L'Histoire des Nets de Brooklyn: Des Débuts Difficiles à l'Ère Moderne

Alors que les Nets sortent de leur pire saison depuis 2016-17 et sont en mode reconstruction complète, il est temps de revenir sur l'histoire de cette franchise, de ses débuts dans le New Jersey à son installation à Brooklyn.

Nous sommes en 2000. Les Nets, alors encore domiciliés dans le New Jersey et arborant les couleurs rouge, bleu et blanc, n’ont obtenu que peu de résultats positifs depuis le début de leur ère NBA et après deux titres ABA. Après deux nouvelles saisons décevantes et grâce à un tirage au sort extrêmement favorable, les Nets récupèrent le premier choix d’une draft 2000 qui s’avèrera assez pauvre et sélectionnent Kenyon Martin, pendant que Byron Scott est nommé coach.

L’été suivant, le scoreur et néo All-Star Stephon Marbury est échangé aux Suns contre le meneur Jason Kidd. Coup de génie de la franchise, qui va trouver en J-Kidd son Franchise Player pour les années à venir. Pendant que Phoenix ratera les Playoffs 2001-2002 avec Marbury, les Nets réaliseront une superbe saison sous l’impulsion de Kidd, passant de 36 à 52 victoires !

Le meneur emmène ses coéquipiers et les fait briller, terminant deuxième meilleur marqueur, rebondeur et meilleur intercepteur de la franchise. Dans ce roster pourtant sensiblement similaire à celui de la saison passée, quatre joueurs finissent la régulière aux alentours de 14 points de moyenne, et New Jersey est en tête de sa conférence. Rod Thorn sera nommé Executive of the Year, et Kidd désigné dans la All-NBA First Team ainsi que dans la NBA All-Defensive First Team.

Mais il n’y a pas que les résultats qui enchantent les fans. Le jeu pratiqué par le duo Kidd-Martin, bien aidé par le tout jeune Jefferson, fait vibrer la Continental Airlines Arena. Passes d’extraterrestres de J-Kidd, dunks de mammouth pour Martin, tout y passe. Le trio fait des ravages en transition comme sur demi-terrain, Kenyon et Richard faisant parler leur explosivité, merveilleusement servis par leur meneur aux multiples paires d’yeux. L’équipe arrive en Playoffs et en 2002, le premier tour se joue encore au meilleur des 5 matchs.

Les Nets parviendront à se sortir d’une série délicate face à des Pacers accrocheurs emmenés par le sniper Reggie Miller, au terme d’un Game 5 dantesque et grâce à un Jason Kidd décisif. Suite à la demi-finale de Conférence face aux Hornets remportée 4-1 sans grandes difficulté, les Nets brûlent le trèfle des Celtics et le titre de champion de Conférence (4-2). Mr Triple Double continue de briller, et les Kenyon Martin, Keith Van Horn, et Kerry Kittles se partagent les points.

La saison suivante, et avec l’arrivée du vieillissant mais toujours utile Dikembe Mutombo, les Nets terminent 2ème à l’Est. Richard Jefferson en est alors à sa troisième saison dans la grande Ligue et confirme son potentiel. Toujours menés par leur fabuleux meneur et Kenyon Martin, New Jersey retourne en Finals, perdues cette fois 4-2 face à des Spurs simplement supérieurs. Et surtout, un Game 6 resté dans les mémoires: d’un côté un extraordinaire Tim Duncan qui frôle un quadruple double historique; de l’autre, Kenyon Martin et son effroyable 3/23 au tir.

Mais avec un Jason Kidd achevant sa deuxième campagne de Playoffs consécutives en quasi triple double et une expérience renforcée, on se dit que les Nets vont enfin saisir leur chance la saison suivante. Malheureusement, il n’en sera rien.

Après le rachat de la franchise en 2004 par Bruce Ratner, les dirigeants cherchent à faire des économies. Kenyon Martin et Kerry Kittles sont transférés contre des peanuts, Jason Kidd réclame son départ mais pour le convaincre de rester, Vince Carter, plus en odeur de sainteté chez les Raptors, est récupéré dans un trade impliquant notamment Zo Mourning et Aaron Williams.

Avec une raquette dépeuplée, les Nets décrocheront de justesse leur place en Playoffs, pour se faire balayer 4-0 par Miami, qui les éliminera à nouveau l’année suivante après une saison (ir)régulière terminée à la 4 ème place. Les saisons suivantes se ressemblent dans le New Jersey : mal entamées, mieux terminées, mais aucuns progrès significatifs et un déclin annoncé de la franchise malgré la confirmation de talents certains (Richard Jefferson, et le pivot serbe Nenad Krstić pour ne citer qu’eux).

Eliminés au deuxième tour par les Cavs de Lebron, les Nets ne verront plus les Playoffs pendant cinq ans. Au cours d’une saison 2007-2008 catastrophique, le fantastique meneur, leader emblématique de la franchise, finit par craquer et demande son départ. Il est transféré à Dallas contre des cacahuètes, franchise avec laquelle il continuera de performer malgré l’âge, et remportera le titre tant mérité en 2011.

Au terme de cette saison, les Nets sélectionnent Brook Lopez à la 10ème place et Ryan Anderson à la 21ème, qui sera envoyé ailleurs après son année rookie. Deux saisons dramatiques plus tard (72 défaites en 2009-2010), c’est Derrick Favors qui rejoindra New Jersey en 3ème choix de la draft 2010.

Le Déménagement à Brooklyn et les Tentatives de Succès (2012-2015)

Après 35 saisons dans le New Jersey et suite à la promesse faite par Bruce Ratner, les Nets déménagent officiellement à Brooklyn le 30 avril 2012 et deviennent les Brooklyn Nets. Changement d’identité visuelle, avec un nouveau logo et le passage au noir et blanc.

Logo des Nets de Brooklyn depuis 2012

On assiste également à la progression constante de Brook Lopez qui permettra d’accrocher les Playoffs avec une 4ème place. C’est sans compter sur le GM Billy King qui va réaliser deux trades calamiteux. En 2012, il fait venir Joe Johnson en provenance des Hawks, qui a étonnement obtenu un contrat maximum faramineux deux ans auparavant.

En 2013, il effectue l’opération qui plombera la franchise pour des années. Les Nets récupèrent Kevin Garnett, Paul Pierce et Jason Terry et envoient à Boston Gerald Wallace, Kris Humphries, MarShon Brooks, Kris Joseph, Keith Bogans et quatre tours de draft. Après deux saisons avec des Playoffs arrachés et peu convaincants malgré une demi-finale de conférence perdue face au Heat alors double champion en titre, les deux anciennes stars des Celtics ont déjà été échangées, et Deron Williams demande à être coupé pour rejoindre Dallas.

KG n’a pas dépassé les 7 points de moyenne sur ses deux saisons passées à Brooklyn, et The Truth ne sera resté qu’un an pour une moyenne de 13,5 points. Joe Johnson reste lui quatre ans chez les Nets, avec un rendement loin de celui attendu d’un joueur à plus de 20 millions par saison.

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La Reconstruction et l'Avenir (Depuis 2015)

Depuis 2015, une dernière pige en Playoffs (1er tour perdu face aux Hawks) et le départ des dernières stars, la franchise végète dans les profondeurs de la Ligue, avec pour seul consolation un Brook Lopez toujours aussi loyal et impliqué. Devenu meilleur marqueur de l’histoire des Nets cette saison, il continue de mener tant bien que mal une équipe jeune, qui tente d’aller de l’avant.

Avec la nomination de Sean Marks au poste de GM et de Kenny Atkinson en tant que Head Coach, la direction de Brooklyn semble enfin prendre de bonnes décisions pour l’avenir. Malheureusement, avec peu d’assets pour monter un trade et des tours de draft offerts aux Celtics, les fans des Nets devront vraiment prendre leur mal en patience avant d’espérer un retour au premier plan.

Dommage, car le début des années 2000 avait offert de belles promesses, avec un management stable basé sur la continuité de l’effectif. Depuis, les visions à court-terme et le manque d’inspiration du front office ont cruellement plombé la franchise, condamnée à attendre de nouveau que sa chance se représente.

Il aura fallu une saison sans saveur, finie aux portes du play-in malgré 50 défaites, pour que les Nets empruntent le chemin d’une nouvelle reconstruction. Brooklyn va démarrer la saison avec un effectif fait de bric et de broc, géré par Jordi Fernandez, le sélectionneur catalan du Canada. Ce sera les débuts comme coach principal en NBA de celui qui fut assistant à Denver et Sacramento.

La date n’est pas encore fixée mais la réussite de la saison de Brooklyn se jouera probablement le soir de la draft 2025, et surtout de la loterie qui la précédera. Annoncé comme un joueur au talent générationnel, l'ailier de Duke Cooper Flagg mène une cuvée séduisante où figurent entre autres le très coté Dylan Harper, fils de l'ancien Bull Ron Harper, qui joue à Rutgers en NCAA, et Nolan Traoré, le crack français de Saint-Quentin.

Les Joueurs Marquants de l'Histoire des Nets

Les fans de New York, du New Jersey et de Brooklyn ont vu certains des meilleurs joueurs de l'histoire du basket-ball. Ces classements des 10 meilleurs joueurs des Nets de tous les temps sont basés sur ce que ces stars ont fait dans un uniforme de New York, New Jersey ou Brooklyn et comment elles ont contribué à la franchise.

Rang Joueur Période Contribution
1 Jason Kidd 2001-2008 5 fois All-Star, meneur emblématique
2 Julius Erving ABA 2 fois champion ABA
3 Brook Lopez 2008-2017 Meilleur marqueur de l'histoire des Nets
4 Buck Williams 1981-1989 Dominant aux rebonds
5 Derrick Coleman 1990-1995 Rookie de l'année, All-Star
6 Drazen Petrovic 1991-1993 Tireur d'élite
7 Vince Carter 2004-2009 Scoreur prolifique
8 Deron Williams 2011-2015 All-Star, potentiel non réalisé
9 Rick Barry ABA Scoreur dominant
10 Kevin Durant 2019-2023 Talent générationnel

Voici quelques joueurs qui ont marqué l'histoire des Nets :

  • Jason Kidd: Les Nets ont fait un échange de succès pour le gardien vétéran en 2001 pour le faire diriger une équipe avec Kenyon Martin, Kerry Kittles, Keith Van Horn et le rookie Richard Jefferson. Kidd a fait cinq apparitions All-Star avec le New Jersey ainsi que trois équipes All-NBA et six équipes All-Defensive.
  • Julius Erving: Erving a joué pour les New York Nets dans l'ABA pendant trois saisons juste avant la fusion et a conduit son équipe à remporter deux des trois derniers championnats de la ligue.
  • Brook Lopez: Le centre a fait au milieu de sa carrière pour passer d'un jeu dominé par de grands hommes à celui dominé par des forward et des centres. Lopez est le leader de la franchise en buts de terrain, tentatives de buts de terrain, blocs et parts de victoire offensive.
  • Vince Carter: Carter a joué cinq saisons au New Jersey et a obtenu en moyenne plus de points (23,6) d'aides (4,7) et de rebonds (5,8) par match qu'à n'importe quel autre arrêt le long du chemin. Avec Richard Jefferson et Jason Kidd, Carter a aidé les Nets à devenir l'une des meilleures équipes de la Conférence de l'Est pendant une demi-décennie.
  • Kevin Durant: Seul l'acte de signer avec les Nets de Brooklyn sur toutes les autres équipes qui le poursuivent - y compris les Knicks de New York - est un moment majeur dans l'histoire des Nets. Il a également tiré 40% à partir de 3 points, tout en ajoutant 5,8 aides et 7,1 rebonds.

Les Défis et les Moments Difficiles

Malgré des moments de gloire, les Nets ont également connu des défaites humiliantes. Brooklyn a perdu de 59 points face aux Clippers. “Pour dire la vérité : on a la sensation de ne pas avoir fait notre travail”, décrit Nic Claxton.

“Ce n'est pas le moment de se pointer du doigt. C'est le moment que chacun assume ses responsabilités, et moi le premier”, annonce le coach. “Les joueurs ont continué de se battre, n'ont pas abandonné. C'est une de ces soirées où on ne fait rien de bien, où l'énergie n'est pas bonne, mais on essaie. Je suis fier de ce groupe qui s'est battu, pour réduire l'écart, jusqu'à la fin. Je sais qu'ils seront au travail dès le lendemain.

Le Big 3 et les Espoirs Déçus

Tout est parti d’un simple ajustement. Les Brooklyn Nets s’apprêtaient à affronter les Golden State Warriors et Kyrie Irving est venu valider auprès de James Harden ce qui paraissait évident : "tu vas jouer meneur de jeu, je suis arrière", commentait celui qui évolue pourtant au poste un depuis le début de sa carrière.

Depuis, la franchise de New York n’en finit plus de gagner. Avec un message fort envoyé au reste de la ligue : cette équipe peuplée de super talents peut même s’offrir le luxe de dominer ses adversaires en l’absence de son meilleur élément Kevin Durant (légèrement blessé). Justement parce qu’elle se repose sur le duo fantastique et complémentaire formé par Irving et Harden.

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