Polémique autour de l'interdiction du maillot du PSG à Marseille : Retour sur une décision controversée

La finale de la Ligue des Champions entre le Paris Saint-Germain (PSG) et le Bayern Munich a suscité une vive polémique à Marseille, suite à un arrêté préfectoral interdisant le port de signes distinctifs du club parisien. Cette décision, motivée par des craintes de troubles à l'ordre public, a rapidement été abrogée face à un tollé général. Retour sur les événements et les enjeux de cette affaire.

Un arrêté controversé

La décision initiale de la préfecture de police interdisait "à toute personne se prévalant de la qualité de supporter parisien ou se comportant comme tel" de circuler dans un périmètre autour du Vieux-Port. Ce que disait l’arrêté en question : Dimanche entre 15h00 et 3h00 du matin, la “présence de supporters du PSG ou de personnes se présentant comme tels et se comportant comme tels” devait être interdite autour du Vieux-Port, où de nombreux bars retransmettent les matches, par mesure de sécurité. Depuis la veille, Emmanuel Barbe, le préfet de Police des Bouches-du-Rhône justifiait son arrêté interdisant la présence de supporters du PSG ou de "personnes se présentant comme tels" dimanche à Marseille par sa volonté d'éviter les incidents qui ont eu lieu mardi : "Pourquoi j'ai pris cette décision ? Tout simplement parce que lors de la qualification du PSG en finale, ça s'est mal passé." "Il y a eu des incidents dans le centre. Un supporteur du PSG qui a été coursé dans les rues de Marseille, ça a failli mal se finir. Il y a eu aussi d'autres incidents", ajoutait le préfet. Un supporteur du PSG a été coursé dans les rues de Marseille, ça a failli mal se finir. Il y a eu aussi d'autres incidents", expliquait le préfet pour justifier sa décision.

Motivations et justifications

La préfecture de police a justifié cette mesure en expliquant que son intention était "d’éviter la réitération des troubles à l’ordre public survenus autour du Vieux-Port lors de la retransmission de la demi-finale" et que cette décision avait "pour seul objet de protéger les supporters parisiens" dans la cité phocéenne. "Cet arrêté avait pour seul objet la protection des supporters parisiens et ne visait en aucun cas à restreindre la liberté de circulation, explique la préfecture. Les autorités rappellent que leur idée de départ était “d’éviter la réitération des troubles à l’ordre public survenus autour du Vieux-Port lors de la retransmission de la demi-finale” gagnée par le grand rival de l’Olympique de Marseille contre le RB Leipzig (3-0), mardi.

Les raisons de l'incompréhension

Si la préfecture justifie l'abrogation de l'arrêté à cause de "l'incompréhension suscitée", le professeur de droit public à l'université de Grenoble-Alpes Serge Slama estime plutôt que l'arrêté n'était pas légal. Serge Slama explique même que cet arrêté préfectoral posait un grave problème de principe. "L'article de loi sur lequel se basait la préfecture est le même que celui utilisé lors de 'manifestations sportives' et qui s'applique parfois lorsque des supporters vont en déplacement", explique-t-il. Or, la ville de Marseille n'accueillant pas de match dimanche soir, l'arrêté était donc inadapté. "Ca devient assez habituel de mettre en place des législations spécifiques sur les supporters, s'indigne Serge Slama.

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Rétropédalage et réactions

Face à la polémique grandissante, la préfecture a finalement abrogé l'arrêté. Une mesure finalement abandonnée en raison de la polémique qui a suivi. L’arrêté a provoqué un véritable scandale ces derniers jours. De quoi créer une énorme polémique alors que cette mesure « avait pour seul objet la protection des supporters parisiens, et ne visait en aucun cas à restreindre la liberté de circulation ». Dépassées par ces nombreuses réactions inattendues, les autorités locales ont donc décidé de reculer. Finalement, ce vendredi, la préfecture de police a décidé d'abroger cette décision, face aux nombreuses contestations sur la toile, et s'en explique dans un communiqué. Le même préfet de police a revu sa décision, face à "l’incompréhension" suscitée. Il a donc abrogé l’arrêté pris 24 heures plus tôt. L'arrêté polémique a été abrogé vendredi matin.

L'abrogation et les recommandations

Dans son communiqué, la préfecture assure que son intention était “d’éviter la réitération des troubles à l’ordre public survenus autour du Vieux-Port lors de la retransmission de la demi-finale” et que cette décision avait “pour seul objet de protéger les supporters parisiens” dans la cité phocéenne. Finalement, le même préfet de police a revu sa décision, face à "l’incompréhension" suscitée. Il a donc abrogé l’arrêté pris 24 heures plus tôt. Plutôt que de leur interdire d’exprimer leur future joie (ou leur future déception), la préfecture préfère donc "inviter instamment les supporters parisiens qui assisteront à des retransmissions de la finale à Marseille à ne pas porter de signes ostentatoires dans l'espace public et à faire preuve de modération dans leurs éventuelles célébrations afin de ne pas être pris à partie". Cependant, la préfecture “invite instamment les supporters parisiens qui assisteront à des retransmissions de la finale à Marseille à ne pas porter de signes ostentatoires dans l’espace public et à faire preuve de modération dans leurs éventuelles célébrations afin de ne pas être pris à partie”. Il est finalement revenu sur cet arrêté, lui préférant des recommandations. "Je voudrais aussi dire à ceux qui avaient cherché la bagarre avec des éventuels supporteurs du PSG que la loi pénale s'applique aussi à eux sans que j'ai besoin de prendre un arrêté. Donc j'entends que le centre de Marseille reste calme et immun ces bagarres", maintient le préfet.

Les implications plus larges

Cette affaire met en lumière les tensions persistantes entre supporters des deux clubs rivaux, ainsi que les problématiques liées à la gestion des foules et à la liberté d'expression dans le contexte du football. Elle souligne également les limites des arrêtés préfectoraux, souvent perçus comme des atteintes aux libertés individuelles.

Le député LREM Sacha Houlié, co-auteur d’un rapport parlementaire remarqué sur les interdictions de stade et le supportérisme, explique que "Finalement, cette affaire est presque salutaire, parce qu’elle permet de mettre en lumière les aberrations que l’on voit quasiment chaque week-end en Ligue 1".

Rivalité OM-PSG : Une histoire de tensions

Si de nombreuses oppositions régionales, appelées "derby", font partie de l'histoire du championnat de France (Lyon-Saint-Étienne, Metz-Nancy, Lille-Lens...), la rivalité OM-PSG, elle, est particulière. Les auteurs expliquent que cette opposition provient de l'intérêt commun de Canal+, propriétaire du PSG, un club jeune et encore peu populaire à l'époque, et de Bernard Tapie, le président de l'OM. Les deux directions auraient signé un pacte pour attiser les passions entre les supporters de ces villes car les clubs y avaient tous deux intérêt, à un moment où l'OM surclassait le championnat. Trente ans plus tard, si la rivalité sportive n'a jamais vraiment été au rendez-vous (les deux équipes se sont rarement affrontées directement pour le titre de champion de France), force est de constater que cette opposition, créée de toute pièce, a perduré.

Depuis 2011, les interdictions de déplacement des supporters sont devenues banales dans le football français

Depuis 2011 et l'adoption de la loi Loppsi 2 sur la sécurité intérieure, les interdictions de déplacement des supporters sont devenues banales dans le football français, comme celle des fans de Sochaux, aujourd'hui à Auxerre en L2. Elle a déclenché un véritable tollé. Sur ce coup, on se fait encore remarquer, avec la complicité du préfet en plus. Mais il faut combattre et dénoncer toutes les mesures liberticides, pas seulement celle-là.»Incompréhension chez les supporters de l'OMChez les Marseillais croisés au hasard, même incompréhension. Farid va plus loin : «C'est quoi la suite pour les supporters parisiens qui vivent à Marseille ? «Bon courage aux policiers pour faire appliquer cette idée saugrenue, expliquait une source anonyme au ministère de l'Intérieur.

Tableau récapitulatif des événements

Date Événement Conséquence
Mardi 18 août 2020 Demi-finale de la Ligue des Champions : PSG vs Leipzig Incidents à Marseille
Jeudi 20 août 2020 Arrêté préfectoral interdisant le port de maillots du PSG Polémique et indignation
Vendredi 21 août 2020 Abrogation de l'arrêté préfectoral Recommandations de modération aux supporters parisiens

tags: #maillot #psg #interdit