Le logo du Paris Saint-Germain (PSG), un emblème reconnaissable entre tous, est le fruit d'une histoire riche et complexe. Depuis sa création en 1970, il a subi de nombreuses transformations, reflétant les ambitions et les évolutions du club. Aujourd’hui, quelle est la signification du logo du PSG ? Si la Tour Eiffel saute aux yeux, la fleur de lys intrigue.
Né en 1970 de la fusion entre le Paris FC et la section football du Stade Saint-Germanois, le Paris Saint-Germain n’est pas seulement un club de football : c’est le résultat d’un projet politique et symbolique. En un mot comme en cent, le logo du Paris Saint-Germain est une synthèse visuelle de l’identité double du club : Paris, capitale mondiale, et Saint-Germain-en-Laye, berceau royal.
Comme ceux des villes, les logos des équipes de foot forment un cas particulier: quelque part entre le symbole et le blason, ils lorgnent et du côté de la stylisation et du côté de l’allégorie. Au final, ils n’ont ni la simplicité radicale des insignes des entreprises classiques, ni les vertus narratives et illustratives du blason: ce sont des compromis souvent décevants. C’est vers les exigences du logotype moderne et épuré que l’on penche toujours désormais pour faire mieux, et le logo du PSG n’échappe pas à la règle.
Le club de football français le plus titré de l’histoire et son logo n’a eu de cesse d’évoluer durant ses 50 ans d’existence.
Les éléments constitutifs du blason actuel du PSG
Le logo du Paris Saint-Germain , c'est tout une histoire. Un logo rond, composé de bleu, de blanc et de rouge, avec la Tour Eiffel en son centre. "C'est presque une cocarde" qui fait une "synthèse des couleurs de la ville de Paris, le bleu et le rouge" avec celle de la monarchie, le blanc, explique Fabrice d'Almeida. Décryptage du logo du PSG.
Depuis quand le PSG a-t-il ce logo ? Le PSG arbore ce blason depuis 2013. Epuré et remis au goût du jour, ce nouveau blason symbolise notamment le passage dans une nouvelle ère du club parisien, avec le rachat du club en 2011 par Qatar Sports Investments (QSI).

La Tour Eiffel
Dès ses premières années, le PSG se cherche une image forte. Au centre du blason, la Tour Eiffel rouge s’impose. La Tour Eiffel, symbole de Paris est présente sur le logo du PSG dans sa forme actuelle pour la première fois en 1972. La disparition du monument iconique sur le logo entre 1992 et 1996 avait fait jaser. Symbole mondialement reconnu de Paris, elle donne immédiatement un ancrage clair au club.
La fleur de lys
Mais c’est en bas du blason que tout se joue pour les initiés : une fleur de lys blanche, stylisée, parfois dorée selon les déclinaisons. Portrait de Louis XIV par Henri Testelin / Photo Josse/Leemage/GettyImagesLa fleur de lys représente la naissance de Louis XIV à Saint-Germain-en-Laye. La fleur de lys occupe désormais toute la place sous la Tour Eiffel qui était auparavant majoritairement occupée par le berceau du roi. Ce symbole héraldique est associé depuis le Moyen Âge à la royauté française. Il fait ici référence à Saint-Germain-en-Laye, ville royale où est né Louis XIV en 1638.
Les couleurs
Le blason de la ville de Paris présent dans l'œuvre "La Croix de la ville de Paris", 1901. / Print Collector/GettyImagesLe bleu et le rouge sont les couleurs de la ville de Paris et ont donc déteint sur le club de la ville. Le blanc est la couleur de la monarchie et fait référence au passé royal qu'a connu la ville.
Tous les logos de l'histoire du PSG ! #football #psg #ligue1
Évolution du logo à travers le temps
Depuis 50 ans, le logo du club a subi de nombreuses transformations apportant ou non une satisfaction visuelle aux yeux des supporters. Logo du club, il a évolué depuis 50 ans, apportant ou non satisfaction aux yeux des supporters.
Initialement, le premier logo du Paris Saint-Germain était dédié au Paris FC. Un ballon bleu et un nef voile au vent, présent sur le blason de Paris et symbole de la ville avec sa devise « Fluctuat nec mergitur ». La création du club de football français Paris Saint-Germain remonte au 12 août 1970. Son premier logo, apparu à la même date, montrait un ballon de couleur bleu clair avec des coutures blanches. Un bateau rouge était dessiné sur l’un de ses flancs, et en dessous, on retrouvait le nom du club. Cependant, ce blason ne l’accompagnera que dans ses débuts.
Après la scission avec le Paris FC en juin 1972, le PSG, rétrogradé en D3, doit se réinventer et se reconstruire. Après sa séparation avec le Paris FC en juin 1972, le Paris Saint-Germain connaît une période assez sombre. Ce club, qui évoluait en 2e division, est relégué en 3e division et doit alors se réinventer. Cela passe par un logo redessiné qui deviendra la base de ceux que nous connaissons désormais depuis 20 ans. Le tout premier écusson du club est modifié et laisse sa place à un nouveau logo. Celui-ci représente la Tour Eiffel en rouge avec un contour blanc sur un fond bleu. Resté inchangé pendant 10 ans, le précédent logo du Paris Saint-Germain est légèrement modifié en 1982. Ces changements ont été faits lors d’une opération marketing initiée par les dirigeants du PSG.
Si l’écusson en lui-même reste identique, c’est l’ajout du Parc des Princes en dessous, soutenant le logo parisien, qui fait son arrivée en 1982 de façon officielle. Une illustration du stade du club en blanc et noir est alors placée en bas du logo. Si ce visuel était déjà utilisé dans du merchandising des années 1970, il n’apparaitra sur les blasons parisiens qu’à compter de cette date.
En soutien à la candidature de Paris aux jeux-olympiques de 1992, le PSG a arboré durant plusieurs mois un écusson à cette effigie jusqu’à l’annonce des résultats avant de revenir au logo classique. L’écusson réalisé en soutien à la candidature de la ville au JO était constitué de l’inscription « Paris Saint-Germain » et d’une fleur de Lys entre les pieds de la Tour Eiffel. Ce n’est qu’à l’annonce des résultats que celui-ci a été remplacé par le précédent logo.
En 1992, Canal+ devenu propriétaire du PSG 1 an plus tôt décide de refondre l’écusson parisien pour en créer un nouveau. Le Paris Saint-Germain s’étant rapproché de France Canal+ de 1992 à 1996, les téléastes ont souhaité simplifier le logo. Celui-ci est alors remplacé par le sigle du club et soutenu par l’inscription « Paris Saint-Germain » écrite en blanc sur fond noir. Fini la tour eiffel et les symboles de Saint-Germain, en trois lettres le nouvel écusson est sur fond de couleurs « Hechter » avec Paris Saint-Germain inscrit en blanc sur noir au dessous.
On retrouve le logo des années 70 et 80 avec désormais un cercle blanc qui entoure le blason avec inscrit en bleu Paris Saint-Germain sur la partie haute et, pour la première fois, la date de création du club (1970). Mais l’écusson comportant la Tour Eiffel et les symboles de Saint-Germain est restitué en 1996 après de vives contestations des supporters. Les années 1995/96, sont synonymes de victoire européenne.
En 2002, la variante est plutôt légère. Le cercle est devenu bleu avec un liseret bleu en guise de séparation. Le bleu est plus foncé que le blason précédent. En 2002, une nouvelle variante apparaît. Le cercle est coloré en bleu avec des contours blancs. Rassemblant tout ce que les supporters aiment comme valeur.
Edition spéciale en 2010/11 pour le quarantenaire du Paris Saint-Germain. Pour le quarantenaire du Paris Saint-Germain. Un cercle doré avec 40 ans et 2010 inscrits viennent marquer la date anniversaire. En 2010, un cercle doré et les mentions « 40 ans » et « 2010 » y sont ajoutés pour célébrer le quarantième anniversaire du PSG.
En 2013, QSI propriétaire du PSG depuis 2 ans décide de modifier l’écusson du club à plusieurs niveaux. En 2013, le blason qui a été adopté en 2002 est modifié à plusieurs niveaux. Le bleu du nouveau logo est plus vif et le berceau du roi Louis XIV est supprimé. Fini le berceau de Louis XIV, une fleur de lys en or et plus grande prend désormais une placé prépondérante. La fleur de lys, toujours située au bas de la Tour, est désormais en or et le mot Paris est écrit en haut dans un caractère plus grand que celui de Saint-Germain en bas. Le bleu est plus vif et le mot « PARIS » est nettement plus visible en haut.
Le Paris Saint-Germain comme nous le révélions le 14 décembre a présenté son nouveau logo. Il sera utilisé à partir de la saison 2013-2014.Cette nouvelle version est toujours en forme de cercle, avec la tour Eiffel en son centre. Les trois couleurs rouge, bleu et blanc sont toujours présentes, de même que la fleur de lys et le nom de la ville de Saint-Germain. Le nom de Paris apparaît dorénavant seul, en haut du logo, et avec une typographie plus grosse que pour Saint-Germain. La tonalité bleue dominante est un peu plus claire que pour l'actuel logo. Deux éléments disparaissent : le berceau et 1970, la date de création du club.
Jean-Claude Blanc, le directeur général délégué du club, explique vendredi matin en conférence de presse qu'avec cette nouvelle étape le PSG « n'a pas renié les fondamentaux du club». « On est dans un grand club européen avec des symboles qui le représentent. il ne s'agit pas d'une grande rupture mais de la simplification des symboles. Ce logo est l'expression de notre nouvelle stratégie avec la construction d'une marque mondiale de sport ».
Le responsable s'est aussi au aussi exprimé sur la ville de Saint-Germain-en-Laye (Yvelines) historiquement lié au club de la capitale.« A aucun moment on a pensé supprimer Saint-Germain, mais on a souhaité mettre Paris beaucoup plus en valeur. Deux éléments disparaissent : le landau, car beaucoup de gens ont du mal à comprendre sa signification et la référence à la création du club en 1970. Elle ne tient pas la comparaison avec d'autres grands clubs européens qui ont plutôt 1800 au début de leur date ».
Depuis 2013, le logo du PSG n'affiche plus le berceau, ni l'année 1970, sous la tour Eiffel. Deux ans après le rachat du PSG par le Qatar en 2011, le logo a donc évolué. Les nouveaux propriétaires, voulant privilégier Paris à Saint-Germain-en-Laye, ont décidé de faire disparaître le berceau. C'est pourquoi le nouveau logo, depuis 2013, présente Paris écrit en lettres capitales au-dessus de la tour Eiffel. Elle a été "grossie et même dorée".
Analyse du logo actuel
Graphiquement, l’ensemble gagne en élégance et en modernité: la même structure globale, mais moins d’éléments et plus de cohérence graphique (une seule droite, le tiret au milieu, qui achève de représenter la tour Eiffel et sert de repère astucieux pour positionner le logo bien droit et centré, autour duquel s’agencent harmonieusement des courbes simples et plutôt élégantes). Rétrospectivement, le berceau du modèle précédent apparaît bien disgracieux, car très anguleux. Il exigeait, en outre, que soit conservée une immense tour Eiffel pour l’accueillir entre ses jambes (si l’on peut dire).
"Saint-Germain" est petit, mais d’un point de vue strictement graphique, le choix est pertinent. Les commentateurs n'ont voulu voir, jusqu’à présent, que la petite taille de Saint-Germain, mais un designer qui se contre-fiche de l’histoire du club et passera devant le logo verra prioritairement que la largeur des mots occupe un même espace, que la moitié basse du dessin est plus chargée (la fleur de lys qui s’ajoute aux pieds de la tour Eiffel), et donc que l’équilibre global est obtenu grâce aux partis pris typographique.
Certes, l'affirmation du statut désormais privilégié de la ville de Paris n'est pas très subtile: elle passe d'autant moins inaperçue qu'on n'avait plus vu ce déséquilibre entre les deux villes depuis... le premier logo, dont on s'est peut-être inspiré pour proposer un alignement des largeurs. On pourra aussi évoquer que les lettres qui composent "PARIS" donnent inévitablement l’impression que le mot penche très légèrement à gauche, mais dans l'ensemble, l’évolution proposée aère le logo, qui respire mieux.
Bénéficiant d'un plus grand bandeau autour de l'image centrale, on n’a pas simplement agrandi le mot PARIS: l’interlettrage est plus grand, la graisse des lettres (leur épaisseur) est moindre, on distingue davantage les blancs de lettre (l’espace vide autour et à l’intérieur du dessin d’une lettre, par exemple le triangle au cœur du A), les lettres sont presque aussi larges que hautes. En bref, le texte est moins concentré, plus lisible, plus approprié aux objectifs d’un logo (susceptible d’être imprimé ou affiché en tout petit).
Alors même que le rouge est quantitativement moins présent qu’avant, il parait plus éclatant: il s’oppose mieux à ce nouveau bleu plus lumineux, tirant moins vers le violacé. L’ensemble donne l’impression d’être plus moderne, car les couleurs sont plus "éclatantes", comme l’on dit pour vendre de la lessive. Le doré du lys est plutôt bienvenu: le choix reflète l’identité du club qui se veut prestigieux, et brise la monotonie de la perpétuelle bichromie. La fleur est en outre d'autant plus éclatante que sous la tour Eiffel, toute la place est désormais pour elle (son articulation avec le berceau était franchement laborieuse).
En conclusion, l’évolution graphique est assez réussie: le fameux "changement dans la continuité" propose effectivement des améliorations significatives. Qu’en est-il maintenant de l’évolution du positionnement? Ce logo défend-il une nouvelle image de marque? "Ici c’est Paris", chantent les supporters: peut-être les a-t-on écoutés, car voilà apparemment le club repositionné vers la capitale.
Le souci d’une certaine continuité (ou peut-être, la crainte d’afficher clairement la rupture) a néanmoins conduit les commanditaires du logo à conserver les liens avec Saint-Germain: il n’est pas interdit d’estimer que le berceau et la fleur de lys (deux éléments qui désignaient exclusivement la ville de Saint-Germain-en-Laye, où est né Louis XIV) faisaient double emploi. La fleur de lys est même revalorisée. En ce sens, ce nouveau logo participe bel et bien d’une stratégie de "simplification", pour reprendre le mot de Jean-Claude Blanc, directeur général délégué du Paris SG, et non pas d’une initiative strictement opportuniste qui abandonnerait Saint-Germain pour ne revendiquer que l’identité parisienne, très positive "à l’international". En tout cas, la présence du berceau sur l’ancien logo n’était pas moins "marketing" que son absence sur le nouveau.
Sans nul doute, on voit Paris plus que Saint-Germain - mais qui, très honnêtement, ne pense pas ainsi? La question est alors de savoir s’il fallait contribuer à insister, en quelque sorte, sur l’origine du club (la fusion du Paris FC et du Stade Saint-Germain), ou s’il fallait proposer un logo qui assume l’image de marque d’un PSG "club de la capitale". Jean-Claude parle d’une "mise en conformité". C’est manifestement avec l’image actuelle du club (et celle que l’on veut voir advenir) que le logo se veut en conformité, mais la nature de l’acte fondateur du club n’est pas évacuée non plus: "Saint-Germain" et la fleur de lys sont toujours là.
Parce qu’on a eu peur d’y aller trop fort? Par respect de l’histoire du club? Parce que le Camp des Loges se trouve à Saint-Germain-en-Laye? On n’en sait rien - et au fond, peu importe.
Reste qu’un dernier choix à commenter apporte de l’eau aux moulins de ceux qui trouvent franchement à redire: la date de naissance du Paris SG a disparu. Ce choix s’explique par ce qu’il faut décrire comme une gêne, ou en tout cas un complexe, par rapport aux grands clubs européens ("aux autres grands clubs européens", reprendrait le service communication du Paris SG). Jean-Claude Blanc est on ne peut plus clair: "Quant à la date, elle ne tire pas vers le haut, en comparaison avec d’autres grands clubs européens qui ont 1800 sur leur logo." En clair: l’histoire du club n’est assumée que lorsqu’elle ne souffre pas de la comparaison avec les grands clubs européens.
Ainsi, l'image, plus que l'histoire, causera l'identité. Le PSG est un jeune club. Le PSG n'a pas quarante ans, c'est ainsi. Le problème est que pour savoir si on assume ou pas, on se demande si c'est prestigieux ou pas. Au-delà du caractère superficiel du critère, la méthode Coué est manifeste: le logo n'est pas tant le reflet de l’identité concrète du club qu’une prise d’initiative pour apparaître aux yeux du monde comme un grand, quitte à mentir par omission.
À la lumière de ce flagrant délit d'opportunisme, on est tenté d'estimer que, plutôt que de commémorer l'histoire dans un souci d'authenticité, le tri sélectif de tous ces éléments (la date, la couleur, la typographie, la simplification...) a insisté sur le paraître plutôt que sur l'être.
