Les agressions envers les arbitres dans le monde du hockey, comme dans d'autres sports, entraînent des conséquences significatives, tant sur le plan sportif que juridique. Cet article explore ces conséquences, en s'appuyant sur des exemples récents et des analyses juridiques.

Sanctions sportives : L'exemple de Josh Brittain
Ce vendredi 7 mars, Josh Brittain, le défenseur des Gothiques d’Amiens, a écopé de sept matches de suspension par la commission de la Fédération française de hockey sur glace. La commission d’infraction aux règles de jeu (CIRJ) a décidé de suspendre Josh Brittain pour un total de sept rencontres. Cette dernière lui reproche d'avoir fait tomber un arbitre lors des quarts de finale de la Ligue Magnus. Une sanction lourde de conséquences, aussi bien pour le joueur que pour l’équipe.
Mais le club et le joueur réfutent cette décision, en s'appuyant sur des images prises par France 3 sous un autre angle de vue que celui diffusé lors de la rencontre. La vidéo montre deux arbitres au cœur de l'altercation. Ils tentent de séparer les joueurs de chaque équipe. Derrière l'un d'eux se trouve Josh Brittain. Il explique avoir voulu calmer les esprits.
"Quand j'ai vu le gardien de but attaquer un joueur, je n'ai pas vu l'arbitre. Le juge de ligne, devant le joueur, est tombé en arrière sur la glace, lors d'une bousculade provoqué par un Rouennais, témoigne Josh Brittain. En voyant un coup arrivé à la dernière minute, j'ai voulu me retirer de la situation".
Seulement, la vidéo ci-dessus et son ralenti montrent que le Canadien ne semble pas être le responsable de la chute. En effet, les images mettent en avant un premier geste de la main d'un joueur rouennais pour retirer le bras du joueur des Gothiques qui entoure l'arbitre. Il est suivi par une bousculade, paraissant être provoquée par un autre joueur rouennais présent dans l'altercation, vers le joueur amiénois et l'arbitre. Ce dernier, déséquilibré, tombe.
Après l'annonce de la suspension provisoire, la réaction du club a d’abord été dans un premier temps "d'essayer de comprendre les raisons". Josh Brittain et le club ont été entendus par la commission, ce jeudi 6 mars après-midi, pour plaider la non-culpabilité du défenseur amiénois, avec l'appui de la vidéo. Mais la CIRJ est restée sur son premier jugement et a décidé de sanctionner lourdement le Canadien.
Le club est "surpris" que la sanction soit restée la même. Le joueur déclare : "je suis un joueur de hockey, je dois respecter la décision de la fédération" même s'il ne la "comprend pas" quand il compare sa sanction avec d'autres prononcées depuis le début de saison. Il écope d'une sanction semblable à d'autres qui ont été reconnus coupables d'agression physique envers l'arbitrage.
"Depuis que je fais du hockey, j'ai toujours su pourquoi j'étais suspendu. Avec ces sanctions, Elie Marcos pointe les conséquences pour le joueur. La vidéo a été relayée sur les réseaux, "c’est toujours pesant quand on est un petit peu montré du doigt". De son côté, Joe Brittain tient à souligner les messages positifs qu'il a reçus.
La suspension a été actée alors que ce dimanche 9 mars se déroule un match 5 décisif pour la survie de l'équipe dans cette série de quarts de finale des playoffs de la Ligue Magnus, contre Rouen, qui mène 3-1. Mais Elie Marcos prévient, les autres joueurs "doivent faire abstraction de ça, ce n'est pas de leur ressort". Le club a décidé de faire appel dans la foulée de la notification des sept matches de suspension.
Règlementations et sanctions
Elles sont comptabilisées au nombre de 11 dans l’article 26 du règlement. Plaquer ou bousculer un adversaire contre la balustrade. Cette faute n’est pas comprise car bousculer un adversaire au milieu du terrain n’entraînera qu’une faute d’équipe. Taper dans la crosse de l’adversaire qui est en train de tirer au but. Pour un gardien, jouer intentionnellement la balle avec ses gants ou jambières en dehors de sa surface de réparation. Un joueur qui est suspendu appartient pendant 2 minutes à la table de marque.
Poursuites judiciaires : L'affaire Pierre Crinon
Le joueur de hockey grenoblois Pierre Crinon, exclu ce dimanche 15 février pour une bagarre lors du match perdu par l'équipe de France face au Canada (10-2) aux JO de Milan Cortina, sera jugé à Grenoble pour des violences sur un gardien d'Angers en novembre dernier, a indiqué ce mardi le parquet de Grenoble. Une affaire que la justice française avait classée sans suite, mais a décidé de reprendre au vu du comportement du joueur ce week-end.
Le 30 novembre, lors du match de hockey entre Grenoble et Angers, Pierre Crinon avait frappé au visage le gardien angevin Matthew O'Connor avec un gant renforcé, lui occasionnant trois jours d'ITT pour traumatisme facial, rappelle le communiqué.
Le parquet de Grenoble avait d’abord décidé de classer cette procédure sans suite, car des sanctions disciplinaires avaient été prises, Pierre Crinon ayant été suspendu pendant sept matchs, selon le procureur. "Compte tenu de la réitération de faits de violences (...) lors des Jeux olympiques contre un joueur canadien dimanche, le procureur constate que monsieur Crinon n'a pas su saisir l'opportunité de ce classement pour cesser tout comportement violent", est-il ajouté.
Pierre Crinon s'est battu dimanche avec le Canadien Thomas Wilson, après avoir été plaqué contre le plexiglas qui entoure l'aire de jeu durant le match perdu par la France (10-2). Les arbitres avaient été contraints d'intervenir énergiquement pour séparer les deux joueurs qui avaient continué à s'invectiver après leur exclusion de la glace.
Le hockeyeur français a été exclu du match et a été suspendu par sa fédération pour la fin du tournoi olympique. "Le comportement provocant de Pierre Crinon à sa sortie de la glace, alors même qu'il venait de se faire exclure de la rencontre pour une bagarre, constitue une violation manifeste de l'esprit olympique et porte également atteinte aux valeurs de notre sport", a indiqué ce lundi la Fédération française de hockey (FFHG).
Responsabilité des clubs et associations
Les Jokers de Cergy ont exclu à titre conservatoire un joueur U20 qui a agressé un arbitre lors d’une bagarre générale en plein match, dimanche. Après ce geste « grave », une commission de discipline interne à l’association va prochainement se tenir.
Les images de la bagarre filmées par les caméras de hockeyfrance.tv tournent en boucle sur les réseaux sociaux depuis le début de semaine. Elles montrent celle d’un joueur de l’équipe Espoirs U 20 des Jokers de Cergy-Pontoise se battre avec l’un des arbitres sur la patinoire de l’Aren’Ice après la rencontre. Des faits graves qui ont amené le club val-d’oisien à envoyer un courrier à son joueur, l’attaquant Yassine Soubra, lui signifiant son exclusion à titre conservatoire.
« On est meurtris et décontenancés, je suis encore dans l’incompréhension, confie Emmanuel Rouault, le président de l’association des Jokers de Cergy-Pontoise. C’est un garçon qui avait toujours eu un comportement irréprochable. Malgré ses qualités humaines, il sera convoqué prochainement devant notre commission de discipline. Nous avons nos propres instances disciplinaires, qui se sont saisies du dossier.
Jurisprudence et responsabilité des associations sportives
La question de la responsabilité de l’association pour les actes commis par un de ses membres est posée devant la Cour de cassation. La Cour de cassation affirme de manière claire et pédagogique que «l’agression d’un arbitre commise dans une enceinte sportive par un joueur constitue, même lorsqu’elle se produit à l’issue de la rencontre, dont ce dernier a été exclu, une infraction aux règles du jeu en lien avec l’activité sportive».
Les juges du droit affirment que «les associations sportives ayant pour mission d’organiser, de diriger et de contrôler l’activité de leurs membres, sont responsables des dommages que ceux-ci causent à cette occasion».
Il résulte plusieurs idées de cette formulation. Tout d’abord, les associations doivent avoir pour mission de diriger et contrôler l’activité de leurs membres. Ensuite, les dommages doivent avoir été causés à l’occasion de la rencontre sportive qui a été organisée par l’association. Or ici, il est possible de se demander si tel fut le cas puisque de l’aveu de la victime même, la rencontre était terminée lorsque l’agression a eu lieu.

Le cas de Max Pacioretty et l'intervention de la justice
A la suite de la très grave blessure de l'attaquant du Canadien de Montréal, Max Pacioretty, et de l'absence de toute sanction sportive à l'encontre du coupable, un nouvel acteur s'invite dans le hockey NHL: la justice.
Pour qui a vu les images mais aussi et surtout les affrontements successifs entre le Canadien et les Bruins cette saison, il ne fait aucun doute que le le slovaque n'est pas venu dans la bande les mains vides et que la volonté de blesser ne fait aucun doute surtout quand on a vu le comportement de la tour slovaque les minutes précédentes et la gentille poussée de la main pour que la tête de Pacioretty heurte le poteau protégé à minima et situé près du banc.
Il faut dire qu'après Crosby, victime de plusieurs coups qui l'ont conduit à prendre du repos et qui pourrait selon certaines sources fiables ne pas revenir au jeu cette saison, la liste de joueurs sérieusement blessés est de plus en plus longue, et nuit considérablement à l'image d'un sport qui, s'il ne peut éviter totalement de tels accidents, doit en tout cas prendre des mesures pour que de tels gestes volontaires soient sanctionnés.
En décidant de ne pas bouger avec Chara, la ligue a cependant fait une erreur car elle a conduit directement, et pour la première fois à ce niveau, la police à déclencher une enquête.
Top 10 - Décisions controversées
Si la police était conviée aux réjouissances dès qu'un joueur se comportait mal hors de la glace, envoyer un adversaire à l'hôpital, même vicieusement, restait un privilège reconnu. Il fallait vraiment beaucoup en faire pour dans le pire des cas se voir infliger une suspension de longue durée, voire dans quelques cas très rares un banissement de fait comme la fameuse affaire MC Sorley, après il est vrai une plainte en justice de la famille de la victime.
Après avoir poursuivi entre autre des joueurs et coachs de Junior Majeur pour coups et blessures, les Hells Angels, la Mafia italienne, Louis Dionne a t'il l'intention de se payer Chara? Il en a clairement les moyens car si l'enquête qu'il a déclenché aujourd'hui établit que le slovaque est reconnu responsable d'une agression sur la personne de Pacioretty, les Procureurs de la Couronne auxquels seront transmis le dossier pourront poursuivre l'intéressé, et ceci peut vouloir dire un procès au Québec pour Chara avec une condamnation à la clef y compris à de la prison ferme.
L'arbitrage vidéo : Une solution controversée
Une raison pour laquelle les « pro-vidéo », très majoritaires, n’ont pas bruyamment célébré une telle victoire, après avoir si longtemps et si rageusement combattu pour l’obtenir, tient peut-être à la surprise d’obtenir un changement auquel ils ne croyaient pas vraiment. Au point qu’ils se rendraient compte, en même temps, qu’ils n’ont qu’une très vague idée de la façon de la mettre en œuvre, voire qu’ils appréhendent confusément la confrontation avec la réalité. C’est en fini de la pensée magique qui faisait de l’arbitrage vidéo une panacée injustement refusée : la voici à l’épreuve des faits. Mais ce n’est qu’une hypothèse.
Il n’y a jamais eu de débat sur l’arbitrage vidéo : il a été tranché avant même qu’il ne commence ou que quiconque ait pensé sérieusement à l’intérêt de l’organiser. Les trois secondes d’indignation ont été servies des milliers de fois, les quinze minutes de réflexion n’ont jamais été accordées.
En se projetant un peu, on comprend aussi que « l’assistance » de la vidéo va créer un nouvel élément du spectacle télévisuel des matches. À la tension du jeu se déroulant en temps réel sur la pelouse, elle va substituer l’exploitation de nouvelles séquences : les interventions de l’arbitre vidéo, avec les traditionnelles rafales de ralentis, mais cette fois chargées d’un enjeu dramatique [2]. Les producteurs du spectacle, eux, n’auront cure de ce qu’ils auront fait au football, car leur produit aura été « amélioré », intensifié, dramatisé.