L'histoire du Red Star Football Club : Un club mythique de Saint-Ouen

Le Red Star Football Club, fondé en 1897, est l'un des plus anciens clubs de football français. Installé à Saint-Ouen depuis 1909, le club a connu une histoire riche et mouvementée, marquée par des succès, des difficultés financières et des transformations.

Les origines et les premiers succès

Le Red Star est né à Paris en 1897, rue de Grenelle, de l’imagination de Jules Rimet qui voulait démocratiser le sport. Le 21 février 1897, Jules Rimet, futur Président de la FFF puis de la FIFA, réunit son cercle d'amis proches dans un petit café parisien. Jean de Piessac, époux de Marie Rimet, la soeur de Jules, est nommé Président.

En 1909, il arrive à Saint-Ouen installé sur un premier terrain peu élaboré. Ce déménagement coïncide avec les premiers succès du club : une victoire en championnat de LFA en 1912 et une deuxième place derrière Levallois en 1914. Le club joue déjà les premiers rôles et recrute les meilleurs joueurs de l'époque : Lucien Gamblin bien sûr, mais aussi l'avant-centre international Eugène Maës et « le meilleur gardien français de tous les temps » dixit le journal L'Auto : Pierre Chayrigues.

En 1910, suite à la construction du « Vel d'Hiv », le Red Star quitte la capitale et son ancien vélodrome d'hiver détruit pour s'installer à Saint-Ouen.

La légende est née

Au retour du conflit, c'est une nouvelle équipe pleine de talent qui se constitue. Elle va permettre au Red Star d'écrire ses premiers titres de gloire. La pléiade d'internationaux français qui composent l'effectif audonien va faire des ravages. En 1921, le Red Star signe son premier succès en Coupe de France. Après avoir disposé du Lutetia SC, du Stade Briochin, de l'US Belfortaine, de l'AS Cannes et du Racing CF, le club audonien affronte l'Olympique de Paris en finale. Devant 18 000 spectateurs réunis au stade Pershing de Vincennes, les Audoniens l'emportent 2-1.

En 1928, le Red Star signe sa quatrième victoire en Coupe de France de la décennie. Devant 30 000 spectateurs, ils s'imposent avec leurs coéquipiers face au CA Paris (3-1), à Colombes. Le Red Star est alors incontournable. Chaque année, de nouveaux joueurs issus de ses rangs sont appelés en équipe de France, et nombreux sont ceux qui jouent la Coupe du Monde 1930.

Vainqueur de la Coupe de France à cinq reprises entre 1921 et 1942, il s'impose comme l'un des principaux clubs français de l'entre-deux-guerres.

Le professionnalisme et les difficultés

En janvier 1931, la Fédération instaure le football professionnel en France. Vingt équipes participent au premier championnat en 1932. Parmi elles, le Red Star qui va largement participer aux premiers pas du professionnalisme dans l'hexagone. Il connaîtra des fortunes diverses au cours de la décennie, faisant l'ascenseur entre la première et la seconde division.

Dans une Europe touchée de plein fouet par la guerre, le football est évidemment mis entre parenthèse. En effet, malgré le conflit militaire, le championnat continue, à l'exception de l'année 1940. Le Red Star est ainsi sacré champion de la zone Nord en 1941, dans une compétition composée de sept équipes. L'année suivante, il remporte de nouveau la Coupe de France face à Sète (2-0) grâce à des buts de Roger Vandevelde et Fred Aston. Bien sûr, les circonstances donnent à ce succès un goût amer. Circonstances qui amènent la Fédération à modifier les conditions du championnat national. Il ne reprendra véritablement qu'en 1945, à la fin de la guerre.

Les années 50 sont plus délicates pour le club audonien. Le club retombe en seconde division à la fin de la saison 1949/50. Il espère retrouver l'élite 5 ans plus tard, grâce à une seconde place obtenue lors de la saison 1954/55. Hélas, pour une affaire de corruption touchant des membres du club, la Fédération reclasse le club en D2 pour l'année suivante. Il y restera encore dix ans, manquant la montée d'un point en 1960, au profit de Troyes.

Les années 60 sont celles d'un entraîneur, passionné du club : Jean Avellaneda. C'est avec lui que le Red Star retrouve enfin la première division à l'issue de la saison 1964/65. Une délivrance pour tout un peuple, mais une joie qui ne sera que de courte durée : le club termine lanterne rouge du championnat suivant. Les Audoniens réintègrent néanmoins l'élite pour la saison 1967/68, grâce à une étonnante fusion avec le Toulouse Football Club.

Le Red Star va de nouveau faire l’ascenseur entre la D1 et la D2. Malgré l’arrivée de joueurs de renom comme Roger Magnusson, Nestor Combin et Fleury Di Nallo, la première division semble trop large pour les Audoniens, et la seconde trop étroite… Puis, en 1978, c’est la stupeur : les dettes accumulées par le club sont trop importantes et le Groupement des clubs autorisés, ancêtre de la Ligue de football professionnel, décide d’exclure en mai 1978 le Red Star du football professionnel. Le Red Star Football Club meurt, remplacé par l’Association Sportive du Red Star. Le club se voit refuser par la Fédération l’intégration en division 3 et en division 4.

Le club se voit refuser par la Fédération l’intégration en division 3 et en division 4. Il doit donc s'inscrire à Ligue de Paris, et repartir de Division d'Honneur...

La renaissance et les ambitions actuelles

Sous la présidence de Jean-Claude Bras, emmené par des joueurs confirmés tels que Christian Massard ou Michel Joudet, le Red Star se reconstruit à une vitesse vertigineuse. Après une rétrogradation en D3 en 1987/88 et 1988/89, il s'installe plus durablement en seconde division en toute fin de décennie.

Au début des années 90, le club est solidement installé en L2. Il évolue chaque année dans la première partie de tableau mais ne parvient pas à retrouver l’élite. Ces années-là sont aussi celles du centre de formation, dirigé par l’ancien joueur Patrice Lecornu assisté de François Gil. Le travail paie et ce sont de grands talents tels Steve Marlet, Abdoulaye Meïte, Khalilou Fadiga ou Charles Itandje qui font faire leur classe. Malheureusement la relégation en National en 1999/2000 vient encore une fois interrompre la progression du Red Star.

Mais le club en proie à d'importantes difficultés financières doit déposer le bilan en juin 2003. L'équipe audonienne doit repartir à nouveau de Division d'Honneur et, encore une fois, elle saura se reconstruire à grande vitesse : en trois saisons, le club remonte en CFA, dans lequel l'équipe évolue aujourd'hui.

Après quatre saisons au troisième échelon national, le club retrouve la Ligue 2 seize ans après l’avoir quittée en terminant champion du National au terme de la saison 2014-2015. Lors de sa première année en Ligue 2 le Red Star termine cinquième du championnat à deux points de la montée en Ligue 1. La saison suivante est marquée par la descente du club en National.

Désormais, le club souhaite poursuivre son développement pour retrouver l’élite du football et s’inscrire dans la durée sur son territoire. Un territoire riche de football et qui se prépare à recevoir les Jeux Olympiques en 2024.

Objectif Ligue 2

Après cinq saisons en CFA, l’Etoile Rouge se hisse en National à l’issue de la saison 2010-2011. Le retour d’ex-professionnels formés au club (Steve Marlet, Vincent Doukantie, Cédric Sabin) dans l’effectif puis dans le staff marque cette période. La première saison (2011-2012) est conclue en milieu de tableau. La saison suivante le Red Star obtient son maintien dans les ultimes minutes de la dernière journée face à l’Étoile Fréjus-Saint-Raphaël, grâce à un doublé de Jean-Jacques Mandrichi.

Malgré la relégation, le Red Star reste fidèle à son passé grâce aux Coupes Nationales avec notamment une demi-finale de Coupe de la Ligue en 2000, perdue face à Gueugnon, futur vainqueur de l’épreuve.

Aujourd'hui, le Red Star continue d'avoir un rôle notable dans la cohésion sociale avec son centre de formation mixte d'élite, mais aussi ses initiatives d'éducation populaire.

Le Stade Bauer : Un lieu mythique

En 1922 c’est la naissance du stade de Paris, renommé par la suite Stade Bauer, du nom d’un résistant communiste audonien.

Du mythique stade Bauer, au cœur de la ville de Saint-Ouen, à la tribune Rino Della Negra, les documentaristes déroulent l’histoire ouvrière et antifasciste du club.

Pour rénover son enceinte historique qui porte le nom de Jean-Claude Bauer, un médecin communiste et résistant, fusillé par les nazis au Mont-Valérien, en 1942, et s’offrir le nouveau centre de formation, le Red Star a changé de mains.

Le Red Star et son identité populaire

Club des enfants des quartiers populaires, club de la banlieue rouge, club mettant à l’honneur des figures antifascistes, club du hip hop, le Red Star résonne avec son environnement. Durant plus d’un siècle, le lien avec la ville ne s’est jamais démenti. Le club semble suivre l’évolution de la ville et en particulier du quartier des puces, qu’il jouxte. Usines, cafés, logements, écoles, clubs sportifs ont vibré avec le club dont le stade est installé au plus proche des habitants.

Même s’il ne figure plus dans l’élite du football français, le Red Star reste un club de renom. Loin des sunlights du football-business (représenté par le Paris Saint-Germain honni), ses supporters entretiennent l’image d’un club populaire.

A Bauer, les supporteurs ont coutume de rugir lorsque leur équipe marque « et chantent encore plus fort quand elle encaisse ».

Les propriétaires et la financiarisation du football

Le Red Star a été vendu au fonds d’investissement américain 777 Partners, qui pratique la multipropriété, détenant également le Hertha Berlin, le club brésilien de Vasco de Gama, le Genoa CFC en Italie ou le Standard de Liège en Belgique.

Non seulement le nouveau propriétaire incarne la financiarisation du football, à l’extrême opposé des valeurs du club audonien et de ses très fidèles soutiens de l’ancienne « banlieue rouge » ; mais, en outre, sa solvabilité pose régulièrement question alors qu’une volée de procédures judiciaires pour fraudes déferle actuellement sur lui aux Etats-Unis. La faillite ne peut être exclue.

Cette vente est « une trahison », affirme, dans le podcast documentaire diffusé sur le studio Sonique, Vincent Mezence, porte-parole de la tribune Rino-Della-Negra, du nom d’un autre résistant, italien, joueur du club, également fusillé par les nazis, en 1944.

Comment rester un club populaire et progressiste en tombant dans l’escarcelle fragile d’un fonds d’investissement qui pratique le multi-club ownership ?

Les chiffres clés du Red Star FC

Période Événement
1897 Fondation du club à Paris par Jules Rimet
1909 Déménagement du club à Saint-Ouen
1921-1942 5 victoires en Coupe de France
1941 Champion de la zone Nord
2015 Retour en Ligue 2

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