Ligue des Champions 2010-2011 : Le triomphe du FC Barcelone et le déclin anglais

La saison 2010-2011 de la Ligue des Champions a été marquée par la domination éclatante du FC Barcelone et le début d'une ère de suprématie espagnole sur le football européen.

Barcelona Manchester United 2011 - Le but de Pedro - l'analyse

Retour sur une campagne mémorable qui a vu le Barça de Guardiola atteindre des sommets et l'Angleterre perdre de son influence.

Une finale mémorable à Wembley

Le 28 mai 2011, le stade de Wembley a été le théâtre d'une finale de Ligue des Champions inoubliable. Le FC Barcelone affrontait Manchester United, dans un remake de la finale de 2009. Ce soir-là, le Barça de Guardiola avait peut-être rendu sa plus belle copie. Pas la plus spectaculaire mais certainement la plus aboutie de toutes, compte tenu du contexte dans lequel elle avait été écrite et face à un adversaire qui, il est bon de le rappeler, disputait sa troisième finale de Ligue des champions en quatre éditions. Les Blaugrana s'imposaient 3-1 face à Manchester United et décrochaient leur quatrième Ligue des champions. La troisième en cinq ans. La deuxième de l'ère Guardiola. La deuxième, aussi, face aux Red Devils, vingt-quatre mois après l'avènement de Rome.

L'hommage date du même soir. Et est signé Alex Ferguson: "C'est la meilleure équipe d'Europe, ça ne se discute pas. Dans ma carrière de manager, je n'avais jamais défié une équipe aussi forte. Tout le monde le reconnait et je l'accepte : pas facile de faire autrement quand on est battu comme ça. Personne ne nous avait donné une raclée comme celle-là". Il ne le sait pas encore. Mais cette finale européenne sera la dernière de sa carrière.

Cette soirée va également symboliser une passation de pouvoir entre le pays qui a posé son empreinte sur l'Europe durant la deuxième moitié des années 2000 et l'Espagne, qui s'apprête à faire la pluie et le beau temps sur le continent.

Le déclin de l'Angleterre, l'ascension de l'Espagne

Alors oui, Chelsea a remporté la Ligue des champions en 2012 au nez et à la barbe du Barça, sorti en demie par les Londoniens, mais ce succès des Blues fut avant tout une exceptionnelle aventure humaine presque anachronique plus que le prolongement de la mainmise du football anglais sur la C1. De même, la finale de 2013, 100% allemande, n'aura été qu'un mirage alors que l'on imaginait nos voisins d'outre-Rhin économiquement armés pour prendre les rênes. Non, c'est l'Espagne qui a remporté la mise.

Depuis 2014, grâce au Real Madrid et au FC Barcelone, le football ibère a remporté 5 Ligues des champions de suite. Dans l'histoire de la Coupe d'Europe, hormis le Real des années 50 (6 d’affilée) et l'Angleterre qui enfantait un champion tous les ans entre 1977 et 1982, aucune phase de domination n'avait été aussi marquée que celle du foot espagnol de ces dernières années. L'empreinte est d'autant plus profonde que la structure actuelle de la Ligue des champions fait la part belle aux très puissants.

Et que depuis 2011, l'Espagne a mis la main sur les hauteurs quand l'Angleterre a progressivement disparu des radars… jusqu'au printemps dernier, avec le réveil de Liverpool, finaliste malheureux.

La domination anglaise en trompe l'oeil

Entre 2007 et 2009, les Anglais avaient constamment placé trois clubs dans le dernier carré européen. Soit 9 places sur 12 squattées par des équipes issues de Premier League. Depuis 2010, seuls 5 demi-finalistes ont été anglais. Les places au sommet ont été prises d’assaut par les géants, espagnols notamment. Madrilènes en particulier (8 demies pour le Real, 3 pour l’Atlético), Catalans souvent (5). Mention spéciale pour le Bayern, acteur régulier du dernier carré (7 apparitions).

Cette année, il ne reste qu'un club de Liga en quart de finale, contre quatre de Premier League. Situation inédite lors de la décennie 2010. Il est encore trop tôt pour affirmer que cet instantané présente un caractère structurel plus que conjoncturel.

On n’en saura pas beaucoup plus au terme de la double confrontation entre Manchester United et le FC Barcelone. Mais celle-ci nous donnera un début de réponse. Même si le Barça a pris la mauvaise habitude de se casser les dents sur cette marche depuis 2016, une qualification mancunienne ne pourrait pas être qualifiée d'anecdotique.

Pourquoi ? Parce que depuis le Chelsea - Barcelone de 2012, évoqué plus tôt, onze duels anglo-espagnols ont rythmé les fins d'hiver et printemps de Ligue des champions. Un seul est tombé dans l'escarcelle des Anglais. Le plus improbable d'entre eux, Leicester éliminant Séville en 2017. Une qualification mancunienne aurait un tout autre retentissement.

Meilleurs buteurs de la Ligue des Champions 2010-2011

Le tableau suivant présente les meilleurs buteurs de la Ligue des Champions 2010-2011 :

Rang Joueur Club Buts
1 L. Messi FC Barcelone 12
2 M. Gómez Bayern Munich 8
3 Eto'o Inter Milan 8
4 N. Anelka Chelsea 7
5 R. Soldado FC Valence 6
6 K. Benzema Real Madrid 6
7 Cristiano Ronaldo Real Madrid 6

Ligue des Champions féminine : L'Olympique Lyonnais au sommet

En parallèle de la compétition masculine, la Ligue des Champions féminine a également connu son lot d'émotions. L'Olympique Lyonnais a pris sa revanche et a battu Potsdam dans le remake de la finale 2010. Une victoire méritée dans une rencontre emballante et emballée par les Lyonnaises. Renard a ouvert le score et Dickenmann a délivré l'OL. Lyon remporte son premier titre européen.

Dans une première mi-temps extrêmement rythmée, les Lyonnaises et l'intenable Thomis mettaient le feu dès les premières secondes. Pourtant, c'étaient les Allemandes, les plus dangereuses. Après une énorme mésentente entre Henry et Georges, Odebrecht trouvait Kerschowski mais Bouhaddi détournait le ballon du pied (4e). La gardienne lyonnaise récidivait en remportant son face à face avec Bajramaj même si celle-ci était signalée hors-jeu (10e). Cette action sonnait le réveil rhodanien. Thomis enrhumait Kemme et voyait son tir contré. Celui-ci revenait dans les pieds d'Abily qui ne pouvait cadrer sa frappe (11e). Quelques secondes plus tard, Necib donnait elle aussi des sueurs froids à l'arrière-garde germanique puisque son corner rentrant heurtait le poteau (12e). Comme lors de la finale 2010.

Les Lyonnaises avaient la mainmise et les accélérations de Schelin, Thomis faisaient très mal aux Allemandes. Mais Sarholz était, elle, bien présente. La jeune gardienne, héroïque l'année dernière avait encore le beau rôle et sortait deux arrêts de grande classe. Elle bondissait sur une frappe d'Abily aux 20 mètres (18e) et détournait admirablement un tir de Schelin (20e). Mais Sarholz ne pouvait pas tout faire. Sur un corner lyonnais frappé par Bompastor, au 2e poteau Henry remettait en retrait pour Schelin, Sarholz repoussait du pied mais Renard se jetait sur le ballon et ouvrait le score du pied gauche (1-0, 27'). Henning souffrait, Peter colmatait car Thomis virevoltait. La Française revenait même défendre comme en atteste ce retour après une

Sur un tacle appuyé de Mittag, Henry sortait quelques minutes se faire soigner. Sans gravité finalement. La seconde période repartait de la même manière, Thomis prenait de vitesse Henning, pas dans un bon jour hier, mais Sarholz était encore là (50e). Les Allemandes multipliaient les longs coup-francs et sur l'un d'eux, Petter était tout près de tromper la vigilance de Bouhaddi (58e). Potsdam mettait la pression, Mittag débordait côté gauche et centrait pour Kemme, oubliée dans la surface. La frappe de cette dernière passait entre les jambes de Bompastor mais Bouhaddi effectuait un arrêt réflexe surprenant (62e).

Les Lyonnaises prenaient l'eau. Il fallait alors un contrôle raté de Mittag et un retour supersonique d'Henry pour ne pas boire la tasse (63e). Oderbrecht était aussi tout près de d'égaliser mais sa tête filait à côté. L'orage était passé et Lyon pouvait repartir de l'avant. Abily trouvait Cruz mais son enchaînement poitrine, reprise de volée passait au-dessus (73e). Lyon appuyait alors encore un peu plus sur l'accélérateur, Le Sommer à la lutte s'écroulait dans la surface. Mais l'arbitre ne bronchait pas (79e). Abily, aux six mètres, croyait doubler la mise mais elle était contrée (81e). Schelin devançait la sortie de Sarholz mais ne parvenait pas à cadrer (83e).

La délivrance intervenait quelques minutes plus tard par Dickenmann entrée en jeu quelques minutes plus tôt. Sur un centre millimétré de Le Sommer, la Suissesse ajustait une demi-volée du gauche dans la lucarne de Sarholz (2-0, 85'). Une bouffée d'oxygène. Les féminines offrent à l'OL son premier titre européen tout comme au foot féminin français.

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