Coupeurs de Feu et Cancer : Efficacité et Perspectives

Lorsqu'ils sont atteints d'une maladie, qu'elle soit neurologique, chronique ou un cancer, beaucoup de patients sont tentés de se tourner vers des pratiques alternatives pour se soigner.

Certains y ont recours en complément de leur traitement conventionnel, d'autres décident d'arrêter la médecine conventionnelle et les traitements prescrits par un médecin pour se soigner uniquement avec ces pratiques alternatives.

Or, cela peut avoir des conséquences désastreuses sur la santé du patient.

Coupeur de feu, acupuncteur, magnétiseur, naturopathie... Ces pratiques non conventionnelles sont de plus en plus prisées par les malades du cancer.

Pour apaiser les effets secondaires des traitements contre le cancer, certains patients font appel à des coupeurs de feu.

Longtemps ignorés par la médecine, ceux-ci sont capables de soulager les sensations de brûlures dues à la radiothérapie et d’apaiser les douleurs liées à la chimiothérapie.

Pour apaiser les effets secondaires de la radiothérapie, certains patients font appel à un coupeur de feu.

Ces guérisseurs travaillent parfois en collaboration avec les médecins.

Ces guérisseurs, dont le nom circule essentiellement par le bouche-à-oreille, travaillent aujourd’hui de plus en plus en collaboration avec les professionnels de santé.

Qu'est-ce qu'un coupeur de feu ?

Un coupeur de feu est un guérisseur qui stoppe les brûlures et les empêche de s’étendre au niveau du corps, de continuer à avancer dans les chairs.

J’interviens, à l’initiative des malades, sur deux plans : le soulagement face aux effets secondaires de la chimiothérapie et de la radiothérapie et le rétablissement d’un certain bien-être psychologique.

Parce que les personnes qui sont atteintes d’un cancer souffrent dans leur chair, mais aussi moralement.

Aussi, le plus important pour moi, dans un premier temps, consiste à inverser les vibrations négatives du patient et à le replacer dans un confort psychologique.

La radiothérapie peut occasionner des brûlures parfois importantes au niveau local, notamment lorsque celle-ci est effectuée sur certaines zones particulières du corps.

Le coupeur de feu va atténuer toutes les souffrances dues aux brûlures.

J’ai vu dans mon cabinet arriver des personnes qui étaient tellement brûlées qu’elle n’avait plus de peau.

La première des choses que je fais, c’est de mettre le patient dans une bonne condition psychologique.

Je me charge d’atténuer sa souffrance morale et de le rassurer.

Il est important de faire en sorte que le patient se retrouve dans un état d’esprit positif.

Outre les brûlures dues à la radiothérapie, un coupeur de feu peut soigner les brûlures dues au zona.

Cette maladie est généralement due à une situation ayant généré une forte émotion que la personne n’a pas su maîtriser et surtout accepter.

Il y a en effet des émotions de la vie qui sont foudroyantes.

D’un seul coup, on apprend une nouvelle, il se passe quelque chose et on ne parvient pas à maîtriser cette émotion.

En conséquence, le corps va réagir.

Et le zona peut résulter de cette émotion et provoquer une brûlure intense qui affecte le corps de la personne qui en est touchée.

Il y a deux sortes de zona : le zona facial et le zona intercostal.

Le zona facial peut avoir pour conséquence une paralysie faciale.

Celle-ci se soigne, mais il faut agir vite.

Comment se déroule une séance de soins chez un coupeur de feu ?

En pratique, lorsque je reçois une personne, mes sens sont en éveil, dès que je sors de la pièce où je consulte, pour la réceptionner.

Je la passe « au scanner ».

Je ressens au niveau vibratoire certaines choses qui vont m’aiguiller.

Puis, dans les 2 ou 3 minutes qui suivent, j’écoute attentivement le patient, qui va m’expliquer sa maladie au travers des maux et de ses mots.

Les mots, pour moi, ont une importance capitale.

Ils me donnent une orientation sur ce que je vais soigner ou non, et me permettent de remonter aux sources des maux.

Il est à noter que je ne suis pas là pour poser un diagnostic.

Je ne suis pas médecin.

Témoignages et Expériences

Octobre 2015, Perpignan.

Pour Mireille (55 ans), le diagnostic tombe : elle souffre d’un carcinome infiltrant au sein gauche.

Dès le début de sa radiothérapie, elle comprend que les choses vont être difficiles : « Au bout de deux semaines, à raison d’une séance par jour, j’avais la peau à vif.

J’étais brûlée au niveau du sein, bien sûr, mais aussi du cou, de l’aisselle et du sternum.

Je souffrais tellement que je ne pouvais même plus enfiler un tee-shirt.

Je ne dormais plus.

Mon médecin traitant m’a alors dit : ‘‘Écoutez, je veux bien vous prescrire des pansements, mais je crois que ça ne suffira pas.

Ce quelqu’un, c’est Roger Blandignères, magnétiseur et coupeur de feu à Saleilles (Pyrénées-Orientales), ancien gendarme et célèbre dans toute la région.

« Au début, il n’en était pas question, poursuit Mireille.

Je n’allais pas laisser un charlatan s’occuper de moi !

Et puis, après quinze jours à souffrir le martyre, mon mari m’a forcé la main : ‘‘Qu’est-ce que tu as à perdre ?’’ m’a-t-il demandé.

» Un peu à reculons, Mireille finit par prendre rendez-vous.

Le jour J, elle s’allonge, tout habillée, sur la table d’examen : « M. Blandignères a passé sa main au-dessus de mes brûlures et j’ai ressenti une grande chaleur, comme si j’étais entrée dans un four.

Ça a duré dix minutes environ.

Ensuite, il s’est lavé les mains.

Je n’avais plus mal du tout et la nuit suivante j’ai dormi comme un bébé ! » Au total, Mireille fait quatre séances.

« J’ai terminé ma radiothérapie le 3 novembre et le 7 décembre je reprenais le travail.

Mes collègues n’en revenaient pas : je n’avais plus mal et presque plus de cicatrices.

C’était absolument incroyable.

Confirmation de Josée, 60 ans, à qui on diagnostique un carcinome lobulaire au sein droit en octobre 2016.

Elle subit une tumorectomie fin novembre, immédiatement suivie par la radiothérapie.

Tout va un peu vite pour Josée, qui a du mal à supporter les rayons.

Parce qu’elle souhaite se « faire aider », elle demande par hasard conseil à sa podologue, qui lui indique spontanément Roger Blandignères : « Je lui ai laissé un message sur son répondeur et il m’a rappelée dans la foulée.

J’étais contente de tomber sur quelqu’un d’humain.

La pièce dans laquelle le coupeur de feu reçoit ses patients est minuscule mais accueillante.

Au mur, une phrase célèbre les vertus du lâcher-prise et, en tendant l’oreille, on entend le bruit des vagues et de bols tibétains.

Mais rien d’extravagant non plus : pas de Bouddha, pas d’attrape-cauchemars…

« Comment vous sentez-vous aujourd’hui ? » demande Roger Blandignères à Josée en l’installant sur la table d’examen.

« Pas super, lui répond-elle.

J’ai dormi deux heures cette nuit, j’ai du mal à respirer, j’ai l’impression d’être un poisson hors de l’eau.

» « Je vais vous aider, ne vous inquiétez pas.

Ce soir, vous dormirez comme un poupon ! » Il s’humidifie les mains avec un spray (« Rien que de l’eau, vous pouvez vérifier !

C’est pour ne pas attraper le feu ») puis les pose sur le ventre de Josée qui, imperturbable, fixe le plafond : « C’est ma quatrième séance avec M. Blandignères.

La première fois, c’était en janvier.

Je me disais : ‘‘On verra bien.

Si je me sens mieux, je reviendrai.

Sinon, tant pis.’’ À la fin du premier rendez-vous, j’étais convaincue.

Enfin, j’avais trouvé quelqu’un qui allait me soulager… » Au bout de quelques minutes, Roger Blandignères déplace ses mains sur le sein droit de sa patiente, à travers son pull, puis sur son front.

« Je ressens une grande chaleur, confie-t-elle.

Il se passe quelque chose.

Comme si on m’enlevait un grand poids.

» Après quarante-cinq minutes, Josée se sent déjà mieux : « Je respire moins difficilement, je suis comme requinquée.

» Jusqu’au terme de sa radiothérapie, fin mars, elle reviendra chaque semaine.

« Si je pouvais venir tous les jours, je le ferais !

Reconnaissance et Soutien Institutionnel

Pour lutter contre la désinformation et les dérives, la Non-Pharmacological Intervention Society (NPIS), une société savante internationale basée à Paris, a mis au point un référentiel des interventions non médicamenteuses validées par la science.

Ce guide répertorie les médecines "douces" ou "parallèles" qui peuvent s'intégrer dans les soins, en complément de la médecine conventionnelle.

Ainsi, il exclut, par exemple, les "coupeurs de feu" et les "magnétiseurs".

Surtout, cette pratique non médicamenteuse est un complément et ne supplante pas le traitement médical et conventionnel.

Ce référentiel est très important, car le but est "d'impulser un cercle vertueux", à l'heure où "beaucoup de gens font des amalgames en disant que tout 'fait du bien', alors qu'il y a beaucoup d'abus et d'emprises", explique le président de la NPIS, Grégory Ninot, au Parisien.

En listant les interventions qui fonctionnent, le référentiel espère aider dans la lutte contre les pseudo-guérisseurs et les charlatans qui abusent de l'état de faiblesse des malades pour leur promettre monts et merveilles.

Le projet est d'ailleurs soutenu par de nombreux organismes, dont l'Assurance maladie ou encore la Ligue contre le cancer.

D'ailleurs, face aux pratiques alternatives contre le cancer, le chercheur Grégory Ninot rappelle l'importance de ne pas confondre des activités de santé et quelque chose de socioculturel qui "fait du bien".

Dans un communiqué de presse, Philippe Bergerot, Président de la Ligue contre le cancer, (organisme qui soutient la NPIS), ajoute qu'il est vrai que "les soins de support permettent d'améliorer la qualité de vie des patients, de diminuer les séquelles et d'augmenter l'espérance de vie".

Néanmoins, ils sont toujours encadrés et prescrits par l'équipe soignante.

Précautions et Recommandations

En règle générale, les personnes, qui suivent des séances de chimiothérapie ou de radiothérapie, peuvent demander à l’équipe soignante de l’hôpital qui les prend en charge, s’ils ont une liste de noms des personnes qui sont aptes à couper le feu.

Le monde médical s’ouvre petit à petit sur ces pratiques de soins alternatifs qui peuvent apporter un certain confort aux patients.

Mais, évidemment, les médecins restent prudents car, malheureusement, il existe bon nombre de charlatans se déclarant avoir des dons de coupeur de feu.

Un ‘vrai’ coupeur de feu ne fait pas de publicité et n’a pas suivi de formation.

Il suit son chemin et son parcours personnel.

Moi, quand je soigne, le premier soin que je fais, c’est avec le cœur.

« Le coupeur de feu, comme l’homéopathe ou le magnétiseur, ne doit proposer que des actes de médecine complémentaires, pratiqués en soutien des traitements classiques, précise le Dr Boiron.

Selon l’oncologue, il est nécessaire de bien choisir son coupeur de feu : « Il y a énormément de charlatans dans le milieu.

Ce que nous conseillons, c’est de faire confiance au bouche-à-oreille, de choisir une personne avec laquelle on a d’emblée un bon feeling et, surtout, de vérifier les tarifs en amont.

L’inconvénient, dans notre activité, c’est qu’il n’est nul besoin d’avoir un diplôme pour exercer l’activité de magnétiseur, de guérisseur ou de coupeur de feu.

Faire appel aux services d'un barreur de feu, reste '' tabou '' dans le milieu médical.

Pourtant, j'ai moi même été accompagnante de mon mari, atteint d'un cancer il y a 3 ans.

Il a du subir de la radiothérapie qui à provoqué des brûlures insupportables au niveau du cou.

Le traitement a du être interrompu quelques jours.

Avis Médical et Recherches Scientifiques

« Le corps médical a tendance à ne croire que ce qui est validé par des publications scientifiques, confirme le Dr Claude Boiron, cancérologue et médecin en soins de support à l’Institut Curie.

Pour l’instant, aucune évidence clinique ne prouve formellement l’efficacité des coupeurs de feu : c’est la raison pour laquelle les médecins y sont généralement opposés.

» Pourtant, à titre personnel, la spécialiste en est convaincue : les coupeurs de feu, ça marche.

« J’ai des retours vraiment bluffants de la part de mes patients.

Généralement, ils se tournent vers un coupeur de feu dès le début de leur radiothérapie, pour prévenir les lésions cutanées provoquées par les rayons (on parle de radio-épithélite).

Ou alors ils souffrent d’un zona provoqué par une faiblesse immunitaire.

Mon point de vue, c’est qu’à partir du moment où ça leur fait du bien c’est positif.

Il n’y a aucune interaction possible avec les traitements, aucune contre-indication, alors pourquoi ne pas encourager la démarche ?

Finalement, les patients sont peut-être plus innovants que les médecins, parfois… »

À ce jour, l’action des coupeurs de feu ou des mag­né­tiseurs ne s’appuie sur aucune preuve sci­en­tifique.

Les béné­fices sont rap­portés par les patients eux-mêmes, avec des résul­tats ressen­tis par­fois spec­tac­u­laires.

Une autre médecin général­iste, Dr Manon Mirabel, s’est penchée en 20212 sur le recours aux coupeurs de feu après radio­thérapie.

Elle affirme que sur 31 cen­tres de radio­thérapie con­tac­tés dans le cadre de la rédac­tion de sa thèse de fin d’études, villes de grande taille et com­munes rurales con­fon­dues, 15 recon­nais­saient con­serv­er une liste de mag­né­tiseurs à pro­pos­er à leurs patients.

Un procédé sou­vent « sous le man­teau » et dépen­dant grande­ment de la sen­si­bil­ité des soignants eux-mêmes à ces tech­niques.

Aujourd’hui onco-radio­thérapeute, le Dr Mathilde Damilleville-Mar­tin a tra­vail­lé sur l’évaluation du recours aux coupeurs de feu en radio­thérapie lors de sa thèse de fin d’études en 20213.

Elle y a col­lec­té dif­férents témoignages d’onco-radiothérapeutes, cer­tains sep­tiques quant à cette pra­tique et qui ont vu leur opin­ion chang­er.

Con­tac­tée à ce sujet, la MIVILIUDES (Mis­sion Inter­min­istérielle de Vig­i­lance et de Lutte con­tre les Dérives Sec­taires) indique « avoir reçu une demande d’avis en 2018 sur cette pra­tique : un pro­fesion­nel de san­té sol­lic­ité par plusieurs patients qui voulaient y avoir recours.

Ces pra­tiques sont con­statées en zone de cam­pagne essen­tielle­ment.

La Mis­sion inter­min­istérielle a pu con­stater son util­i­sa­tion dans un ser­vice d’oncologie.

» Elle pré­cise : « À la dif­férence d’un “gourou” de la san­té, le coupeur de feu ne cherche pas à met­tre sous emprise la per­son­ne malade et/ou la détourn­er de son traite­ment con­ven­tion­nel.

Ces aidants de l’ombre ont générale­ment une réelle éthique, leur objec­tif pre­mier étant de con­tribuer à apais­er des douleurs qui ne trou­vent pas de solu­tions dans la médecine clas­sique.

Ils n’exercent donc pas dans un but lucratif.

En région Auvergne-Rhône-Alpes, l’Association grenobloise d’aide à la recherche en oncologie (Agaro) recourt aux services d’un coupeur de feu depuis maintenant six ans.

« Ce dernier travaille bénévolement dans nos locaux une fois par semaine, explique le Pr Mireille Mousseau, oncologue et présidente de l’association.

Cette initiative a été lancée à la demande des patients et les retours sont très positifs.

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