Le monde du sport, et en particulier celui du tennis, regorge de traditions et de conventions dont on ne connaît pas toujours l’origine ou la signification profonde. Le tennis est un jeu très simple à comprendre. Pourtant, il réserve aux nouveaux venus quelques surprises que même les joueurs plus expérimentés ne parviennent pas à expliquer. Pourquoi le décompte des points passe-t-il de 15 et 30 directement à 40 ? Et comment jouer un tie-break ?
Pour bon nombre d’entre nous, le tennis c’est assez mystérieux : pourquoi passer de 15 à 30 points ? Quelle est la différence entre la terre battue et le quick ? D’où vient le tennis ? Autant s’y préparer au mieux, d’autant que le vocabulaire du tennis peut parfois sembler obscur aux néophytes de la discipline (sans parler du système de comptage des points, qui à lui seul mériterait son propre article).
Cet article se propose de lever le voile sur ce mystère linguistique et historique, en explorant les origines et les significations des termes clés du tennis. De "love" à "match point", plongeons au cœur de ce vocabulaire unique et fascinant.
Les Bases du Comptage au Tennis
Avant de plonger directement dans notre exploration autour de la lettre « A », il est important de comprendre comment fonctionne le comptage au tennis. Si vous avez déjà assisté à un match ou même juste zappé à la télévision, vous savez probablement qu’un joueur doit remporter six jeux pour gagner une manche.
Le comptage des points au tennis se divise en trois phases : le jeu, le set et le match. Un jeu est marqué par des points, un set par des jeux et un match par des sets. Les points de jeu commencent à partir de "Love" (zéro), en passant par 15, 30 puis 40 points. Le joueur qui marque le point suivant après 40 points gagne la partie.
Le comptage des points au tennis devient simple une fois que l'on a compris les principes de base. Un joueur doit marquer quatre points pour gagner la partie. L'amour est un terme utilisé au tennis pour désigner un score nul. L'amour au tennis ne représente tout simplement aucun point. Par exemple, si le score est de 40-0, l'arbitre annoncera "quarante love". Le love est également utilisé pour compter les jeux dans un set.
Mais saviez-vous que chaque point marqué porte un nom différent selon sa valeur relative dans le jeu ? Voici les quatre types de points possibles :
- Zéro : appelé aussi « Love »
- Premier point : quatorze ans après l’introduction de la notation actuelle, on a commencé à utiliser le mot « fifteen » pour représenter le premier point, provenant de la phrase française « quinze » (prononcé « cinq et-vingt »), qui signifiait effectivement vingt-cinq. Au fil du temps, cela s’est transformé simplement en « fifteen »
- Deuxième point : parallèlement, le deuxième point a hérité de son appellation anglaise « thirty ». À nouveau, ceci provient de la terminologie française, où « trente » représentait trente-cinq sur la piste de course originale
- Troisième point : le troisième point n’a subi aucune transformation depuis la version latine et reste donc « forty ». Cependant, contrairement aux autres points, atteindre « forty » ne signifie pas nécessairement avoir quarante points. Pour gagner le jeu, un joueur doit toujours être devant de deux points (« advantage »).
Maintenant que vous maîtrisez le vocabulaire du scoring au tennis, examinons ensemble quand et pourquoi intervient la lettre « A ».

Pourquoi au Tennis l’Égalité est-elle Annoncée par la Lettre A : un Match Égal
En regardant attentivement un match de tennis, vous remarquerez que lorsque les adversaires atteignent un score égal, ils utilisent des expressions spécifiques. Lorsque les deux joueurs ont chacun remporté trois jeux, ils arrivent alors à un stade crucial appelé « Deuce » (ou « Égalité », dans certains pays francophones).
Ce moment clé indique qu’aucun des deux protagonistes ne dispose d’un avantage décisif sur l’autre. Pour sortir de cette situation, ils mettent en place un système de points supplémentaires. Divers termes ces derniers, dont celui qui retient notre attention aujourd’hui : la lettre « A ».
Un joueur ou une équipe doit gagner au moins six jeux pour remporter un set. Cependant, si les deux joueurs gagnent après cinq jeux, le set continue. Pour gagner un jeu décisif il faut marquer au moins sept points avec un minimum de deux points d'avance sur son adversaire.
Un jeu décisif commence par le service d'un joueur. Ensuite, l'autre joueur va servir, et après chaque deux points, le service est alterné entre les joueurs. Après les six premiers points, et tous les six points ensuite, les joueurs changent de côté du court.
Dans ces tournois, les hommes doivent gagner trois sets, tandis que les femmes doivent gagner deux sets pour remporter un match. Nonobstant, lorsqu'un match atteint 6:6 dans le set décisif, un jeu décisif en dix points est joué.
Origines Historiques de la Notation « A » et Naissance du Code Alphabétique
Cette méthode alternative de notation trouve ses racines dans la Rome antique. Effectivement, elle puise son inspiration dans l’alphabet latin. Selon cette ancienne convention, chaque nouvelle étape franchie dans le processus menant à la victoire finale correspondrait à une lettre différente de l’alphabet latin : « A », puis « B », « C », etc., jusqu’à arriver à « K ».
Cette approche permettrait ainsi de simplifier la lecture et la compréhension des scores complexes durant un match.Bien que l’usage des lettres romaines soit tombé progressivement en désuétude, la première lettre - « A » - subsiste encore dans nos tournois modernes. Elle symbolise généralement un point additionnel accordé à un joueur afin de briser l’impasse créée par le statut « Deuce ».
Le codage alphabétique a fait son apparition officielle au XIXe siècle, grâce à Walter Wingfield, inventeur du Sphairistike (ancêtre du tennis moderne). Initialement, il avait prévu d’employer uniquement les lettres « A », « B » et « C » pour faciliter la tenue des scores pendant les parties amicales disputées dans les clubs privés britanniques. Mias plus tard, ils ont largis ces codes pour inclure toutes les lettres jusqu’à « K », tels que mentionnés précédemment.
Au final, seule la lettre « A » a résisté à l’épreuve du temps et reste largement adoptée dans le jargon sportif contemporain. Examinons maintenant quelques cas spécifiques où elle prend tout son sens.
Utilisation Spécifique de la Lettre « A » : Avantage ou All In ?
Il existe deux façons principales d’interpréter la signification de la lettre « A » dans un contexte de tennis :
- Advantage (“avantage”): après un « Deuce », si un joueur remporte le prochain point, il obtient automatiquement l’avantage. Son rival doit alors gagner le point suivant pour revenir à égalité ; sinon, le premier joueur emporte le jeu. On peut donc dire que la lettre « A » représente ici un symbole d’ascendant temporaire sur l’adversaire
- All In (« jouer cartes sur table », littéralement): certains puristes affirment que la lettre « A » serait issue de l’expression anglo-saxonne « All In » (littéralement « tout dedans »). Dans ce scénario, elle signalerait un engagement total des forces en présence pour remporter le point décisif, aboutissant potentiellement à un coup spectaculaire susceptible de faire basculer l’issue du set, voire du match.
Malgré leur divergence, ces deux interprétations partagent néanmoins un trait commun : celui de représenter un seuil critique dans le déroulement d’une rencontre, où l’enjeu se cristallise autour d’un ultime effort visant à prendre l’ascendant définitif sur l’opposant.
« Tous » ou « Niveau » ? Une Question de Traduction
Une confusion pertinente chez les francophones concernant le tennis implique la distinction entre l’expression anglaise « all » et le terme « niveau » employé pour exprimer un palier atteint. Bien qu’il puisse paraître tentant de traduire « all » par « tous les niveaux », cette approximation peut engendrer une mécompréhension du concept original.
Tout d’abord, examinez le recours à la lettre « A » pour indiquer un score équivalent. Durant un jeu, lorsque les scores respectifs des joueurs sont identiques, l’arbitre annonce « all » pour souligner cette parité temporaire. Ce terme trouve ses racines dans le jeu de paume, antécédent historique du tennis, où toutes les balles peuvent encore influencer le cours du jeu malgré une situation d’égalité.
Deuxièmement, concentrons-nous sur le terme « niveau » qui émerge souvent dans les conversations relatives aux capacités acquises par les participants. Ici, « niveau » constitue une traduction fidèle et adéquate. Par exemple, lorsque quelqu’un affirme maîtriser le « niveau intermédiaire » en matière de coup droit, il exprime sa familiarité avec les aptitudes requises pour exceller à ce stade donné.
Autres Utilisations de la Lettre « A » dans le Tennis
Outre sa fonction initiale consistant à départager les joueurs lors d’un « Deuce », la lettre « A » occupe également d’autres rôles significatifs dans l’univers du tennis :
- Classements mondiaux: sur l’ATP Tour, le classements des meilleurs athlètes masculins se fait selon leurs performances sur douze mois. Chaque position occupée dans ce prestigieux classement commence par la lettre « A », suivie d’un nombre croissant (par exemple, « ATP n° 1″)
- Juniors et débutants: chez les juniors et débutants, la classification repose souvent sur des critères distincts des circuits professionnels. Ici, la lettre « A » identifie fréquemment les joueurs les plus prometteurs, qui disposent d’un potentiel considérable pour intégrer ultérieurement l’élite mondiale du tennis.
Sa polyvalence confère à la lettre « A » une présence omniprésente et multiforme au sein de la discipline, accroissant ainsi son caractère iconique et mémorable.
Théorie sur l'évolution des règles du tennis. Histoire du tennis. Stéphane Méry
Les Surfaces de Jeu
Les terrains, s’ils ont tous les mêmes dimensions pour être réglementaires, ne sont pas tous égaux pour autant. Les règles du jeu sont très précises, mais peuvent varier légèrement en fonction du pays où il est joué et de la surface sur laquelle il se joue.
Voici les principales surfaces :
- Surfaces dures: (dont le béton et le quick) sont majoritaires : ce sont des surfaces rapides qui nécessitent peu d’entretien.
- Terre battue: est une surface composée d’une chape de calcaire recouverte de brique pilée ou de pierre pilée : c’est la surface des courts à Roland-Garros. Elle demande beaucoup d’entretien contre les intempéries.
- Gazon: surface historique présente à Wimbledon mais très rare, demande un entretien très important.
Les courts en terre battue (Clay courts) : d'un rouge orangé profond renvoient au Tournoi de Roland-Garros. C'est la surface la plus lente car la terre ralentit la vitesse de la balle, et cause de hauts rebonds. La balle est "plus facile" à être renvoyée. Elle favorise les joueurs de fond de court qui "coupent" leurs balles : Michael Chang et Rafael Nadal.
Le tennis sur gazon est associé au prestigieux Tournoi de Wimbledon qui a lieu en Juillet. Cette surface de jeu est la plus rapide et elle est glissante. Le rebond (bounce) de la balle est moins haut et imprévisible puisque le sol est plus tendre et la surface moins régulière que sur les autres sortes de terrains. Les joueurs qui ont un bon service et un bon jeu au filet y brillent : ainsi Roger Federer, Pete Sampras et John McEnroe.
Les courts durs (Hard courts) sont faits de béton ou de matière synthétique (concrete or synthetic courts) : Ils sont disponibles partout et s'entretiennent facilement. Ces revêtements sont plus lents que le gazon, mais plus rapides que la terre battue. Ils sont appelés les "Courts démocratiques" (Democratic courts) puisqu'ils favorisent toutes les sortes de jeux (Service, volée, fond de court). Certains experts pensent que les bons serveurs et les joueurs de fond de court qui apprécient les longs échanges sont favorisés avec des rebonds hauts et prévisibles, puisque cette surface est parfaitement plane et entretenue.
Le Grand Chelem
Les tournois du Grand Chelem se composent de l'Open d'Australie (mi-janvier), de Roland-Garros (en mai et juin), de Wimbledon, (en juin et juillet) et de l'US Open en août et septembre. Chaque tournoi dure quinze jours.
Les tournois d'Australie et des Etats-Unis sont joués sur terrains durs, le tournoi français sur terre battue, et Wimbledon sur « herbe ». Ordre d'ancienneté : Wimbledon : 1877, puis l'US Open : 1881, Roland-Garros en 1891 et l'Australien en 1905.
Avant 1924-1925, seul Wimbledon était un tournoi important, moment où le Grand Chelem (Grand Slam) a été créé.
Les tournois du Grand Chelem :
| Tournoi | Surface | Mois |
|---|---|---|
| Open d'Australie | Dur | Janvier |
| Roland-Garros | Terre Battue | Mai-Juin |
| Wimbledon | Gazon | Juin-Juillet |
| US Open | Dur | Août-Septembre |
Quelques Coups
Voici quelques termes relatifs aux coups au tennis :
- a serve= un service
- "fault" = faute
- an ace = service gagnant
- "double fault" = double faute
- a dropshot = une volée amortie
- "serve and volley" = service volée
- a passing shot= un tir "passant"
- a backspin = une balle coupée
- the warm-up= l'échauffement
- a left-hander = un gaucher
- the mark = marque de la balle
- a bounce = un rebond