Le Paris Saint-Germain, club emblématique de la capitale française, possède une histoire riche et passionnante, intimement liée à ses maillots et à leurs couleurs distinctives. Des premières créations de Daniel Hechter à l'influence de l'ère qatarie, plongeons au cœur de cette évolution.

Les Débuts : L'Héritage de Daniel Hechter
Nous sommes en 1973. Lorsque le couturier Daniel Hechter prend la présidence du Paris-Saint-Germain, la formation végète en troisième division. Tout est à créer ou presque, Hechter s’entoure d’un attelage hétéroclite (Just Fontaine, Jean-Paul Belmondo) pour dynamiser un club qui n’en est encore qu’à ses balbutiements.
Avant de songer à demain, il lui faut en priorité poser les bases. Première décision prise par le couturier, fixer une bonne fois pour toutes le dessin et les couleurs du club qu’il entend mener vers les sommets. Trois couleurs qui font sens : les deux premières sont celles de la ville de Paris tandis que le blanc est la couleur de Saint-Germain-en-Laye, résidence historique des Rois de France et ville associée au projet parisien.
Au fil des années, cette combinaison s’est imposée dans le cœur des supporters ; dès qu’on y touche, ils deviennent chafouins. De nos jours pourtant, rester fidèle à la tradition ne semble plus suffire.
Quand le Noir S'invite : Modernité et Ambition
Comment réaliser ce prodige alors que l’on est tantôt garant tantôt otage de ferventes couleurs ? Une manipulation à même de contenter tout le monde. Pourtant, si l’on se plonge dans les archives du club, on se rappellera que le PSG a déjà joué en cette couleur.
La scène se déroule à quelques encablures des Champs-Elysées, dans ce triangle d’or qui a coutume d’accueillir les défilés de la Fashion Week. Pourtant, ce 10 septembre, dans ce grand appartement haussmannien de l’avenue de Friedland, ni catwalk, ni étoffes griffées. Il s’agit d’une tunique noire, élégante, cadrant avec l’atmosphère raffinée du lieu et les ambitions nouvelles du club de la capitale.
Entre petits fours et coupes de champagne, on nous explique que la tenue sera portée lors de certains matchs de Ligue des Champions, graal de la planète football et objectif prioritaire du PSG cette saison. Nous avions d’un côté le blanc immaculé phocéen, de l’autre l’obscurité parisienne. Et aujourd’hui, quels messages la nouvelle direction veut-elle nous faire passer avec ce noir réinterprété ?
Il s’agit d’abord d’un signal fort. Depuis l’arrivée des pétro-dollars, les stars affluent sur le terrain et dans les tribunes, on voit même Nicolas Sarkozy en loges lors des matchs disputés au Parc des Princes, preuve d’une position de force retrouvée sur l’échiquier sportif.
L'Ère Qatarienne : Tradition et Modernité
N’en déplaise à ceux qui prédisaient le pire, la gestion du club est logique et assainie, Jean-Claude Blanc, son discret directeur général s’est bien gardé de multiplier les coups d’éclats inutiles sur le marché des transferts et l’on s’occupe désormais même de formation au Camp des Loges. Il y a donc un plan dans la tête de Nasser al Khelaifi, Président du Conseil d’Administration du PSG, une volonté de conjuguer tradition et modernité.
Mais il y a autre chose. Pas un hasard donc si l’on voyait, lors de la présentation presse, Sophie Laban, communication manager de la marque à la virgule, ouvrir son carnet d’adresses très glamour pour cet évènement quasi-mondain ! En mettant le monument en avant, Nike et le PSG ne vendent rien de moins que l’idée de France au grand public. Et contre toute attente, il s’agit d’un thème qui fait encore recette.
On remarquera au passage que cette réévaluation de l’image de notre pays est due à deux acteurs qui lui sont étrangers : d’un coté Nike, équipementier américain, de l’autre QSI, l’actionnaire majoritaire du club parisien qui n’est autre que le fonds d’investissement souverain de l’émirat du Qatar.
De là à dire qu’il vaut mieux être en dehors de la communauté nationale pour savoir vendre l’image de Paris et de la France, il n’y a qu’un pas, que l’on pourrait franchir allègrement. Loin du French bashing, dans l’imaginaire collectif international, la France est aujourd’hui synonyme d’Arts, d’Histoire, de mode et de patrimoine. C’est aussi, en matière de musique electro, la French Touch.
Le club de la capitale a donc mélangé tous ces ingrédients pour produire une vidéo promotionnelle truffée de références. On y voit les joueurs parisiens tout de noirs vêtus tâter le cuir dans les jardins des châteaux de Fontainebleau et de Saint-Germain. Autour d’eux, la garde républicaine. En fond sonore, la musique de Vincent Belorgey dit Kavinsky. Le tout dans une vidéo soignée réalisée par Mathieu César, clippeur de Daft Punk, que l’on présente souvent comme « le prince noir de la photographie de mode ».
Très rapidement, les supporters ont repéré la combine. La marque souhaite développer une tenue aux couleurs du drapeau du Qatar. Les supporters cité par le journal Le Parisien ne sont pas du tout satisfaits de cette nouveauté.« J’ai la sensation que cela va être un sujet de polémique. Si on me le donne, je le porterai mais je n’irai pas l’acheter. (…) Je pense qu’il aurait été plus judicieux d’attendre l’année de la Coupe du monde au Qatar. Cela aurait fait un joli clin d’œil », a indiqué un fan historique du club dans le quotidien régional.
Ce lundi, le club de la capitale a en effet lancé sa nouvelle gamme intitulée HERITAGE. Le premier cité redonne ainsi vie à un haut arboré par les hommes d'Artur Jorge au cœur d'une saison où le Paris SG aura terminé sur la dernière marche du podium de Ligue 1, derrière l'ASM et l'OM, champion cette année-là.
Les amoureux de l'écurie francilienne retrouvent notamment sur ce modèle au blanc dominant la forme de la Tour Eiffel, dessinée en bleu et rouge et directement liée à l'écusson du club. La tunique "away" inverse elle ces couleurs, le bleu régnant sur un blanc plus timide toujours combiné au rouge traditionnel des pensionnaires du Parc des Princes.
Que les fans du PSG se rassurent, ces rééditions sont en fait le début d'une longue série. « Régulièrement, le Paris Saint-Germain revisitera ainsi la légende du club, un retour dans le temps teinté d’instant et de plaisir pour se replonger dans les souvenirs et les partager avec la nouvelle génération [...] », précise notamment le communiqué publié pour l'occasion par l'actuel leader du championnat de France.
Depuis 2013, le logo du PSG n'affiche plus le berceau, ni l'année 1970, sous la tour Eiffel. Le logo du Paris Saint-Germain , c'est tout une histoire.
Alors que le club de la capitale se prépare à affronter Manchester United, en huitième de finale retour de la Ligue des champions, mercredi soir, Fabrice d'Almeida, l'historien d'Europe 1, s'est penché sur les évolutions de son emblème.Un logo rond, composé de bleu, de blanc et de rouge, avec la Tour Eiffel en son centre.
"C'est presque une cocarde" qui fait une "synthèse des couleurs de la ville de Paris, le bleu et le rouge" avec celle de la monarchie, le blanc, explique Fabrice d'Almeida.En 2013, le berceau disparaît. Mais ce n'est pas tout.
Entre les piliers de la Tour Eiffel apparaît une fleur de lys dorée qui, depuis 2013, masque une disparition. "C'est avec ce logo que le PSG a gagné la Coupe des coupes en 1996" qui reste, à ce jour, le seul trophée européen inscrit à son palmarès.
Deux ans après le rachat du PSG par le Qatar en 2011, le logo a donc évolué. Les nouveaux propriétaires, voulant privilégier Paris à Saint-Germain-en-Laye, ont décidé de faire disparaître le berceau.
C'est pourquoi le nouveau logo, depuis 2013, présente Paris écrit en lettres capitales au-dessus de la tour Eiffel. Elle a été "grossie et même dorée".
Historique des logos du PSG. [1970/2013]
Tableau récapitulatif des évolutions du logo du PSG
| Période | Description | Éléments clés |
|---|---|---|
| Avant 2011 | Logo avec berceau et année de fondation | Berceau de Saint-Germain-en-Laye, année 1970 |
| Après 2011 | Logo simplifié, mettant en avant Paris | Tour Eiffel agrandie et dorée, suppression du berceau, inscription "Paris" en capitales |
| Couleurs | Bleu, blanc, rouge | Représentent Paris et la monarchie |
