La saison 2024-2025 de Ligue 1 marque-t-elle une nouvelle ère pour le streaming illégal du football en France ? Le championnat a repris sous l'œil des caméras de DAZN, son nouveau diffuseur.
Aujourd'hui, les passionnés doivent dépenser près de 15 euros par mois pour un match lambda et entre 30 et 40 euros (avec ou sans engagement) pour regarder 8 des 9 rencontres. Un forfait auquel s'ajoutent 15 euros pour le dernier match, dont les droits appartiennent à BeIN Sports. Ces tarifs élevés, combinés à une offre jugée insatisfaisante, ont poussé de nombreux fans à se tourner vers des alternatives illégales, notamment via Telegram ou les boîtiers IPTV.
Ces flux illégaux, dont la popularité a augmenté avec la fragmentation de l'offre de football à la télévision, n'ont jamais été aussi accessibles. Lors du match d'ouverture de la Ligue 1, plus de 200 000 personnes étaient connectées à des liens illégaux diffusant DAZN sur Telegram. Une page YouTube brésilienne diffusant illégalement la rencontre, accessible en France via un VPN, a comptabilisé près de 800 000 spectateurs.
Dans ces espaces gratuits, suivis par plus de 100 000 membres, des pirates diffusent en direct les matchs de Ligue 1 et des coupes d'Europe, opérant parfois depuis des pays comme Bali, Dubaï ou la Thaïlande. Sur les réseaux sociaux, les amateurs de sport partagent également des astuces pour les boîtiers IPTV, offrant des abonnements piratés.
À l'origine, l'IPTV est une technologie légale permettant de recevoir la télévision par Internet. Cependant, de nombreux fournisseurs d'IPTV illégales piratent les programmes de chaînes comme Canal+, Netflix, Amazon Prime Video, Disney+, BeIN Sports et DAZN, pour des prix inférieurs à 100 euros par an.

Le streaming illégal devient de plus en plus populaire.
La lutte contre le piratage : LFP et diffuseurs en action
Les diffuseurs et la LFP disposent de recours pour protéger leurs droits. La France a renforcé son arsenal contre le piratage des événements sportifs, notamment avec la fusion du CSA et de l'Hadopi au sein de l'Arcom en 2022, et l'entrée en vigueur d'un dispositif permettant à la LFP de bloquer les sites de streaming et les IPTV illicites auprès des fournisseurs d'accès à Internet. La ligue a obtenu, pour la première fois début août, une injonction préventive pour accélérer les mesures de blocage cette saison.
La lutte contre les boucles Telegram représente un défi majeur. Bien que les diffuseurs et les ayants droit puissent facilement identifier et signaler les flux illicites, Telegram refuse de coopérer en matière de modération en direct. Selon la LFP, toutes les diffusions illicites sont signalées par leur prestataire anti-piratage, Athletia, mais les délais de réponse de Telegram rendent impossible un retrait rapide des contenus diffusés en direct.
Ce samedi, le PSG a retrouvé le Parc des Princes pour affronter Brest. La rencontre PSG/Brest est diffusée en exclusivité sur DAZN, le nouveau diffuseur principal de la Ligue 1. Il faut pour cela s'abonner à la chaîne DAZN directement via son site ou alors passer par votre fournisseur d'accès internet. Vous pouvez aussi souscrire à un abonnement DAZN via Canal+ et Amazon Prime, avec qui la plateforme britannique a aussi passé des accords de distribution. La chaîne DAZN, et donc le match PSG/Brest, est disponible sur pratiquement tous les supports (TV connectés, la plupart des boxes internet, tablettes, téléphones, ordinateurs, etc).

DAZN est le nouveau diffuseur principal de la Ligue 1.
Risques pour les utilisateurs de Telegram et IPTV illégales
Ces pratiques sont illégales et peuvent entraîner des sanctions pénales. En théorie, un spectateur regardant du football via une IPTV diffusant des flux piratés ou via Telegram peut être reconnu coupable de recel de contrefaçon, passible de 5 ans de prison et 375 000 euros d'amende. En pratique, les internautes français risquent surtout un rappel à la loi. 137 000 avertissements ont été émis l'an dernier. En cas de récidive, des amendes allant de 90 à 1 000 euros peuvent être prononcées. Les autorités se concentrent principalement sur les diffuseurs. L'Arcom a fait bloquer plus de 1 500 noms de domaine illégaux donnant accès à ces rencontres piratées ces derniers mois.
Les utilisateurs d'IPTV et de Telegram s'exposent également à des risques de cybersécurité. Connecter un boîtier piraté à son réseau domestique peut compromettre les données personnelles du foyer. De plus, les clients de ces offres illégales peuvent être victimes d'arnaques lors du paiement de l'abonnement et ne bénéficient d'aucune garantie quant à la continuité de leur abonnement, ni de recours légaux. L'installation de virus lors de l'ouverture d'un flux vidéo est également un risque à prendre en compte.
Les chaînes Telegram diffusant des rencontres sportives peuvent dissimuler des activités malveillantes, incitant les utilisateurs à s'inscrire sur des plateformes de jeux d'argent, à participer à des arnaques aux cryptomonnaies ou à visionner des images pornographiques.
Pavel Durov, le dirigeant de Telegram, a récemment déclaré qu'il se fixait comme objectif personnel d'empêcher les utilisateurs malveillants d'abuser de la plateforme, suite à une enquête en Corée du Sud concernant la diffusion de deep fake pornographiques et aux préoccupations exprimées en France quant à l'utilisation de Telegram pour l'organisation de réseaux criminels.
Selon The Verge, certains changements sont déjà visibles dans la FAQ de Telegram, avec l'ajout de boutons "Signaler" permettant aux utilisateurs de signaler des contenus illégaux aux modérateurs.
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L'avis de Kenny Lala après la défaite de Brest face au PSG
Après la défaite face au Paris SG (3-1), Kenny Lala, le défenseur du Stade Brestois, estime que son équipe a montré de bonnes choses mais aurait pu chercher mieux.
Il y a eu des bonnes choses, des moins bonnes. Dans l’intensité, surtout en première mi-temps, c’était pas mal ce qu’on a produit dans les courses. Après, on doit faire mieux car, dans l’utilisation du ballon, c’était un peu compliqué. On a quelques jours pour améliorer ça. On sait que face à des équipes comme ça, on n’aura pas 1 000 occasions, il en suffit d’une ou deux. Après, c’est dur de souffrir car il reste beaucoup de temps après le but, il nous faut mettre un peu le pied sur la balle.
Il y a manqué un peu de maîtrise dans le dernier geste, dans les dernières passes pour essayer de gagner des mètres. On a été pris sur un contre, une perte de balle. Ça fait partie du football. Pour eux aussi, ça a été un peu compliqué à un moment de la deuxième mi-temps, mais ils ont des individualités qui peuvent faire la différence. Nous, il y a eu un certain manque de concentration, où on doit faire un effort en plus, le petit mètre.
Éric Roy a lancé de nombreuses recrues face au PSG. Ce groupe doit trouver des automatismes. C’est un groupe qui va apprendre, qui va avancer ensemble. Dans la difficulté, on sera toujours ensemble. Et on va essayer de se faire plaisir justement, car le foot il ne faut pas oublier que c’est du plaisir. Se mettre une certaine pression sur certains matchs, même là pour jeudi. C’est du plaisir, en se faisant plaisir dans la rigueur et la discipline, on y arrivera.
Le #BoycottDAZN et l'afflux vers Telegram
En proposant des tarifs allant de 14,99 euros par mois pour une rencontre par journée à 39,99 euros mensuels sans engagement pour les huit matchs de chaque journée de Ligue 1, DAZN s’est attiré les foudres des supporters français, furieux de devoir dépenser autant pour suivre leur équipe favorite. Pour contrer cela, le #BoycottDAZN a vu le jour sur X, plusieurs comptes spécialisés invitant les internautes à se réfugier sur leur chaîne Telegram pour suivre la saison.
Ces derniers jours, les personnes derrière ces comptes faisaient état de milliers d’abonnés supplémentaires, envieux de pouvoir regarder les rencontres sur la messagerie cryptée. Et si certains se refusaient depuis toujours de tomber dans l’illégalité, beaucoup ont franchi le pas pour la saison 2024-2025. Ainsi, des milliers d’internautes se sont retrouvés sur Telegram.
Avant même le coup d’envoi, certaines chaînes regroupaient déjà plus de 45 000 viewers (téléspectateurs) en direct. Autant de personnes qui ont pu profiter de la rencontre gratuitement et illégalement, avec une qualité d’image correcte, mais un son légèrement décalé toutefois. En deuxième période, alors que le score était d’un partout entre Havrais et Parisiens, le nombre de téléspectateurs a même atteint les 90 000 sur certaines chaînes.
Additionnés à d’autres boucles Telegram, ils étaient entre 150 et 200 000 à regarder, en toute illégalité, la première rencontre de la saison de Ligue 1, sans compter les utilisateurs d’IPTV.

Le piratage de la Ligue 1 prend de l'ampleur.
En conclusion, le streaming illégal des matchs de Ligue 1, notamment via Telegram, est en pleine expansion, alimenté par des prix d'abonnement jugés trop élevés et une offre fragmentée. Si les autorités et les diffuseurs tentent de lutter contre ce phénomène, les défis restent importants, notamment en ce qui concerne la modération des contenus sur Telegram. Les utilisateurs qui recourent à ces pratiques illégales s'exposent à des sanctions pénales et à des risques de cybersécurité.