Le hockey sur glace à Gap possède une histoire riche et passionnante, ancrée dans le cœur des Hautes-Alpes. Des modestes débuts sur un étang gelé à la consécration sur la scène nationale, le parcours des Rapaces de Gap est une véritable saga sportive.
L’origine du hockey à Gap remonte à 1937, année où les jeunes, sous l’impulsion de Georges Allard, Roger Brown, Coco Euzet, André Duot et Jean Michelon, chaussaient les lames sur l’étang des castors. Avec peu de moyens, mais avec un cœur gros comme une maison, une équipe de hockey sur glace était née.

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Les crosses étaient faites avec du bois d’une des seules industries Gapençaises : les établissements Charmasson. Pour les patins, on prenait des galoches sous lesquelles on vissait des lames. L’adversaire était déjà le club de Briançon, un gros morceau qui bénéficiait en raison de son altitude d’une glace naturelle de très bonne qualité.
Les Premières Infrastructures et l'Essor du Club
Le hockey gapençais, dont l’origine remonte à 1937, prend son envol en 1945 avec sa qualification dans le championnat de France de deuxième série. II faut attendre 1955 pour que la patinoire Roger Brown, du nom d’un des précurseurs du hockey sur glace à Gap, une fois clôturée et éclairée, soit inaugurée.
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Mais le véritable tournant s’opère à la fin des années 1950 sous l’impulsion du Gap Hockey-Club avec l’installation d’une patinoire artificielle dotée d’un système de refroidissement à l’ammoniaque. L’attrait touristique de la ville, ses nombreuses écoles et son affection pour les sports de glace assure une fréquentation régulière de l’établissement. Grâce au soutien de la municipalité, l’objectif est d’accueillir des championnats de hockey et de patinage artistique.
Le 4 février 1959, la municipalité donne son accord pour la mise en route des travaux de la patinoire dans le quartier de la Blache. Afin de garantir les meilleures installations les dirigeants du Gap Hockey-Club effectue un voyage en Suisse pour s’inspirer des infrastructures locales.
L'Ère des Compétitions Nationales et Internationales
En 1974, on dénombre 103 patinoires en France qui peuvent accueillir les licenciés de Fédération française des sports de glace dont le nombre a doublé depuis les Jeux olympiques d’hiver de Grenoble en 1968. Gap accueille dans sa patinoire des compétitions au début des années 1970, d’abord nationales avec les championnats de France junior de hockey sur glace en 1972 et les championnats de France de curling et 1973, puis international avec le championnat du monde hockey sur glace de groupe C en 1974.
Sous le regard des médias du monde entier, 7 matchs se déroulent dans la patinoire gapençaise qui peut accueillir 2000 spectateurs. L’enjeu est majeur pour la ville, il s’agit d’inciter les spectateurs attendus à découvrir les nombreuses activités sportives des Hautes-Alpes comme celles de neige (le département possède à l’époque plus de 20 stations de ski), l’alpinisme, la chasse ou encore les disciplines nautiques. La patinoire reçoit ensuite les championnats d’Europe de groupe A.
Au-delà de ces compétitions, la patinoire sert le rayonnement de la ville au travers des succès du club de hockey sur glace local. Les Rapace du Gap Hockey-Club évoluent en 1ere série nationale depuis 1962 sous l’impulsion de leur président Jean Ferrand, dont le nom sera accolé plus tard à celui de Brown pour nommer la patinoire. Le public, réputé pour sa ferveur, est toujours plus nombreux ainsi que la fréquentation toujours plus importante de la patinoire, par les Gapençais et les touristes conduisent à mener de nouveaux travaux d’aménagement.
Les fonds débloqués au titre de la troisième loi du Programme national d’équipement sportif socio-éducatif sont utilisés notamment pour la création de vestiaires, de douches ou encore pour construire de nouveaux gradins, portant la capacité d’accueil de la patinoire à 3 000 spectateurs assis. Il s’agit pour l’État de mettre en œuvre un programme éducatif de la jeunesse, mais surtout de développer des espaces à vocation compétitives.
Dates clés de la patinoire de Gap:
| Année | Événement |
|---|---|
| 1955 | Inauguration de la patinoire Roger Brown |
| 1961 | Installation d'une patinoire artificielle |
| 1972 | Championnats de France junior de hockey sur glace |
| 1974 | Championnat du monde de hockey sur glace de groupe C |
| 2010 | Début de la rénovation complète de la patinoire |
Les Défis et la Renaissance
En 1985, l’éclairage est rénové et en 1987, des travaux sont engagés pour la réfection de la dalle, des installations frigorifiques et des protections. Si l’Équipe évoque en 1986, « un temple du hockey sur glace », les travaux ne permettent pas de maintenir la patinoire à la hauteur des standards internationaux. Pour des raisons de sécurité, à la suite du traumatisme causé par l’effondrement d’une tribune au stade de Furiani à Bastia, en 1992, la capacité est ramenée à 2000 spectateurs.
Au début des années 2000, le maire Pierre Bernard-Reymond, envisage une rénovation complète. Le projet n’est toutefois lancé qu’en 2010. La patinoire Brown-Ferrand est entièrement refaite et agrandie : sa capacité est portée à 2800 places avec des spectateurs qui, désormais, sont installés tout autour de la glace. Le stade de glace Alp’Arena, selon sa nouvelle appellation, garde toutefois charpente originale la patinoire Brown‑Ferrand.
L’équipe de France est depuis revenu jouer deux matchs amicaux tandis que les Rapaces ont retrouvé leur meilleur niveau, après des années chaotiques qui le relègue en division inférieure, en remportant à nouveau le championnat de France en 2015 et 2017.
Les Rapaces de Gap Aujourd'hui
Institution historique du sport haut-alpin, les Rapaces de Gap (Gap Hockey Club) occupent une place de choix au panthéon du hockey sur glace français. Héritier d’une tradition montagnarde où le hockey est bien plus qu’un simple divertissement, le club a su traverser les époques pour rester une place forte de l’élite nationale.
Le surnom de Gap est l’un des plus parlants du paysage sportif français. Le terme « Rapaces » fait référence aux oiseaux de proie qui peuplent les sommets des Hautes-Alpes. Symbole de puissance, de vision et de combativité, ce nom a été adopté pour refléter le style de jeu de l’équipe : rapide, agressif sur le porteur du palet et impitoyable devant le filet adverse. Le logo actuel, arborant un aigle stylisé aux traits acérés, renforce cette image de prédateur des glaces.
Gap est mondialement (ou du moins nationalement) reconnu pour la qualité de son école de hockey. Le club dispose d’un centre de formation performant qui alimente régulièrement les équipes de France de toutes les catégories d’âge. La philosophie est claire : donner la chance aux talents locaux d’éclore au plus haut niveau.
Le Derby des Hautes-Alpes : C’est le match le plus attendu de l’année. La rivalité contre les Diables Rouges de Briançon est l’une des plus intenses du sport français.