La NFL est puissante aujourd’hui, mais croyez-le ou non, elle a connu des débuts bien modestes.
Le sport que nous connaissons aujourd’hui sous le nom de football était à l’origine nommé « gridiron football », en référence aux lignes verticales tracées sur le terrain. Étroitement lié à deux sports anglais, le rugby et le soccer, le « gridiron football » a vu le jour à la fin du XIXème siècle dans des universités nord-américaines.
Le 6 novembre 1869, les joueurs de Princeton et Rutgers ont tenu leur premier match inter-collégial à New Brunswick, dans le New Jersey. Alors qu’un certain nombre d’autres universités d’élite du Nord-Est des Etats-Unis se sont lancées dans la discipline dans les années 1870, Harvard a maintenu ses distances en adoptant le « Boston Game », sport hybride à mi-chemin entre le rugby et le soccer. En mai 1874, après une opposition face à l’université de McGill de Montréal, les joueurs d’Harvard ont décidé qu’ils préféraient suivre les règles de l’établissement canadien, plus proche du rugby.
En 1875, Harvard et Yale se sont affrontés pour la première fois, et les joueurs de Yale ont également approuvé le style rugbystique de la discipline. Walter Camp était le personnage central dans la transition entre les deux disciplines. Connu comme « le père du football américain », il était étudiant en médecine à Yale de 1876 et 1881, mais aussi halfback (ancêtre du running-back) et capitaine dans l’équipe de football, équivalent du head coach à l’époque.
Grâce à Camp, l’IFA a apporté deux innovations clés au jeu naissant. Elle a supprimé la mêlée d’ouverture et a introduit l’exigence selon laquelle une équipe doit rendre le ballon à l’adversaire si elle n’a pas parcouru la distance nécessaire en un certain nombre de tentatives (downs). Parmi les autres innovations, Camp est aussi à l’origine des escouades à 11 joueurs sur le terrain, la position de quarterback, la ligne de scrimmage, les signaux d’appel offensifs et l’échelle de score différencié, avec deux points pour un touchdown, quatre points pour la transformation après un touchdown et cinq points pour un field goal.
À une époque où le football était une attraction majeure pour les sections d’athlétisme locales, une compétition intense entre deux clubs de la région de Pittsburgh, l’Allegheny Athletic Association (AAA) et le Pittsburgh Athletic Club (PAC), a donné naissance au premier joueur professionnel. Le 12 novembre 1892, l’ancien joueur de Yale, William « Pudge » Heffelfinger, a été payé 500$ par l’AAA pour disputer une rencontre face à son adversaire, devenant ainsi la première personne à être payée pour jouer au football. Pendant près de 3 décennies, le football professionnel a connu des hauts et des bas, le jeu se jouant principalement dans de petites villes de l’Ouest de la Pennsylvanie ou du Midwest.
Premier contrat sur une saison (Grant Dibert), première équipe entièrement professionnelle (Allegheny Athletic Association) pour arriver en 1895 à la première rencontre professionnelle à Latrobe en Pennsylvanie, entre l’équipe locale et celle de Jeannette. Au cours des années suivantes, de nombreuses autres équipes ont été formées comme les Duquesnes de Pittsburgh, les Olympics de McKeesport, les Bulldogs de Canton et les Tigers de Massillon.
Au début des années 1900, contrairement au monde professionnel qui attirait peu le regard du public, les rencontres universitaires étaient des spectacles sportifs populaires. Mais elles étaient extrêmement dures, avec beaucoup de blessures et quelques décès à déplorer. Beaucoup d’éducateurs ont envisagé d’abandonner ce sport malgré la popularité, et le président des Etats-Unis, Théodore Roosevelt, a demandé à ce que le jeu soit rendu plus sûr.
Les autorités ont réorganisé la discipline, les tactiques les plus brutales ont été interdites et les équipements de protection ont fait leur apparition. Des entraineurs universitaires comme Amos Alonzo Stagg, Pop Warner, Bob Zuppke et Knute Rockne ont développé les premières techniques offensives et formations. Alors que des équipes professionnelles ou semi-professionnelles s’organisaient à travers le pays, plusieurs tentatives ont été faites pour mettre sur pied une ligue de football professionnelle.
En 1902, il y en avait même une qui s’appelait la National Football League, avec des équipes de joueurs de baseball de Philadelphie. Mais par manque de moyens, celle-ci comme bien d’autres, ont vite disparu. Le football s’est avéré un sport viable pour la première fois dans les années 1910 avec la création de l’Ohio League.
L’équipe de Canton mettait en vedette le légendaire Jim Thorpe, décathlonien médaillé d’or à Stockholm en 1912, passé par les Giants de New York en baseball, qui a aidé à légitimer la discipline grâce à son parcours. La foule amenée par Thorpe et son équipe a créé un marché dans l’Ohio et au-delà. Conscients de cela, les propriétaires de Canton, Akron, Cleveland et Dayton se sont réunis à Canton le 20 aout 1920 dans la salle d’exposition automobile Jordan et Hupmobile de Ralph Hay, propriétaire des Bulldogs.
Cette réunion a abouti à la formation de l’American Professional Football Conference. Près d’un mois plus tard (17 septembre), un accord était prêt à être conclu. Hay a rassemblé les représentants de 11 équipes de football professionnels dispersées dans l’Ohio (Akron Pros, Canton Bulldogs, Cleveland Indians, Dayton Triangles, Massillon Tigers), l’Illinois (Rock Island Independents, Decatur Staleys, Chicago Cardinals), l’Indiana (Hammond Pros, Muncie Flyers), New York (Rochester Jeffersons), pour officialiser l’organisation, connue désormais comme l’American Professional Football Association (APFA). Ils étaient les fondateurs de la ligue qui allait devenir la NFL.
Espérant capitaliser sur sa renommée, les membres ont élu Jim Thorpe comme président et Stanley Cofall de Cleveland, vice-président. Un droit d’entrée de 100$ par formation était demandé pour donner une apparence de respectabilité, bien qu’aucune équipe ne l’ait jamais payé.
Selon les procès-verbaux de la réunion tapés sur le papier à en-tête de l’équipe d’Akron, le premier sujet traité était celui du retrait de Massillon pour la saison 1920. L’équipe n’a plus eu la chance de rejoindre la ligue, qui a ouvert ses portes à quatre autres équipes : les Buffalo All-Americans, Chicago Tigers, Columbus Panhandles et Detroit Heralds. Deux franchises existent encore aujourd’hui. Les Decatur Staleys ont déménagé à Chicago en 1921 et ont été renommés Bears un an plus tard.
Contrairement aux standards actuels, la planification des rencontres était laissée aux équipes. En l’absence de ligne directrice, il y a avait de grandes variations sur le nombre total de rencontres disputées. Les équipes de 1920 planifiaient leurs adversaires et pouvaient jouer contre des formations qui ne faisaient pas partie de la ligue, ou même des universités. Et cela comptait dans leur bilan.
Une semaine plus tard, le 3 octobre, la première opposition entre deux membre de l’APFA s’est déroulée à Triangle Park; Dayton battant Columbus 14-0 avec le premier touchdown inscrit par Lou Partlow. Bien que les dimensions du terrain étaient les mêmes qu’aujourd’hui, le jeu était très différent. Les passes en avant étaient rares, le coaching depuis la ligne de touche interdit et les joueurs jouaient à la fois en attaque et en défense.
L’argent était si rare que George Halas portait le matériel, écrivait les communiqués de presse, vendait les billets d’entrée, strappait les chevilles, jouait et entrainait Decatur. Mais la saison inaugurale a été difficile, les rencontres ont peu retenu l’attention des fans et encore moins de la presse. Malgré les 14 équipes, la ligue n’a pas gardé le classement pour la saison. Muncie n’a disputé qu’un seul match, puis s’est retiré avant la fin de la saison, qui s’est terminée le 19 décembre.
Chicago et Detroit ont bien terminé l’exercice, mais se sont ensuite dissouts, contraignant la ligue à annuler leurs résultats et les exclure. Il n’y a donc pas eu de playoffs, encore moins un Super Bowl; il a fallu plus de quatre mois avant que la ligue ne dévoile l’identité du champion. Quatre équipes -Akron, Buffalo, Canton et Decatur - avaient encore des aspirations de titre, une série de rencontres en fin de saison allait permettre à l’organisation de trancher. Au passage, l’équipe d’Akron a vendu le tackle Bob Nash à Buffalo au cours d’un de ces matchs, pour 300$ et 5% des recettes d’entrée, la première transaction de joueur.
À l’instar du football universitaire pendant des décennies, l’APFA a déterminé son champion par scrutin. Le 30 avril 1921, les Akron Pros ont été désignés vainqueurs grâce à leur invincibilité (8 victoires, 3 nuls), au grand dam de Decatur (10) et Buffalo (9), qui avaient chacun plus de victoires. Les vainqueurs ont reçu une coupe en argent offerte par la société d’articles de sport Brunswick-Balke-Collender.
Cette première saison a été si vite oubliée dans la mémoire des sports collectifs que les archives de ligue ont listé ce championnat comme indécis jusque dans les années 1970. La Brunswick-Balke-Collender Cup n’a été remise qu’une seule fois et personne ne sait où elle se trouve, si bien sûr elle existe encore.

Chronologie de la NFL.
Le Football Américain en France
Fin 1984, le football américain n’existe en France que depuis 4 ans. Le dénommé Jacques Forestier prend l’initiative de créer une structure à Grenoble, en relation avec une ligue Européenne récemment créée : Amerfoot. A l’origine le club envisage de s’appeler les Anges Exterminateurs, ce projet sera rapidement abandonné pour donner naissance aux Cobras de Grenoble, structure mal gérée qui ne survivra que quelques mois. En l’absence de volontaire pour occuper la Présidence, c’est l’un des deux Vice-Présidents qui fut désigné pour occuper la vacance.
En quelques semaines les premiers contacts sont noués avec les institutions et le landerneau du football américain régional où seuls existent les Titans de Saint-Étienne (futurs Giants) et les Samouraïs de Lyon(ex-Hawks de Villefontaine). Le premier match à domicile eut lieu le 7 juillet 1985 au Stade Lesdiguières à Grenoble, dans le cadre de la « Quinzaine Américaine », une manifestation organisée par Mme France Deblaëre, marraine du Club. Un tournoi voit s’opposer les Jets de Paris (Champions de France en titre), les Samouraïs de Lyon et les Centaures de Grenoble.
Les Jets l’emporteront, les Centaures seront 3e et dernier n’inscrivant toujours aucun point (QB C. Guérini). Le club des Centaures est l’un des plus vieux clubs de Province. En 1984, cela fait seulement 4 ans que le football américain a fait son apparition en France. C’est alors que Jacques Forestier prit l’initiative de créer une structure à Grenoble qu’il nomma les Anges Exterminateurs.
Assez rapidement, le club changea de nom pour devenir les Cobras de Grenoble. Il rejoint ensuite la première Fédération Française de Football Américain (FFFA). Le 6 mai 1985 est la date de création au Journal Officiel mais ce n’est que lors de l’Assemblée Générale constitutive du 18 avril 1985 que le nom des Centaures a officiellement été adopté suite à un vote. Le 2 juin 1985 a eu lieu le premier match au Stade Vuillermet de Lyon contre les Samouraïs que le club a perdu.
C’est au stade Lesdiguières, le 7 juillet 1985 que s’est disputé le premier match à domicile des Centaures, un tournoi entre les Jets de Paris, les Samouraïs de Lyon et les Centaures de Grenoble. Le club est arrivé 3ème de cette rencontre. La première rencontre officielle se déroula le 3 novembre 1985 au stade Teisseire (stade Raymond Espagnac aujourd’hui) pour le compte du championnat de France de deuxième division, récompensée alors par le Casque d’Argent.
Elle opposait les Centaures aux Argonautes d’Aix en Provence. Pour l’anecdote, les Argonautes souhaitent au départ s’appeler les Centaures. Les grenoblois ayant déjà validé quelques jours avant cette dénomination auprès de la FFFA, les Argonautes durent trouver un autre nom, adoptant ainsi le nom des compagnons de Jason. Ce concours de circonstances alimenta une rivalité sportive.
L’année 1987 fût très bonne pour le club. Ils sont arrivés à convaincre Max Gordon Lee de les coacher et ont accueilli de nombreux joueurs. Beaucoup de jeunes furent séduits par ce sport grâce, entre autre, à la naissance d’une cinquième chaîne et à la diffusion de matchs de la NFL. Le club a aussi ouvert une boutique, en plein centre de Grenoble. David Wachter, en déplacement à Grenoble, décida de s’inscrire au club en tant que joueur puis d’assister Max Gordon Lee. Il fût ensuite rejoint par Andrew Greene.
Toujours en 1987, les Centaures décidèrent de fusionner avec les Pharaons (un club qui était en train de se créer à Grenoble cette année là). Suite à cela, le 29 mai 1988, les grenoblois accueillirent Fighters de Croissy-sur Seine afin de disputer les 1/4 de finale. C’est à Gagny, le 19 juin 1988, que s’est disputé la finale entre les Centaures et les Ours de Blagnac. Peu avant la mi-temps, Stéphane Alberola le quarterback grenoblois compléta une passe sur son tight-end et ami Claus Drexel permettant aux Centaures de se retrouver à proximité de l’en-but des Ours et c’est sur une course de 6 yards de Laurent Lambert qu’ils parviennent à égaliser. La transformation au pied est réussie par Dominique Brizard, les Centaures passent devant à la pause (6-7).
Lors de la saison 2010 - 2011, le club perdit deux fois : contre les les Spartiates (7 à 35) et le Flash (16 à 44). Cela ne les arrêta pas : ils accédèrent tout de même aux séries éliminatoires. Ils remportèrent la demi finale contre les Argonautes leur permettant d’accéder à la finale du Casque de Diamant contre le Flash. Ils perdirent ce match. Le club accéda à la Coupe d’Europe (EFAF Cup) en 2011. Ils accueillirent, au stade Lesdiguières, des Espagnols des Fire Bats de Valence. Ils gagnèrent ce match ainsi que celui en Autriche contre les Devils de Hohenems. Ils se qualifièrent donc pour la demi finale de cette Coupe d’Europe.
2012 fût une année de chamboulements. Le club perdit plusieurs joueurs internationaux dont les emblématiques receveurs Anthony Dablé et Paul Braisaz partis respectivement en Allemagne et au Canada mais aussi Jordan Dablé (DE), Medhi Bekheira et Fathi Caliskan (DL). L’équipe redescendit donc en D2. En 2014, certains Centaures ont joué les premiers rôles dans la poule sud de la D2. Ils ont néanmoins perdu les séries éliminatoires, battus lors du match contre les Cannoniers de Toulon. Le club est resté en D2 jusque 2018, année où ils ont perdu en finale de D2 contre les Spartiates d’Amiens.

Match de la ligue D1 Elite.
La D1 Élite est le championnat de première division du football américain français. Le format de la D1 Élite s’inspire des standards du football américain professionnel.
La D1 Élite regroupe certains des meilleurs joueurs français, mais aussi des athlètes étrangers recrutés pour renforcer les effectifs. Le point d’orgue de la saison est la finale du championnat D1 Élite, un événement qui attire chaque année un public de plus en plus nombreux, en tribunes et devant les écrans.
Avec la D1 Élite Championship, Sport en France vous fait entrer dans l’univers du football américain hexagonal.
La Fédération Française de Football Américain se plonge, en plein début de saison, sur l’histoire de la D1 Élite.
T'y comprends rien au Foot Américain (NFL) ? Voici les explications des règles du Football Américain
Les Castors et les Argonautes ont chacun inscrit leur nom au palmarès du Casque d’Or à plusieurs reprises au cours de cette période. Dans ces années-là le Stade Jean Bouin était devenu le temple du football américain français et chaque finale attirait de nombreux supporters. Il y’avait aussi une opposition forte entre les deux clubs. Une approche très organisée, très américaine, très réglée, avec une image un peu traditionnelle que voulait de sonner les Castors.
Pendant près de 20 ans le Flash de la Courneuve a émergé comme une force incontestée dans le football américain français. Le début des années 2020 ont apporté leur lot de défis, avec la victoire des Black Panthers en 2022 et la première participation des Blue Stars de Marseille en 2023. En conclusion, le Casque de Diamant du football américain français reste non seulement un objet étincelant mais aussi le témoin d’une époque où le Flash de la Courneuve a régné en maître.
Une histoire faite de triomphes, de détermination et d’une passion sans faille pour le jeu qui continuera d’inspirer les amateurs de football américain à travers les générations.