L'épopée européenne du PSG et l'OM : De l'UEFA 1993 à la Ligue des Champions

Il y a des matchs de légende que l’on n’oublie pas, même quand on était pas né quand ils ont eu lieu. Ce mercredi 14 février, le Paris Saint-Germain se déplace à Santiago Bernabéu pour affronter le Real Madrid en huitième de finale de la Ligue des champions.

La première fois que le club francilien était confronté aux Merengues, c’était en quarts de finale de la Coupe de l’UEFA 1993. Et lors du match retour, les Parisiens avaient réalisé un exploit mémorable…

Le parcours du PSG en Coupe UEFA 1993

Le 18 mars 1993, le Paris Saint-Germain affronte le Real Madrid au Parc des Princes, devant 46 000 spectateurs, en quarts de finale retour de la Coupe de l’UEFA. Après avoir éliminé le PAOK Salonique, Naples et Anderlecht, le club de la capitale est en passe d’accéder à une demi-finale européenne pour la première fois de son histoire.

Mais la tâche s’annonce délicate: au match aller, à Santiago-Bernabéu, les coéquipiers de David Ginola se sont inclinés 3 à 1 face aux Merengues. Et pourtant, ce soir-là, les Parisiens vont réaliser un de leur plus bel exploit.

La composition du PSG face au Real Madrid

En théorie, une victoire 2 à 0 face au Real suffit aux Parisiens pour décrocher la qualification. Pour ce faire, Artur Jorge, alors entraîneur du PSG, titularise son quatuor d’attaque Valdo, Weah, Ginola, Simba.

Le milieu de terrain se compose de Le Guen et de Guérin, tandis que les défenseurs Sassus, Ricardo, Kombouaré et Colleter, accompagnés de leur gardien de but Bernard Lama, assurent les arrières parisiens. M.Puhl, l’arbitre hongrois de la rencontre, siffle le coup d’envoi. Le PSG a rendez-vous avec l’histoire.

Le match s’ouvre un rythme soutenu et les deux équipes se tiennent de près. A la 33e minute, la rencontre se débloque grâce à George Weah. Sur un corner de Valdo, le buteur libérien vient placer sa tête au premier poteau et ouvre la marque pour le PSG!

Le score ne bouge pas jusqu’à la mi-temps. La moitié du chemin est déjà fait et le Parc des Princes commence à y croire.

Au retour des vestiaires, les hommes d’Artur Jorge poussent mais ne trouvent pas la marque, à l’image d’un Daniel Bravo, rentré en jeu à la place de Simba, qui trouve la barre transversale de la tête sur un dégagement hasardeux de la défense madrilène. La fin du match arrive à grands pas.

81ème minute. A l’entrée de la surface, George Weah lève le ballon en cloche pour Bravo, qui sert en retrait Ginola de la tête. L’attaquant parisien reprend le ballon du plat du pied en demi-volée et catapulte le cuir sous la barre. 2-0, Paris est qualifié ! Mais le match est loin d’être terminé…

Tandis que les Madrilènes donnent tout pour revenir au score, les Parisiens reculent pour le conserver. 89e minute. Sur une contre-attaque parisienne menée tambour battant, David Ginola décale Valdo. Le Brésilien s’approche de la surface, élimine un défenseur madrilène avec une feinte de frappe et ajuste le portier espagnol. 3-0! Tout le Parc des Princes est debout et attend le coup de sifflet final libérateur.

Mais, les Madrilènes y croient jusqu’au bout et arrachent les prolongations sur un but de Zamorano, à la 92e minute. C’est la douche froide.

Le temps additionnel touche à sa fin. 96e minute. Ultime occasion pour le PSG. C’est alors que l’impensable se produit. Sur un corner frappé au milieu de la surface par Valdo, Antoine Kombouaré vient dévier le ballon d’une tête décroisée et le propulse au fond des filets. 4-1, Paris l’a fait! La légende de "Casque d’Or" était née.

"Ce sont des choses que vous ne vivez qu’une fois dans votre vie. Je n’ai plus jamais vécu ça après. Il y a eu des scènes de joies, de folie. Moi j’étais dans un état second", confiait Kombouaré en 2015 à RMC Sport. Interrogé en 2015 par Le Parisien au sujet du match, David Ginola assure quant à lui qu'il en gardera le souvenir toute sa vie. "Merci le football ! Je suis ravi d'avoir contribué à ça. Ce sont des moments qu'on chérit à vie. On a donné du rêve. Moi, je n'ai jamais revu ce match (...) En revanche, j'aimerais bien le revoir dans quelques années, mais avec d'autres joueurs. Quand on aura 60 ou 70 ans.

résumé OM 1-0 Millan ac final de la ligue des Champions 1993 vidéo pour les fan de OM

La demi-finale de Ligue des Champions 1993 contre le Milan AC

Retour sur la premiere et unique demi finale de Ligue des Champions du PSG contre le grand Milan AC. Ce soir-là, pas moins de 46.500 spectateurs étaient au parc pour suivre la rencontre. Tous avaient encore en tête la victoire face à Barcelone en quart de finale.

Mais ce soir-là, l’adversaire se nommait Milan AC, le vainqueur de la précédente Ligue des Champions. Pour sa deuxième participation à la Ligue des champions, le PSG était tout de même expérimenté.

Voici la composition des équipes pour ce match :
  • PSG (en Hechter): Lama - Cobos, Ricardo, Roche, Le Guen, Llacer, Guérin, Raí, Bravo, Weah, Ginola.
  • Milan AC (en blanc): Rossi - Baresi, Costacurta, Maldini, Panucci, Desailly, Albertini, Eranio, Boban, Savicevic, Simone (Massaro, 84e).

Le match est très animé, avec beaucoup d’occasions des deux côtés, mais Rossi et Lama sont à leur plus haut niveau. Au PSG, Weah et Ginola sont particulièrement en jambe et Paris prend peu à peu le dessus sur son adversaire.

Cependant, sur un contre en toute fin de rencontre, qui rappelle l’action de Kostadinov quelques mois plus tôt dans le même stade, ce sont les visiteurs qui se montrent le plus réaliste. En effet, le croate Boban inscrit le but de la victoire à la 90ème. Les milanais repartent du Parc des Princes avec un avantage considérable avant le match retour (0-1).

Voici la composition des équipes pour le match retour :

  • Milan AC (en blanc): Rossi - Baresi, Maldini, Panucci, Tassotti (Galli, 15e), Desailly, Albertini, Eranio, Boban, Savicevic, Simone (Donadoni, 79e).
  • PSG (en Hechter): Lama - Cobos (Séchet, 76e), Ricardo, Roche, Colleter, Le Guen, Guérin, Valdo (Nouma, 68e), Bravo, Weah, Ginola.

À domicile, le Milan domine les débats lors de ce match retour et les occasions françaises se font rares. C’est donc logiquement que Savisevic trouve par deux fois la faille. Paris est logiquement éliminé, mais Paris n’a pas démérité, et s’est montré digne d’un grand d’Europe.

Après avoir atteint trois demi-finales consécutives, le PSG atteindra la finale de C2 en 1996 et 1997. Les attentes étaient grandes, mais ce soir-là le PSG échouait pour la troisième fois aux portes d’une finale européenne.

Les Milanais de Fabio Capello avaient ce que les joueurs de Luis Fernandez ne possédaient pas encore, à savoir l’expérience et une certaine rigueur tactique. Ainsi, la finale de la Ligue des Champions opposa cette année-là le Milan AC à l’Ajax d’Amsterdam.

L’Ajax s’imposera en marquant l’unique but de la finale par l’actuel « Directeur du Football » du PSG. Avec ce but Patrick Kluivert deviendra le plus jeune buteur d’une finale de Ligue des champions à seulement 18 ans. A noter : Coïncidence malheureuse, George Weah quittera cette année-là PSG pour le Milan AC. Quelques mois après son arrivée il est récompensé par le Ballon d’or, notamment pour ses bonnes prestations avec le PSG en coupe d’Europe. Il est le premier joueur non européen à recevoir cette récompense.

Le sacre de l'Olympique de Marseille en Ligue des Champions 1993

« A jamais les premiers. » Ces quatre mots reviennent inlassablement dans la bouche des supporters marseillais, depuis le 26 mai 1993 et la victoire en Ligue des champions face à l’AC Milan (1-0, but de Basile Boli). Car après les revers en finale de Reims en 1956 et en 1959, de Saint-Etienne en 1976, le club phocéen, qui avait chuté lors de la dernière marche en 1991 face à l’Etoile Rouge de Belgrade (0-0 5-3 t.a.b.) est le premier club français à soulever la C1. Et jusqu’à présent le dernier. Monaco en 2004 et, il y a trois ans, le Paris Saint-Germain ne sont pas arrivés à conquérir la coupe aux grandes oreilles.

Du côté de la Canebière, ce monopole est vu comme une fierté. « C’est quelque chose d’unique et ça fait plaisir que ce soit notre club qui l’ait réalisé. On ne pourra jamais nous l’enlever. Même quand on ne suit pas le foot, on est fiers ici de revendiquer ce trophée face aux autres clubs français », détaille avec joie Ahmed, un abonné au Vélodrome depuis plus de vingt ans. Une Ligue des champions comme porte-étendard, symbole de la réussite d’une ville rebelle construite face au jacobinisme.

Voici la feuille de match de la finale :

  • Marseille 1 - AC Milan 0
  • Stade : Olympiastadion München
  • Arbitre : Kurt Röthlisberger (SUI)
  • But : Basile Boli (44e) pour Marseille
  • Avertissements : Di Meco (31e), Boli (56e), Barthez (70e) à Marseille ; Lentini (39e) à Milan

Composition des équipes :

  • Marseille: Barthez - Eydelie, Angloma (Durand, 62e), Boli, Desailly, Di Meco - Sauzée, Deschamps - Pelé, Boksic, Voller (Thomas, 79e). Entr. : Raymond Goethals
  • AC Milan: Rossi - Tassotti, Costacurta, Baresi, Maldini - Donadoni (Papin, 58e), Albertini, Rijkaard, Lentini - Van Basten (Eranio, 86e), Massaro.

L’OM de 1993 est incarné par deux hommes : son entraîneur Raymond Goethals et son président Bernard Tapie. Ils connaîtront leur heure de gloire ce 26 mai avant que le club vacille dans des jours beaucoup plus sombres qui l’emmèneront jusqu’au retrait de son titre de champion de France.

Se replonger dans le sacre de l’OM en C1, c’est fouiller dans les arcanes d’un football d’un autre temps. Pas de phase à élimination directe pour accéder à la finale et seulement les champions de chaque pays sont qualifiés pour la plus prestigieuse des compétitions.

Lors des tours préliminaires, l’OM se défait assez facilement de Glentoran, champion d’Irlande du Nord puis du Dinamo Bucarest, sacré l’année précédente en Roumanie. Les coéquipiers de Didier Deschamps se retrouvent, alors, dans une poule avec les Glasgow Rangers, le CSKA Moscou et Bruges.

A la différence de l’AC Milan qui va gagner ses six matches de poule, les Marseillais vont être plus poussifs et termineront avec un bilan de trois victoires et trois matches nuls. Ils obtiennent leur ticket pour la finale lors de leur dernière rencontre en allant s’imposer sur la pelouse de Bruges grâce à un but d’Alen Boksic.

« J’entre dans la légende du football français le 26 mai 1993, à Munich, en Allemagne. […] Avec mes coéquipiers, je suis acclamé par des centaines de milliers de supporters en délire au stade Vélodrome et dans les rues de Marseille. J’ai la sensation que les médias sont à nos pieds, que le pays nous admire, nous aime. » Ces quelques lignes, tirées de l’autobiographie de Jean-Jacques Eydelie parue en 2006, témoignent de l’accomplissement que représente ce succès, en finale, face à l’AC Milan.

« C’était ce qui se fait de mieux en Europe à l’époque. Sacchi n’était plus à la tête de l’équipe mais ça reste un exploit d’avoir gagné », explique Ahmed, le fan de l’OM de la première heure.

Pour préparer au mieux la finale, les Olympiens se mettent au vert dans un petit gîte à 70 kilomètres de Munich, les jours précédant la rencontre. Une volonté de Bernard Tapie de proposer un cadre paisible à ses ouailles.

Au coup d’envoi, seulement trois joueurs étaient déjà titulaires lors de la finale de 1991 : Eric Di Meco, Basile Boli et Abedi Pelé. Face aux Milanais, Raymond Goethals décide d’aligner son équipe dans un 5-2-3 et doit faire face au 4-4-2, qui structure l’équipe italienne depuis le passage d’Arrigo Sacchi sur le banc des Rossoneri.

Une altercation entre Ruud Gullit et Silvio Berlusconi, à quelques heures du coup d’envoi, prive le Néerlandais d’être sur la feuille de match.

La rencontre démarre tambour-battant et le Milan est tout proche d’ouvrir le score sur une tête de Massaro, qui vient raser le poteau de Fabien Barthez. Le futur champion du monde, du haut de ses 22 ans, enchaîne les arrêts de haute volée et écœure les attaquants adverses. Puis en toute fin de première période, Abedi Pelé déboule sur le côté droit et obtient un corner alors qu’il est au contact avec Paolo Maldini. Le ballon est en réalité touché en dernier par le Ghanéen. Mais l’arbitre n’y voit que du feu.

Le milieu de terrain tire le coup de pied de coin sur la tête de Basile Boli. Le stoppeur marque le but le plus important de sa carrière. Un joli clin d’œil pour le joueur, qui, souffrant du genou, avait demandé à être remplacé quelques minutes plus tôt. Mais ni Raymond Goethals, ni Bernard Tapie n’avaient donné suite à sa demande. A raison, vu le scénario du soir.

Le bloc compact olympien va résister, lors de la seconde période, aux offensives milanaises. Avant de basculer dans une allégresse délirante au coup de sifflet final et même bien au-delà.

L’année 1993 n’est pas que source de joie. Cette saison-là, l’OM termine en tête de la division 1 mais le titre ne lui sera pas remis à cause de l’affaire de corruption VA-OM. Des joueurs de Valenciennes ont été incités à lever le pied avant la rencontre qui se déroule 6 jours avant la finale de la C1 contre l’AC Milan.

A la suite de cette affaire, l’OM sera empêché de défendre son titre lors de la saison 1993/1994 et ne pourra pas disputer la Coupe intercontinentale et la Supercoupe de l’UEFA. Le club sera alors rétrogradé administrativement à l’issue de la saison 1993/1994 et sonnera comme le début d’une période difficile pour un club passé de la gloire au purgatoire.

Parcours en Ligue des Champions 1993
Équipe Résultat
Marseille Vainqueur
Milan AC Finaliste
PSG Demi-finaliste

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