Les Déchaînés du Football: Une Histoire de Passion et d'Évolution

Le football, plus qu'un simple sport, est un phénomène mondial qui déchaîne les passions et transcende les frontières. Impossible d’y échapper, le football est omniprésent.

Par la simplicité de ses règles, il est devenu un sport universel - et sans doute le plus populaire du monde. Malgré cela - ou peut-être à cause de cela -, il s’est transformé en une industrie florissante avec ses stars multimillionnaires, ses droits TV exorbitants, ses fans dévoués et déchainés, sa folie et ses excès.

Mais cette passion du ballon rond se retrouve aussi - et peut-être surtout - lors de matchs improvisés entre copains. Une cour, un coin de pelouse, une plage, une rue délimite un terrain. Des cartables, bâtons, bouteilles, manteaux matérialisent les buts.

Le football c’est aussi une histoire - sportive certes - mais plus encore économique, sociale, culturelle. Sans oublier sa dimension émancipatrice, particulièrement mise en avant dans l’Histoire populaire du football de Jc Deveney, Mickael Correia et Lelio Bonaccorso (La Découverte-Delcourt, 2025).

En treize chapitres, l’album montre comment à des époques et dans des lieux différents, le football a permis à des individus ou à des groupes de défier les normes sociales et politiques. Matthias Sindelar, Diego Maradona ou Megan Rapinoe ont bien entendu leur place dans l’ouvrage.

L’Autrichien, l’Argentin et l’Américaine ont peu en commun. Hormis d’être des virtuoses du ballon rond. Et surtout d’être des « rebelles ».

Le petit Mozart - et sa Wunderteam - défia le régime nazi infligeant une cuisante défaite à l’Allemagne quelques semaines après l’Anschluss. Le second - malgré ses frasques et ses excès - est tout simplement considéré comme un faiseur de miracles qui permit à Naples de prendre sa revanche sur les villes de l’Italie du Nord.

Et puis, il y a tous les anonymes : les ouvriers et les munitionnettes britanniques, les métis et les Noirs brésiliens ou encore les supporters du club égyptien d’Al Ahly. Par le football, ils ont tenté de sortir de leur condition et de faire évoluer le monde.

Football, du sport populaire à un enjeu commercial

Les Premiers Pas du Football Moderne

C’est aussi à cette époque que les instances d’alors décident de poser des dimensions officielles et arrêtées au terrain de jeu, ce qui permettra de standardiser la pratique et de donner un cadre précis à ceux (car l’on ne parle alors pas de « celles »…) qui s’y adonnent avec joie et enthousiasme.

Cela n’est pas anodin, car certains industriels visionnaires vont assez vite « flairer le bon coup » et organiser au sein de leurs sociétés, des structures corporatives autour de la pratique de ce sport qui connaît alors un essor absolument phénoménal.

A partir de 1890-1900, ça y est, le football est bel et bien devenu un spectacle de divertissement pour les masses, et il attire déjà plusieurs dizaines de milliers de personnes dans certains stades et événements particulièrement mis en avant.

Un peu plus tard au cours du siècle, le football va encore gagner en popularité, avec la 2nde guerre mondiale. Vous serez alors en mesure de jauger l’attraction qu’exerce ce sport sur le monde et ne verrez plus les choses avec votre seul avis extérieur.

La première Coupe du Monde, organisée sous l’impulsion d’un certain Jules Rimet, un français demeuré célèbre qui est alors président de la FIFA. Au cours de ce tournoi, 13 pays sont représentés (et l’Angleterre est absente pour avoir refusé de faire la traversée en bateau, jugée trop dangereuse).

L'Âme des Supporters: Le Kop Rouge de Guingamp

Le Kop Rouge c’est « l’âme du stade ». Une relation fusionnelle avec l’équipe, dans les bons comme dans les mauvais moments.

Elu « Meilleur public de France » de Ligue 1 en 2001, 2003, 2014 et 2015, le Kop Rouge donne le « la » au Roudourou et entraîne tout le public avec lui.

Novembre 93, l’En avant est en Nationale 1, un groupe de jeunes lycéens décide de se regrouper face aux chants des supporters adverses.

Assez d’un stade du Roudourou passif, dénoué de ferveur. Quelques matchs de préchauffage en National et vient le 1er grand test, la réception de Cannes (en D1) en coupe de France.

L’occasion est trop grande devant les caméras de Antenne 2, tout le lycée Pavie se mobilise sous l’impulsion de Julien Bonny, qui s’arrache pour monter un kop dans les gradins couverts face à la présidentielle.

Pari réussi, un groupe d’amis est né ce jour là, le Kop Rouge réussit « son » match. Un autre tour de coupe face au PSG attire plus de 15000 spectateurs, la France découvre ce Kop d’irréductibles.

Enchaînant une montée en D2 en mai 1994, le Kop passe la vitesse supérieure et se développe autant dans ses structures que dans ses gradins, les déplacements sont effectués. La bonne saison réalisée par l’équipe entraîne une effervescence rarement égalée dans ce petit bourg de Guingamp, le club est aux bords de la D1.

Le 27 mai 95 restera dans les mémoires comme un grand moment dans la vie du Kop (2 ans, 2 montées), le club accède à l’élite du football français et le Kop va se mesurer aux grands groupes de Division 1.

La France entière découvre la bonne surprise venant de Bretagne, avec un premier déplacement au Parc contre le Psg, puis à Sainté qui valu les félicitations des Magics Fans, malgré un score lourd. Guingamp au bout de 6 journées est 1er avec 11 points !!

Le Kop découvre les stades de D1 (20 cars à Rennes, à Nantes, 5 cars à Paris) avec des victoires à Lens, face à Lyon, Guingamp surprend et les koppers s’éclatent.

La saison 96-97 sera vécue comme « The » saison, avec un parcours magnifique en Intertoto qui nous offre l’Inter de Milan en 32ème de L’UEFA. Le Kop, déplacé sur la butte, fait son match.

La saison se déroule relativement bien avec une épopée en coupe de France : 500 à Créteil en ¼ finale, un tifo monstrueux face à Montpellier en ½. Une finale le 10 mai 97 au Parc des Princes, 20000 bretons gagnent la capitale pour un déplacement historique de 5 trains, 200 cars.

Un match de folie où les chants guingampais raisonnent… jusqu’à la victoire aux tirs au but des niçois.

S’ensuit une troisième année difficile, avec un changement de tribune pour rejoindre la nouvelle Latérale Ouest derrière les buts. Le côté mythique des gradins couverts laisse place à une tribune avec des sièges, des entrées en plein milieu de la tribune, pas idéal pour les tifos.

Après un déplacement en force à Cannes la dernière journée de championnat où 500 koppers descendent en train, le Kop va se retrouver de nouveau en D2 en mai 98.

En 2003, le Kop Rouge fête ses 10 ans par un tifo voiles sur toute la tribune et une rangée de torches qui restera dans les annales du groupe comme l’un des plus beaux tifos imaginés par cette bande de Koppers.

Redescende en L2 en mai 2004, ce qui n’entama pas le moral du Kop qui continue son petit bonhomme de chemin avec notamment un bel hommage à Coco Michel et un 1er tifo bandes contre Brest magnifiquement réalisé.

Le petit village qui résiste, où sont passées nos valeurs d’antan ? En avant est devenu un club banal, son côté atypique a disparu… Seul Le Kop Rouge véhicule encore les valeurs d’antan, de festivité populaire qui a disparu dans le football moderne.

Les 15 ans du Groupe marquent le renouveau du Kop Rouge et démontre que les jeunes sont là prêts à prendre la relève. A noter aussi le 1er Grand chelem du groupe l’année des 15 ans.

La finale au Stade de France, contre notre voisin ennemi rennais ! 15 jours entre la 1/2 et la finale, une préparation de tout instant, un tifo organisé et préparé dans un tempo digne du KR, un résultat énorme sur tout le virage guingampais et une réussite totale sur le terrain, Guingamp vainqueur de la Coupe de France 2009 !

La saison suivante, fort d’un titre national, l’En avant affrontera Hambourg en Europa League. Des villes exotiques telles que Pacy/Eure, Gap, Alfortville, des déplacements de folie notamment à Cannes, Rodez, mais surtout Luzenac, voilà un aperçu de cette saison mémorable se terminant en apothéose pour les 500 guingampais à Rouen.

Retour en Ligue 2, mais pas seulement. Une cohésion entre joueurs et supporters a été retrouvée, entre autres grâce à un entraîneur proche de ses joueurs et qui impose le respect du public.

Cela va se confirmer très vite. Le Kop est de nouveau copieusement garni et En Avant assure le spectacle pour son retour en deuxième division.

Pourtant la dynamique sera quelque peu ralentie à l’aube de la saison suivante. L’épisode de la programmation des matchs le vendredi à 18h45 soulève l’opposition des supporters : la première partie de la saison 2012/2013 sera donc marquée du sceau de la contestation.

Toutefois le Roudourou ne va pas tarder à s’enflammer de nouveau par la suite. Les Rouge et Noir sont en course pour l’accession, et ont fait de leur spécialité d’arracher des victoires dans le “money time” : impossible d’oublier les moments de folie ayant suivi les réalisations de Kerbrat contre Caen ou de Douniama contre Angers!

Trois tifos sont de sortie pour le match de Montpellier ainsi qu’une animation en relief pour la venue de Valenciennes. Le retour en Ligue 1, la Coupe de France et maintenant la Coupe d’Europe!

Dans un Roudourou ayant pour l’occasion fait peau neuve, la ferveur est au rendez-vous avec notamment la réception des Grecs du PAOK Salonique dont la réputation n’est plus à faire en terme d’ambiance.

Mais c’est surtout à l’extérieur que le challenge prend tout son sens puisqu’il faut également se rendre pour la phase de poules à Florence et… Minsk! Le Kop Rouge saura répondre présent, et en guise de récompense les joueurs nous offrirons même un tour supplémentaire contre le Dynamo Kiev.

Alors que nous vivons actuellement une troisième saison consécutive dans l’élite, l’enjeu est désormais de ne pas se laisser endormir par ces souvenirs dorés et continuer, avec les autres membres de la Latérale Ouest, à faire du Roudourou un stade à l’ambiance si spéciale.

Dans une ère de changement pour notre club, notre stade et notre groupe, continuer à se raccrocher à cette identité qui fait notre force.

Le Football, Miroir de la Société

Et puis le football, sport le plus populaire au monde, est aussi un miroir de la société. « C’est un jeu qui condense les principales valeurs qui fondent le monde contemporain.

Il nous donne les conditions de la réussite aujourd’hui : il faut du mérite individuel, on le voit avec les stars de ce sport, mais il faut aussi de la solidarité, du collectif », comme on l’a vu avec le jeu développé par l’Olympique lyonnais en Ligue des champions, avant que l’équipe française ne soit battue par le Bayern Munich.

Bien sûr, quand certains supporters sortent de leur rôle, décidant d’envahir le terrain ou de rosser les fans adverses, il y a de quoi s’inquiéter. Mais les hooligans aiment-ils vraiment le beau jeu ? Rien n’est moins sûr. Pour les autres, les vrais fans, les passionnés, le foot est une drogue, presque un mode de vie.

Alors, après cinq mois de sevrage pour cause de pandémie de Covid-19, les amoureux du ballon rond ont vécu la reprise de la Ligue des champions comme une libération. Quitte à frôler l’overdose ?

Car de nos jours, le foot ne se vit plus seulement le dimanche dans les travées d’un stade. Dès le vendredi, on parie, sur les favoris qui jouent en championnat le week-end, et en Ligue des champions ou Ligue Europa la semaine.

Et ce n’est pas tout : le foot s’expérimente aussi sur smartphone, en entreprise ou entre amis. Exemple avec l’application mobile Mon Petit Gazon (également appelée MPG), qui permet de créer sa propre équipe et dont les joueurs sont cotés et notés en fonction de leurs performances dans la réalité.

Le vendredi, on compose son équipe. Le week-end, on tremble devant les prouesses, plus ou moins bonnes, de ses poulains. Le lundi, on chambre le grand perdant du week-end, on fanfaronne dans l’open-space, ou on rase les murs en cas de défaite cuisante…

Résultat : le jeu créé en 2011 compte 1,3 million d’inscrits en 2019 dont 650 000 joueurs actifs en France et 45 000 à l’étranger, essentiellement en Espagne.

Et pour ceux qui n’auraient pas leur dose de foot, il reste les jeux vidéo comme Fifa, un énorme succès qui se vend à plus de 100 millions d’exemplaires chaque année.

La "Footballisation" de la Société et Ses Enjeux

« Il y a une footballisation de la société, pense Christian Bromberger. Auparavant, on comparait une équipe de foot à une entreprise, désormais on compare une entreprise à une équipe de foot. Les rapports se sont inversés. »

Une réalité criante sur le terrain, où l’on assiste de moins à moins à une confrontation entre ego, et de plus en plus à un match des budgets.

Le football s’embourgeoise-t-il ? C’est aussi une passion dévorante que les diffuseurs TV s’arrachent, là aussi à coups de millions. Quitte à transformer l’accès à ce sport populaire en un luxe finalement peu démocratique.

Au total, un fan de football qui souhaiterait avoir accès à tous les matches de Ligue 1, Ligue Europa et Ligue des champions, devrait débourser 84 €, en plus de son abonnement TV-Internet.

« Le foot intéresse une grande partie de la population, qui n’est pas la plus fortunée. On assiste à un recul des moyens d’accéder à ce spectacle », regrette l’anthropologue auteur du livre Le match de football : ethnologie d’une passion partisane à Marseille, Naples et Turin.

Le foot est-il en train de s’embourgeoiser ? Une « valeur refuge » qui contraste avec des joueurs qui traversent, de plus en plus, les clubs et leur histoire tels des météores.

Il n’y a pas d’âge pour être supporter.

Une Anecdote Touchante: Sauvetage au Stade de Roudourou

Pierre Henry-Dufeil a sauvé, avec des amis, un chat coincé dans un profond tuyau d'égout au stade de Roudourou, à Guingamp. Un bel élan de solidarité et une belle histoire.

Le petit chat était coincé au fond d’un tuyau d’égout au stade de Roudourou à Guingamp.

Un coin de la plaque en béton qui sert de couvercle était cassé, ce qui a du provoquer la chute de l’animal dans le conduit. « Je l’entendais, mais je ne le voyais pas, il y a au moins six mètres de fond. J’ai versé de l’eau pour qu’il puisse boire et quelques morceaux de Madeleine pour le nourrir si besoin. »

La journée suivante, il n’entend plus le chat miauler et pense qu’il est parvenu à sortir de l’égout tout seul par un autre endroit.

Mais jeudi soir, le chat miaule à nouveau et Pierre décide de passer à l’action. « J’ai un chat chez moi, j’aime les animaux et je ne pouvais pas l’abandonner comme ça. Les deux tiges mises bout à bout permettent d’atteindre le fond du tuyau. « Avec mon ami Gaëtan et sa sœur venus m’aider, nous avons attaché un sac de course au bout des perches pour qu’il monte dessus, afin de le hisser en dehors du trou ».

Un premier sac. Puis un deuxième et un troisième et finalement, « le chat a réussi à s’agripper et on l’a sorti de là ! », savoure Pierre. Le petit chat a immédiatement été confié à une famille guingampaise qui l’a nourri et réconforté.

tags: #les #dechaines #du #football