Le football américain, bien qu’il soit une discipline encore relativement marginale en France comparé à d’autres sports comme le football ou le rugby, a gagné en popularité ces dernières années. Cet article explore deux équipes portant le nom de "Falcons": les Falcons de Villeurbanne en France et les Falcons d'Atlanta aux États-Unis.
Les Falcons de Villeurbanne
Les Falcons de Villeurbanne sont un club de football américain et de flag football situé dans la commune de Villeurbanne, dans la métropole de Lyon. Créé en 1995, le club évolue en troisième division de football américain et en deuxième division de flag football.
Le club a été fondé après la fusion de deux anciens clubs de football américain de la métropole : les Scorpions de Bron et les 69ers de Villeurbanne. Au fil des années, le club a grimpé les échelons en remportant les titres de D3 en 2014 et de D2 en 2016 en gagnant la finale au stade de Bron face aux Léopards de Rouen.
Après une période de trois ans en élite sportivement difficiles ponctués par la crise du Covid, le club repart à l’échelon régional et se restructure, jusqu’en 2024 où il remporte le titre de champion régional et renoue avec le succès.
En flag, le club est habitué ces dernières années aux Top 10 de la Coupe de France, et continue le développement de son équipe mixte en vue de la participation du sport aux JO de 2028.
Enfin, l’équipe de football américain féminine continue de se structurer. En entente avec l’équipe d’Orléans en 2024, elles ont été titrées championnes de France.
Les Falcons d'Atlanta
Les Falcons d'Atlanta (Atlanta Falcons en anglais) sont une franchise de la Ligue nationale de football (National Football League) basée à Atlanta dans l'État de Géorgie. La franchise est fondée le 30 juin 1965 et dispute son premier match en 1966. Dès 1960, l’American Football League (AFL) réussit son pari de lancer une ligue concurrente à la NFL.
À cette époque, la Géorgie ne compte aucune équipe professionnelle de football américain. En effet, les années passent et chaque demande pour intégrer la ligue est rejetée au profit de villes à plus fort potentiel. En 1965, Lamar Hunt, principal fondateur de l'AFL, manifeste un grand intérêt à l’idée d’installer une franchise dans la ville d’Atlanta et entame les pourparlers avec Rankin M. Smith Senior, vice-président de la Compagnie d’Assurance Vie de Géorgie.
La NFL est informée des tractations entre l’AFL et Atlanta et ne désire guère que la ligue concurrente s'étende davantage. Le commissaire de la NFL, Pete Rozelle, propose dès lors à Smith d’intégrer sa franchise dans la grande ligue (comme il l'avait déjà fait en 1960 avec les Vikings du Minnesota). Smith accepte très rapidement la proposition de Rozelle et le 30 juin 1965, ce dernier accorde la quinzième franchise NFL à Atlanta contre un chèque de 8,5 millions de dollars, une somme sans précédent à l'époque.
À la suite d’un concours, le pseudonyme de « Falcons » est adopté courant du mois de juillet 1965. Selon une institutrice « Le Faucon est fier et digne, il a un grand courage et beaucoup de combativité. Comme nouvelle franchise, les Falcons disposent du premier choix global lors de la draft 1966 de la NFL. Ils y sélectionnent le linebacker Tommy Nobis.
Celui-ci est sélectionné au Pro-Bowl et désigné rookie défensif de l’année au terme de sa première saison NFL. Randy Johnson, sélectionné en 16e position, est le premier quarterback de la franchise. Les Falcons entament leur première saison NFL en 1966.
Le 1er août 1966, leur premier match de présaison se solde par une défaite à domicile, 7 à 9 face aux Eagles de Philadelphie. En saison régulière, les Falcons perdent leurs neuf premiers matchs avant de gagner, le 20 novembre, leur première rencontre officielle sur le score de 27 à 16 face aux Giants de New York en déplacement au Yankee Stadium.
Le 11 décembre, ils remportent leur premier match officiel à domicile (à l'Atlanta Stadium) contre les St. Louis Cardinals sur un score de 16 à 10. Cette première saison en NFL se termine sur un bilan médiocre : 3 victoires pour 11 défaites.
La saison suivante, les Falcons affichent la pire attaque et la pire défense de la ligue. Ils terminent avec 12 défaites, un match nul et une seule victoire (21 à 20 face aux Vikings du Minnesota). La fusion entre la NFL et l'AFL devient effective avant le début de la saison 1970.
Ce n'est qu'en 1971 qu'Atlanta affiche son premier bilan positif en saison régulière. Ils arrachent en effet une victoire cruciale lors du dernier match face aux Saints. Il s'ensuit une saison 1972 parfaitement équilibrée (7-7) et un nouveau bilan positif (9-5) en 1973. Lors du dernier match de championnat 1973 contre les Saints (victoire 62 à 7), 35 records de la franchise seront établis. Ce bilan reste cependant insuffisant pour prolonger l’aventure en séries éliminatoires cette année-là.
Pour améliorer son attaque, la franchise sélectionne au premier tour de la draft 1975, le quarterback de California, Steve Bartkowski. Elle signe deux receveurs : le non-drafté Alfred Jenkins et le joueur des Bills de Buffalo, Wallace Francis. Malgré une saison à plus de 1000 yards au sol pour le coureur Dave Hampton (transféré des Packers en 1972), Bartkowski peine à convaincre et termine l'exercice à 13 touchdowns pour 15 interceptions.
L'encadrement des Falcons est remanié dès la saison 1977 dont un nouvel entraîneur est désigné en la personne de Leeman Bennett et un nouveau coach des defensive backs, Jerry Glanville, (auparavant assistant chez les Lions de Détroit). Les deux hommes mettent au point une tactique défensive redoutable laquelle est basée sur la rapidité de ses joueurs afin d'exécuter des blitz de façon massive et répétée. C'est la naissance du Grits Blitz.
Sur une grande partie des actions, les attaques adverses doivent gérer des groupes de 7, 8 voire 9 défenseurs qui, dès le snap, foncent sur leur quarterback. Les adversaires tardent à trouver une solution et la défense d’Atlanta réalise une saison extraordinaire. Ils ne concèdent que 129 points en 14 rencontres (moyenne de 9,2 points par match) ce qui constitue le record NFL toujours d’actualité.
Même si les attaques adverses se familiarisent au Grits Blitz, la défense reste solide et l'équipe termine la saison 1978 avec un bilan de 9-7, incluant deux victoires come-back sur le grand rival de La Nouvelle-Orléans par des scores identiques de 20 à 17. Pour la première fois de leur histoire, les Falcons d'Atlanta se qualifient pour les séries éliminatoires. Ils affrontent lors du tour de wild card les Eagles de Philadelphie.
Menés 13 à rien, l'attaque emmenée par Bartkowski renverse la situation dans le dernier quart-temps pour s'imposer 14 à 13, le kicker des Eagles manquant le field goal de la victoire à quelques secondes de la fin. Au tour suivant, ils rencontrent les Cowboys de Dallas et leur redoutable Doomsday Defense (en). Après une saison de transition, les Falcons renouent avec les séries éliminatoires en 1980 après avoir réalisé leur meilleure saison (12 victoires, 4 défaites).
Ils remportent le titre de la division NFC Ouest. Bartkowski lance pour 3544 yards et 31 touchdowns. Le jeune RB William Andrews, drafté un an plus tôt, confirme avec une deuxième saison consécutive à plus de 1000 yards au sol. Le duo de receveurs Jenkins-Francis totalise plus de 1800 yards et 13 touchdowns à la réception.
Comme deux ans auparavant, ce sont les Cowboys de Dallas qui se présentent face à eux lors du tour de division (Divisional Round). À domicile, les Falcons mènent 24 à 10 avant d'entamer le dernier quart-temps. La défense va s’écrouler et concéder trois touchdowns. Deux ans plus tard, en 1982, lors d'une saison écourtée à la suite d'une grève générale des joueurs de la ligue, les Falcons se qualifient de nouveau pour la phase éliminatoire avec un bilan modeste de 5-4.
Lors du premier tour contre les Vikings, l’attaque peine à avancer, mais les autres escouades permettent de mener 21 à 16 en début de dernier quart-temps. Néanmoins, la défense craque une nouvelle fois au moment crucial et concède deux touchdowns. Le match se solde par une défaite 30 à 24. Dès 1983, les Falcons d'Atlanta enchaîneront huit saisons d'affilée avec un bilan négatif.
L'escouade défensive s'écroule, le coureur phare de l'équipe William Andrews se blesse sérieusement en 1984 et reste éloigné des terrains durant deux ans. Heureusement, les Falcons peuvent compter sur Gerald Riggs, drafté en 1982, pour enchaîner 3 saisons à plus de 1000 yards au sol entre 1984 et 1986. Cependant, Bartkowski a perdu deux de ses cibles préférées, à savoir Jenkins et Francis, et l'attaque perd progressivement son dynamisme.
Après 5 défaites de rang dès le début de la saison 1985, Bartkowski est écarté au profit du jeune quarterback David Archer. Atlanta décide par la suite de libérer Steve Bartkowski, à cause de ses nombreuses blessures ; il joue une dernière saison aux Rams de Los Angeles avant de prendre sa retraite. William Andrews, après un court retour sur les terrains, décide de mettre un terme à sa carrière à la suite de sa terrible blessure de 1984.
Sur le plan offensif, Riggs et Archer font de leur mieux, mais c’est surtout la défense retrouvée qui dynamise les Falcons en début de saison 1986. Malheureusement, cela ne dure pas longtemps et l’équipe termine sur un 7-8-1 néanmoins encourageant. En 1987, une seconde grève des joueurs oblige la NFL à raccourcir la saison d'une journée.

Les joueurs professionnels désertent temporairement la ligue. L'entraîneur d'Atlanta devra utiliser pas moins de cinq quarterbacks différents, entre Archer, Jeff Van Raaphorst, Scott Campbell, Erik Kramer et le rookie Chris Miller. Lors de la Draft 1989, les Falcons sélectionnent en 5e position le jeune cornerback de Florida State, Deion Sanders, qui établit par la suite plusieurs records pour la franchise.
Il demeure durant cette période une des rares satisfactions chez les Falcons avec 24 interceptions en 5 saisons, mais également 5 touchdowns sur retours de punt/kickoff. Sa personnalité showman et sa double carrière menée en baseball chez les Yankees, puis les Braves, permettent également de garder Atlanta sous les feux des projecteurs durant ces années pauvres en résultats.
Après avoir entraîné les Oilers de Houston, Jerry Glanville est donc nommé au poste d’entraîneur du côté d’Atlanta. Avec lui, les « 2 Legit 2 Quit » Falcons (en référence à la musique de MC Hammer où plusieurs joueurs de l'équipe ont tourné dans le clip) terminent la saison 1991 avec un bilan positif de 10-6 et retrouvent enfin la phase éliminatoire.
Ils s'imposent face aux Saints de La Nouvelle-Orléans 27 à 20 grâce à une passe de 61 yards entre le quarterback Chris Miller et son receveur Michael Haynes, dans l'ultime quart-temps. C'est également durant cette même saison qu'est drafté en 33e position le quarterback Brett Favre. Il reste troisième quarterback de l'équipe, étant vu d'un mauvais œil par Glanville à cause de son goût prononcé pour la fête et l'alcool, confirmant ainsi une réputation qu'il s'était bâtie à l'université de Southern Mississippi.
Durant son court passage à Atlanta, il ne lance le ballon qu'à quatre reprises, concédant deux interceptions et deux passes ratées. En 1992, les Falcons quittent le seul stade qu’ils aient connu jusqu’alors, l’Atlanta-Fulton County Stadium, et s’installent au Georgia Dome dont la capacité est d’environ 70 000 places (soit 10 000 de plus que le précédent).
Se succèdent alors 2 saisons à 6-10 où seuls Deion Sanders, Andre Rison et le quarterback Bobby Hebert parviennent à tirer leur épingle du jeu, la défense plombant les résultats de l’équipe avec une moyenne de 25 points encaissés par rencontre sur cette période. Lassé par le niveau de l’équipe et profitant de la toute nouvelle free agency, Deion Sanders part chez les 49ers ; mais Atlanta sait également en tirer parti avec les venues du quarterback Jeff George des Colts d'Indianapolis et du receveur Terance Mathis des Jets, alors qu’elle drafte le coureur Jamal Anderson.
En 1995, Jones a son attaque Run and Shoot bien en main : même si Andre Rison part chez les Browns, George reçoit l’aide du sophomore Bert Emanuel et de la récente acquisition d'Eric Metcalf ; avec Mathis ils forment un trio de receveurs explosif qui aide le quarterback à faire la meilleure saison de sa carrière avec 4134 yards et 24 touchdowns.
Néanmoins, la défense continue de traîner la patte et le dernier match contre San Francisco, champion en titre, est décisif pour une qualification en phase éliminatoire. Jeff George sort sur blessure, mais le remplaçant Bobby Hebert fait un match remarquable, lançant deux passes de touchdowns en deuxième mi-temps pour l’emporter 28-27 ; le bilan de 9-7 permet à Atlanta d’accéder aux playoffs.
Le tour de wild card voit les Falcons affronter une figure familière, le MVP Brett Favre des Packers. La saison 1996 est loin d’être couronnée du même succès : les Falcons commencent par huit défaites consécutives et avec une altercation mémorable entre Jeff George et June Jones lors d’un match retransmis au niveau national. George est mis sur le banc remplacé par Bobby Hebert.
Celui-ci tente de maintenir l’équipe à un niveau respectable mais la franchise termine la saison avec un bilan de 3-13. Dan Reeves arrive en 1997 à Atlanta, tout comme le quarterback vétéran Chris Chandler lequel a été échangé contre un quatrième tour de draft aux Oilers de Houston.
La première année de Reeves est compliquée mais sa méthode finit par marcher. Chandler apporte une sécurité dans le jeu aérien et Jamal Anderson gagne plus de 1000 yards à la course. La défense s’améliore en totalisant notamment 55 sacks et la franchise termine la saison avec un bilan encourageant de 7-9 grâce à une excellente seconde partie de saison.
Malheureusement, cette même année, le propriétaire emblématique de la franchise, Rankin M. Smith Senior, décède à l’âge de 72 ans, la veille du match contre les Panthers de la Caroline. L'année suivante, le receveur des Chargers de San Diego, Tony Martin, est engagé lors de la free agency.
Reeves a un contrôle complet sur la franchise laquelle adhère complètement à ses principes : une attaque équilibrée avec un Chandler sûr, un trio aérien Mathis-Martin-Santiago efficace et un Anderson qui gagne 1846 yards et inscrit14 touchdowns à la course. La défense est plus que satisfaisante en saison régulière avec 19 interceptions et 24 fumbles forcés.
Cette saison-là, Jamal Anderson et le tight end O.J. Santiago popularisent une célébration de touchdown surnommée The Dirty Bird laquelle deviendra le symbole de l'équipe. Les Falcons réalisent la meilleure saison de leur histoire avec quatorze victoires et deux défaites (face aux 49ers et aux Jets). Ils terminent l'exercice 1998 par une série de neuf victoires consécutives, remportant le titre de leur division et se qualifiant pour la phase éliminatoire en tant que deuxième tête de série de la conférence NFC.
Deux semaines avant la fin de la saison régulière, Reeves doit être opéré pour bénéficier d'un quadruple pontage aorto-coronarien. L'équipe lui rend hommage en remportant le tour de division (Divisional Round) joué au Georgia Dome contre les 49ers de San Francisco sur le score de 20 à 18. Ils se qualifient pour la première finale de conférence NFC de leur histoire.
Ils y retrouvent les Vikings du Minnesota, tête de série no 1 ayant terminée la saison avec un bilan presque parfait de 15-1. Les Falcons subissent le jeu de leur adversaire durant la majeure partie de la rencontre. Ils sont menés 27 à 17 en début du dernier quart temps. Après un field goal réussit par le kicker Morten Andersen, les Falcons n'ont plus besoin que d'un touchdown pour égaliser.
Cela se produit à moins d'une minute de la fin du match, Mathis inscrivant un touchdown à la suite d'une réception de passe de Chandler. La rencontre se poursuit en prolongations. Morten Andersen, grâce à un field goal réussit de 38 yards, permet à Atlanta de remporter la conférence NFC. La franchise se qualifie pour son premier Super Bowl lequel est joué dans le Pro Player Stadium de Miami le 31 janvier 1999 face aux Broncos de Denver, ancienne équipe de Dan Reeves. Les Broncos sont entraînés par Mike Shanahan et emmenés par le quarterback multiple Pro Bowler John Elway. Denver sera plus réaliste et mène 17-6 à la pause. La contre-performance de Chandler (intercepté à trois reprises) scelle le match malgré un beau touchdo...
| Saison | Bilan |
|---|---|
| 1966 | 3 victoires, 11 défaites |
| 1967 | 1 victoire, 12 défaites, 1 nul |
| 1971 | Bilan positif |
| 1972 | 7-7 |
| 1973 | 9-5 |
| 1978 | 9-7 |
| 1980 | 12 victoires, 4 défaites |
| 1982 | 5-4 |
| 1991 | 10-6 |
| 1995 | 9-7 |
| 1996 | 3-13 |
| 1997 | 7-9 |
| 1998 | 14 victoires, 2 défaites |