Le hockey sur glace en France, à l'instar des équipes anglo-saxonnes, a adopté une tradition riche en surnoms et mascottes, contribuant à forger l'identité des clubs et à dynamiser l'ambiance des matchs. Des Gothiques d'Amiens aux Boxers de Bordeaux, chaque équipe possède un surnom distinctif et souvent un logo original, éléments clés de leur marketing et de leur communication.

L'Origine des Surnoms et des Mascottes
L'usage des surnoms dans le hockey remonte aux premières années de l'Association nationale de hockey en 1910. À l'origine, il s'agissait de distinguer les clubs d'une même ville. En France, Jacques Lacarrière, créateur de l'équipe des Français Volants de Paris en 1933, fut un précurseur. Cependant, c'est dans les années 80, sous l'impulsion du journaliste Tristan Alric de L'Équipe, que l'idée s'est généralisée, modernisant l'image du hockey français.
Les mascottes, quant à elles, ont pour but d'animer les matchs et de divertir les spectateurs. Le club de Megève fut un pionnier en la matière, adoptant un bouc vivant nommé "Louis" comme mascotte il y a une quarantaine d'années.
Le Hockey Club de Morzine-Avoriaz : Un Club Historique
Situé dans le nord de la Haute-Savoie, dans un village français de 3000 habitants, le Hockey Club de Morzine-Avoriaz (HCM) est l'un des plus anciens clubs français. Il a été créé en novembre 1963 grâce à l'initiative de quelques passionnés de Morzine : Claudet Pachon, Henri Tavernier, François Heu, François Curtet, José Zaletka, Claudius Baud et René Baud.
Au départ, les entraînements se déroulaient sur la patinoire des Carroz d'Arrache, jusqu'à ce que la commune achète en 1966 des balustrades au club voisin suisse de Champéry. C'est en 1950 que Jean-Jacques Mesnard, créateur du pingouin et premier entraîneur à temps complet du Ski Club de Morzine, confia un petit pingouin en feutrine haut d'une dizaine de centimètres à son ami François Baud pour le championnat du monde de ski à Aspen (États-Unis).
Willy Trolliet, joueur puis entraîneur emblématique du Genève-Servette et du Lausanne HC, fut le premier entraîneur-joueur salarié du club en 1966. C'est le début de l'ère du fantastique Trolliet avec les rencontres amicales de l'équipe franco-suisse de Morzine contre les plus grandes formations suisses, belges, canadiennes et néerlandaises dans une ambiance de fête et de convivialité : les fondues d'après-match, la batterie-fanfare dans les gradins, les jeux interglace sont encore dans les mémoires.
En 1976, c'est l'inauguration de la patinoire aux dimensions actuelles (56 mètres x 26 mètres) avec comme match de gala l'équipe de Saint-Gervais, récemment victorieuse de la Coupe de France, contre une sélection suisse ; les jeunes hockeyeurs trouvaient enfin un terrain de jeu à la mesure de leurs ambitions, et de plus en plus d'enfants de la région s'intéressaient alors au hockey sur glace.
En 1977, la création d'une équipe moustique rassemblant les jeunes de six et sept ans lançait définitivement le hockey à Morzine. Entre 1978 et 1982, l'équipe des jeunes (poussins et minimes) se présenta quatre années de suite en demi-finale du Championnat de France et échoua à chaque fois devant la redoutable équipe de Gap. Enfin, 1982 correspondait au sacre de Champion de France benjamin après avoir battu en demi-finale - devinez qui ? Enfin, en 1979, le HCM inscrivait pour la première et seule fois une équipe senior féminine en championnat de France.
En 1984, les seniors alors en Nationale 3 sont champions des Alpes et participent au tournoi final à Nice. Seconde tentative en 1985 où l'équipe défend victorieusement son titre de champion des Alpes mais échoue de nouveau à Clermont-Ferrand lors du tournoi final. C'est la création du club des supporters sous la présidence de Jean-Jacques Tournier.
Cette période est à l'image de l'expression "dominer n'est pas gagner", en effet Morzine joue les premiers rôles mais sans jamais concrétiser en fin de saison. Morzine s'oriente vers un dur et long apprentissage parmi les meilleures formations de l'hexagone. Il découvre le rythme de la N1 en 1990/91 et ne parvient pas à le suivre, étant relégué en N2. Mais il est trop fort pour cette division et remonte... au moment où la Ligue Nationale professionnelle s'écroule, peu après les JO d'Albertville.
Au lieu de l'ex-N1 aurait pu aborder avec plus d'expérience, le HCM se retrouve d'un coup propulsé dans une Nationale 1 qui regroupe les seize meilleures équipe de France. Deux joueurs formés au club, Pascal Margerit (Briançon) et Michel Tavernier (Reims), reviennent renforcer l'équipe, placée sous la responsabilité de Stéphane Botteri, alors recordman des sélections en équipe de France et tout juste champion de France avec Rouen. Mais en venant de N2, la marche est beaucoup trop brutale - deux divisions d'un coup - face à des clubs du niveau de l'armada rouennaise qui brille alors au niveau européen et terrasse Morzine sur le score historique de 20-1.
Margerit file à Chamonix et Jacek Szopinski rentre en Pologne, mais Botteri est rejoint par un autre défenseur imposant, Sergueï Gorbouchine, ex-capitaine de la sélection B de l'URSS qui assume à son tour la direction des entraînements. Morzine rétrograde à la quatorzième place pour cette seconde saison au plus haut niveau, mais joue les quarts de finale de la Coupe de France - jouée pendant les stages de l'équipe de France - après avoir terminé deuxième d'une poule haut-savoyarde riche en derbys.
Les années se suivent et ne se ressemblent pas ! En l'espace de deux saisons, le club obtient - en restant invaincu toute la saison ! - son second titre de champion de France N2 grâce à une équipe à 90% morzinoise emmenée par le trio infernal Kari Heikkinen (33 ans, cinq fois champion de Finlande avec le Tappara Tampere) - Frédéric Baud - Michel Tavernier, avant de connaître une crise budgétaire l'année suivante...
En effet, la municipalité ne peut plus soutenir le club, et ce dernier tarde à le faire savoir à la fédération. Le club donne l'occasion aux jeunes Pingouins encore vulnérables de glisser avec l'équipe fanion pour retrouver le haut niveau en se remémorant l'ancienne devise du club des années 70 : "Fort est celui qui abat, plus fort est celui qui se relève".
Après une qualification à l'arrache en première phase, le HCM, emmené par les Suédois de haut niveau Tomas Lindgren et Joakim Stenvall et une poignée de Canadiens, reste invaincu pendant toute la phase finale et termine loin devant à la première place devant Strasbourg et ses voisins de Haute-Savoie aux grandes ambitions, Mont-Blanc et Chamonix. Parfois pris de haut, les Morzinois ont cru en leurs chances et réalisé un exploit que peu pensaient possible.
Du côté des seniors, la politique du club a toujours été de trouver une osmose entre les quelques renforts de renom et l'ossature morzinoise. Aussi, sur les plus de deux décennies de compétition en Championnat de France, des grands joueurs du hockey français, certains ex-internationaux, ont porté les couleurs sang et or, bien sûr pour la plupart des montagnards des clubs voisins en fin de carrière : Maurice Chappot - Jean-Michel Boissonnier - Joël Godeau - Gilles Durr - J.F.
En 1999, le club s'équipe d'un grand écran face aux gradins pour retransmettre des actions de match, les buts de la rencontre, la présentation des joueurs, des partenaires, des règles d'arbitrage - une première en France. En 2003, c'est la connexion avec Internet avec le lancement du site officiel des Pingouins.
Les Mascottes Aujourd'hui : Un Spectacle à Part Entière
Aujourd'hui, les mascottes sont des éléments incontournables du spectacle dans la Ligue Magnus. Elles sont l'emblème et la marque locale de chaque club, portant bonheur et déstabilisant l'adversaire en connivence avec le public. Les mascottes sont baptisées avec des noms amusants, souvent inspirés des logos des clubs.
Le rôle de la mascotte est de ne pas être timide, avoir le sens du spectacle, être chambreur, avoir toujours la pêche et être capable si possible patiner même si ce n’est pas obligatoire. Pendant toute la rencontre, la mascotte déambule dans les tribunes pour tenter de chauffer le public devenu par moment un peu trop amorphe.
Enfin, il est important de préciser qu’une mascotte peut aussi jouer parfois un rôle social insoupçonné. Déambuler en costume dans la patinoire, monter sur la glace, grimper dans les gradins, prendre des photos avec des spectateurs ou des partenaires et même des joueurs, tout en distribuant des goodies est une véritable mission !
Preuve qu’on prend le rôle des mascottes très au sérieux, notamment outre-Atlantique, pour l’anecdote, Tim Smith, l'homme qui incarnait depuis treize ans « Bailey the Lion », la mascotte des Kings de Los Angeles dans la NHL, a fait la une de l’actualité et a provoqué un véritable scandale public en étant poursuivi par la justice. En effet, il a été définitivement renvoyé des Kings au mois d’octobre 2020 après avoir été accusé de harcèlement moral et sexuel par une femme.
Les équipes de hockey sur glace ont chacune leur identité, et les mascottes jouent un rôle essentiel dans la création de cette identité et dans l'animation des matchs. Que ce soit à Morzine, à Rouen, ou ailleurs en France, les mascottes contribuent à faire du hockey sur glace un spectacle unique et divertissant.
Journée des mascottes de la LNH
Tableau Récapitulatif des Mascottes de Quelques Clubs Français
| Club | Surnom | Mascotte |
|---|---|---|
| Amiens | Gothiques | Gothika |
| Bordeaux | Boxers | Boxy |
| Nantes | Corsaires | Corso |
| Tours | Remparts | Rempy |
| Montpellier | Vipers | Vipy |
| Gap | Rapaces | Rappy |
| Cergy | Jokers | Joky |
