trois participations aux Championnats d'Europe et une carrière désormais menée… aux États-Unis.
Chez les messieurs, l’un des joueurs les plus célèbres en France reste Philippe Baye. Aujourd’hui sexagénaire, il a constitué durant sa longue carrière l’un des plus costauds palmarès du basket fauteuil tricolore : sept titres de Champion de France et quatre de Champion d’Europe. Plus récemment (il est né en 1985), l’équipe de France a pu compter sur Nicolas Jouanserre, qui a participé à deux Championnats du Monde et cinq Championnats d’Europe. Quant à la jeune génération, elle est aujourd’hui incarnée par Alexis Ramonet (né en 1995), joueur pro en Espagne dans le club de Gran Canaria et membre de l’équipe de France.
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