Le football à Calais possède une histoire riche et passionnante, marquée par des fusions, des succès épiques et des moments difficiles. Cet article retrace le parcours des clubs de Calais, de leurs origines à leur situation actuelle.

Genèse et Premières Années : La Fusion Fondatrice (1902-1938)
Le CRUFC est né en 1902 de la fusion entre le Sporting Club et le Football Club. L’équipe, alors nommée Racing Club Calais, participe à de nombreuses compétitions, dont la Coupe de France de 1922 à 1926 et en 1930, ainsi qu’au Championnat de France de deuxième division en 1935. Le club conserve un statut amateur jusqu’en 1933, date à laquelle il acquiert le statut professionnel, qu’il abandonne cinq ans plus tard, faute de moyens.
Durant cette période, les résultats du club sont mitigés, le meilleur niveau atteint étant les quarts de finale de la Coupe de France en 1921.
L'Ascension dans les Années 1960 et la Fusion de 1974
En 1962, le CRUFC remonte la pente en participant au Championnat de France Amateur de Football en tant que champion de la Division d’Honneur de la Ligue du Nord. Le Racing club aux couleurs jaune et noir a rejoint le niveau CFA en 1962. Le club rate l’accession en national en 1965 à la différence de buts.
Un tournant majeur s'opère en 1974 lorsque le RC Calais fusionne avec l’Union Sportive, elle-même issue de la réunion des clubs du Bicoque et de la Nouvelle France en 1947, donnant naissance au Calais Racing Union Football Club.
Cette fusion marque le début d'une nouvelle ère pour le club, qui arbore désormais les couleurs mixtes du RC Calais et de l’Union Sportive. Les derbys entre l’US et le Racing Calais étaient très disputés et très suivis par le public. En 1974, les deux clubs calaisiens le Racing Club de Calais et l’Union Sportive de Calais fusionnaient pour donner naissance au CRUFC : Calais Racing Union Football club.
Le Racing évoluait au Stade Julien Denis tandis que l’Union Sportive donnait rendez-vous aux supporters Boulevard Curie au Stade Louchez, stade transformé de nos jours en un parc public avec toutefois un city stade, seule trace de l’empreinte football de nos jours.
Quant à l’U.S Calais, on l’appelait le club des ouvriers. Ce club formateur a connu la Division d’Honneur (R1 aujourd’hui). A la fusion, bon nombre de ses joueurs rejoindront le Crufc. Citons Christian Bernard, Daniel Baron, Daniel Piedbois, Gaston Bonvalet restera fidèle à ses couleurs sans et or, il finira sa carrière à l’ES Guines. Les mythiques entraîneurs Robert Noël et Théo Clouet ont marqué cette époque. Ils ont passé le relais à André Koitka, entraîneur-joueur qui signera au Crufc.
Des entraîneurs ont marqué le club des Canaris : Albert Dubreucq, Claude Plancque et plus tard Bernard Placzek. Bernard Forcioli, Jean-Claude Flandrin, Francis Thorez... autant de noms de joueurs dont se souviennent les plus anciens supporters.
Les Années de Succès : Division 3, National 2 et l'Épopée en Coupe de France
Le CRUFC excelle sur le terrain, notamment en 1981 où il est sacré champion du groupe nord lors du Championnat de France de Division 3, et en 1988 où il remporte le groupe A du Championnat de France de National 2. Cependant, c'est la saison 1999-2000 de la Coupe de France qui marque l'apogée de son histoire.
L'inoubliable Parcours en Coupe de France 1999-2000
Lors de cette compétition, le CRUFC réalise l’exploit d’atteindre la finale en éliminant des équipes prestigieuses comme Bordeaux. Le parcours de Calais pour atteindre cette finale est tout simplement exceptionnel. Ils éliminent successivement Lille, Langon-Castets, Cannes, Strasbourg et Bordeaux, suscitant l'admiration de tout un pays. Le quart de finale contre Strasbourg et la demi-finale contre Bordeaux restent des moments particulièrement forts de cette aventure.
Le 7 mai 2000, au Stade de France, devant plus de 78 000 spectateurs, le club amateur affronte le FC Nantes, alors un pilier de la Ligue 1. Calais ouvre même le score, mais Nantes égalise puis remporte la victoire sur un penalty en fin de match (2-1). Malgré la défaite, cette épopée reste gravée dans les mémoires comme l'un des moments les plus marquants de l'histoire du club et du football français.
Le 7 mai 2000, Calais (CFA) réalisait le plus grand exploit du footballeur amateur en disputant la finale de la Coupe France contre le FC Nantes (perdue 2-1). Vingt ans après la défaite au Stade de France contre Nantes, Calais reste le seul club de quatrième division à avoir atteint la finale de la Coupe de France.
Calais est devenu un phénomène de société à cette période-là ; ils avaient déjà éliminé Lille en 32e, Langon-Castets en 16e, le Cannes de Rolland Courbis en 8e, le Strasbourg de Claude Le Roy en quart de finale et le Bordeaux de Christophe Dugarry en demi-finale.
Monument de l’identité calaisienne, le Racing Club Calais s’apprête à renaître de ses cendres, 25 ans après la finale de Coupe de France perdue à Paris.
Le 7 mai 2000 au Stade de France, c’était la finale de la Coupe de France entre le FC Nantes, dinosaure de la Ligue 1, et le club du Calais Racing Union football club, qui évoluait en 4e division. Près de 40 000 calaisiens étaient venus au Stade de France, du jamais-vu dans l’histoire de cette compétition.
Une ville en ébullition, des coups de klaxon à n’en plus finir et une liesse populaire qui rappelle un soir de 12 juillet 1998. Moins de deux ans après le sacre de l’équipe de France, Calais vient de se trouver ses propres héros : un groupe de vingt-quatre joueurs de CFA, des hommes ordinaires auteurs d’un parcours extraordinaire, jusqu’au Stade de France, ce que plus aucun club de quatrième division n’a réussi à faire depuis.
« On a gagné le cœur des Français » « Si vingt ans après, on en parle encore... sous-entend Christophe Hogard, ancien milieu de terrain du CRUFC. Beaucoup de gens se sont identifiés à nous. On a gagné le cœur des Calaisiens et des Français. » Jusqu’à celui du président de la République de l’époque, Jacques Chirac.
« On a donné de la joie et rassemblé énormément de monde, y compris des gens qui suivaient le foot de loin », complète Jérôme Dutitre. Avec Cédric Jandau (gendre de Ladislas Lozano) basé à Toulouse, et Claude Rioust près de Sète, le buteur de la finale contre Nantes est l’un des rares à s’être éloignés du littoral. Il vit à Reims, reconverti comme directeur de centre social avec un œil sur le club de Reims Sainte-Anne (R1) où jouent ses enfants.
Comme lui, Jocelyn Merlen est resté proche du rectangle vert. Salarié dans un CCAS, l’ancien défenseur était cette saison coach du Grand Calais Pascal (R2, 7e division). En parallèle du café qu’il tient, Manu Vasseur tape le cuir au Fort-Vert, à Marck, avec Mathieu Millien, devenu directeur d’école à Calais. « Ce parcours n’a pas changé ma vie, j’ai toujours la même femme et je reste enseignant. »
L’association Calais 2000 comme héritage Les choses sont un peu différentes pour Ladislas Lozano, élu il y a quelques semaines à la ville de Calais sur la liste de Natacha Bouchart, ou Cédric Schille. L’ancien gardien du CRUFC travaille aujourd’hui au port de Calais, comme Fabrice Baron et Mickaël Gérard : « Cette épopée nous a permis de trouver une situation professionnelle », indique le Messin. « Elle a accéléré les choses et nous a facilité la tâche pour accéder à certains emplois », ajoute Réginald Becque, salarié à la FFF.
L’ancien capitaine est à l’origine de Calais 2000, une association créée en 2005 qui fait le lien entre les anciens acteurs de cette épopée. « On a ressenti le besoin de se retrouver.
Les 20 ans de l'épopée des calaisiens en coupe de France
Des Difficultés Financières à la Disparition du CRUFC (2010-2017)
Après cette période de succès, le CRUFC connaît des difficultés croissantes. En 2010, le club est placé en liquidation judiciaire, mais parvient à surmonter cette épreuve grâce au soutien de la mairie. Cependant, les problèmes persistent et, en 2017, le club est à nouveau confronté à une situation financière désastreuse.
Submergé par les dettes, le CRUFC est placé en liquidation judiciaire, entraînant sa fermeture et la fin de son statut de société anonyme sportive professionnelle (SASP). Une mauvaise gestion, des recrutements coûteux et des licenciements onéreux sont pointés du doigt comme les causes de cette situation.
Ce jeudi, le finaliste de la coupe de France 2000 va être placé en liquidation judiciaire après le refus de la mairie d’éponger une partie des dettes. Une page se tourne.
Relégué de CFA la saison dernière, le club s’est en effet vu refusé une subvention de 200 000 euros ce mardi au conseil municipal de la ville. « Il faut qu’on arrête cette aventure, on est allé trop loin, a déclaré Nathalie Bouchart, la maire de Calais. Ce n’est pas la mairie qui a tué le CRUFC, le CRUFC s’est tué tout seul. » Il ne restait donc qu’une seule solution : le dépôt de bilan.
Renaissance du football à Calais
Malgré cette disparition, l'histoire du football à Calais ne s'arrête pas là. Plusieurs clubs locaux, tels que Calais Beau-Marais, Calais Catena, Calais Pascal et Calais Hauts-de-France, continuent de faire vivre le ballon rond dans la ville. L'idée d'un "grand club à Calais" refait surface, et en 2024, le Racing Club Calais renaît de ses cendres grâce à la fusion du Grand Calais Pascal et de Calais HDF.
Une nouvelle association est née des cendres du CRUFC, le Calais Football-club des Hauts-de-France avec à la tête un entrepreneur local, Grégory Duvieuxbourg. « On met de côté les histoires du passé, je veux partir sur des bases saines, explique le repreneur à la Voix du Nord. Nous avons élu un nouveau comité directeur, qui ne comporte aucun dirigeant de la précédente équipe. Notre priorité et celle de la mairie, c’est de sauver les équipes de jeunes et de permettre aux joueurs de rester dans leurs divisions. »
Le nouveau club adopte les couleurs sang et or, en hommage au CRUFC et à son épopée de 2000. L'objectif est de retrouver une place importante sur la scène du football régional, à l'instar de Boulogne-sur-Mer et Dunkerque.
Autour de la maire Natacha Bouchart, l'équipe du Racing club de Calais et son président Nicolas Bouloy. Annoncé ce mercredi, avec la bénédiction de la ville, il est né de la fusion des clubs calaisiens.
Objectifs : prendre la suite du Crufc et viser l’élite, d’abord en niveau nationale 3. Un club qui mise d’abord sur ces jeunes. Ils sont 680, explique le premier président du Racing club de Calais, l’entrepreneur calaisien Nicolas Bouloy : "la structuration des jeunes sera mon objectif et la priorité du club, Car c'est la base d'un club de football. Il faut créer une identité et une identification au club."
"Aujourd'hui, poursuit le Président, je viens en apportant ma compétence de chef d'entreprise et mon état d'esprit de calaisien pour essayer de mettre en place des choses et une dynamique. Cette fusion est un vrai projet cohérent. Et à moyen-court terme, l'objectif sera de monter en nationale 3."
Les couleurs du Racing Club de Calais. Elle ne souhaite forcer la main de personne. Elle se réjouit de cette première fusion calaisienne : "Le stade de l'Epopée va avoir sa grande équipe. C'est une fierté et c'est aussi beaucoup de travail et de compréhension pendant trois ans. C'est aussi redonner de la fierté aux Calaisiens qui vont pouvoir soutenir une grande équipe."
Dans cette fusion concerne Calais Hauts-de-France (qui avait pris la suite du Crufc) et Calais Pascal. Même s'il n'est pas impossible qu'assez vite, les équipes du Racing et de Beaumarais se retrouvent à jouer dans le même championnat.
Calais Beau-Marais : Un club en pleine ascension
Si le nom de Calais est étroitement lié à la Coupe de France, avec la finale du Calais RUFC en 2000, le club du quartier du Beau-Marais vient d’atteindre le 8e tour pour la toute première fois de son histoire, quelques mois après une montée historique en Régional 1.
C’est donc un club en pleine ascension qui se dresse sur la route de l’Amiens SC. « C’est magnifique de pouvoir vivre ces moments, clame Ababacar Sall, capitaine de Beau-Marais, auprès de nos confrères de BFM Lille. Certains joueurs, on est là depuis la D1 (Départemental 1), cela fait sept ans. C’est une semaine particulière, mais on essaie de se concentrer sur le match vendredi à 20 heures. » Tout en sachant que la tâche s’annonce complexe pour Calais Beau-Marais, à la peine en Régional 1, face à une solide formation de Ligue 2 tel que l’Amiens SC.
« C’est David contre Goliath, avoue Ezedine Kara, le vice-président du club, dans les colonnes de la Voix du Nord. On a mesuré le fossé qu’il y avait entre le R2 et le R1. Je n’ai même pas réfléchi à celui entre le R1 et la L2« . « On s’attaque à une grosse écurie de Ligue 2, à des années-lumière de nos moyens humains et financiers, poursuit celui qui est aussi adjoint au maire de Calais, cette fois-ci auprès de France Bleu Picardie. On sait que ce sera compliqué, mais on va jouer le coup à fond. »
Histoire de perpétuer la magie de la Coupe de France, avec l’espoir d’être les dignes héritiers du parcours du Calais RUFC en 2000, battu avec les honneurs en finale par le FC Nantes, après avoir fait chuter Strasbourg et Bordeaux. Le tout à l’occasion d’un match qui aura lieu au Stade de l’Epopée, habituellement dévolu au RC Calais de Claudio Beauvue. Comme un symbole. « Il faut que les garçons se nourrissent de ça, de ce stade« , affirme Ezedine Kara.
« Il faudra mettre beaucoup d’envie, de générosité et d’abnégation, ajoute Quentin Verschelle, co-entraîneur du club et ancien partenaire de promotion d’Omar Daf lors de l’obtention de son DES. Ensuite, on dit toujours qu’un match de football, à onze contre onze, on peut le gagner. Omar Daf figurait dans la même promotion pour le DES que Quentin Verschelle, le co-entraîneur de Calais.
Dans l’ombre du Calais RC (anciennement Calais RUFC, finaliste de la Coupe de France en 2000), en N3 et toujours en lice en Coupe, le Calais Beau-Marais est en train de vivre une année civile historique. Promu pour la première fois en Régional 1, ce club fondé dans les années 1970 va disputer aussi son premier 8e tour. « À la base, on est un club de quartier.
« C’est avec grand plaisir que je vais le revoir » Le co-entraîneur calaisien a la particularité d’avoir fait partie de la même promotion de formation pour le DES que l’entraîneur Omar Daf, il y a 10 ans. « J’ai pu avoir Omar la semaine dernière au téléphone et je lui ai rappelé qu’il faisait partie des plus calmes car il a une maîtrise de lui-même très forte et une humilité importante. Trois joueurs d’origine sénégalaise de Calais se font aussi une joie de croiser la route de l’ancien défenseur des Lions de la Teranga (55 sélections). Pour les Calaisiens, ce 8e tour constitue une belle parenthèse par rapport à une première saison difficile en R1.
En « renversant » la France du football en 2000 avec sa finale inoubliable de coupe de France, Calais s’est construit une notoriété qui, vingt-quatre ans après, perdure. Une notoriété telle que, à chaque nouvelle édition de l’épreuve reine du football, l’on reparle de cette épopée qui a donné son nom au nouveau stade de 12 000 places, inauguré en septembre 2008. Comme un refrain que l’on n’oublie pas. Comme un tube indémodable, que les nouveaux acteurs reprennent en chœur inlassablement.
Aujourd’hui, Calais est plus connu pour ses « faits divers » au large de ses côtes que pour ses performances footballistiques. Mais s’il a connu des heures compliquées, le foot à Calais n’est pas mort.
| Compétition | Titre | Année |
|---|---|---|
| Championnat de France de Division 3 (Groupe Nord) | Champion | 1981 |
| Championnat de France de National 2 (Groupe A) | Champion | 1988 |
| Coupe de France | Finaliste | 2000 |