Parmi les licences de jeux vidéo, NBA Jam est l’une des plus emblématiques tous sports confondus. Les Big Heads, les dunks acrobatiques et les punchlines du speaker vous disent forcément quelque chose. Sorti en 1993 sur arcade avant d’être porté sur une myriade de plateformes, l’histoire de NBA Jam est pavée d’anecdotes en tous genres. Chez celles et ceux qui ont pu se frotter au jeu, les souvenirs restent souvent impérissables.
Les rumeurs couraient depuis un bon moment sur la toile mais c’est enfin confirmé : NBA Jam sortira aussi sur PS3 et Xbox360. Jusque là rien d’incroyable… mais Electronic Arts a aussi déclaré qu’un code présent dans NBA Elite 11 permettrait de télécharger gratuitement NBA Jam. Le hic : NBA Elite 11, annoncé comme la simulation de basket ultime, n’est prévu que sur PS3 et Xbox360. Alors qu’en est il des joueurs Wii ? Pourquoi faudrait-il payer 40 à 50 euros pour un jeu GRATUIT sur d’autres supports ? Pourquoi n’avons nous pas le droit à deux jeux pour le prix d’un également ?
Heureusement, le NBA Jam PS3/Xbox360 sera moins complet que le titre disponible sur la console de Nintendo, puisqu’il ne comportera vraisemblablement que les modes de jeux exhibition, campagne classique et online.

Une borne d'arcade NBA Jam, symbole d'une époque.
Codes et Astuces pour NBA Jam sur PS3
Codes à l'écran titre
Entrer les codes suivants à l'écran titre. Un son confirme que le code a fonctionné. Les codes suivants s'effectuent en rentrant les initiales du joueur 1 et du joueur 2.
Codes d'initiales des joueurs
Voici des astuces pour le jeu de basket EA Sports NBA Jam dans sa version Xbox 360.
- Il suffit d’entrer les initiales SPR pour le joueur 1 et ITE pour le second player.
- Quand vous entrez les initiales des joueurs, il faut entrer ADI pour le joueur 1 et DAS pour le second.
- Quand vous entrez les initiales des joueurs, il faut entrer JOR pour le premier joueur et Don pour le second.
Débloquer J.
A l’écran Start, il faut entrer le code suivant : Haut, Gauche, Bas, Droite, Haut, Gauche, Bas, Droite, A et B. A la suite de cette manipulation, un son se fait normalement entendre.
Autres Codes
- Il faut taper Haut, Haut, Bas, Bas, Gauche, Droite, Gauche, Droite, B et A.
- A l’écran Start, il faut appuyer sur Gauche 13 fois et ensuite presser A.
- A l’écran de sélection des initiales, le joueur 1 doit entrer MJT.
Evolution de NBA Jam au fil des années
Après avoir abordé la naissance de ce best-seller dans un premier épisode, on se penche cette fois-ci sur les évolutions du jeu au fil des années, où les volets suivants sembleront uniquement exister pour nous rappeler à quel point les premiers opus furent aussi les meilleurs jusqu’au sursaut de 2010.
En 1994, le spin off NBA Jam: TE - Tournament Edition - débarque à son tour sur arcade et huit systèmes différents - parmi lesquelles la Playstation qui intègre le titre à son line-up de lancement. La maniabilité ne change pas d’un iota.
Les améliorations techniques sont apportées et du contenu vient significativement étoffer le jeu. Les joueurs peuvent se mettre les chevilles en équerre mais à présent chaque équipe dispose d’un roster de trois joueurs et des remplacements peuvent être effectués entre les quart-temps. Seule la Rookie Team est formées de cinq joueurs, tous draftés en 1994, dans laquelle on retrouve le podium Glenn Robinson, Jason Kidd, Grant Hill escortés par le Celtic Eric Montross et le 19ème choix Tony Dumas (qui, ironiquement, ratera ses trois tentatives de dunks lors du Slam Dunk Contest de 1995).
La rangée des statistiques s’allonge avec l’arrivée des passes et la puissance. La défense est remplacée par les interceptions et les contres. A l’écran, les graphismes se payent un lifting, notamment sur Sega 32X qui propose aux ploutocrates une qualité visuelle supérieure. Les spectateurs s’agitent à nouveau et le son devient convenable. Ce deuxième opus est une forme de version ultra du jeu de base. Gagner les matchs, c’est cool. Devenir le NBA Jam Champ, c’est encore mieux. Mais le jeu recèle un autre défi plus original et relevé.
Un large bataillon de personnages secrets jouables, aux statistiques inconnues, est accessible. Chacun d’eux peut être déblocable en entrant un code - souvent composé des initiales suivies de la date de naissance de la personnalité - avant de lancer une rencontre. Dresser une liste exhaustive est envisageable mais on a d’autres chats à fouetter hein. D’autant que l’équipe de Midway forme près de la moitié de ce collectif de clandestins avec le petit frère de la copine du stagiaire qui… bref.
Par ailleurs, d’autres invités avaient été prévus mais aussitôt bannis par Tonton David. Six personnages de Mortal Kombat (Raisen, Sub-Zero, ou Scorpion pour citer les plus connus, voir ci-dessous) se verront retirer leur carton d’invitation par la NBA qui juge leur attrait pour la castagne et leur propension à découper des membres inappropriés. Dans la foulée, un terrain de basket aux couleurs du jeu de baston - le Mortal Kombat Court - prend lui aussi la direction inverse sans chicoter.

Les personnages de Mortal Kombat initialement prévus dans NBA Jam.
L’écurie Mortal Kombat est talonnée par deux autres gros bonnets de la pop culture. Bart Simpson et Godzilla peuvent eux aussi garder leur veston et aller voir ailleurs quand bien même auraient-ils des potes à l’intérieur. Pourquoi pas le Prince Charles tant qu’on y est ? La première version de NBA Jam ne manquait pas non plus de joueurs cachés.
Cependant, les aficionados du jeu s’évertuaient à percer un autre secret intitulé attract mode. Un mode dans lequel deux cheerleaders invitaient, d’une accroche tendancieuse, à jouer un 2 contre 2 : « Lets play Two-on-Two ». Les plus perspicaces reconnaitront Lorraine Olivia et Kerry Hoskins, des playmates qui donnent une autre dimension à cette proposition. La confirmation officielle de cette information marque le début de la grande investigation.
Les playboys (sobriquet donné aux « investigateurs ») se lancent dans une chasse aux codes permettant de débloquer les deux tentatrices. Heureusement, toutes les légendes ne sont pas fausses. Grand fan de l’équipe du Michigan, Mark Turmel a vécu le sweep douloureux infligé à son équipe par les Chicago Bulls en lors des Finales de Conférence en 1991. Il donnera sa propre interprétation de la vengeance en avouant avoir dopé les statistiques off-booked des Pistons.
Par ailleurs, nombreux trouvaient qu’un Scottie Pippen migraineux affichait régulièrement un niveau de départ’ contre certaines équipes. Dans une interview sur Ars Technica, ce fourbe de Marko précise que le code du jeu a été trituré par ses soins pour que les Bulls loupent systématiquement leur dernière tentative de tir dans une fin de match serrée contre les Pistons.
Toujours dans notre chasse aux anecdotes, revenons sur l’un des gars qui a sans équivoque marqué la licence NBA Jam. Combien Tim Kitzrow, la voix saturée et euphorique des NBA Jam, a t-il ambiancé de parties de ses commentaires qui résonnent encore dans nos cabezas ? Nous lui devons toutes et tous, même ceux qui n’étaient pas nés, les mémorables « Boomshakalaka ! », « He’s on fire » ou encore « From downtown » balancés à chaque highlight. Affirmer que Tim ait largement contribué à la popularité du jeu ne peut être considéré comme exagéré.
Toutefois, tous les commentaires ne sont pas mettre au crédit de Tim Kitzrow. En 2011, le site nintendoplayer.com reçoit un prototype Super Nintendo du jeu NBA Jam dans sa boite aux lettres. Provenant d’un expéditeur qui tait son identité, la cartouche estampillée NBA XXX pique la curiosité de la rédaction. Après inspection, la cartouche révèle un Tim, dont le professionnalisme a visiblement claqué la porte, gravir l’échelle de Scoville de la punchline. Tim conteste la véracité d’une telle cartouche. Selon lui, le projet NBA Jam aurait pu être interrompu si une telle blague avait atteint les oreilles de Tonton David. Sa théorie se tient, sauf qu’il est seul à démentir.
Toujours pour le site nintendoplayer.com, Jon Hey témoigne. Il se souvient notamment des sessions d’enregistrement éprouvantes. Elles ne durent que quelques heures par jour avant que la voix de Tim ne fatigue. Après plusieurs semaines d’essais et de répétitions, la mission est accomplie. Enfin, presque puisqu’il les pistes dédiées à l’arcade doivent être raccourcies pour les consoles 16-bits. Tim doit revenir en studio faire le travail une deuxième fois.
A cette occasion, le speaker lâchera des « He’s fucking up ! » au micro et le « Get the shot outta here ! » devient « Get that shit outta here ! ». Le tout rejoint un sous-dossier dans lequel se trouvent d’autres enregistrements inutilisés ou rejetés par la NBA. Mark Turmell corrobore la version du compositeur à GameTrailers. Il ajoute que tous les enregistrements ont été envoyés à Iguana Entertainment pour le portage sur Super NES. Le développeur ne doute pas que les Texans aient produit leur propre version « maison » de NBA Jam, n’incluant que les commentaires subversifs comme ils l’ont déjà fait à plusieurs reprises.
De son côté, le rédacteur de nintendoplayer.com s’applique à démontrer l’authenticité du prototype. Il présente plusieurs explications techniques qui ne seront pas détaillées ici. Tim Kitzrow n’assume pas. Il botte en touche en déclarant : « J’oublie presque tout ce que je fais, ça me sort de la tête ». Jon Hey rappelle que le commentateur n’avait probablement aucune idée que ces enregistrements avaient été gardés et partagés à Iguana.
Après la sortie de NBA Jam: TE sur Game Boy, la rancœur des développeurs de Midway Games envers Acclaim Entertainment se cristallise quand ils apprennent dans la presse que NBA Jam ne leur appartient plus du tout. En déclarant être celui derrière l’idée de la licence, l’éditeur se débrouille pour en obtenir les droits exclusifs. Sous couvert d’anonymat, des salariés de Midway soupçonnent alors Greg Lassen, travaillant au bureau des Licences de la NBA, de ne pas avoir respecté un accord verbal et ainsi trompé le studio.
Pourquoi s’en prendre au pauvre Greg ? Cela étant dit, les deux sociétés vont tenter chacune dans leur coin de surfer sur le succès de NBA Jam. Procédons à un rapide état des lieux. En 1996, Acclaim sort NBA Jam Extreme, une version 3D développé par Sculptured Software. Toujours plus de joueurs, de mécaniques de gameplay, des animations réalisées d’après des rushes de Juwan Howard, la licence grandit à mesure que les outils technologiques progressent.
La même année Midway publie un NBA Jam-like appelé NBA Hangtime, considéré par le presse comme le réel successeur de NBA: TE. Il reçoit des retours globalement sévères. Le jeu apporte sans conteste des innovations parmi lesquelles la création de joueur ou l’arrivée des alley-oops mais accuse un retard technique certain. Les ressources des consoles nouvelle génération - la Nintendo 64 et la Playstation - sont inexploitées tandis que l’AI souffre de perfectibilité aigue.
La suite est anecdotique. De 1998 à 2003, Acclaim Entertainment envoie cinq fournées mal cuites d’affilé. Uniquement disponibles sur la gamme Game Boy, les opus NBA Jam 2000 et NBA Jam 2001 témoignent du déclin de popularité de la licence. Après un NBA Hangtime aux fraises, Midway Games redresse la barre en proposant le séduisant NBA Showtime : NBA on NBC. Tim Kitzrow, n’ayant rien perdu de sa verve, assure l’ambiance. Le studio enchaine avec NBA Hoopz respectable qui abandonne le 2-on-2 pour proposer du 3-on-3.
En marge des jeux de basket, le studio applique la recette NBA Jam à d’autres sports (MLB Slugfest, NFL Blitz, NHL Hitz, etc.). L’intérêt pour le style arcade recule indubitablement. Même les jeux qui ont a connu la gloire sur les bornes luttent pour conserver leur public. Les consoles de salon et les ordinateurs personnels sont capables de nouvelles prouesses. Ainsi, la simulation prend une part non négligeable des parts de marché. Dans sa chute, l’industrie de l’arcade entraine Acclaim Entertainement.
La majorité de ses licences ne captivent plus. Contrainte de mettre un terme à son activité en 2004, l’éditeur cède la licence NBA Jam à Electronic Arts. Le nouveau propriétaire souhaite raviver la flamme. Mark Turmell se voit proposer un poste de consultant quand Tim Kitzrow reprends sa place derrière le micro. En 2010, après sept ans d’absence, NBA Jam célébrait son retour sur console. Une renaissance appréciée par la critique qui se paiera le luxe de proposer une mise à jour l’année suivante avec NBA Jam: On Fire. Disponible sur PlayStation 3, Xbox 360 et Nintendo Wii, le titre peut se targuer d’avoir pleinement retrouvé son mojo.

NBA Jam: On Fire Edition, un retour réussi aux sources.
Au cas où vous souhaiteriez raviver vos souvenirs ou rattraper votre retard, il existe l’émulation, certes, mais aussi plusieurs solutions légales pour jouer à NBA Jam. Evidemment, vous pouvez récupérer une console rétro avec le jeu et bondir 30 ans en arrière. Celles et ceux qui ont la place dans leur salon, allez au plus simple en prenant directement une borne arcade. C’est super hipster. De quoi se plaint-on ? Si vous avez des oursins dans les poches, le NBA Jam 2010 coûte le prix de deux cafés à Paris.
Lors du CES 2020, l’entreprise Arcade1Up avait annoncé, sans plus de précision, le lancement au cours de l’année d’une borne en ligne contenant NBA Jam, NBA Jam : TE et NBA Hangtime. Peu importe la console, tant que Boomshakalaka résonne dans nos têtes ! Depuis 1993, la licence NBA Jam a tenté de se renouveler pour accompagner des générations de basketteurs. Les bornes d’arcade se font de plus en plus rares mais l’âme du jeu n’est pas morte, loin de là. Il restera même pour beaucoup LA référence en terme de jeu vidéo sur notre sport préféré.