La saga des matchs de légende de l’Algérie en Coupe d’Afrique des Nations se poursuit avec un nouvel épisode : la demi-finale malheureuse de l’Algérie face au Nigeria durant la CAN 1988 qui se disputait au Maroc.

Le Contexte de la CAN 1988
Après une CAN-86 complètement ratée, Rabah Saâdane, le sélectionneur de l’époque ayant décidé d’en faire une préparation à la Coupe du monde, les Verts reprennent du poil de la bête en 1988 avec un nouveau sélectionneur, le Russe Rogov, et une nouvelle génération de joueurs.
Sans vraiment briller, les Belgherbi, Benhalima, feu Kechamli, Ferhaoui, Maâtar et autres Medane et feu Maïche ont réussi à terminer sur le podium.
La Composition de l'Équipe Algérienne
Pour cette demi-finale face au Nigeria, de légères modifications ont été apportées par l’entraîneur. La première concerne la défense, plus précisément les arrières latéraux Merzekane et Chaïb reprenant leurs places aux dépens de Kechamli et de Benhalima. Ce dernier se ressentant d’une blessure contractée devant le Zaïre.
C’est le cas aussi de Maïche dont le genou donnait des signes d’inquiétude, mais qui se trouvait tout de même sur le banc de touche. Pour le reste, l’entraîneur n’apporta aucun changement.
L'Ambiance du Match
Lorsque les équipes pénétrèrent sur le terrain, le public s’emballa pour les Verts comme c’était prévisible, alors qu’une chanteuse fredonnait "Daba si daba zidelhoum el issaba", chant repris en chœur par le public.
Première touche pour les Nigérians, première passe pour les Algériens. Applaudissements, mais le premier tir était pour le Nigeria par Sofoluwe que Drid déviait en corner. Un autre suivra, les Nigérians durcissent déjà leur jeu, ce qui leur coûta un carton jaune dès la sixième minute pour Adeshina.
Les Nigérians semblent mieux organisés sur le terrain ne laissant aucun espace libre aux Algériens, mais c’était Yahi qui eut la meilleure occasion. Les Algériens paraissent crispés, cherchant toujours leurs marques sur le terrain, et ce qui devait arriver arriva.
Le Déroulement du Match
A la reprise aucun changement. Pourtant, les Algériens sur une action de Medane faillirent égaliser, son tir passant à côté. Le petit algérien se dépensait sans compter, mais il était trop isolé. Sur la touche, Maïche se chauffait.
Nos joueurs reprenaient du poil de la bête, mais avaient à chaque fois une seconde de retard, l’arbitre les énervant même par ses décisions d’où un avertissement à Yahi. Portés par le public, les Algériens combinaient mieux.
Bouafia faisait son entrée à la place de Ferhaoui. Les Algériens se réveillaient enfin, mais il leur manquait cette fraîcheur. Maïche prenait la place de Merzekane. L’entraîneur avait épuisé ses réserves.
Sur un centre de Yahi, Belloumi ratait sa reprise, mais c’est Bouafia qui a eu la meilleure occasion seul face à Rufaï, il tirait à côté. Sur le corner tiré par Yahi, Maâtar d’une belle tête égalisait (86’). Aussitôt après, Bouafia débordait, son centre était arrêté par Rufaï.
Prolongations et Tirs au But
Les prolongations ne donnèrent rien. Nos joueurs évoluant à onze contre dix avant la sortie de Maïche victime d’une agression. Les prolongations furent dominées par les camarades de Belloumi qui ratèrent une balle de match par Medane à deux minutes de la fin.
Les penalties furent fatals à notre équipe.
## Analyse et Réflexions Post-Match« Durant cette coupe d’Afrique, toutes les équipes se valaient, il n’y avait pas une grande différence de niveau entre les sélections présentes. Encore une fois, nous terminons la Coupe d’Afrique avec des regrets car je pense sincèrement que si on avait réalisé une meilleure préparation, on serait allés au bout. On était en supériorité numérique et en confiance après l’égalisation de Maâtar, mais une agression sur Maïche restée sans sanction nous a contraints de terminer le match à dix nous aussi.
CAN 1988 : Nigeria-Algérie (1-1, t.a.b.)
Autres Événements et Anecdotes de la CAN 1988
Issa Hayatou nouveau président de la CAF : le Camerounais Issa Hayatou a été élu jeudi nouveau président de la CAF et promet à l’Algérie une présence plus significative au sein des instances de la CAF. Hayatou venait de remplacer Tessema (1972 - 1987).
Deux Algériens dans les Commissions de la CAF : Issa Hayatou a tenu ses promesses concernant l’Algérie.
Avec 15 joueurs à Casa : en raison de l’éternel problème de l’indisponibilité des joueurs professionnels, l’Algérie est arrivée à Casablanca avec 15 joueurs. Ali Bouafia (Lyon), Kader Ferhaoui (Montpellier), Rachid Maâtar (Nancy) et Djamel Menad (Nimes) rejoindront le groupe pendant le tournoi.
Le Zaïre avec 15 pros : le Zaïre avec 15 joueurs professionnels disposait et de loin du plus fort contingent de joueurs évoluant en Europe durant la CAN-88.
Maïche l’invité surprise : afin de pallier la défection de Benmabrouk et de Madjer, la FAF a fait appel à Maïche (MCA) et Benabbou (RCR).
Hommage à Mohand Amokrane Maouche : en marge de la Coupe d’Afrique des nations, la CAF a rendu un hommage posthume au Docteur Mohand Amokrane Maouche, premier président de la FAF.
Le geste de Krimau : Krimau, l’avant-centre du Maroc et de Bastia s’est rendu à l’hôtel des Algériens pour les féliciter après leur qualification en demi-finale. « J’aurais tellement voulu marquer un but pour vous libérer de votre angoisse. Ce sera en finale contre vous », a-t-il dit.
Pourtant, la présence de Madjer qui jouait au FC Valence était prévue pour le 14 mars soit la veille du deuxième match du premier tour, comme le titrait El Moudjahid avec en sus une confirmation de l’intéressé. Voilà ce que disait Madjer à Redouane Bendali : « De toute façon, le 13 je ne serai pas prêt pour jouer (face à la Côte d’Ivoire) vu que je viens à peine de reprendre les entraînements. En revanche, je prendrais l’avion pour Casablanca le 14 car je tiens à disputer ce match face au Maroc ».
Paradoxalement, la suite des déclarations de Madjer laisse planer le doute : « J’ai clairement fait comprendre aux dirigeants de Valence que je tenais absolument à donner le maximum de moi-même en faveur de l’EN dans cette coupe d’Afrique. Par ailleurs, il faut souligner que mes problèmes n’ont toujours pas été réglés comme cela avait été convenu avec la FAF depuis belle lurette. Ni Madjer, ni le journaliste ne donnent des détails sur ces promesses non tenues de la FAF.
Suite à leur élimination en demi-finale face au Cameroun et au Nigeria, Marocains et Algériens se sont retrouvés bien malgré eux en train d’animer la petite finale.
Premier tireur marocain, El Gharef s’avance, place son ballon et tir à gauche de Drid qui part du bon côté et stoppe le tir du Marocain. Jugeant que le gardien de but algérien a bougé avant le tir, M. Ally Hafidhi décide de faire retirer le penalty. El Gharef place le ballon sur le point de penalty aidé par l’arbitre, recule de quelques mètres pour ensuite galoper puis tirer cette fois-ci du côté droit de Drid qui anticipe et arrête le ballon. M. Ally Hafidhi persiste et signe puis menace Drid de lui brandir le carton devant l’incompréhension des joueurs algériens qui ont encerclé le referee tanzanien avec véhémence. Le penalty sera tiré pour la troisième fois, mais Drid décide de rester stoïque tel un militaire jusqu’à ce qu’El Gharef touche le ballon en tirant en force… hors du cadre.
En effet et à la veille du troisième et dernier match du premier tour, l’Algérie totalisait un seul petit point et avait besoin de battre le Zaïre renforcé par quinze joueurs professionnels pour passer.
En demi-finale et après un combat de 90 minutes face au Nigeria, les Verts rataient des buts immanquables durant les prolongations avant de tomber après… 22 tirs au but.
Visite de Zine El Abidine Ben Ali : Sur invitation du Président Chadli Bendjedid, le Président tunisien Zine El Abidine Ben Ali sera en visite de travail et d’amitié en Algérie. Cette visite sera l’occasion d’imprimer à la coopération bilatérale un nouvel élan dans le sens d’une complémentarité économique concrète et d’une concertation politique soutenue.
Le brent à 13,60 dollars : Le brut se vendait hier à 13,60 le baril sur le marché pétrolier, soit plus de 4 dollars de moins que le prix officiel de l’OPEP. Les prix des produits raffinés se sont également effondrés. « Rien ne va plus ! » titrait El Moudjahid et il n’avait pas tort. Le citoyen algérien ressentait de plus en plus les effets néfastes de la crise économique.
7e festival de la poésie : Le 7e festival Mohamed Laïd Al Khalifa de la poésie a été ouvert à Biskra en présence du secrétaire général de l’Union des écrivains, journalistes et interprètes et de plusieurs personnalités du monde la culture.
« Durant la CAN-88 nous avons été malchanceux, d’abord en tombant dans le groupe de la mort avec le Maroc, pays organisateur, la Côte d’Ivoire et le Zaïre renforcés par plusieurs joueurs professionnels. Ensuite, lors des demi-finales où nous avions largement les moyens de l’emporter avant d’arriver aux penalties.
Comme l’avait si bien résumé Lakhdar Belloumi, « cette Coupe d’Afrique est très équilibrée, toutes les équipes pouvaient prétendre à remporter le trophée ».
Nul 1 à 1 face à la Côte d’Ivoire, défaite 1 à 0 face au Maroc, victoire 1 à 0 face au Zaïre (actuellement RDC), ça durant le premier tour.
Algérie 1-1 Nigéria CAN 1988
