À l'ombre des frères Karabatic ou Lebrun, Brieuc et Philippine Delemazure vont vivre leur rêve olympique en famille. Ils ont accroché autour du cou leur accréditation de sélectionnés en équipe nationale de hockey sur gazon.
Elle s’appelle Philippine, lui se prénomme Brieuc. Ils n’ont pas forcément un prénom commun, d’ailleurs comme le troisième rejeton de la famille. Brieuc et Philippine Delemazure participent tous les deux aux Jeux olympiques avec l’équipe de France de hockey sur gazon.
Meurtre de Philippine : le drame et la polémique #cdanslair 25.09.2024
Brieuc Delemazure face à l’Allemagne, lors du premier match de l’équipe de France dans ce tournoi olympique de hockey sur gazon (défaite 8-2).Il est défenseur et droitier. Elle est attaquante et gauchère.
Pour ces figures du Lille Métropole Hockey Club, une des places fortes de la discipline dans l'Hexagone, tout commence à l'adolescence de l'un, à la tendre enfance de l'autre.
Nous le savons toutes et tous, les Jeux de Paris 2024 approchent à grands pas. L’occasion ici de mettre en avant des sportives plus motivées que jamais par cet événement. Philippine Delemazure est une joueuse de Hockey sur gazon, sport Olympique depuis 1980 pour les femmes (1908 pour les hommes).
Un héritage familial dans le hockey sur gazon
« On a un grand-oncle qui a été gardien de l’équipe de France, rappelle Brieuc Delemazure (22 ans). Pour ma part, j’ai commencé à quatre ans à Valenciennes. Ma sœur, de trois plus petite, me regardait m’entraîner.
Ils ont tous deux attrapé le virus du hockey sur gazon, en même temps il semblait difficile d’échapper à cette pratique très répandue dans le Nord, à moins de chercher des noises à ses parents.“Chez les Delemazure, dans la famille de mon père, le hockey, c’est tout.” Son père est celui qui l’a inscrite au hockey. L’oncle de son père a joué en équipe de France; tout comme son frère Brieuc, qui est aujourd’hui vice-champion du monde avec l’équipe nationale des moins de 21 ans.
Dans cette fratrie issue d'une famille où l'on pratique ce sport depuis trois générations, on retient le franc-parler de « Philou », pétrie d'admiration pour son aîné, « personne [qu'elle] admire le plus » et dont elle qualifie le niveau de « monstrueux ».
« Je le dis souvent, il est mon exemple depuis le début, pose la Nordiste. Quand il a été en équipe 1, je n'avais qu'une envie, c'était moi aussi d'être en première. Lorsqu'il a été appelé en équipe de France A, pareil. Comme je suis plus jeune, lui m'ouvre la voie et moi, j'ai juste à y aller. On n'est pas du genre à se parler énormément, chacun fait son chemin, on se regarde du coin de l'oeil et on s'aide comme ça. Mais on ne va pas se dire des mots d'amour pour progresser. »
C'est même tout l'inverse quand l'attaquante des Bleues se retrouve crosse en main face à son défenseur de frangin, biberonné au hockey depuis l'âge de 4 ans.
Brieuc : « Quant à moi, j’ai commencé le hockey à 4 ans. J’avais envie de faire d’autres sports que j’ai brièvement testé, mais mon père m’a forcé à faire du hockey parce que c’était un sport de famille. Quelque part il avait raison. Le hockey c’est totalement ma passion aujourd’hui.
Brieuc : « Ma famille, côté Bouthors, est une famille historique du hockey français. L’oncle de mon père, l’actuel manager de l’équipe Elite du Lille MHC, a été le gardien de l’Equipe de France. Et mes cousins avec le Lille MHC ont tout gagné en 2012.
Elle s’appelle Philippine, lui se prénomme Brieuc. Ils n’ont pas forcément un prénom commun, d’ailleurs comme le troisième rejeton de la famille.
Parcours et Préparation aux Jeux Olympiques
Originellement, le hockey sur gazon (oppose deux équipes de 11 joueurs, dont 1 gardien, sur un grand terrain synthétique) est purement amateur, mais il se professionnalise aujourd’hui. Cette année, Philippine s’entraîne comme une athlète professionnelle. À 18 ans, elle a pris une année de césure afin de se consacrer pleinement à la préparation des prochains Jeux olympiques. Elle intégrera une école de commerce international l’année prochaine.
Dès qu’elle en a eu l’âge, Philippine a pris la crosse. Pour cela, elle a pu compter sur ses proches, avec lesquels elle partage un véritable amour pour le hockey. Elle a ensuite participé aux coupes d’Europe en moins de 16 ans. Au lycée, elle était à l’internat au CREPS (Centre de Ressources, d’Expertise et de Performances Sportives) de Wattignies, en sport étude. Elle a d’abord joué dans l’équipe du Nord, l’équipe de la région de ses 12 à 16 ans.
« J'hésitais à être surclassé en Première Division alors que j'étais en moins de 16 ans, rembobine Brieuc. Mes parents étaient stressés, se demandaient si ce n'était pas trop tôt, si je n'allais pas me blesser... Frédéric Soyez, qui était alors coach du LMHC (avant d'être le sélectionneur actuel des Bleus), leur a dit que toute expérience était bonne à prendre pour aller jusqu'aux Jeux parce que c'était peut-être ma génération qui allait les faire. J'avais 15 ans, ça me paraissait super loin. »
« Moi, c'est au moment où on a su que la France allait organiser les JO (le 13 septembre 2017), embraye Philippine Delemazure. Fred est venu me voir et m'a dit : "Si tu veux les faire, c'est maintenant que tu dois commencer à travailler." Les Jeux, ça me faisait déjà rêver. J'ai eu des étoiles dans les yeux. Moi, Philippine Delemazure, 10 ans, c'est possible que je fasse les Jeux Olympiques ? OK, ça m'intéresse ! »
« Contrairement à mon frère, j'ai fait le saut en allant au sport-études de Wattignies de la seconde à la terminale, et c'est à partir de là que le projet olympique ne m'a plus quittée.
« Contrairement à mon frère, j'ai fait le saut en allant au sport-études de Wattignies de la seconde à la terminale, et c'est à partir de là que le projet olympique ne m'a plus quittée, dit-elle. J'avais ça en tête quand, au lieu de sortir avec mes amis, je restais chez moi parce que j'avais entraînement le soir ou match le lendemain.
Avec la bénédiction de parents « assez fiers de nous aujourd'hui », qui ont consenti beaucoup de sacrifices, parfois au détriment d'Hugo, leur frère aîné âgé de 24 ans, « qui a finalement trouvé sa voie ailleurs que dans le hockey », les deux ont mis leur cursus étudiant sur pause. Lui avant sa 4e année d'école d'ingénieur, elle une fois son bac en poche, en s'accordant une année de césure préalable à son entrée en fac d'éco-gestion à la rentrée.
Les Défis et les Préparatifs
Si on ne se sent pas encore dans les favorites on a encore le temps de progresser. Je ne suis pas stressée ; comme on n’a pas encore fait les entraînements sur le terrain, je ne réalise pas encore qu’on fait les JO. On prépare “officiellement” les Jeux depuis septembre. C’est depuis cette période qu’on a plus de moyens, pour les stages par exemple. On a aussi fait un très gros travail physique. Pendant 2 mois, on a complètement arrêté le hockey en équipe de France, on ne le faisait qu’avec nos clubs.
Ce qui a été difficile c’est la fatigue et le fait d’être loin de sa famille, de ses amoureux/amoureuses, et faire beaucoup de matchs, tout le temps bouger. En janvier on a dû être 4-5 jours chez nous donc je pense que c’était ça le plus dur. Là on commence à être contentes de rentrer, de passer un peu de temps chez nous.
L’équipe de France a disputé 6 matchs officiels qui lui ont permis de gagner 1 place au classement mondial. L’équipe de France aura à coeur de briller devant son public cet été. Rendez-vous dans quelques semaines pour suivre la suite de la préparation de Philippine et ses coéquipières pour les JO de Paris 2024.

Brieuc et Philippine Delemazure, prêts pour les Jeux Olympiques.
Faits marquants et Palmarès
Les faits marquants et le palmarès de Brieuc et Philippine Delemazure avec l'équipe de France sont présentés ci-dessous :
Brieuc Delemazure
- Jeux olympiques d'été
- Championnat d'Europe :
- 12 août 2025 : France - Angleterre (3 - 2)
- 9 août 2025 : France - Pologne (5 - 3)
- 8 août 2025 : Allemagne - France (3 - 2)
- Jeux olympiques d'été :
- 2 août 2024 : France - Afrique du Sud (2 - 5)
- 1 août 2024 : France - Grande-Bretagne (1 - 2)
- 30 juillet 2024 : Espagne - France (3 - 3)
- 28 juillet 2024 : Pays-Bas - France (4 - 0)
- 27 juillet 2024 : Allemagne - France (8 - 2)
Philippine Delemazure
- Jeux olympiques d'été
- Championnat II d'Europe :
- 5 août 2023 : France - République tchèque (2 - 0)
- 4 août 2023 : France - Ukraine (2 - 0)
- 2 août 2023 : France - Autriche (5 - 0)
- 31 juillet 2023 : Pays de Galles - France (1 - 3)
- 30 juillet 2023 : France - Lituanie (8 - 0)
- Match amical :
- 22 juillet 2023 : France - Écosse (3 - 2)
Anecdotes et l'esprit d'équipe
Habituée aux entraînements mixtes dans les catégories jeunes, faute de main-d'oeuvre féminine comme souvent dans cette discipline qui ne compte que 12 000 licenciés, Philippine Delemazure a remis ça chez les adultes cette saison, préparation olympique oblige, en étant la seule fille invitée aux séances hebdomadaires de l'équipe première masculine du Lille Hoc'.
Alors ça chambre dans les contacts entre frère et soeur, laquelle se forge ainsi une armure pour défier le haut niveau. « C'était toujours hyper dur physiquement, reconnaît-elle. Les gars me mettaient 30 mètres en 2 secondes, mais ça m'a aidée. Rien que dans l'implication physique, je n'ai pas peur de me prendre des coups d'épaule et d'en mettre. Les Allemandes font trois têtes de plus que moi, donc ça me prépare aussi à ça. Même techniquement, il y a un énorme gap. La justesse technique m'a obligée à faire des gestes plus rapides et plus propres aussi. »
Clément : « Si c’est marquer au sens marquer des buts, je pense qu’avec mon cousin Brieuc, on a fait carton plein dimanche dernier. Sinon, je sais qu’il y a eu beaucoup de Delemazure dans le hockey français ! Et pour l'anecdote, oui, un tournoi final de championnat de France U12 joué à Lille. Avec mon équipe des Girondins à la 3e place et celle de mon cousin Brieuc, Lille MHC, à la première.
Brieuc : « (rire) Avec mon copain, on était les « ptits jeunes » quand on a intégré l’équipe Elite. On essaie depuis de nous affirmer, de faire notre place à part entière. Dans notre équipe, personne n’est véritablement leader, on n’est plus dans la hiérarchie. On est avant tout une équipe, un groupe de copains, là pour partager notre passion, rire ensemble, performer ensemble et gagner ensemble ! Et je m’applique avec les autres à entretenir cette belle amitié et le respect qui existent entre nous tous.

L'esprit d'équipe est essentiel pour Brieuc et ses coéquipiers.
Les 100 ans du hockey français
Nous l’attendions, et c’est fait ! Nos championnats Elite Hommes et N1 Hommes ont leur 100ème buteur ! Le centenaire de la Fédération Française de Hockey, créée en 1920, est l’occasion de rassembler toutes les forces vives du hockey français en 2020.
Brieuc : « Un événement top. Mettre en avant les 100 ans du hockey en France, c’est vraiment bien. C’est assez incroyable de se dire que ça fait déjà 100 ans que le hockey se joue en France, de penser qu’au début du siècle dernier, on le pratiquait déjà !
Brieuc : « Ah je trouve que c’est un excellent choix que d’avoir retenu le Coq Sportif pour équiper l’Equipe de France ! C’est une très belle marque, élégante, et française. J’aime beaucoup ! Oui, je la porterai avec plaisir !
Nous félicitons encore une fois Clément et Brieuc pour leur but et nous leur souhaitons le meilleur avec les Girondins et le Lille MHC ! Ils remportent un lot Le Coq Sportif. Merci à notre partenaire pour sa participation dans le cadre du centenaire du hockey français.
Elle va connaître une première historique aux Jeux pour les Françaises. Lui célébrer le retour des Bleus dans ce grand monde, cinquante-deux ans après la dernière participation tricolore aux JO (Munich 1972).
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