Les Neptunes de Nantes Handball : Une Histoire de Conquête et de Renouveau

Le club des Neptunes de Nantes Handball, surnommé les « conquérantes », est un club historique en terre ligérienne. Il présente un modèle unique en Europe pour le sport féminin et fait partie des meilleures équipes sur le sol français et européen.

L'histoire des Neptunes de Nantes est marquée par des moments de triomphe et des défis surmontés, reflétant leur détermination et leur ancrage profond dans la ville de Nantes. Cet article vous plonge au cœur de l'évolution de ce club emblématique, de ses origines à ses succès européens, en passant par les périodes de transition et de renouveau.

Un Nouveau Départ : L'Identité des Neptunes de Nantes

C’est avec ces mots que le Nantes Loire Féminin Handball a dévoilé sa nouvelle identité ce jeudi 28 août 2025 sur les réseaux sociaux : Une page se tourne… Une nouvelle commence ! Le NHF s’éteint mais l’histoire continue avec le NLF.

Le club nantais présidé depuis cinq mois par Yoann Choin-Joubert, le patron du groupe immobilier Réalités, prend un nouveau virage en changeant d’identité et en se faisant désormais appeler les Neptunes de Nantes. « Nous voulons renforcer le club dans son territoire », explique Yoann Choin-Joubert. Ce changement d’identité marque le point de départ d’un nouveau modèle économique pour le club.

Après une « large consultation », le club a jeté son dévolu sur le nom « Neptunes Nantes ». Pour ce rebranding, « le club a réalisé le travail en interne avec les services du Groupe Réalités » précise Pierre Peltier, Responsable développement du club, lors de la conférence de présentation.

« Nous avons lancé une large consultation, notamment auprès de gens qui ne connaissaient ni le club ni le handball. « Nous avons étudié 3 propositions pour le nom puis 2 pour le logo » ajoute Marianne Buron, Chargée de communication des Neptunes de Nantes. « Notre volonté était de créer une véritable marque, on a voulu créer un nom fort.

Le nom, Les Neptunes de Nantes, s’inspire de la devise de Nantes : « Favet Neptunus Eunti » qui signifie « Neptune favorise ceux qui osent » pour marquer l’ancrage et le sentiment d’appartenance des joueuses au territoire nantais.

« Doter l’équipe de cette nouvelle identité n’est pas anodin, souligne Marianne Buron, responsable de communication du club. Nous voulions une identité plus en phase avec nos valeurs, avec cette culture de la gagne qui a grandi en nous et qui s’est exprimée avec force le 9 mai dernier (victoire en finale européenne face au club hongrois de Siofok, ndlr). Il nous fallait alors donner corps à cet état d’esprit grâce à des marques d’expression fortes et évocatrices. Nous avons ainsi choisi de représenter cette femme avec toute sa fierté et sa détermination. Sa posture marquante semble dire au monde, qu’elle est debout, qu’elle a la force et l’énergie pour combattre les préjugés, pour se battre dans l’adversité et pour être considérée à sa juste valeur, sa juste place. Sa chevelure, à l’image des vagues de l’océan, donne à voir sa liberté et son élan de vie.

Les Défis Financiers et le Maintien de l'Élite

Un an après la section handball du club des Neptunes (rebaptisée depuis Nantes Handball Féminin), les Volleyeuses se voient descendre à leur tour en deuxième division. Nouvelle conséquence du départ de l'actionnaire majoritaire Réalités.

Laissant une enveloppe de 300 000 € de dettes, les Neptunes de Nantes étaient parvenu à se maintenir dans l'Elite à bout de bras. Après une année de régularisation, le club annonçait le départ de la majorité des joueuses de son équipe première ainsi que de son coach César Hernandez.

Le passage devant la DNACG aura été fatal pour le club, refusant son inscription en Saforelle Power 6 en raison d'un déficit d'environ 350 000 €. Si les Neptunes attendait l'arrivée d'un mécène pour combler cette somme, ce n'est pas arrivée.

Le club de volley des Neptunes de Nantes se retire du monde professionnel. "Le choix de la raison", soutient le communiqué tant "la poursuite en Saforelle Power 6 [compétition qui oppose les quatorze meilleures équipes françaises] n’est aujourd’hui plus possible."

Pour "préserver notre avenir, nos jeunes, notre structure, notre histoire. Les Neptunes de Nantes poursuivront pas leur chemin en Elite [la deuxième division féminine du volley français]. Un nouveau départ pour mieux reconstruire", assure le club de volley nantais.

Retour en Élite et Ambitions Futures

Retour en Elite pour les Neptunes, division où évoluait déjà la réserve nantaise cette année.

Le chantier du nouveau président est connu. L'identité, c'est fait. Le sportif, il le laisse à Guillaume Saurina, qui vante que son équipe « dégage quelque chose, les filles ont la banane, produisent du spectacle et méritent du public ».

Reste donc la salle, pour que la dynamique du premier titre se poursuive. « J'aimerais que les Neptunes soient le premier club propriétaire de leur équipement », annonce-t-il, évoquant « un investissement entre 10 et 20 millions d'euros ». Les études sont en cours, les rendez-vous avec les élus bientôt pris, et le club, qui a déjà déplacé une partie de ses bureaux chez ceux du groupe Réalités, en banlieue nantaise, pourrait donc déménager dans quelques années.

Une Médaille de Bronze à l'EHF European League 2024

La cruelle défaite de la veille encore dans toutes les têtes, les Neptunes de Nantes étaient de retour au combat ce dimanche à Graz avec une médaille de bronze en ligne de mire dans cette édition 2024 de l’EHF European League. Dans un duel électrique, les Nantaises se sont imposées au terme d’une séance de jets de 7m (38-39) et décrochent la deuxième médaille européenne de leur histoire.

Comme en demi-finale, les Neptunes ont survolé les débats en première période (14-18, MT), avant de se retrouver menacées dans la seconde. Pourtant bien dans leur match, les partenaires de Marine Dupuis ont progressivement lâché du terrain dans le second acte, laissant Braila se relancer, et revenir dans la course à l’approche du dernier quart d’heure. Sous pression, les Nantaises ont plié, mais n’ont pas rompu, à l’image du but salvateur de Léna Grandveau, qui a permis aux siennes d’arracher le nul synonyme de séance de jets de 7m (33-33). Dans cet exercice, les Neptunes ont fait preuve de sang froid, et ont pu compter sur une parade de Floriane André pour leur offrir la victoire (38-39).

Après le sacre de 2021, Nantes se hisse sur la troisième marche de l’édition 2024 de l’EHF European League, et ajoute une nouvelle médaille européenne à son palmarès.

Romuald NOTARI, directeur technique des Neptunes de Nantes Handball : « Nous avons commencé par les qualifications et un premier match difficile que nous avions réussi à maitriser. En phase de groupes, on a eu beaucoup d’adversité avec des hauts et des bas mais on s’en en est sorti pour aller en quarts de finale. On avait terminé 2e derrière Gloria qui était en finale ce jour. Et derrière on joue un gros quart de finale face à Sola qu’on a vraiment bien maitrisé. Le but était vraiment d’aller au Final Four en passant toutes les étapes, ce qu’on a réussi. Hier, sur les demi-finales, sans dénaturer la victoire de Storhamar, nous avons plus perdu nous qu’eux ont gagné et là il a fallu se remobiliser mentalement. Nous avons été opposés à une belle équipe roumaine, Braila. On fait un match mentalement très haut et on gagne sur les penalties. Pour moi, jouer un Final Four c’est évidemment pour le gagner mais dans le sport, il y a une histoire et notre parcours est réussi si on fait toute l’histoire et elle est quand même belle cette histoire.

Nodjialem MYARO, présidente de la LFH : « Je tenais à féliciter les Neptunes de Nantes pour leur parcours en European League. Nous savons qu’elles auraient aimé revenir avec un nouveau titre à inscrire à leur palmarès. Cependant, son staff et ses joueuses peuvent être fiers de cette 3e place. Malgré leur frustration, tout le monde a réussi à montrer un beau visage et à performer ce jour. Le club continue d’écrire son histoire dans le handball féminin français. Je leur souhaite une bonne fin de championnat et le club retrouvera rapidement la route européenne.

Le Partenariat avec AMOS : Former les Managers de Demain

Le partenariat qui lie Les Neptunes de Nantes Handball et Volley avec AMOS dure depuis plusieurs saisons maintenant. Il est important à plusieurs titres. Il permet tout d’abord aux étudiants de découvrir l’univers d’un club professionnel de l’intérieur, principalement les soirs de matchs à domicile. C’est le rôle des clubs d’accompagner la formation des futurs managers.

Pour le club, c’est l’occasion d’avoir des effectifs qualifiés les soirs de match, car les étudiants maîtrisent les enjeux du club que ce soit en termes de qualité d’accueil, de service, de sécurité ou d’organisation. Cela permet enfin au club de cibler les profils à forts potentiels pour renforcer les équipes administratives (communication, commercial, évènementiel…).

« Nous avons de la chance d’avoir trois alternants au sein des Neptunes Handball et Volley. Ces collaborateurs en alternance sont pleinement intégrés sur des postes de futurs salariés et si la collaboration est fructueuse, elle débouche sur un emploi. La maîtrise du fonctionnement d’un club professionnel, de son environnement, de ses parties prenantes, de son économie est une vraie plus-value.

Dans le cadre de ce partenariat, les étudiants volontaires participent à l’organisation et la mise en place des matchs du club. « Au-delà des très bonnes relations humaines entretenues avec les protagonistes du club, ce partenariat durable nous est cher puisqu’il nous permet de mettre en exergue une croyance forte partagée : le sport business s’écrit aussi au féminin ! Nous mettons d’ailleurs un point d’honneur à mettre à jour très régulièrement nos référentiels de formation de telle sorte à ce qu’ils soient en corrélation avec la réalité terrain et avec nos valeurs communes, c’est à dire les plus inclusives possibles. C’est une véritable chance que de travailler en synergie avec un club pionnier sur le sujet et aux projets si novateurs. Nous souhaitons aux Neptunes une saison pleine de réussite !

Témoignage d'un étudiant AMOS

« Étudiant à AMOS Nantes depuis 2021, j’ai eu l’opportunité d’intégrer Les Neptunes de Nantes à l’été 2022 en parallèle de ma deuxièmes année en mastère. Mon rôle au sein de l’équipe commerciale consiste en différentes missions. Elles vont de la prospection commerciale à la finalisation d’un contrat de partenariat en suivant différentes étapes de négociation. L’objectif est d’inciter les entreprises à rejoindre l’aventure Neptunes, ses valeurs et ses engagements.

« Une fois ces partenaires engagés autour du sport féminin, il faut alors les chouchouter ! Je m’occupe également, en binôme avec ma manager, de l’organisation de l’espace VIP lors des matchs de Volley. Club ambitieux, mais surtout en plein développement, l’opportunité d’apprendre au quotidien dans une structure sportive professionnelle me permet alors de mettre en pratique l’ensemble des compétences apprises lors de ma formation à AMOS, et d’agir au quotidien pour l’égalité homme/femme. Une aventure récente qui débute… et qui, je l’espère, ne s’arrêtera pas de sitôt !

Nantes, une Ville de Handball

« Nantes est une ville de hand, c'est une certitude », pose Grégory Cojean, entraîneur adjoint d'Alberto Entrerrios au "H" et plus ancien salarié du club, depuis 2005. « Il y a une histoire du hand à Nantes, même si les clubs n'ont pas toujours évolué au plus haut niveau », souligne celui qui se souvient qu'en 2008, lors de l'accession en D1, « le hand national avait du mal à situer Nantes sur la carte ».

« Nantes est devenue une ville de hand, corrige Ali Rebouh, adjoint aux Sports à la ville depuis 2014. Pendant des années, le foot prenait l'espace sportif et médiatique et, au niveau amateur, on était plutôt un terreau de basket. Avec les résultats du HBC Nantes, de plus en plus de gens sont attirés par ce spectacle. En termes de sports de salle, le hand a créé un fossé vis-à-vis des autres disciplines (lire encadré). »

« Nantes est une ville de sport : moi, je me déplace en voiture et j'arrête pas de voir des gens faire du footing ou du vélo, sourit Alberto Entrerrios, l'entraîneur des hommes du HBC Nantes. Il y a beaucoup de clubs de haut niveau, mais c'est vrai qu'avec les filles qui ont gagné une Coupe d'Europe, le hand a fait la différence dans le sport nantais. Un petit message, quand même, sur les écrans de l'aéroport de Nantes d'où la délégation a décollé vendredi : « De tout coeur avec vous, allez Nantes ! »

Émulation et Concurrence : La Dynamique des Clubs Nantais

Évidemment, joueuses et staffs échangent. Certes, « on est une grande famille, ça crée une émulation », assure Guillaume Saurina. « Gagner des titres, notamment européens, est quelque chose de toujours très particulier et on ne peut que les féliciter », insiste pour sa part Grégory Cojean. Pas de détestation donc - « pour mon dernier match avec le H, j'ai encouragé les gens à venir nous soutenir (les filles, dont il était nommé adjoint), et je n'ai eu aucun problème », sourit Saurina. Mais on se regarde d'un peu plus loin que ce voisinage le laisserait imaginer.

« Bien sûr qu'il peut y avoir de la concurrence, pose Gaël Pelletier, à la tête du club masculin depuis 2008. C'est une démarche utopique de dire "pourquoi ils ne s'uniraient pas alors qu'ils font la même chose ?"On vend le même produit ! C'est comme dire : "Il y a deux boulangeries, pourquoi on n'en fait pas qu'une ?" Il y a plein de sujets sur lesquels on peut travailler ensemble. Mais pas nos équipes premières, car c'est notre vitrine. Chacun avance. En parallèle. Et à des rythmes différents.

« Il y a plein de sujets sur lesquels on peut travailler ensemble. Mais pas nos équipes premières, car c'est notre vitrine » Gaël Pelletier, président du HBC Nantes.

Le Rôle Essentiel des Supporters

Un soutien logistique et moral devenu un atout immense. Président des Ultr'H, groupe de supporters du club, Mickaël Gaignard a retrouvé le plaisir de vibrer avec la levée des restrictions sanitaires. « Il y a deux ans, clame-t-il, on avait perdu en quarts de finale de Ligue des champions à Barcelone (29-26, défaite 32-25 à l'aller déjà), et on était 350 Nantais en furie, les Barcelonais nous avaient dit : "On rêverait d'avoir un public comme vous." On est vraiment une plus-value. On fait le spectacle en tribunes, en accord avec la fanfare. Ça ne s'est pas fait comme ça, c'est beaucoup de boulot, puis les gens se sont approprié le truc et, dans le stade, si ton voisin gueule juste à côté de toi, tu vas le faire naturellement.

« Depuis cinq, six ans, c'est quelque chose d'incroyable, assure Alberto Entrerrios, au club depuis 2012 comme joueur, adjoint de Thierry Anti puis coach principal. Ce qui est dommage, c'est qu'on a une petite salle (5 900 places) alors que 7 000 ou 8 000 places, ça ne serait pas idiot. » Même le Covid n'a pas tari ce soutien : regroupements en extérieur à l'arrivée des joueurs pour les gros rendez-vous, banderoles dans la H Arena à défaut d'y déployer les immenses tifos, ou des messages directement passés... « J'envoyais quelques SMS à Rock (Feliho, le capitaine), confie Mickaël Gaignard, et tu sais qu'en passant par Rock, ça va faire le tour du vestiaire.

Défis et Perspectives d'Avenir

Cette ferveur n'a pas encore traversé la rue vers Mangin. Et pour cause, « on va aussi voir les filles, mais les matches sont souvent en même temps », justifie le chef des Ultr'H, preuve d'une certaine ineptie parfois. Marion Maubon et ses coéquipières évoluent plus souvent devant un millier de spectateurs dans cette salle qu'elles louent à la Ville - le « H » a une convention d'occupation de Beaulieu et y organise ce qu'il veut, comme trois combats de boxe de Tony Yoka. Un Mangin au confort loin d'être optimal pour l'accueil des VIP.

« Je suis admiratif de ce que fait le H, qui a tout compris et tout réussi, loue Yoann Choin-Joubert. La communauté autour du club, la performance, c'est très, très fort. »

L'identité, c'est fait. Le sportif, il le laisse à Guillaume Saurina, qui vante que son équipe « dégage quelque chose, les filles ont la banane, produisent du spectacle et méritent du public ».

Reste donc la salle, pour que la dynamique du premier titre se poursuive. « J'aimerais que les Neptunes soient le premier club propriétaire de leur équipement », annonce-t-il, évoquant « un investissement entre 10 et 20 millions d'euros ». Les études sont en cours, les rendez-vous avec les élus bientôt pris, et le club, qui a déjà déplacé une partie de ses bureaux chez ceux du groupe Réalités, en banlieue nantaise, pourrait donc déménager dans quelques années.

Tableau Récapitulatif des Moments Clés

Date Événement
28 août 2025 Dévoilement de la nouvelle identité : Les Neptunes de Nantes
9 mai Victoire en finale européenne face au club hongrois de Siofok
2024 Médaille de bronze à l'EHF European League

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