Histoire du Football Club La Chaux-de-Fonds

Le Football Club La Chaux-de-Fonds (FCC) est un club de football suisse basé à La Chaux-de-Fonds, dans le canton de Neuchâtel. Fondé en [date de fondation], le club a connu des périodes de succès et de défis tout au long de son histoire. Cet article explore les moments clés, les figures emblématiques et les réalisations notables du FCC.

Les débuts du club

Le football suisse de la première partie du XXe siècle est un football consistant, peut-être pas à placer dans le haut du panier mais capable de belles prouesses.

André "Trello" Abegglen: Une légende du football suisse

Véritable stratège-buteur, le merveilleux André Abegglen, surnommé "Trello", est une sorte de Di Stefano des premiers âges. Avec son crâne chauve et son apparence fragile, il a été un modèle de footballeur d'avant-guerre. Né en 1909, il effectue ses débuts à Cantonal Neuchâtel, avant de devenir déjà champion de Suisse à l’âge de 18 ans sous les couleurs des Grasshoppers. Cet avant-centre si précoce a de qui tenir: ses frères aînés Jean (3 fois international) et surtout Max (68 fois international) sont déjà des footballeurs de renom.

Le titre en poche, il rejoint l'Étoile Carouge et décroche une première sélection en équipe de Suisse alors qu’il n’a pas encore fêté son 19ème anniversaire. Passé par Neuchâtel puis un détour à Saint-Eugène en Algérie, il renoue avec le grand club des bords de la Limmat. En 1931, il ajoute un second titre de champion à son palmarès. Après le Mondial italien, Trello signe de l’autre côté du Jura, à Sochaux. Les Doubistes trustent sans scrupule le haut du tableau tout au long des années 1930, né à l’instigation des industriels de l’Est du pays, la famille Peugeot en tête. Porté par ses compères d'attaques Roger Courtois et André Maschinot, le "Petit Suisse" frappe très fort: avec 30 buts en 28 matchs, il termine meilleur buteur de première division et contribue grandement au premier sacre national des Lionceaux.

Nommé entraîneur-joueur pour sa seconde saison, il se distingue par un septuplé inscrit face à l’US Valenciennes dès la reprise, le 25 août 1935. Une première dans l'histoire du football français. Cela n’empêche toutefois pas les résultats de son club d’être insuffisants. Il est démis de son poste d’entraîneur dès décembre 1935. Victime chronique des blessures, il joue de malchance et s’écroule après avoir marqué en quart de finale de la Coupe de France contre le SC Fives le 26 mars 1936. Nouveauté, l'Helvète devient le tout premier footballeur à se faire opérer du ménisque. Ses coéquipiers deviendront à nouveau champions de France, mais sans lui… (il sera considéré tout de même comme champion avec ses 2 buts en 5 rencontres en début de saison).

Malgré les blessures et les coups des adversaires, il plante 63 pions en 103 matchs en tant qu'entraîneur-joueur des Grenat au début de la guerre. Devenu entraîneur-joueur à La Chaux-de-Fonds, il est de nouveau rappelé en équipe nationale au printemps 1943 après trois ans d’absence. Malheureusement, victime d'un accident de train qui transportait son équipe du FCC lors d'un déplacement, il décède un an après à cause d'une blessure mal traitée qui s'est transformée en septicémie.

Charles Antenen: L'icône de La Chaux-de-Fonds

Charles Antenen n’a pas encore 16 ans lorsqu’il débute sous la tunique de La Chaux-de-Fonds, face au FC Cantonal en 1945. Néanmoins, comme le soulignera son fils André, sa philosophie de vie et le style de jeu qui fera son succès sont deja bien ancrés en lui. Règles éthiques fortes, force du collectif et circulation de balle rapide permettant au jeune attaquant d’utiliser toute sa palette technique et rapidement devenir l’attraction principale de la région. Antenen s’affirme dans l’élite, suivant la progression fulgurante de son club formateur, destins liés créant désormais bien des tourments chez les cadors habituels. La presse ne se lasse pas de sa frappe puissante et de sa rapidité, il marque le but de la qualification en finale de Coupe face à Bellinzone.

Un superbe chassé-croisé à Zurich qui vit Igoa de Valence ou Pahiño, le lecteur de Dostoïevski, donner l’avantage à la Roja avant que Kiki n’offre une égalisation méritée en trompant le Basque Ezaguirre. Comme le soulignera Albert Tripod dans la Semaine Sportive, « Antenen se souviendra longtemps de l’ovation qui déferla des gradins et de la tribune. » La Chaux-de-Fonds remporte son premier trophée cette année là, la Coupe face au FC Granges, en trois manches et un inévitable doublé d’Antenen. En 1949, Antenen tape dans l’œil d’émissaires italiens. La Lazio lui offre une prime à la signature de 100 000 francs suisses, ainsi qu’un salaire mensuel de 6 000 francs pour une période de deux ans. Mais n’ayant pas encore de métier fixe pour son retour au pays et sachant les portes de la sélection fermées en cas de départ, Charles refuse.

Il offre la victoire à son pays sur une erreur grossière d’Antonio Carbajal. La Chaux-de-Fonds remporte une nouvelle coupe en 1951 face au FC Locarno, doublé d’Antenen évidemment, avant qu’il ne commette le seul écart de sa carrière en signant pour Lausanne. Une seule saison qui se révélera bien décevante. Retourné au bercail, Charles n’a plus qu’un objectif en tête, le Mondial 1954 à domicile.

Le 12 novembre 1953, alors que la Nati enchaîne les défaites et que la presse ne cesse de déprécier ses talents par rapport à ceux de la génération 1938, Antenen va rendre chèvre l’infortuné sanglier Roger Marche. Lors de la première phase de sa Coupe du monde, la Suisse est placée dans un groupe exclusivement européen et compétitif. L’Italie de Boniperti, la Belgique de Coppens et une Angleterre revancharde après son calamiteux Mondial 1950. Malgré sa bonne forme, le coach Rappan se passe d’Antenen face à l’Italie. La suite lui donne raison, la Nati obtient une brillante victoire. Charles fait son retour dans le onze face aux Anglais qui viennent de concéder un incroyable nul quatre partout face aux Belges. Un calvaire pour Antenen qui, victime d’une insolation, rate tout et se fera huer par son public. Il reste néanmoins une possibilité d’accéder aux quarts, au detour d’un match d’appui face aux Italiens.

À Bâle, la Suisse du gardien Eugène Parlier va certainement réaliser sa plus grande performance. Antenen ne marque pas mais Giovanni Viola ira chercher la gonfle quatre fois dans ses filets. Le public du stade La Pontaise de Lausanne ne le sait pas encore mais il va vivre, ce 26 juin 1954, l’un des matchs les plus fous de l’histoire de la compétition. Un match connu sous le surnom de la Hitzeschlacht von Lausanne, la bataille de la chaleur. Il fait plus de 40°C, la Nati se transforme en ouragan… 3 à 0 au bout de 19 minutes, les Autrichiens sont KO debout, en particulier son gardien Kurt Schmied qui souffre d’hyperthermie. On peut penser cet avantage définitif, on se trompe lourdement… Six minutes plus tard, les Autrichiens ont égalisé et iront même prendre les devants grâce au délicieux Ernst Ocwirk. Un feu d’artifice, le score est de 5 à 4 pour l’Autriche à la pause ! Et encore, Körner a raté un penalty… En seconde période, les acteurs de ce moment d’anthologie seront légèrement moins prolifiques, les Autrichiens l’emportent finalement 7 à 5.

Bien qu’ayant à nouveau réalisé le doublé en 1955, ils sont snobés par le journal L’Équipe et ne sont pas conviés à la première édition de la Coupe d’Europe ! Le quotidien parisien choisit inexplicablement le Servette.

« Les Suisses, c’est en première mi-temps qu’ils furent les plus beaux, notamment Vonlanthen et Antenen« , écrira Emile Birbaum pour La Semaine Sportive. C’est pourtant bien les Pictes qui repartent avec les deux points de Bâle. Une joie de courte durée pour l’Ecosse, elle prend une déculottée à Madrid quelques jours plus tard, mais elle demeure toujours la mieux placée dans la course. Antenen n’est pas sur le terrain face au Chardon. Le sélectionneur Spagnoli tente le coup de poker d’associer le duo du Francesco Chiesa et Ferdinando Riva du FC Chiasso à l’éternel Robert Ballaman. Riva égalise à la 35e minute mais Jackie Mudie, de Blackpool et grand homme de ces qualifications, enterre définitivement les maigres espoirs helvétiques.

Kiki déplore publiquement le manque d’ambition du sélectionneur : « En jouant l’attaque, nous aurions peut-être pris deux buts de plus, mais nous aurions aussi marqué, car leur défense n’était pas invulnérable. Une fois de plus nous sommes entrés sur le terrain pour nous défendre, pour prendre le moins possible de goals, avec la crainte du ridicule, de la correction...

Au sein d’un groupe équilibré où le dernier finaliste suédois et la Belgique de Paul Van Himst se disputeront avec la Suisse l’unique sésame. Antenen, la trentaine passée, sera l’homme des qualifications. A Bruxelles, il signe un triplé ! « De la finesse, de la classe, de la clairvoyance… » Chahutés à Stockholm, Rappan choisit l’arme de la vivacité en attaque au retour, avec ses trois mercenaires, Allemann, Pottier et Eschmann. Avec succès, Antenen signe le premier but d’une victoire indispensable. Mais son chef-d’oeuvre, il ira le chercher à Berlin, lors des barrages face à ces mêmes Suédois.

Antenen est le meneur du groupe helvétique au Chili, le capitaine. La Suisse ne peut rien face à la fougue de la bande de Leonel Sánchez et voit Szymaniak briser le péroné d’Eschmann d’un tacle assassin. A 10 pendant la majorité du match, les Suisses concèdent leur deuxième défaite en autant de matchs…

Didier Antenen, le fils de Charles, ignore si son père avait programmé son dernier match sous la tunique à croix blanche face à l’Italie. Antenen joue encore trois saisons, misant sur sa technique, sur la perfection de ces centres. Charles ne semble pas vieillir et La Chaux-de-Fonds retrouve subitement des couleurs puisqu’ils sont à nouveau champion en 1964 ! Le troisième sacre pour Antenen… Et le bastion neuchâtelois ne fait aucun complexe, il élimine les Verts de Saint-Étienne dans la compétition reine !

Charles de La Chaux-de-Fonds, témoin des pérégrinations d’Alfred Bickel le héros de 1938 à Anton Allemann de Mantoue, 14 ans de Nati à vivre les éternels retour de Karl Rappan. Antenen, un exemple ? Peut-être… Un esthète ? J’ai allègrement puisé dans le magnifique site construit par André Antenen, consacré à son père Charles.

Athlétiquement fin mais résistant, celui que le public appelait "Kiki" cachait une vitesse de démarrage ravageuse, distribuait ses ballons avec une autorité dont il a le secret et une incroyable détente verticale. Pied droit, pied gauche, volée, tir en course, dribbles variés, intelligence du jeu, buteur, passeur émérite, il savait vraiment tout faire. Impossible de trouver la plus petite faille dans son jeu. Ce suisse n'a pourtant pas voyagé en mercenaire, de club en club. Si l'on excepte une escapade décevante à Lausanne, "Tschalet" a toujours porté les couleurs chaux-de-fonnière. Il est en effet de tous les titres remportés par les jurassiens. Six Coupes de Suisse (1948, 1951, 1954, 1955, 1957, 1961) et trois titres de champion (1953-1954, 1954-1955, 1963-1964). Impressionnant ! Ajoutez trois participations (1950, 1954, 1962) au Mondial, ce qui fait de lui le premier footballeur helvétique à avoir joué 3 phases finales de Coupe du Monde, et vous approcherez de la dimension exacte du bonhomme !

Autres joueurs notables

  • Umberto Barberis

Palmarès du FC La Chaux-de-Fonds

Le FC La Chaux-de-Fonds a remporté plusieurs titres importants au cours de son histoire :

  • Championnat de Suisse : 3 titres (1953-1954, 1954-1955, 1963-1964)
  • Coupe de Suisse : 6 titres (1948, 1951, 1954, 1955, 1957, 1961)

Malheureusement, victime d'un accident de train qui transportait son équipe du FCC lors d'un déplacement, il décède un an après à cause d'une blessure mal traitée qui s'est transformée en septicémie.

La Suisse, sans Antenen, sera du Mondial 1966, pour un résultat du même acabit que celui du Chili. Le début d’une longue éclipse, d’une série de défaites honorables qui durera jusqu’à la génération Chapuisat et une superbe victoire face à l’Italie. En route pour le Mondial américain !

[On a visité] le Musée d’histoire de La Chaux-de-Fonds

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