La participation de l'Iran à la Coupe du Monde a été marquée par des moments historiques, des enjeux politiques et des performances sportives notables. Retour sur les moments clés de la Team Melli dans cette compétition prestigieuse.

Un Match Chargé d'Histoire : Iran - États-Unis en 1998
Pour le dernier match de poules dans le groupe B de la Coupe du monde au Qatar, les États-Unis et l’Iran se sont affrontés pour la seconde fois de leur histoire, avec une qualification en huitièmes de finale à la clé. À Lyon, le 21 juin 1998, l’Iran s’est offert un premier succès dans un Mondial face aux États-Unis (2-1), dans un contexte politique tendu et conflictuel entre les deux pays.
« Ce match a fait l’objet d’une attention énorme, non pas pour des raisons footballistiques, mais à cause des deux pays impliqués, explique Mehrad Masoudi, agent des médias pour la Fifa lors du Mondial 98. La Fifa voulait que ce match concerne uniquement le football, qu’il soit joué de manière pacifique. » Depuis le tirage au sort, tout le monde attendait ce match.
Classé à haut risque, le match est scruté par les forces de l’ordre, la sécurité renforcée. « Nous avions 150 policiers armés présents sur place, ce qui était sans précédent pour un match de la Coupe du monde », précise l’agent des médias, dans une vidéo de la Fifa publiée en mai 2018. Mehrad Masoudi : « Il y avait beaucoup de sécurité autour du camp d’entraînement de l’équipe américaine, puisqu’il y avait des rumeurs selon lesquelles elle aurait été la cible de certains groupes radicaux.
Après les hymnes, respectés à l’unanimité par le public, le protocole est modifié pour ce match pas comme les autres. « On savait que l’équipe et la délégation iraniennes avaient reçu l’ordre des plus hautes autorités du pays de ne pas se diriger vers l’équipe américaine pour lui serrer la main, poursuit l’agent des médias. Nous avons décidé de faire une photo d’équipe commune. » Un cliché qui restera dans l’histoire.

Par la suite, l’arbitre suisse Urs Meier invite les deux équipes à se rassembler. Les joueurs américains reçoivent des bouquets de fleurs blanches de la part de leurs homologues iraniens.
Sur le terrain, le jeu regagne le centre de l’attention. La Team Melli s’appuie sur une ossature très allemande, à l’image de son attaquant Ali Daei, qui évolue en Bundesliga du côté de l’Arminia Bielefeld. L’Iran domine et ouvre le score à la 39e minute, sur une tête rageuse d’Hamid Estili (1-0), devenue une légende dans son pays. Le buteur détenait d’ailleurs le record de buts en sélection (109), avant que le Portugais Cristiano Ronaldo ne le dépasse.
Malgré la réduction de l’écart de Brian McBride quatre minutes plus tard, le score ne bouge plus. « C’est comme s’ils avaient gagné la Coupe du monde », lance le commentateur à la télévision française. « Avec 20 ans de recul, je m’en rends vraiment compte que c’est un moment d’histoire qui a rassemblé les gens, assure Mehrad Masoudi. Ce match a été le plus grand moment de ma vie personnelle et sportive. Il a montré au monde entier que malgré nos différences, malgré le fait que nous venions d’horizons différents, nous pouvions vivre pacifiquement ensemble.
Ce mardi 29 novembre, la rencontre Iran - États-Unis, deuxième du nom, aura toujours une saveur particulière.
En 2013, au moment d’évoquer le fameux match Iran - Etats-Unis du Mondial 1998 (2-1), Earnie Stewart affichait alors son optimisme en vue d’un éventuel replay. Flash back… Le 21 juin 1998, à 21 heures au stade Gerland de Lyon, devant 40 0000 spectateurs majoritairement en faveur de l’Iran, l’enjeu sportif est clair pour le deuxième match du Groupe F.
L’Iran ayant été battu 1-0 par la Yougoslavie et les USA vaincus 2-0 contre l’Allemagne, la rencontre s’avère donc décisive : le perdant sera éliminé ! Mais ce match est lesté d’une charge géopolitique titanesque : depuis 1979 et la Révolution islamique qui a installé la théocratie très autoritaire des ayatollahs à Téhéran à la place du régime pro-américain du Shah, l’Iran et les USA sont à couteaux tirés sur le plan international.
"Amérique, Grand Satan" pour l’Iran, "Iran, "État voyou" pour l’Amérique : les deux pays ont entretenu depuis, à travers des crises régulières, des relations envenimées qui ont parfois même fait craindre un conflit militaire. C’est pourquoi lors du tirage au sort de la Coupe du Monde 1998 du 4 décembre 1997, lorsque les deux protagonistes s’étaient retrouvés dans ce Groupe F, certains politologues y avaient vu l’illustration symbolique du fameux "choc des civilisations" ("The Clash of Civilizations" - 1996) théorisé par Samuel P. Huntington…
Un Problème de Protocole
Mais, heureusement, en cette fin d’année 1997 le contexte s’était en fait déjà sensiblement détendu depuis le mois de mai, quand le mollah réformateur Mohammad Khatami avait gagné l’élection présidentielle contre le très conservateur Ali Akbar Nategh Nouri soutenu par le terrible Guide Suprême de la Révolution, l’Ayatollah Khamenei. Khatami avait rapidement instauré un début de normalisation des relations binationales avec la présidence de Bill Clinton, engagé lui aussi dans la voie de l’apaisement.
Ne restait plus, à travers la diplomatie du ballon rond, donc, qu’à déminer le terrain de cet USA-Iran de Gerland. Pas facile…Car outre les risques d’attentats terroristes, la présence suspectée d’au moins 7 000 opposants au régime des Mollahs (les Moudjahiddines du Peuple), pour ce match classé à hauts risques par la FIFA, les services de sécurité français doivent parer à toute manifestation politique visible à l’écran, y compris un envahissement de terrain.
On renforce le dispositif policier et on avise les réalisateurs TV de ne filmer dans les tribunes aucune démonstration militante. Et puis d’inévitables difficultés protocolaires surgissent : "Les USA étaient l’équipe qui reçoit et l’Iran l’équipe visiteuse. Donc, selon le règlement FIFA, les joueurs iraniens devaient se diriger vers les Américains pour leur serrer la main. Problème… L’ayatollah Khamenei, avait donné l’ordre express à l’équipe iranienne de ne pas aller au devant de l’équipe américaine", rappelle l’Irano-Américain Mehrdad Masoudi, officier FIFA délégué pour la rencontre.
Finalement Masoudi négociera un compromis qui verra les Américains aller serrer la main des Iraniens… Le jour du match, Bill Clinton fait une déclaration télévisée apaisante : "Alors que nous célébrons aujourd’hui un match entre les sportifs de nos deux pays, j’espère qu’il pourra constituer un nouveau pas vers la fin de l’hostilité entre nos nations".
Même approche conciliante, côté iranien, narrée par Mehrdad Masoudi : "Le président de la fédération iranienne souhaitait faire de ce match l’occasion de donner de son pays l’image la plus favorable. Il demanda au régisseur de la sélection d’acheter un bouquet de roses blanches que les joueurs iraniens offriraient à leurs adversaires américains, ainsi qu’un plateau d’argent au capitaine Thomas Dooley. Les roses blanches sont symbole de paix en Iran."
Placé par la FIFA sous l’égide la Journée du fair-play et arbitré dans une neutralité toute helvétique par l’excellent Urs Meier, ce match au sommet débute par une séance photo historique qui voit les joueurs des deux équipes tout sourire, mélangés, de rouge et de blanc…Face à l’Iran emmené par son trio d’attaque évoluant en Allemagne Ali Daei et Karim Bagheri (Arminia Bielefeld), et Khodadad Azizi (FC Cologne), la Team US drivée par Steve Sampson qui rêve de refaire le coup de USA 1994 en accédant encore aux 8es de finale attaque feu au plancher.
"On partait a priori favoris pour ce match, rappelait Earnie Stewart en 2013. Il y avait bien sûr ce contexte de rivalité politique mais nous n’avions qu’une seule idée en tête : gagner ce deuxième match à tout prix ! On était obsédés par la victoire ! La victoire sportive, car penser politique durant le match c’est impossible, tu es focalisé sur le jeu et le résultat. Je n’ai pas ressenti d’agressivité particulière de la part des Iraniens. Genre, comme s’ils voulaient à tout prix 'battre les Américains'. Nous n’avions pas non plus de ressentiment contre eux : on a tous donné le meilleur de nous-mêmes.»
Les Américains domineront en effet la partie mais de façon trop stéréotypée (on écarte sur les côtés et on centre sur la tête de Mc Bride) face à un bloc iranien redoutable sur contres. La Team US frappera bien trois fois sur les poteaux et la barre, mais Estili (40e) et Mahdavikia (84e) donneront la victoire à l’Iran, laissant Mc Bride réduire le score sur une tête puissante à la 87e. Les joueurs iraniens célébreront ce succès comme une finale de Coupe du monde !
A la frustration de l’élimination exprimée par Steve Sampson ("On aurait pu gagner facilement en en plantant trois ou quatre ce soir"), son homologue iranien Jalal Talebi affiche le triomphe modeste : "c’est une grande victoire pour la nation iranienne. Non pas parce que c’était contre l’Amérique, mais parce que c’était la première victoire de l’Iran en Coupe du monde."
Au pays, le Guide Suprême Khamenei instrumentalise la victoire sans vergogne : "Ce soir encore, l’oppresseur puissant et arrogant a éprouvé le goût amer de la défaite que nous lui avons infligée." Dans les rues iraniennes, c’est la liesse : "Déjà, quand l’Iran s’était qualifiée pour la coupe du monde 98, tout le pays avait fêté cet évènement, témoigna Mehrdad Masoudi dans les années 2000. Les gens dansaient dans les rues de Téhéran, buvant ouvertement de l’alcool, et les femmes s’étaient débarrassées de leurs longues écharpes."
L’épilogue de cette rencontre historique s’écrira ensuite en trois actes : malgré une défaite éliminatoire face à l’Allemagne (2-0), les joueurs iraniens seront fêtés en héros à leur retour à Téhéran puis seront autorisés à aller disputer en janvier 2000 trois rencontres dans l’Ouest américain dont une, mémorable, à Pasadena, pour le plus grand bonheur de la diaspora iranienne locale (André Agassi est d’origine iranienne). La "diplomatie du football" avait ainsi contribué à normaliser un peu plus les relations entre Iran et USA.
Et puis les crises majeures autour du programme nucléaire iranien avaient à nouveau envenimé les relations entre le Grand Satan et le rogue state (état voyou, selon Bush Junior). L’accord de conciliation autour du nucléaire iranien signé à la fin de la présidence Obama en 2015 fut résilié par Donald Trump en mai 2018, occasionnant encore d’autres escalades diplomatiques pas vraiment désamorcées sous la présidence Joe Biden.
Du côté de la nation perse, l’ayatollah Khamenei (toujours en place depuis 1989) et toujours animé d’anti-occidentalisme maintient sa poigne de fer sur le pays, secondé par le président de la République islamique d'Iran, le peu modéré Ebrahim Raïssi, élu le 3 août 2021.
Contrairement à 1998, toute la nation ne supportera pas entièrement son onze national quand bien même les joueurs ont refusé de chanter l’hymne national avant d’affronter l’Angleterre. Un hymne qu’ils ont repris face au pays de Galles, sans doute sous la pression du régime sur leurs proches restés au pays…
On ignore si dans ce contexte hyper tendu, l’optimisme d’Earnie Stewart d’hier de voir s’affronter à nouveau les deux pays dans un esprit apaisé se matérialisera ce mardi soir à 20 heures à l’Al Thumama Stadium de Doha.
Iran contre États-Unis : le match rappelle le match politiquement chargé de 1998
Coupe du Monde 2018 : Les Défis et les Qualités de la Team Melli
Emmené par l’ancien entraîneur du Real Madrid Carlos Queiroz, l’Iran devra réaliser un miracle pour sortir de la poule B, face au Maroc, à l’Espagne et au Portugal. Ce qu’il n’est jamais parvenu à faire dans un Mondial.
Calendrier :
- 15 juin : Iran-Maroc (17 heures à Saint-Pétersbourg)
- 20 juin : Iran-Espagne (20 heures à Kazan)
- 25 juin : Iran-Portugal (20 heures à Saransk)
Historique en Coupe du monde : Cinquième participation, meilleur résultat : troisième de sa poule en 1998.
Leur petit nom : La Team Melli (l’équipe nationale).
L’équipe qui devrait jouer : Alireza Beiranvand - Ramin Rezaeian, Morteza Pouraliganji, Mohammad Ansari, Milad Mohammadi - Ali Karimi, Ehsan Hajsafi - Alireza Jahanbakhsh, Ashkan Dejagah, Mehdi Taremi - Sardar Azmoun.
Le sélectionneur : Carlos Queiroz, 65 ans. Ancien coach du Real Madrid (2003-2004), le Portugais participera en Russie à sa troisième Coupe du monde d’affilée. Huitième de finaliste de la compétition en 2010 avec les Lusitaniens, il avait déjà dirigé les Iraniens il y a quatre ans, au Brésil.
Bilan de compétences :
Pourquoi postulez-vous à cette Coupe du monde ? « Pour surfer sur notre excellente dynamique (aucune défaite lors des qualifications au Mondial) et passer la phase de poules pour la première fois de notre histoire. »
De quelle expérience pouvez-vous vous prévaloir ? « Certes, on ne compte qu’une seule victoire en quatre Coupes du monde, mais les grosses écuries ont toujours du mal à prendre les trois points face à nous. L’Argentine avait attendu le temps additionnel et un but de Messi pour s’imposer il y a quatre ans, au Brésil. »
Si vous deviez nous donner trois qualités ? « Notre dernier rempart, Alireza Beiranvand, a été nommé parmi les dix meilleurs gardiens du monde par la FIFA l’an passé. En pointe, Sardar Azmoun a fait sa place au Rubin Kazan et ne risque pas d’être dépaysé en Russie. S’il fallait mettre un peu d’ordre au cours de la compétition, Carlos Queiroz saura trouver les mots : arrivé en 2011, le coach connaît parfaitement son groupe. »
Et trois défauts ? « Même si nous avons survolé les qualifications asiatiques, le choc risque d’être rude face à l’Espagne et au Portugal. Et ce ne sont pas les matchs amicaux programmés avant le Mondial qui nous mettront au niveau (Ouzbékistan, Turquie, Lituanie). La majorité de nos joueurs évoluent dans le mineur championnat national iranien. Enfin, notre sélection ne sera pas caractérisée par son expérience : quelques membres seulement comptent plus de 50 capes. »
Ashkan Dejagah : Un Parcours Singulier
ASHKAN DEJAGAH EN CINQ DATES :
- 1987 : Les parents du petit Ashkan Dejagah, un an, quittent Téhéran pour Berlin, en Allemagne.
- 2001 : Première sélection en équipe d’Allemagne de jeunes.
- 2004 : Le 7 août, le milieu de terrain dispute son premier match avec le Hertha Berlin. Il devient à cette occasion le plus jeune joueur à porter la tunique du club de la capitale allemande depuis sa création, en 1892.
- 2007 : Dejagah refuse de participer à un match des espoirs allemands face à Israel, à Tel-Aviv, le 12 octobre. Qualifiée d’« héroïque » dans la presse iranienne, sa décision provoque la gronde d’associations et de politiques outre-Rhin qui réclament son exclusion de la sélection. Convaincus par les raisons invoquées par le joueur, qui dit craindre des répercussions pour sa famille, les dirigeants de la fédération décident son maintien dans l’équipe.
- 2012 : Sollicité par Carlos Queiroz, Ashkan Dejagah fait le choix de la sélection iranienne. Le 29 février, il inscrit un doublé pour sa première cape, face au Qatar (2-2), en éliminatoires du Mondial 2014.
Anecdotes et Faits Marquants
Le jour où… L’Iran a battu les Etats-Unis : Chaque tirage au sort d’une Coupe du monde réserve son lot de chocs sportifs et diplomatiques. En 1998, l’Iran et les Etats-Unis sont reversés dans le groupe F du Mondial français. Le calendrier à peine publié, tous les regards se portent sur le premier affrontement footballistique de deux pays marqués par des décennies de défiance depuis la révolution iranienne de 1979.
Le 21 juin 1998, au stade Gerland de Lyon, la géopolitique se rappelle vite aux joueurs. Peu avant le coup d’envoi, des centaines de supporteurs iraniens arborant un tee-shirt à l’effigie de Maryam Radjavi, présidente en exil du Conseil national de la résistance d’Iran, sont exclus des tribunes. Après la longue poignée de mains des capitaines, les joueurs bravent le protocole pour une photo mêlant les deux équipes et un échange de bouquets de fleurs. Sur le terrain, l’Iran s’impose deux buts à un pour récolter ce qui reste sa seule victoire en Coupe du monde.
Figurez-vous Arsène : Que l’Iran ne s’est pas inscrit au tour préliminaire de la Coupe du monde 1982 et qu’il en a même été disqualifié en 1986. La cause ? Le conflit Iran-Irak (1980-1988) qui obligeait la Team Melli à jouer sur terrain neutre, comme l’exigeait la Confédération asiatique dans ce contexte de guerre. La fédération iranienne de football a tout simplement refusé la mesure.
Statistiques Clés
BIG DATA : 109. Avec 109 buts inscrits en 149 sélections (1993-2006), Ali Daei est le seul joueur à avoir dépassé la barre des 100 pions marqués pour son pays. L’Iranien devance au classement le Hongrois Ferenc Puskás (84 buts) et le Portugais Cristiano Ronaldo (81).
LE WIKI DE QUI ? Troisième joueur iranien le plus sélectionné (127 matchs), j’ai été exclu de la sélection en 2010 avec quatre coéquipiers pour avoir porté un poignet vert, en juin 2009, en signe de soutien à l’opposition menée par Mir Houssein Mossavi.
| Statistique | Valeur |
|---|---|
| Buts inscrits par Ali Daei | 109 |
| Nombre de sélections d'Ali Daei | 149 |
| Meilleur résultat en Coupe du Monde | Troisième de sa poule en 1998 |
Cuisine et Traditions
PLATEAU TÉLÉ : Prohibition oblige, notre menu est garanti sans alcool. Le dough, une boisson à base de lait fermenté, ou un verre de chai, thé noir très sucré, arroseront les matchs, sans risque pour les joueurs de finir avinés en pleine partie de la Team Melli. Côté assiette, les plus pressés opteront pour un kebab, simple et rapide à défaut d’être original et équilibré. Aux noix sauce grenade (Fesenjon) ou agrémenté de pruneaux (Khoresht alo) le poulet pourrait bien être le compagnon idéal du supporteur iranien lors du Mondial.

Réactions à la Défaite de 2022 contre les États-Unis
La défaite, le 29 novembre, de l’Iran face aux États-Unis (0-1) a suscité des réactions ambivalentes parmi les Iraniens. Certains médias ont fait état d’une déception générale, alors que la Team Melli, surnom donné à la sélection iranienne, perdait l’occasion de se qualifier, pour la première fois dans l’histoire, pour les huitièmes de finale d’une Coupe du monde. “La défaite contre les États-Unis a ruiné tous les rêves de l’Iran de se qualifier pour le deuxième tour du Mondial. […] Il nous manquait un but pour une promotion historique”, a ainsi réagi le journal conservateur Shahrvand, évoquant une défaite “dramatique”. “La saga inachevée”, titre pour sa part le journal Hamshahri, publication de la municipalité de Téhéran. “L’équipe nationale iranienne n’a jamais été aussi proche de la phase de qualification. Elle avait juste besoin d’un match nul pour se qualifier, mais cela ne s’est pas produit”, regrette le journal.
Joie et Contestations
Si la déception domine parmi les Iraniens, “les habitants de différentes villes ont exprimé leur joie”, rapporte de son côté Iran International, un média d’opposition situé à Londres. Des parades de voitures “klaxonnant” allègrement et de “grands rassemblements de rue” ont eu lieu, notamment à Javanrud et Mahabad - deux villes.
Le Match le Plus Long
Rallongée par 27 minutes de temps additionnel, la rencontre entre l'Angleterre et l'Iran (6-2), ce lundi, a duré 117 minutes et 16 secondes. Il s'agit du match le plus long en Coupe du monde depuis 1966. C'est presque comme si l'Angleterre et l'Iran avaient disputé l'équivalent d'une prolongation, ce lundi, pour leur entrée en lice dans la Coupe du monde. Au total, leur rencontre aura duré un peu plus de 117 minutes.
L'équipe dirigée par le Brésilien Raphael Claus a décidé d'octroyer 14 minutes supplémentaires à la fin de la première période. Une décision motivée par la blessure à la tête d'Alireza Beiranvand (8e). Le gardien iranien est resté au sol pendant huit minutes après avoir été victime d'un violent choc avec son coéquipier Majid Hosseini. Il a tenté de rejouer, en vain, avant d'être finalement remplacé deux minutes après son retour sur le pré (19e).
Raphael Claus et ses homologues ont choisi d'en ajouter dix de plus à la fin du match alors que la seconde période s'était déroulée sans accroc majeur et avec peu d'arrêts de jeu. Ces dix minutes se sont encore étirées quand l'arbitre a dû consulter le Var à la 110e minute pour désigner le point de penalty et permettre à Mehdi Taremi de s'offrir un doublé.
Avec 117 minutes et 16 secondes jouées, l'opposition entre l'Angleterre et l'Iran est devenue la plus longue, hors prolongation, en Coupe du monde depuis qu'Opta analyse la compétition, en 1966.
Le But le Plus Tardif
Si l'on exclut les prolongations, le but inscrit par l'attaquant de Porto, à la 113e minute, est le plus tardif de l'histoire d'une Coupe du monde. Et, prolongations comprises, seules 18 réalisations ont été marquées après la 113e minute depuis le premier Mondial, en 1930.
