Le Championnat de France de Rugby de 1990 a été une année riche en événements, marquée par des compétitions acharnées et des matchs internationaux passionnants. Cet article explore en détail les moments clés de cette saison mémorable.

Finale du Championnat de France
La finale du championnat de France, qui s'est déroulée à Narbonne le 14 mai, a vu la victoire de Saint-Estève sur Le Pontet avec un score de 23-4.
Sans l'intervention énergique du président de la Fédération, Jean-Paul Vardaguer, il est à peu près sûr qu'elle ne serait pas arrivée à son terme, le deuxième ligne international vauclusien Marc Palanques allant même jusqu'à frapper l'arbitre, coupable à ses yeux d'avoir accordé à l'équipe adverse un essai non valable.
Dans ces conditions de jeu déplorables, la victoire est revenue logiquement aux Stéphanois qui, une fois le calme rétabli sur le terrain, ont fait preuve de spontanéité et d'habileté manœuvrière, tandis que, dans le camp rival, l'esprit de vengeance l'emportait sur la lucidité.
La morale était sauve, mais le rugby à XIII venait sans doute de signer son arrêt de mort ; d'autant plus qu'à la suite des sanctions infligées par la Fédération à ses joueurs le club du Pontet passait avec armes et bagages à l'ennemi à la satisfaction d'Albert Ferrasse, qui était ravi d'accueillir au sein de la grande famille du XV le meilleur club treiziste du moment.
Coupe de France
La finale de la Coupe de France, qui a eu lieu à Albi le 21 mai, a vu Avignon battre Le Pontet avec un score serré de 12-11.
Matches Internationaux
L'année 1990 a également été marquée par plusieurs matchs internationaux importants pour l'équipe de France. Voici quelques-uns des résultats notables :
- Auckland (1er juillet) : Nouvelle-Zélande b. France, 34-20
- Parc des Princes (4 octobre) : Lions b. France, 29-27
- Strasbourg (4 novembre) : Australie b. France, 32-15
- Lille (11 novembre) : France b. Australie, 25-19
- Carcassonne (19 novembre) : Nouvelle-Zélande b. France, 16-14
- Carcassonne (3 décembre) : Nouvelle-Zélande b. France, 34-0
Ces matchs ont offert des moments de grande intensité et ont permis de mesurer le niveau de compétition internationale de l'équipe de France.
France - Angleterre, Tournoi des Cinq Nations de rugby, 03/02/1990
Le Rugby à XIII en Crise
Une nouvelle fois, on a connu le pire au cours de la finale du championnat de France, qui a opposé Le Pontet à Saint-Estève.
La finale du championnat de France a mis en lumière les difficultés rencontrées par le rugby à XIII, notamment en raison de problèmes de discipline et de rivalités exacerbées.
Joueurs Emblématiques
Plusieurs joueurs ont marqué cette saison par leur talent et leur engagement. Parmi eux :
- Jean-Marie Armand: International Junior, Espoir et équipe de France A.
- Andrew Bentley: International cadet, junior, universitaire et senior.
- Kane Bentley: Joueur de SM Pia et de l’équipe de France.
- Jean-Claude Boussières: Champion de France en 1974 et 1976.
- Maurice Brunetaud: Dix fois international.
- Alain Brzezinski: International Cadet.
- Charles Cadis: Joueur puis entraîneur, champion de France en 1968.
- Patrice Campana: International Amateur et équipe de France A.
- Michel Cassin: Dix-sept fois international.
- Yannick Cazemajou: International Universitaire.
- Christophe Cazemajou: International Cadet, Junior et Espoir.
- Christophe Coro: Champion de France Élite II.
- Christian Cozza: Joueur de Tonneins XIII, ASC Carcassonne et La Réole XIII.
Voici un tableau récapitulatif des résultats de la saison :
| Compétition | Vainqueur | Finaliste | Score |
|---|---|---|---|
| Championnat de France | Saint-Estève | Le Pontet | 23-4 |
| Coupe de France | Avignon | Le Pontet | 12-11 |
Michel Tachdjian : Un Anesthésiste sur le Terrain
Michel Tachdjian, surnommé « l'anesthésiste d'Erevan », a marqué les esprits par son jeu physique et son rôle de deuxième ligne impitoyable. Champion avec le Racing en 1990, il raconte ses matches où il s'occupait d'abord de ses adversaires plutôt que du ballon.

Tachdjian avec Lascube et Ondarts après France-Ecosse. (Legros - L'Equipe)
«On avait annoncé un festival d'art et d'essais, ce fut un film de série Z, avec bagarre à chaque coin de rue.» D'une formule, forcement punch, Michel Tachdjian, a résumé le contexte de la finale remportée en 1990 par le Racing après prolongation face à Agen (22-12).
Une finale qui restera celle des attaquants du « show-biz » parisien en noeud papillon, alors même qu'elle fut surtout l'oeuvre d'un pack de durs à cuire. Visiblement, 25 ans plus tard (entretien publié la première fois en mars 2016), celui qu'on surnomma «l'anesthésiste d'Erevan» ne leur tient pas rigueur de cette usurpation de gloire.
«Les deux premiers ballons de cette finale, le Racing les envoie aux ailes et se met le public du Parc dans la poche. Le reste du match a été une succession de mêlées écroulées et d'échauffourées. C'était prémédité ?»
«Prémédité non. Mais en 1987 on s'était retrouvés en finale sans trop savoir pourquoi. Les Toulonnais avaient la bave aux lèvres et les yeux hors de la tête, on avait saisi l'enjeu trop tard. En 1990 on avait compris la leçon, on était là pour gagner. Or à l'époque c'était mêlée secouée, défaite assurée. Agen avait une très, très grosse mêlée. Alors dans les vestiaires, pendant que le Show-Biz (*) ajustait les noeuds papillons, nous, les gros, on réfléchissait à ne pas exploser en mêlée dans le premier quart d'heure, à marquer notre territoire. Et c'est comme ça que Laurent Seigne est devenu l'homme à abattre ?»
Laurent Seigne c'était un grand pilier droit, le Rabah Slimani de son temps ! Et nous à gauche on avait Laurent Benezech, un gabarit pas ordinaire pour l'époque et qui refusait de s'approcher d'un pot de protéines. Alors disons que je lui ai servi de dopage. J'ai administré quelques piqûres anesthésiantes à Seigne sous les mêlées. En fait c'est le hasard qui m'a donné le mauvais rôle. Si j'avais poussé de l'autre côté, j'aurais pu planer dans les airs comme Patrick Serrière (sourire).