L'histoire de l'équipe de Hongrie de football : gloire passée et espoirs futurs

L'équipe de Hongrie de football a une histoire riche et complexe, marquée par des périodes de gloire, des moments de crise politique et des figures emblématiques qui ont façonné le sport. En 2016, les Hongrois ont disputé leur premier Euro depuis 44 ans, tentant de s'affranchir de leurs anciennes gloires tout en leur faisant honneur. Son entrée en lice contre l'Autriche (18h00) lui a permis de savoir où elle en était.

Ferenc Puskas et ses coéquipiers à la Coupe du Monde de 1954 - Source : STAFF / AFP

L'apogée du football hongrois : le "Onze d'or"

Jusqu’au début des années 70, la Hongrie possédait l’une des meilleures équipes nationales du monde. Son «Onze d’or» a notamment marqué les années 50. Triple championne olympique (1952, 1964, 1968), demi-finaliste des championnats d’Europe 1964 et 1972, elle a été finaliste des Coupes du monde 1938 et 1954. Ses stars étaient des joueurs de légende comme le méconnu Gyorgy Sarosi, Ferenc Puskas, Sandor Kocsis et Florian Albert, vainqueur du Ballon d’Or 1967.

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Le football de clubs n’était évidemment pas en reste : en 1965, Ferencvaros remportait la C3 tandis que le MTK Budapest disputait la finale de C2. Ferencvaros a également joué deux autres finales (C3 en 1968, C2 en 1975). Ujpest, lui, a été finaliste de la C3 en 1969.

Le légendaire "Onze d'or" hongrois des années 1950

Gusztav Sebes : l'architecte du succès

L'architecte de cette équipe mythique n'est pas un entraîneur comme les autres. Né en 1905 à Budapest d'une famille juive autrichienne, Gusztav Sebes a vécu en France quelques années, occupant le poste de contremaître chez Renault, et celui de footballeur au Club olympique de Billancourt. De retour en Hongrie, il devient à la fois vice-ministre des Sports du gouvernement communiste, et sélectionneur national. Dans ses travaux tactiques, Sebes calque le football sur le communisme. Dans son équipe, chaque joueur peut aller et venir à sa guise. Les permutations sont libres, et les responsabilités offensives et défensives également réparties.

« Peu importe le nombre de buts que concède mon équipe, l'essentiel est qu'elle en marque un de plus », disait Sebes, sélectionneur de la Hongrie de 1949 à 1956. Si beaucoup de techniciens ont de tout temps prononcé de façon hasardeuse cette maxime ambitieuse et démagogique, Sebes a réussi à la mettre en pratique, construisant de toutes pièces le « Onze d'or hongrois », considéré comme l'une des plus belles équipes de football de l'Histoire.

Le "Match du Siècle"

En 1952, à l'occasion de la première sortie officielle à l'extérieur du bloc de l'Est, les Hongrois remportent la médaille d'or aux Jeux olympiques d'Helsinki. Mais le véritable événement survient l'année suivante, quand les Hongrois deviennent les premiers footballeurs non britanniques à battre l'équipe d'Angleterre à Londres, sur le score de 6 buts à 3. Ce 25 novembre 1953, Anglais et Hongrois disputent à Wembley une partie qui n'a d'amicale que le titre. La sélection aux trois lions est emmenée par le Sorcier du dribble Stanley Matthews, futur premier Ballon d'or de l'histoire en 1956. Mais c'est l'avant-centre magyar Hidegkuti, positionné en retrait sur le terrain, qui inscrit le premier but du match… en moins de soixante secondes. Dépassés par les innovations tactiques hongroises, l'Angleterre et son rigoureux système individuel en formation « WM » sont ringardisés.

Après la rencontre, le défenseur de Blackpool Harry Johnston prononce les mots « tragédie » et « impuissance totale ». La presse anglaise qualifie cette humiliation de « match du siècle ». Les Anglais seront encore rouges de honte l'année suivante en étant balayés le jour de la revanche : au Nepstadion de Budapest, le Onze d'or hongrois l'emporte 7 à 1. En 2021, il s'agit toujours de la plus large défaite jamais concédée par les Three Lions.

Équipe de la Hongrie pour son match contre l'Angleterre.

Coupe du Monde 1954 : le "Miracle de Berne" et la désillusion

Au coup d'envoi de la Coupe du monde 1954 organisée en Suisse, la Hongrie n'a pas perdu le moindre match depuis 1950. Portée par son jeu offensif aussi inédit que spectaculaire et par le talent de Ferenc Puskas, la Hongrie atomise ses trois adversaires en phase de poules : la Corée du Sud (9-0), l'Allemagne de l'Ouest (8-3) et la Turquie (7-2). Le Onze d'or hongrois élimine ensuite - avec un peu plus de difficultés - le Brésil en quart (4-2) dans un match surnommé par la presse de l'époque « La bataille de Berne » et le champion du monde uruguayen en demie (3-2, après prolongation). En finale, les hommes de Sebes retrouvent l'Allemagne de l'Ouest, mais s'inclinent à la surprise générale (3-2).

La finale de la Coupe du Monde 1954 entre la Hongrie et l'Allemagne

Sous un déluge de pluie qui alourdit le terrain et ne favorise pas le jeu de passe magyar, Puskas et Czibor marquent deux buts dans les dix premières minutes, avant d'être muselés par la puissance ouest-allemande. La presse parle désormais de « Miracle de Berne », mais était-ce vraiment un miracle ? On sait que les joueurs de Sepp Herberger disposaient grâce à Adidas de meilleurs crampons vissés - mieux adaptés au terrain gras, mais ce n'était pas leur seul avantage. En 2010, une étude universitaire allemande a confirmé les soupçons présents depuis longtemps : les joueurs allemands auraient été dopés à la pervitine, la « drogue du soldat », pour magnifier leur performance. Comme souvent dans l'histoire du foot, les romantiques ont perdu face aux pragmatiques.

Le déclin et l'exil

En 1956, les chars russes envahissent Budapest afin de mettre un terme à l'insurrection, et de rétablir le régime communiste dans le pays. Cette action politique sonne le glas de la magie du Onze d'or hongrois. À l'instant où les chars soviétiques pénètrent dans les rues de Budapest, les meilleurs joueurs hongrois disputent un match de Coupe d'Europe à Bilbao avec le club de Honved (un club, pour l'anecdote, dirigé par le ministère de la Défense hongrois !). Nombre d'entre eux ne rentreront pas au pays. Bannis par le gouvernement hongrois puis étrangement suspendus par la Fifa, Kocsis et Czibor finiront par signer à Barcelone, quand Ferenc Puskas, « le Major galopant », s'engagera au Real Madrid après des années d'errance.

La sélection hongroise continuera d'exister encore quelques années au plus haut niveau (victoire aux JO 1964 et 1968, troisième place à l'Euro 1964, demi-finaliste de l'Euro 1972), avec notamment l'émergence de Florian Albert, Ballon d'or en 1967. Le déclin s'amorce dans les années 1970. La Hongrie ne dispute aucune compétition internationale entre 1986 et 2016.

Ferenc Puskas : une légende éternelle

Même s'il n'a disputé que la finale de la Coupe d'Europe des Clubs Champions en 1960, Ferenc Puskas reste éternellement associé au grand Real Madrid des années 60 qui s'est adjugé les cinq premières C1, et de son duo avec Alfredo Di Stefano qui fera des étincelles, devenant l’un des premiers grands tandems de l’histoire. Mais avant tout ça, il a d'abord connu une brillante carrière au Honved Budapest de 1943 à 1956, un club passé sous le contrôle de l'armée en 1949 d'où il tire son surnom.

En 1945, il débute par une victoire face à l'Autriche (2 buts à 0), qui marque aussi le début de l'aventure des "Magic Magyars", cette équipe qui s'impose peu à peu comme la référence du football en Europe. Celle qui, avec son style novateur et offensif, crucifie l’Angleterre à Wembley en 1953, 6 buts à 3. Doublé de Puskas (et triplé de Nandor Hidegkuti). C’est la première fois que les Anglais sont battus sur leur propre terrain.

Ferenc Puskas en 1954

Malheureusement atteint de la maladie d'Alzheimer à la fin de sa vie, qui le contraignait à vendre aux enchères ses précieux trophées pour payer son traitement, l'étoile du foot hongrois disparaît le 17 novembre 2006 à l'hôpital Kutvolgyi de Budapest. Depuis le jour de sa mort, les hommages n’ont jamais vraiment cessé. Une journée de deuil national est décrétée le jour des obsèques dans le stade principal de Budapest rebaptisé à son nom avec les présidents de la FIFA et de l’UEFA, Sepp Blatter et Michel Platini, et même Franz Beckenbauer.

L'équipe actuelle : Nagy, Kleinheisler et l'influence de Bernd Storck

La Hongrie s’appuie sur l’expérience de son gardien Kiraly (40 ans, plus vieux joueur de l’histoire de l’Euro) et du milieu Gera (37 ans). Dzsudzsak (29 ans, ex-PSV Eindhoven) et l’ancien grand espoir Nemeth (27 ans, ex-Liverpool) encadrent aussi les jeunes que sont Nagy et Kleinheisler. Âgé de 20 ans, le premier est déjà indispensable à la sélection depuis ses débuts en septembre dernier. Titulaire devant la défense, élu meilleur espoir du Championnat avec Ferencvaros, il est aussi à l’aise du droit que du gauche et possède une belle technique héritée du futsal. Joueur préféré du Premier ministre Viktor Orban, le meneur roux Laszlo Kleinheisler (22 ans) est un héros national depuis qu’il a permis la qualification du pays à l’Euro en marquant lors du barrage en Norvège. Il y a seulement six mois, il ne jouait même pas avec… la réserve de Videoton. Il a rejoint le Werder Brême en janvier dernier.

Façonnée par l’Allemand Bernd Storck (53 ans) depuis l’été dernier, cette Hongrie est limitée mais arrive à avoir des résultats. Rigoureuse, elle n’a perdu que deux fois en dix matches de qualifications et elle adore le contre. Les Magyars possèdent une belle capacité pour fermer le jeu afin de tenir un résultat quand ils n’arrivent pas à conclure. Bricoleur, Storck n’hésite pas à remplacer les supposées stars pour parier sur des jeunes ou des joueurs moins connus. Ainsi, il se passe parfois de l’irrégulier Nemeth et fait confiance à Nikolic. Et l’incroyable découverte Kleinheisler est totalement à son crédit.

Le football hongrois aujourd'hui

Aujourd'hui, plus aucun membre du Onze d'or n'est encore en vie pour regarder les footballeurs hongrois affronter l'équipe de France championne du monde, mais le Premier ministre Viktor Orban, passionné de ballon rond, s'inspire de ses prédécesseurs dans l'utilisation politique du football. S'il ne dispose d'aucun talent comparable à ceux des années cinquante, sa grande victoire est d'accueillir à Budapest quatre rencontres de l'Euro.

En se baladant du côté de Pest, difficile d'ignorer que l'entreprise est réussie. Outre le stade Ferenc Puskas, l'enceinte au nom de Nandor Hidegkuti, où les Bleus se sont entraînés dimanche, a été rénovée ces dernières années. La Bozsik Arena, du nom de Jozsef Bozsik, le milieu de terrain du onze d'or, a été inaugurée en 2021 et a notamment vu l'équipe de France espoirs s'incliner face aux Pays-Bas fin mai lors de l'Euro U21 (1-2).

Les stades emblématiques de Hongrie

Le stade Ferenc Puskás, situé à Budapest, est l’un des stades les plus emblématiques de Hongrie. Il porte le nom du légendaire footballeur hongrois Ferenc Puskás, considéré comme l’un des meilleurs joueurs du XXème siècle. Le stade est le domicile de l’équipe nationale hongroise et parfois du club de Ferencváros TC lors des matchs de Coupe d’Europe afin d’accueillir un maximum de monde pour soutenir « Fradi » (leur surnom). Il peut accueillir plus de 67 000 spectateurs.

Situé également à Budapest, le Stade Groupama Arena est le domicile du club de football Ferencváros TC, l’un des clubs les plus populaires de Hongrie. Le stade a une capacité de plus de 22 000 spectateurs et est connu pour son atmosphère assez bouillante lors des matchs à domicile de l’équipe.

La Pancho Aréna, situé à Felcsút, à la périphérie de Budapest, est le domicile du club de football Puskás Akadémia FC. De l’extérieur c’est un véritable bijou architectural aux antipodes des stades modernes que nous pouvons connaitre.

Le Groupama Arena à Budapest

Rivalités historiques dans la Ligue de Football Hongroise

Dans la Ligue de Football Hongroise, les rivalités historiques se dévoilent à travers des duels épiques entre clubs emblématiques. Ces confrontations sont le cœur battant du football hongrois, captivant les fans et créant des moments inoubliables.

Le derby entre le Ferencváros TC et l’Ujpest FC est l’un des duels les plus enflammés et emblématiques du football hongrois. Cette rivalité, profondément enracinée dans l’histoire du sport en Hongrie oppose deux clubs basés à Budapest, la capitale du pays. Ferencváros, surnommé « Fradi » et Ujpest FC ont fait perdurer cette rivalité au fil des saisons.

Parmi les autres duels, il y a le derby entre Ferencváros TC et le MTK Budapest FC. Ces deux équipes se sont affrontées à de nombreuses reprises, chaque match chargé d’une intensité palpable et de fierté régionale.

Debreceni VSC et Ujpest FC sont des rivaux historiques en Hongrie, trustant les premières places du championnat au cours de leur histoire.

Le Ferencvárosi Torna Club : un club emblématique

Le Ferencvárosi Torna Club est l’un des clubs de football les plus historiques et emblématiques de Hongrie. Fondé en 1899 à Budapest, le club a accumulé un impressionnant palmarès de trophées nationaux et a représenté fièrement la Hongrie dans des compétitions européennes.

Au niveau national, le Ferencváros a remporté de nombreux championnats hongrois (Nemzeti Bajnokság I) au cours de son histoire glorieuse, faisant de lui l’un des clubs les plus titrés du pays. Le club a également ajouté plusieurs Coupes nationales hongroises (Magyar Kupa) à son tableau de chasse.

En compétitions internationales, le Ferencváros a participé à des tournois prestigieux tels que la Ligue des champions de l’UEFA et la Ligue Europa de l’UEFA où il a représenté la Hongrie avec fierté. Bien qu’il n’ait pas remporté de titre majeur en Europe, sa participation à ces compétitions témoigne de son statut de club de haut niveau sur la scène européenne.

Les supporters de Ferencváros jouissent d’une belle cote et les tribunes de la Groupama Arena sont toujours très bien remplies.

Tableau des distinctions majeures de l'équipe de Hongrie

CompétitionDistinctionAnnée(s)
Jeux OlympiquesMédaille d'or1952, 1964, 1968
Coupe du MondeFinaliste1938, 1954
Championnat d'EuropeDemi-finaliste1964, 1972

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