L'Histoire du Football Malien aux Jeux Olympiques et l'Héritage de Salif Keita

Le Mali s'est qualifié pour les Jeux Olympiques de Paris 2024, marquant une étape importante pour le football du pays. Cette qualification a été obtenue en disposant de la Guinée (0-0, 4-3 tab) lors de la petite finale de la CAN des moins de 23 ans.

Le Mali rejoint ainsi le Maroc et l'Egypte pour représenter l'Afrique aux Jeux Olympiques. Les jeunes Aigles ont décroché leur billet pour Paris 2024 grâce à une performance solide et une séance de tirs au but réussie face à la Guinée.

Le Mali retrouve ainsi la grande fête olympique, près de vingt ans après sa dernière participation. Lors de l'édition 2004, les Aigles olympiques, emmenés par la légende Tenema N'Diaye, avaient atteint les quarts de finale du tournoi à Athènes.

“Le Mali a la chance, depuis bientôt quatre ans, de voir sa participation aller crescendo”, souligne le quotidien L’Indépendant de Bamako. Il précise qu’à Athènes, en 2004, seule l’équipe de football avait représenté le Mali. Une délégation plus étoffée sera présente à Pékin.

Outre l’équipe féminine de basket-ball, championne d’Afrique en titre, une sprinteuse sur 200 mètres, un coureur de 400 mètres, un champion de taekwondo et deux nageurs participeront aux épreuves. Ces deux derniers sportifs sont d’autant plus méritants que le Mali ne possède pas de piscine olympique, précise le journal.

Pour Habib Sissoko, président du Comité national olympique et sportif du Mali, l’implication du gouvernement dans le domaine du sport a permis à ces athlètes de se rendre en Chine. Le président de la République, Amadou Toumani Touré, a d’ailleurs annoncé qu’il conduira une importante délégation pour assister à la cérémonie d’ouverture, “pour accompagner les athlètes maliens, qui nourrissent beaucoup d’ambitions, et pour marquer l’amitié et la fraternité qui symbolisent les relations diplomatiques maliennes”.

JO Paris 2024 : L’équipe de football du Mali en sera à sa deuxième participation aux Jeux Olympiques. Pour sa première apparition dans le tournoi, la sélection malienne a fait forte sensation. Elle a manqué de peu de figurer dans le carré d’as.

Avant les JO 2004 à Athènes, l’Afrique ne comptait que 10 participants dans l’histoire du tournoi olympique de football. Mais pour cette édition en Grèce, elle a enregistré la participation du Mali, devenu la 11e équipe africaine à disputer la compétition.

Au premier tour des éliminatoires, il a hérité de la Guinée. Un derby qui a difficilement tourné en faveur des Maliens. Ceci grâce à leur victoire enregistrée à l’aller (1-0). Au match retour, les deux équipes ont fait jeu égal (0-0).

Au deuxième tour des éliminatoires, les Aigles du Mali tombent dans le groupe B du Cameroun, champion olympique en titre à l’époque. Dans ce groupe relevé, les Maliens ont réussi à exister. Malgré une défaite contre la Côte d’Ivoire et le Cameroun, ils étaient toujours en course jusqu’à la dernière journée des éliminatoires.

Et comme par hasard, il fallait s’imposer face au Cameroun lors de cette ultime sortie pour décrocher la qualification. Les Aigles du Mali ont relevé le défi devant leur public de Bamako en l’emportant sur le champion olympique par 1-0. L’unique réalisation de Traoré Dramane (7e) a suffi à envoyer le Mali aux JO d’Athènes de 2004.

Pour leur première au tournoi olympique de football, les Maliens n’ont pas fait les choses à moitié. Ils ont tout de suite voulu marquer leur passage. Ils sont logés dans le groupe A du pays hôte de la compétition. Cela n’est pas suffisant pour les effrayer. C’est d’ailleurs contre l’équipe de la Grèce que les Aigles ont signé leur première victoire (2-0) avec un clean sheet à la clé.

Ceci après le 0-0 d’entrée face au Mexique. Contre la Corée du Sud, le Mali a fait jeu égal 3-3. Conséquence, il termine leader de son groupe A et reste invaincu durant cette première phase.

Au tour suivant, le Mali tombe sur l’Italie. Ce match a laissé planer le suspense durant plusieurs minutes. Les deux équipes se sont tenues en respect pendant le temps réglementaire. C’est dans les prolongations que Cesare Bovo inscrit le but de la victoire pour les Italiens à la 116e minute. Un coup dur pour les Aigles du Mali qui rêvaient de mieux. Ils voient leur aventure s’arrêter aux portes des demi-finales.

Lassine Diarra (O. Mohamed L. A. Vainqueur de la CAN U17 et demi-finaliste du Mondial U17 en 2017, ce milieu de terrain d’1 mètre 83 évolue depuis un an à l’ES Sétif dans le championnat algérien. Il était auparavant pensionnaire durant quatre saisons et demi de l’équipe réserve de l’AS Monaco (19 matchs en National 2, le 4e échelon), mais n’avait jamais eu sa chance en équipe première. Premier Bet offre un bonus d’inscription attractif pour tous les nouveaux joueurs maliens.

Agé de 23 ans mais né en 2000, avant la date limite du 1er janvier 2001, cet attaquant formé au Stade Malien est donc considéré comme un joker. Il évolue pour le club turc de Manisa (D2) depuis trois saisons. Il dispose déjà d’une belle expérience en pro (96 matchs), même s’il peut encore progresser dans le domaine de la finition (4 buts et 10 passes décisives).

La sélection olympique malienne affrontera finalement le Paris 13 Atlético et non pas le Stade Malherbe de Caen. "Ce sera de toute façon une belle soirée de football pour Brûlon", assure-t-on du côté du Auvers-Poillé-Brûlon FC, en charge de l'organisation : finalement ce n'est pas le Stade Malherbe de Caen mais le Paris 13 Atlético (National) qui va faire le déplacement en Sarthe ce mercredi 17 juillet pour y affronter la sélection olympique du Mali. Le coup d'envoi du match est fixé à 17h30. L'entrée est à 5 euros (buvette et restauration sur place).

L'équipe nationale U23 du Mali s'entraîne à Allonnes, près du Mans, pour les Jeux olympiques. Un dernier match de préparation est prévu vendredi 19 juillet (18h) au stade Georges Garnier d'Allonnes face à Bobigny 93.

Durant le mois de juillet, les Sang et Or vont s'entraîner face à des clubs de niveaux divers pour attaquer sereinement leur saison 2025-2026 en Ligue 2. Le premier match se jouera à La-Suze-sur-Sarthe, ce samedi 12 juillet 2025.

C’était le 30 Juillet 1994, devant 27.000 personnes au stade Vélodrome. Le Mans FC bâtait l’Olympique de Marseille, 3-2, pour le compte du championnat de D2. On vous raconte ce match mythique.

Au milieu du village olympique des JO de Paris, un salon de coiffure a ouvert ce jeudi 18 juillet. Pour la première fois, c'est un Français qui a été choisi. Le Manceau Raphaël Perrier va s'occuper des cheveux des 10.000 athlètes olympiques, avec son équipe composée d'une vingtaine de Sarthois.

Salif Keita : Une Légende du Football Malien

Salif Keita, à la poursuite du Diamant vert - 1967-1972

Albert Batteux disait de lui que s’il était né dans un grand pays de football, Salif Keita aurait été l’égal du roi Pelé. Ce fils d’un modeste camionneur est animé depuis son plus jeune âge d’une folle envie de réussir. Le bambin rêveur intègre le club des pionniers de Ouolofobougou, et y débute en professionnel.

Il glane à seulement 16 ans, grâce à ses belles performances, une première sélection avec les Aigles, coaché alors par Ben Oumar Sy. Une seule saison lui suffit pour se tailler une solide réputation auprès des recruteurs de talents des clubs de la capitale. En 1964, il signe pour le Stade malien de Bamako, avec qui il perd la première finale de la Ligue des champions africaine, alors nommée Coupe des clubs champions africains, en 1965 devant les Camerounais de l’Oryx de Douala. Il n’a alors même pas soufflé encore ses vingt bougies.

Il cède une nouvelle fois lors de la seconde édition un an plus tard, cette fois avec le Real de Bamako, face aux ivoiriens du Stade d’Abidjan. Mais le jeune prodige récolte tout de même le titre de meilleur buteur de la compétition avec quatorze buts inscrits en huit rencontres et remporte trois titres de champion du Mali avec les "Scorpions".

Pourtant, l'attaquant malien reste l’homme sans titre continental puisqu’il doit aussi s’incliner avec son équipe nationale en finale de la Coupe d’Afrique des Nations en 1972, au Cameroun, face au Congo. Déjà considéré comme une star dans la capitale et dans tout le pays, l’attaquant, déjà aussi complet qu’imprévisible dans le geste, tape dans l’œil de Charles Dagher.

Ce Libanais installé à Bamako, grand supporter de l’AS Saint-Etienne, voit en le jeune buteur un crack susceptible d’apporter à son équipe de cœur la puissance et l’efficacité qui lui font parfois défaut dans la surface de vérité. Et de prendre la plume pour alerter les dirigeants stéphanois du talent de Salif Keita. Plusieurs lettres sont échangées, et le président des Verts, Roger Rocher, se laisse convaincre et invite la supposée pépite malienne à venir passer un essai.

En novembre 1967, Salif Keita n’hésite pas à quitter clandestinement son pays et part au Libéria à Monrovia pour prendre le premier avion, mais sans prévenir le club de son arrivée... Arrivé deux jours avant la date prévue à l’aéroport d’Orly, il attrape un taxi et lui donne comme adresse "le stade de Geoffroy Guichard, à Saint-Etienne".

Le chauffeur s’étonne, l’adresse étant à plus de 500 kilomètres, mais Salif Keita, sûr de lui, affirme que le club paiera la course. Doué d’une technique en mouvement hors du commun, d’un sens du but inné, il est rapidement intégré par Batteux dans l’animation offensive des Verts, aux côtés de Rachid Mekloufi, devenant le leader technique d’une équipe qui raflera tout sur le territoire français. La nouvelle recrue débute en championnat le 19 novembre 1967 à Monaco.

Il ne lui faut que sept minutes de temps de jeu pour trouver le chemin des filets, une victoire facile à la clé, 3 buts à 0. Le premier d'une longue série pour celui qui deviendra deuxième meilleur buteur du club en championnat, avec 125 buts en 149 matches, pour trois titres de champion de France, un Ballon d'Or africain obtenu devant l’Ivoirien Laurent Pokou et l’Egyptien Ali Abo Greisha et un "Soulier d’argent" (récompense pour le deuxième meilleur buteur européen avec 42 buts sur l’année 1972, finissant derrière le bombardier allemand Gerd Müller).

Il sera l'un des détonateurs des épopées européennes qui suivront en inscrivant le troisième but du match retour face au Bayern Munich, alors que les stéphanois avait perdu la première manche 2 buts à 0. Sens de l'équilibre pour lui, du déséquilibre pour ses adversaires. Un ange en dehors de la pelouse, un diable sur le rectangle vert. Il n'épargnera rien non plus à ses coéquipiers.

Lors de sa première saison, Georges Bereta parie avec le Malien et promet de cirer ses chaussures à chaque pion marqué. Salif inscrit 12 buts en 18 matches... En 1972, il décide de rejoindre Marseille et met fin à son histoire forézienne pour retrouver ses deux anciens coéquipiers Carnus et Bosquier, malgré l’opposition de son président Roger Rocher. Lors de sa première apparition face à... Saint-Etienne, la recrue claque un doublé.

Mais la concurrence avec Magnusson est trop forte malgré une complicité extraordinaire avec Josip Skoblar. Il prend alors la direction de l'Espagne et du FC Valence où il évolue durant trois saisons. Lors de sa première année chez les "Chés", le premier africain de Mestalla côtoie la légende Alfredo Di Stéfano, alors entraîneur de Valence. Il jouera également une saison avec Johnny Rep, qui fera, lui, la trajectoire inverse en allant dans la péninsule ibérique, avant de rejoindre plus tard l'ASSE.

Après un passage au Sporting, à Lisbonne, avec lequel le premier joueur malien à signer chez les Leões remporte la coupe du Portugal en 1978, il traverse l'Atlantique et rejoint New England Tea Men et la NASL, la ligue pro américaine. Il met fin à sa carrière de joueur deux ans après son arrivée, mais restera cinq années durant aux Etats-Unis afin d'y suivre des cours à la Suffolk University de Boston où il décroche un diplôme de gestion.

Il laisse l'image d'un buteur hors pair, mais aussi d'un homme libre qui a pris une part importante dans l'arrivée des meilleurs footballeurs africains dans les grands clubs européens. Lorsqu’il est élu président de la Fédération malienne en juin 2005, Salif Keita devient le premier ancien joueur à accéder ainsi au pouvoir sportif en Afrique subsaharienne. Il restera quatre années à la tête de l’institution avant de la quitter, usé par l’inertie du pouvoir et les jeux politiciens.

Décoré par la FIFA en 1996 avec l'Ordre du mérite, la plus haute distinction de l'organisation, un stade porte, depuis septembre 2009, son nom à Cergy-Pontoise. Conscient que le football, c’est la formation des jeunes, l’oncle des deux anciens joueurs pro Seydou Keita et Mohamed Sissoko avait ouvert le Centre Salif Keita en 1994, devenu depuis un club professionnel et une référence au Mali et en Afrique en matière de formation des jeunes footballeurs.

Le réalisateur guinéen Cheik Doukouré s'est inspiré de la vie de Salif Keïta pour son film "Le Ballon d'or" en 1994. Dans ce film Salif Keita joue le rôle de l'entraîneur (Karim) qui forme le jeune garçon, futur star du ballon rond.

Il existe une anecdote célèbre sur son arrivée en France: il a fait le trajet entre l'aéroport d'Orly et Saint-Étienne en taxi. Cette anecdote sera reprise dans une chanson de Monty, issu de l’album "Les Supporters" sorti en 1976 pour encourager Saint-Étienne avant sa finale de C1, dont le refrain est "Taxi ! Taxi !

Le 31 mars 1971 à Colombes, Keita affronte sur le terrain le Roi Pelé lors d’un match amical entre Santos et "une entente ASSE-OM ". Résultat, le Malien vole la vedette au triple champion du Monde en réalisant un énorme match.

Les réalisations de Salif Keita en Club et en Sélection

Le tableau suivant récapitule les principales réalisations de Salif Keita au cours de sa carrière :

Compétition Réalisations
Championnat du Mali 3 titres
Ligue des Champions Africaine Meilleur buteur (14 buts en 1966)
Ballon d'Or africain Vainqueur
Championnat de France 3 titres
Coupe du Portugal Vainqueur en 1978
Soulier d’argent Deuxième meilleur buteur européen (42 buts en 1972)

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