Dunkerque est tout proche de décrocher le premier titre de champion de son histoire. Sauf gros renversement de situation, l'USDK ne devrait plus être rejointe en tête de la D1. En s'imposant contre Aix vendredi soir (27-20), les Nordistes gardent en effet une marge de cinq points sur Paris et Montpellier, ses deux poursuivants.
Le 1er juin 2022 restera dans les annales du PAUC. On se souviendra que ce jour-là, les handballeurs aixois ont fini sur le podium de la Starligue, pour la première fois de leur histoire. Une performance majuscule pour une formation qui vit, à peine, sa dixième saison en Élite.
Hier soir, les hommes de Thierry Anti savaient qu'une victoire face à Dunkerque leur ouvrirait les portes du bonheur. Mais les partenaires de l'impeccable Gaby Loesch (7 buts) n'ont pas tremblé en prenant le match par le bon bout... du début jusqu'à la fin. Sans jamais trembler.
"C'est formidable, lançait grand sourire le président aixois Christian Salomez. Je pense que l'on mérite largement ce qui nous arrive. Après, je n'ai pas de regret pour le gain de la 2e place, sauf si Nantes s'écroule. C'est beau, les joueurs ont essayé de le faire, c'était leur pari. Mais nous sommes heureux de cette 3e place. C'est la progression rectiligne que l'on suit depuis des années. L'objectif Ligue des champions est ancré dans notre projet, d'ici deux ans, mais en attendant, nous continuons de progresser."
Même sentiment de fierté pour le coach Thierry Anti : "Nous méritons cette 3e place. Surtout de la verrouiller à deux journées de la fin, quand on pense aux équipes qui sont derrière nous. Il fallait que l'on finisse bien, les garçons l'ont fait. Être dans le top 5, ce n'est déjà pas facile... alors être troisième, c'est une sacrée performance. D'autant plus que nous sommes au-delà des objectifs fixés. Bravo aux joueurs, bravo au staff surtout après deux saisons compliquées à cause du Covid. C'est une grande fierté."
Hier le PAUC a marché sur son adversaire pendant plus de 60 minutes et l'écart a gonflé comme une baudruche de boeuf, si bien que le match était déjà plié après, à peine, 15 minutes (10-4). La suite ? Une démonstration collective avec une défense encore solide, mais à reconstruire pour la saison prochaine avec les départs conjugués de Konan et Pecina. Pardin a fait du Pardin (12 arrêts autoritaires) et Clarac a été chirurgical (5/6). Même les jeunes pousses Levavasseur et Maurel se sont fait un kiff en fin de match.
On ne saura que plus tard si cette 20ème journée a été un énième tournant du championnat de D1. Dunkerque a bien profité du faux-pas à domicile de Montpellier, Créteil s'est rassuré, Aix et Toulouse se sont donnés un peu d'air, Chambéry a eu chaud face à Saint Raphaël, tout comme Nantes à Tremblay. Le PSG lui, se prépare au sacre.
A la faveur d’un succès prévisible à Billère (24-32) qui officiellement est relégué en Pro D2 (20ème défaite de rang), Dunkerque est revenu avec 29 points à hauteur des Montpelliérains qui bénéficient d’une meilleure différence de buts. Il reste six journées et un déplacement des multiples champions de France dans le Nord programmé dans deux semaines.
A la clé de ce mano a mano, le droit de rejoindre Paris en Ligue des Champions, la saison prochaine. Pour Montpellier, une participation dans la compétition majeure est économiquement primordial. Sinon, il faudra revoir les ambitions à la baisse. Dunkerque est dans une excellente posture. Celle de l’outsider qui a tout à gagner dans l’affaire.
Après Sélestat et Créteil, c’est Nantes cette fois qui a crucifié pour la 3ème fois consécutive (24-25), les joueurs de Stéphane Imbratta. Tremblay devra se montrer plus rigoureux. La fin de saison s’annonce très compliquée.
Cueillis à froid (3-0 à la 4ème), les Bretons ont constamment couru après le score pour finalement atteindre la pause avec un handicap de 6 longueurs (17-11). Les partenaires de Mickaël Illès (meilleur bras de la soirée avec 8/8 réalisations dont 5 jets à 7 m) vont posséder jusqu’à 13 buts d’avance à moins d’un quart d’heure de la fin. Cesson qui restait sur deux belles victoires dont une à Chambéry, retombe dans ses travers. De son côté, Aix victorieux (36-23), n’est pas totalement sorti d’affaire concernant la relégation d’autant que la série qui arrive, ne sera pas de tout repos avec Paris, Nantes et St Raphaël.
Et la greffe a tout de suite pris ! Les onze buts du gaucher dans sa nouvelle tunique, combinés aux dix réalisations de Jérôme Fernandez, aux parades de Wesley Pardin et au sans faute de Miha Zvizej (7/7) ont permis à Toulouse de s'imposer assez largement (28-35) à Sélestat qui n'a jamais été en mesure d'exister. Série en cours de trois matches sans défaite pour le Fénix, c'est excellent pour le moral avant d'accueillir Chambéry.
Ce samedi, la guerre des nerfs (notamment pour les supporters du Phare), a duré jusque dans le money-time. A la 56ème minute donc, rien n'était fait. Après un temps mort posé par Mario Cavalli, la douche froide va s'abattre sur Chambéry avec l'exclusion de Guillaume Gille. Les locaux allaient plutôt bien négocier cette infériorité numérique d'autant qu'à son tour, le Raphaëlois Tomas était lui aussi sanctionné (27-25 à 2'30 de la fin). Le scénario de la double exclusion va se renouveler mais cette fois c'était Cyril Dumoulin qui était déterminant en repoussant un pénalty de Jan Stehlik. Chambéry s'imposait donc à l'arrachée (28-26) et préservait ses chances de qualification pour l'Europe. Pour St Raphaël, elles se sont éloignées.
Les joueurs de Pascal Léandri souvent dépassés par l’ampleur de la tâche n’ont rien pu faire. Il est urgent pour eux d’évacuer cette soirée cauchemar où rien n’a fonctionné à l’exception peut-être de la prestation de Thomas Zirn sur son aile droite. Les prochaines confrontations seront plus à la portée des Val-de-Marnais mais le Ivry-Créteil programmé dans moins de 15 jours sent déjà la poudre. Du côté de Paris, Luc Abalo (notre photo) à lui seul a tué la rencontre avant la pause (7 buts en 1ère MT et 3 ensuite) et même quand Philippe Gardent a fait tourner et lâché ses seconds couteaux, tout le monde s’est mis au diapason (succès 22-34). C’est sans doute à cela que l’on reconnait une grande équipe qui est décidément à l’étroit en LNH.
Adrien, ce vendredi vous allez affronter votre ancien club, tout comme Antoine Tissot, Alexandre Tritta et Hugo Brouzet (qui sera sans doute forfait) de l’autre côté. Cela ajoute-t-il du piment à ce match ?« J’ai joué là-bas deux ans et il y a encore des anciens coéquipiers avec qui j’ai noué des gros liens, notamment Tarrafeta, Desblancs et Parisini. C’est toujours particulier de jouer contre ses copains, mais le combat n’en est que plus beau. C’est pareil pour les anciens joueurs d‘ici qui sont au Pauc désormais. Comme moi, ils ont dû le cocher depuis longtemps sur le calendrier. Ils reviennent dans leur maison, ça va leur tenir à cœur de faire un gros match, de nous embêter et d’essayer de gagner. Ça promet donc un gros combat. Que le meilleur gagne, mais j’espère que ce sera nous.

Est-ce que la victoire à Dunkerque (30-25) , une équipe qui vous a permis de vous remettre la tête à l’endroit en plusieurs occasions cette saison, vous a enlevé quelques doutes ?« C’est vrai que cette année on a plutôt de la réussite contre Dunkerque. On les a joués trois fois, on a gagné trois fois. Au-delà de ça, ce qui était important, c’était de gagner à l’extérieur. On a réussi à le faire, enfin ! On sort de deux victoires (Istres et Dunkerque), ce serait bien de confirmer ça à la maison. En sachant qu’on avait perdu à Aix-en-Provence à l’aller, ce serait aussi une belle revanche et ça confirmerait la bonne dynamique dans laquelle on est. »Est-ce que cette confiance née de ces deux succès de suite s’est ressentie à l’entraînement cette semaine ?« Bien sûr. Tout le monde a compris son rôle maintenant, même si, avec les blessures, ça a été compliqué un certain temps. Et même si on n’est pas au complet vendredi soir, on va se battre avec nos armes.
«C’est un exploit dont tout le monde ne s’est pas rendu compte», se désole Jean-Pierre Vandaele, directeur du club de handball de Dunkerque. Des retrouvailles dans la mythique salle Dewerdt, partagées à 19 heures avec au moins 1 400 spectateurs.
Loin de l’enjeu sportif, ce choc des titans est organisé pour "faire revenir les joueurs, éclatés dans toute la France, et reconstituer l’équipe gagnante", explique Jean-Pierre Vandaele. À l’instar du capitaine de l’époque, Mohamed Mokrani, qui avait soulevé le Bouclier de Champion de France. Ainsi que Kornel Nagy, dernier en date à être parti à la retraite, après treize ans à Dunkerque.
C’est là toute la spécificité de la victoire de l’USDK selon Jean-Pierre Vandaele. "En 2014, on n’avait pas de vraie star pour gagner, mais une équipe exceptionnelle avec un esprit combatif et une envie de gagner. C’est l’exemple que Benjamin Afgour et Kornel Nagy essayent de partager avec les joueurs actuels, comme "deux témoins de l'esprit de 2014", détaille Jean-Pierre Vandaele. "On a parfois du mal à faire prendre la mayonnaise", concède-t-il devant les résultats de cette saison. Des résultats que Jean-Pierre Vandaele explique notamment par un retard de développement du club ces dernières années. "Alors que toutes les villes sont dotées d’une grande salle, nous, on attend encore la nôtre." Actuellement en construction près de la gare de Dunkerque, elle pourra accueillir 5 000 à 6 000 personnes d’ici 2028.
Dauphin de Paris lors de la saison 2012-2013, et en constant progrès lors des 5 dernières saisons, Dunkerque, après s’être offert une Coupe de France, une Coupe de la Ligue et un Trophée des Champions a acquis le titre de champion de France. Un tableau rare dans le handball français et plus que mérité.
Engagés sur tous les fronts, et les plus prestigieux, lors de la saison 2013-2014, puisqu’ils disputaient pour la première fois de leur histoire la Ligue des Champions en parallèle du parcours national habituel, les Dunkerquois partaient clairement dans l’inconnu. Et démarraient piano la saison officielle en se faisant battre par Chambéry en finale du Trophée des Champions. Voyant leurs failles, notamment sur quelques points de défense, ils mettaient alors les bouchées doubles pour être au point en championnat quelques jours plus tard.
Avec la meilleure défense de l’élite (602 buts encaissés), l’USDK pouvait voyager tranquillement, même si son attaque n’était pas la plus prolifique, loin de là (675 buts inscrits, 11e de D1). A l’affût, les coéquipiers de Vincent Gérard (299 arrêts, 2e meilleur gardien de D1) s’offraient la 1ère place lors de la 12e journée après avoir battu Paris dans un match épique au cours du 10e acte, puis Aix et Dijon.

Fou. Et bien loin de là. Se servant de leurs défaites en Ligue des Champions -desquelles ils ont beaucoup appris-, mais aussi de leur belle victoire face à Kielce, les Dunkerquois attaquaient avec ambition la phase retour. Certes, ils se faisaient sortir du Final Four de la Coupe de la Ligue par Montpellier en demi-finale (24-26) mais cela ne serait, rétrospectivement, pas si grave que cela car, tendus vers l’objectif ultime, les partenaires de Baptiste Butto (133 buts) allaient reprendre les clefs du camion pour ne jamais plus les lâcher.
En patrons, les protégés du président Vandaele allaient d’ailleurs mettre tout le monde d’accord en dominant Paris, sur son parquet lors de la 20e journée (25-27) puis Montpellier deux journées plus tard (25-26). Sacré avant l’heure, Dunkerque lâchait du lest seulement face Chambéry lors de la 25e journée (26-32) et pouvait s’offrir une très belle fête.
Pourtant, la nature même de Jérôme Fernandez fait qu’il échappe à ce type de mesures. Il est fier, bien sûr, de ces trophées, ces butins collectés au fil des épopées. Il l’est plus encore des amitiés nouées, les rencontres qui ont forgé son caractère et façonné une personnalité atypique et attachante.
#HANDBALL | Montpellier vs Dunkerque | Le résumé du match
Jérôme Fernandez n’a jamais appartenu à quelque clan que ce soit. Il a toujours été le bon camarade, à l’écoute des autres, indulgent, profondément généreux, capable d’empathie.
Cinq noms ont particulièrement retenu notre attention.Si André Goyheneix lui a donné «le goût du handball», René Vernet est celui qui l’a éduqué en tant qu’adolescent pendant les quatre années passées au Pôle Espoir de Talence. «C’est mon deuxième père, n’hésite-t-il pas dire, celui qui m’a permis de rester dans le droit chemin, de comprendre l’essentiel.»
Aux Girondins de Bordeaux, le stratège de Banja Luka a façonné le joueur Fernandez. Il a affiné sa technique individuelle, développé sa lecture du jeu. Pour améliorer son aisance, il l’a trimballé sur les trois postes de la base arrière. «Il m’interdisait de mettre de la résine pour m’obliger à bien tenir le ballon et me muscler les doigts, rigole-t-il. Il m’a fait progresser dans la passe, la relation avec le pivot, avec les ailiers. Avec lui, et quand j’ai joué en France Espoir, j’ai vraiment commencé à croire que je pourrais devenir un joueur professionnel.»
« Patrice m’a permis d’explorer d’autres facettes de ce jeu et m’a fait devenir un joueur vraiment complet. » La collaboration n’a pourtant duré que trois saisons, mais elle a enrichi le joueur et l’homme. A Montpellier, Jérôme Fernandez a surtout appris à défendre, et s’est construit physiquement. «Je n’étais qu’un demi-joueur en arrivant au MHB, juste capable de tirer fort et de marquer des buts. Physiquement, j’étais plutôt fluet et j’ai découvert avec lui les charges de travail, l’intérêt pour la musculation.»
Sur ses six saisons en Catalogne, il ne l’a côtoyé que les deux premières. Elles sont ancrées. « Valero m’a appris la culture du détail. Il s’intéressait plus au détail qu’au volume ou à l’intensité. Il disait que le jour où il n’aurait plus rien à me dire, c’est qu’il en aurait fini avec moi et que je devrais aller voir ailleurs. Avec lui, mon jeu est devenu plus fin, plus juste. Lors de la deuxième saison, il m’a donné les clés du camion, il a fait de moi le meneur de jeu du Barça. Ça m’a fait mûrir.»
Pendant ses dix-huit années en Bleu, il l’a côtoyé dans chaque hôtel, chaque salle, chaque trajet. Michel Barbot était le manager de l’équipe de France, tout à la fois intendant, organisateur, confident. «C’est un vrai passionné de handball. Je venais lui piquer un café dans sa chambre et je restais une demi-heure ou trois-quarts d’heures pour papoter. Il ne dormait que deux ou trois heures par nuit, le reste du temps il était à notre service. C’est lui qui venait toquer à notre porte le matin, et qui nous dégottait une paire de claquettes ou un short. Il était attentif à chaque requête.
Sacrés jeudi soir à la faveur de la défaite de Paris sur le parquet de Montpellier, Dunkerque vient de remporter son premier titre de champion de France. Quelques jours plus tard, les partenaires de Vincent Gérard devaient ravaler leur déception et démarrer la saison à Tremblay pour un match piège brillamment remporté (26-30). Au milieu de cela, les revers européens étaient sévères (33-23 contre Kielece et 25-28 face à Plock). La venue de Saint-Raphaël lors de l’Episode 4 sentait alors le souffre. A raison puisque les Varois prenaient le meilleur sur le parquet de Dewerdt (23-25). L’USDK n’imaginait alors pas devenir championne.
Dès la semaine suivante à Nantes dans un match au cordeau entre les deux défenses les impressionnantes de l’élite (19-22). Là, il se passait quelque chose. Galérant en Ligue des Champions, Dunkerque réussissait en D1 et tombait Ivry, Nîmes et Cesson-Rennes. Lors de la 9e journée, un nul face à Montpellier (25-25) laissait quelques regrets mais aussi de sérieux encouragements. Conscients de leurs niveau et même s’ils échouaient 2 fois face à Kiel en Ligue des Champions, les Dunkerquois allaient ensuite dominer Aix puis empocher leur première victoire face à Kielce (30-25). Idéal avant d’accueillir le champion en titre, Paris. Et de lui réciter une belle leçon (25-21). Là, l’appétit commençait sérieusement à s’ouvrir.
La seconde partie de saison s’ouvrait comme la première par la perte d’un titre. Celui de la Coupe de la Ligue en demi-finale face à Montpellier. Loin en Ligue des Champions, les Dunkerquois n’auraient presque plus que le championnat et la Coupe de France à gérer. Sûrement un atout. Très accrochés à Ivry (J15) dans un match qu’ils auraient pu perdre (22-23), les nouveaux champions de France faisaient le job conter Sélestat (30-22) et Nîmes (21-17) à la maison et accrochait un nul en Ligue des Champions (25-25 contre Porto). Pourtant une nouvelle claque les attendait : en 8e de Coupe de France, face à Nantes, la défaite était au rendez-vous. Un sévère 21-29 à la clef.
Intervenait alors le sprint final et les deux matchs clefs qui allaient définitivement décrochés les poursuivants. A Paris, le 25 mars dernier pour le compte de la 20e journée, l’USDK sortait une performance énorme de solidarité et prenait les deux points. Après avoir bien géré la réception de Cesson-Rennes (26-23), l’USDK réussissait un nouveau tour de force à l’extérieur, sur le parquet du MAHB (25-26) dans un combat dantesque avec un énorme Baptiste Butto (9 buts) et un incroyable Vincent Gérard (17 arrêts) après avoir été sévèrement menés par les hôtes.