Le maillot du Paris Saint-Germain est bien plus qu'un simple vêtement sportif. Il est un symbole d'identité, de fierté et d'appartenance pour les joueurs et les supporters. À travers les décennies, le design du maillot a évolué, reflétant l'histoire du club, ses succès et ses moments difficiles. Chaque année, joueurs et supporters de Ligue 1 cochent le déplacement au Parc des Princes en premier dans leur agenda.
Au stade comme dans la rue, porter la tunique bleu-blanc-rouge-blanc-bleu en province est un signe de ralliement qui ne laisse pas indifférent, surtout au sud de la Loire. Ce sont les larmes de Raí, les régalades de Ronaldinho, le (premier) grand huit contre l’OM, les ailes déployées de Pauleta, les titres en coupes, mais aussi l’union sacrée quand le club flirte avec la descente en Ligue 2.
Les Origines du Club et de ses Couleurs
Le Paris Saint-Germain Football Club est né officiellement le 27 août 1970. Les couleurs bleu et rouge font référence au drapeau bicolore de la ville de Paris - bleu à gauche et rouge à droite - et au blason de la capitale - une nef argentée sur fond rouge -, apparu pour la première fois sous le règne du roi Philippe Auguste (1165-1223), puis orné de fleurs de lys sous Charles V (1338-1380). Car outre sa forme, la présence de ces trois couleurs n’est pas anodine.
Le bleu et le rouge représentent en effet la ville de Paris qui dispose de ce code couleur sur son drapeau tandis que le blanc représente la ville de Saint-Germain-En-Laye. Issu de la fusion entre le Stade Saint-Germain et le Paris Football Club, le Paris Saint-Germain voit officiellement le jour le 12 août 1970.
Mais pour les plus fidèles supporters du club de la capitale, un seul design fait l’unanimité, celui imaginé et mis en place par Daniel Hechter. Fraîchement arrivé au club en mai 1973, Daniel Hechter impose directement sa patte.
L'Ère Daniel Hechter et le Design Emblématique
Daniel Hechter lui-même explique l'inspiration derrière son design emblématique : "Dans la rue, j’ai vu une Ford Mustang avec sa bande centrale sur le capot qui se prolonge sur le toit et j’ai transposé ça. Seul l’Ajax Amsterdam avait une bande centrale ; certains ont d’ailleurs cru que je m’en étais inspiré, ce qui n’étais pas le cas." Il ajoute : "Deux ans plus tard, un magazine italien a estimé que la tenue du PSG était la plus belle d’Europe".
De 1973 à aujourd'hui, voici l'évolution du maillot du PSG designé par Daniel Hechter
Est-ce que le grand couturier parisien a voulu rendre hommage à l’Ajax de Cruyff avec cette bande ? « Pas directement, même si Johan est un ami et que je partage son idée du football, replace Daniel Hechter dans l’ouvrage Ici c’est Paris de Thibaud Leplat. Pour moi, un stade, c’est le plus grand théâtre du monde. C’est là où il y a le plus de spectateurs.

Le maillot Hechter, un symbole du PSG.
Les Années 1980 : Évolution et Premiers Succès
Daniel Hechter parti en 1978 à la suite du scandale de la double billetterie du Parc des Princes, c’est Francis Borelli qui prend le relais et qui restera président pendant les 13 saisons suivantes. Sous l’impulsion de Francis Borelli, un autre membre du « gang des chemises roses » , Paris troque la bande rouge pour un linge blanc avec une bande rouge et bleu sur le côté gauche.
C’est avec celui-ci que le PSG soulève sa première Coupe de France (1982), réalise sa première campagne européenne l’année suivante (élimination en quarts de finale de C2 face aux Belges de Waterschei), empoche une deuxième Coupe dans la foulée (1983), puis remporte son premier titre de champion de France (1986). Le premier grand PSG, en somme.
Un design qui restera totalement identique pendant 5 saisons et notamment lors de la saison 1985-1986 qui restera à jamais dans l’histoire du club comme celle du premier titre de champion de France. En complément, la bande rouge pouvait aussi être entourée de liserés bleus sur fond blanc - se rapprochant encore plus de la liquette ajacide. Mais même celui-là est beaucoup plus classe que les dernières tuniques portées dans les années 2010, avec une mention spéciale pour la version bavette 2013-14.
Les Années 1990 : Nike et l'Innovation
Arrivé en 1989 en tant qu’équipementier du club de la capitale, Nike va d’abord s’inscrire plus ou moins dans la lignée des précédentes tenues avant d’imposer sa patte à partir de la saison 1992-1993. Les années 1990, cette décennie où le PSG a grandit sportivement et populairement.
Car 3 ans après avoir récupéré le Paris Saint-Germain, la firme américaine va en effet dévoiler coup sur coup deux tenues totalement inédite que l’ensemble des supporters parisiens n’espèrent plus jamais revoir ! Attaché à ce qui était devenu l’un des symboles fort du club, les supporters du Paris SG n’ont donc que très peu appréciés les libertés prises par l’équipementier américain et les équipes artistiques de Canal+, propriétaire du club depuis 1991.
On est alors à l’époque où George Weah, Raï et David Ginola illuminent les soirées au Parc des Princes, accompagnés de Bernard Lama, Alain Roche, Paul Le Guen ou Vincent Guérin. Si le domicile reste à la même couleur de fond, désormais les bandes forment une tour eiffel partant de l’épaule gauche pour arriver jusqu’au bassin. Ce choix a été inspiré par le logo de l’ancienne candidature de la ville de Paris aux JO 1992 .
Nouvelle tentative unique au même succès l’année suivante avec un modèle rouge à multiples bandes bleues (ainsi que les manches). Idem pour la 2ème tenue, bleue avec manches et bandes blanches et col rouge.
Si les deux dernières saisons ont pu décevoir au niveau des tenues de matchs, 1994/95 est une saison où Nike a entendu la demande des supporters. On est donc de retour dans une période appréciée avec des Hechter pour les saison 1995/96, 1996/97, 1997/98, 1998/99 et 1999/00.
De légères modifications sont faites chaque années au niveau du col, du ton de bleu, de l’effet brillant. Ch. Présence du sponsor Amiga à la place de Commodore sur plusieurs matchs. Sponsor unique opel, écusson tour eiffel sur le coeur légèrement plus haut que le logo Nike. En finale de C2 le club jouait sans sponsor. Extérieur: identique mais blanc et rouge. Sponsor unique Opel. Identique pour la tenue extérieur: col bleu et fine bande bleue retourné, même effet brillant. Hechter traditionnel: col bleu nuit retourné pour double teint de bleu. Hechter traditionnel: col ras bleu.
La saison 94-95 verra aussi le décalage sur la manche du logo « Tour Eiffel » de la tunique parisienne, remplacé par le logo « trois lettres » imaginé à l’époque par le directeur artistique de Canal+. 3ème du championnat de France, le PSG de Michel Denisot va surtout s’illustrer dans les coupes nationales puisque le club de la capitale remporte cette saison-là la coupe de France et la première édition de la coupe de la Ligue.
Des Années 2000 à Aujourd'hui : Quête d'Identité et Reconnaissance
Alors qu’en coulisse, Canal+ cède le PSG à Colony Capital lors de l’été 2006 et que Alain Cayzac devient le patron du club, sur le terrain le Paris Saint-Germain va vivre la plus mauvaise saison depuis l’exercice 1987-1988. 15ème en 2006-2007 puis 16ème la saison suivante, le club de la capitale flirte même avec la relégation cette saison-là. Ce qui ne sera en revanche pas le cas des tenues 2009-2010.
Car si le début des années 2000 avait vu la bande rouge historique décalée sur le cœur, la saison 2009-2010 se fera tout simplement sans la bande rouge mais avec 4 fins liserés. Créé en 1970, le PSG va connaitre une « deuxième naissance » lors de l’inter-saison 2011. De plus en plus proche des grands d’Europe sur le rectangle vert, le PSG est encore loin de ses confrères dans cette quête d’identité et de reconnaissance. Fidèle depuis 4 ans à sorte de bande centrale, la tenue domicile a pourtant connue quelques expérimentations au fil des saisons.
Mais à l’aube de la saison 2015-2016, les supporters parisiens ont eu l’agréable surprise de retrouver un peu de l’héritage de Daniel Hechter sur la nouvelle tunique parisienne.
L'Importance des Couleurs et des Symboles
Le choix n’est pas aussi évident qu’il peut paraître. Les ultras y sont farouchement attachés et ont demandé au club qu’une version soit proposée chaque saison, ce qui n’a pas toujours été le cas dans l’histoire du PSG.
Ces repères visuels des couleurs sont aussi des repères culturels qui racontent un club, une ville, une région, un palmarès, des joies et des drames…Comment inculquer aux jeunes tifosi milanais l’amour pour leur club en brouillant leur attachement sensoriel à leurs couleurs ? Celui-là même qui va faire d’eux des membres de la grande famille des Rossoneri, jeunes et anciens confondus !
Manchester City : Une Histoire de Couleurs Également Riche
Manchester City a officiellement été créé en 1894, mais son histoire remonte à beaucoup plus loin. L’église Saint Mark à Manchester a créé son équipe de cricket en 1975. Cinq ans plus tard, c’est une femme, Anna Connell, la fille du recteur en place, qui monte la section football. En 1887, le club devient Ardwick AFC en prenant domicile au quartier du même nom.
Curieusement, on n’a jamais su pourquoi cette couleur a été retenue. Lorsque l’on suggère une référence à Cambridge, il est répondu qu’aucun des membres du club n’a fréquenté la prestigieuse université. On suggère plutôt la franc-maçonnerie, d’où seraient issus certains des membres. Avec les réserves d’usage.
Cette couleur bleu ciel avait toutefois l’avantage de n’être portée par aucune autre équipe en Angleterre. La plupart ne juraient alors que pour le blanc ou le rouge. Mais à la fin des années 1960, un dirigeant, Malcolm Allison, proposa d’adopter en rechange le rouge et noir des toutes premières années, celle de la Saint Mark’s Church. Peu importe alors que le rouge et le noir soient aussi les couleurs de Manchester United.
Ils l’emportent 1-0, but de Neil Young. C’est également en rouge et noir que City en 1970 joue et remporte la finale de la League Cup contre West Bromwich Albion (2-1). Puis, toujours en rouge et noir, son premier trophée européen, la Coupe des Vainqueurs de Coupe, après avoir battu à Vienne les Polonais de Górnik Zabrze (2-1).
En 1981, Manchester City dispute une nouvelle finale de la FA Cup face à Tottenham. Les Citizens jouent en bleu ciel et s’inclinent. Le bleu ciel serait-il maudit en finale ? Il faudra attendre trente ans, et une nouvelle finale de FA Cup face à Stoke City, pour voir les Citizens remporter une finale en bleu ciel.
La Surenchère des Couleurs et le Marketing Moderne
Pourquoi pas ? Or, cette tendance au zapping des couleurs se généralise ! Voyez plutôt pour ce début de saison 2024-2025… En Bundesliga, le Bayern a fait très fort. Bochum jouant en bleu foncé, rendant l’image TV assez inesthétique. Puis le Bayern a reçu le Benfica tout en blanc (third) au lieu du rouge "domicile", arboré par Benfica, équipe visiteuse… Même complet blanc à l’Allianz Arena face au PSG qui a joué en bleu "domicile".
L’AC Milan a évolué à domicile tout en gris foncé (third) au lieu des bandes rouge et noir. Les Rossoneri ont ressorti ce complet gris à San Siro face à Gérone en Ligue des Champions ! João Neves (PSG) face à Erling Haaland (Manchester City) en Ligue des champions le 22 janvier 2025.
En poussant le bouchon plus loin, on constate aussi cette saison que Manchester City joue à l’extérieur en kit complet "lie de vin" (burgundy). C’est le third. Pourquoi pas, encore ? Mais quel rapport ce burgundy a avec le club, avec son histoire ? Mais selon les couleurs historiques du club (les fameux Lilywhites, le lis blanc !), les Spurs n’ont jamais joué avec du vert. Le PSG a joué en rose et noir à Angers et Arsenal joue parfois away en bleu pâle avec des motifs violet très clair : là aussi, quels rapports avec l’histoire de ces deux équipes ?
Le Real Madrid arbore une splendide tunique "extérieur" en orange vif. Or, ce fut aussi la couleur "extérieur" de leur grand rival du Barça durant plusieurs saisons depuis leur fameuse victoire en C1 1992 jusqu’à 2016 ! Une nécessité poursuivie par tous les grands clubs à la recherche de nouveaux profits.
Soit. Mais l’extension du marché couplée à un marketing agressif s’est intensifiée de façon exponentielle, forçant les supporters à une surenchère de plus en plus coûteuse ! Avec ce zapping permanent des couleurs, comment perpétuer les nobles sentiments d’attachement et d’appartenance à son club ? Le grand public, les jeunes, les téléspectateurs s’y perdent.
L’AC Milan à domicile, ce sont ses légendaires bandes rouge-et-noir, et non pas un kit complet gris ! Dans le langage universel du football, on parle bien des "Rossoneri" : rosso (rouge) + neri (rouges). Ces deux couleurs de feu sont à jamais indissociables des glorieux exploits des Van Basten, Maldini, Kakà ou Pirlo.
Dans le monde entier, la tunique immaculée des meringue inspire respect, crainte, excellence, prestige. Et le fameux sentiment d’invincibilité qui a si souvent animé les madridista, produirait-il encore son effet ? Le football professionnel mondial se plaint du désintérêt croissant des jeunes alors qu’il pratique lui-même le zapping des couleurs qui indifférencie les grandes équipes, brouille leur image et efface les souvenirs.
Arsenal : Une Histoire Similaire
Le Paris Saint-Germain se rend ce mardi soir à Londres pour défier Arsenal à l'occasion du match aller de la demi-finale de Ligue des champions. Créé en 1986, le club, à l'origine, ne s'appelait pas Arsenal mais Dial Square Football Club. Une référence à la forme carrée de l'horloge située dans l'usine où travaillent les fondateurs du club.
Lors de sa création, le club ne possédait pas la puissance financière d'aujourd'hui. Face au manque de moyens, deux des fondateurs, des ouvriers ex-footballeurs à Nottingham Forest, ont demandé de l'aide à leur ancien club.
Il est baptisé Dial Square du nom de l’atelier où ils travaillent.Deux des joueurs, Morris Bates et le gardien Fred Bearsley demandent à leur ancien club, Nottingham Forest, de leur fournir une tenue.
Il représente trois canons, comme sur le blason de Woolwich. En 1904, lorsqu’ils accèdent à la première division sous le nouveau nom de Woolwich Arsenal, ils sont alors le seul club de la région à ce niveau.
Malgré cela, le public n'est pas au rendez-vous, le stade a du mal à se remplir. Heureusement, les dirigeants de Fulham, un riche club de Londres, rachètent le Woolwich Arsenal pour fusionner les deux clubs afin de créer une grande équipe.
Pour des raisons économiques, le propriétaire du club décide alors de rapatrier Woolwich Arsenal à Highbury, un quartier du Nord de Londres.
L'Adoption du Rouge Grenat
En 1906, un médecin tchèque de passage à Londres est séduit par cette tenue. Le docteur Petřík est également président du Sparta Prague : il imposera la couleur grenat à son club.
Dial Square devient ensuite Royal Arsenal, puis passe professionnel, en 1891 sous le nom de Woolwich Arsenal. En 1910, le club est racheté par Henry Norris, qui le fait déménager dans le nord de Londres, à Islington.
C’est avec elle que Charlie George et George Graham remportent la Cup en 1971 et signent le premier doublé de l’histoire du club. C’est en jaune également que Michael Thomas et Tony Adams remportent en 1989 un match miraculeux à Liverpool qui lui donne un titre attendu depuis dix-huit ans. C’est toujours en jaune que Thierry Henry et Sol Campbell disputent la seule finale de Ligue des Champions de l’histoire du club en 2006.
Souvent les équipementiers ont tenté de reléguer cette tenue jaune et bleue pour imposer quelques horreurs de leur cru. Mais ils ont été forcés de revenir au jaune et bleu.

Evolution du maillot d'Arsenal à travers les années.
Vers la Finale de la Ligue des Champions
Ousmane Dembélé À Paris, on aime les symboles. Et à l’approche de la finale de la Ligue des champions face à l’Inter Milan, programmée le 31 mai à Munich, chaque détail compte. En coulisses, le Paris Saint-Germain organise la grande finalement de la Ligue des Champions. Car en tant qu’équipe désignée « recevante » pour cette finale, le Paris Saint-Germain avait la priorité.
Inauguré contre Manchester City lors d’une victoire précieuse 4-2, il a ensuite été porté face à Stuttgart (4-1), Brest (3-0) et Liverpool (1-0) lors d’autres succès parisiens dans la compétition. Il avait également été mis par les Parisiens lors de la victoire du match aller contre Arsenal (1-0). Peut-être. Mais surtout chargé de sens. Jusqu’à Birmingham, où l’aventure s’est temporairement enrayée, mais la qualification était là.
Mais malgré ce parcours flatteur, les dirigeants ont préféré miser sur l’ancrage plutôt que sur l’innovation. Retour aux fondamentaux.
Pour les plus nostalgiques, ce choix a un goût particulier. Un clin d’œil au passé pour mieux écrire l’avenir ?